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Des baffes qui se perdent…

La fameuse gifle que Manuel Valls a encaissé en Bretagne a fait couler beaucoup d’encre. Entendons nous bien, la gifle n’est évidemment pas une méthode, ni pour l’éducation des enfants, ni pour un premier ministre. Malheureusement ce sont plus souvent les enfants qui en sont destinataires plutôt qu’un ancien premier ministre.

Mais d’autres faits, bien plus importants, qui dénote une autre violence grave, se sont passés récemment et n’ont pas conduit à tant de titres ou de commentaires.

Par exemple, la démission de 11 médecins urgentistes sur les 15 de l’hôpital de Dreux. Comme les 13 sur 26 à l’hôpital d’Avignon en octobre dernier.

Cela fait des mois que les praticiens de Dreux avaient alerté leur tutelle sur les mauvaises conditions de travail, sur le manque de moyens, le manque de personnel, le manque de considération, bref, un manque de tout.

Et ils avaient même fait grève durant l’été 2015, pour les mêmes raisons. Ce n’est pas rien, une grève aux urgences d’une ville importante : pourtant, il ne s’est rien passé. Les autorités, la direction de l’hôpital, le ministère lui-même, se sont sûrement dits que les médecins sont sensibles aux souffrances des malades et reviendront dans le rang après avoir étalé leurs états d’âme.

20 h sur un brancard !

Et c’est vrai qu’ils ont repris leur boulot dans des conditions de plus en plus dures : dans le journal régional, L’Echo Républicain, ils s’expliquent : « La semaine dernière nous avons des patients qui ont attendu jusqu’à dix heures, une femme de 97 ans a passé 20 heures sur un brancard, on ne trouve plus de lits en aval, parce qu’ils ont été fermés. »

La directrice de l’hôpital s’étonne, elle ne comprend pas ! Et c’est vrai qu’elle ne comprend rien apparemment à la lecture de sa réaction dans le même quotidien : «  Je ne vois pas ce qui expliquerait ces éventuelles démissions alors que des choses ont été faites aux urgences depuis un an. Je devais d’ailleurs avoir une réunion de négociation sur le temps de travail avec les urgentistes dans quinze jours ».

Mais, chère Madame, les urgentistes ne vous parlent pas de temps de travail, ils vous parlent du temps que passe une dame de 97 ans sur un brancard, ils vous parlent de fermeture de lits en aval, ils vous parlent de la précarité galopante qui pousse les malades à aller plutôt aux urgences que de voir leur généraliste, parce que les urgences, c’est gratuit…

Voyez-vous Madame, du haut de votre fonction et du sale boulot qu’on vous fait faire en exigeant des économies à tour de bras, vous méprisez des femmes et des hommes qui gèrent les souffrances physiques et bien souvent morales.

Vous gérez, Madame, sans que cela semble vous troubler, avec les belles méthodes dignes de l’ultralibéralisme à laquelle votre tutelle s’est convertie.

Et les urgences de Thann ?

Cela me rappelle un autre dossier, ici, dans le département, celui des urgences de Thann. Rappelez-vous, cela date de quelques mois : les urgences de l’hôpital de Thann, dont des médecins avaient démissionné eux-aussi, devaient être fermées durant 6 mois à partir du 7 novembre. Cela avait fait du bruit car élus, syndicats, populations s’étaient fortement opposés à cette fermeture, ils avaient même manifesté pour cela.

On a beaucoup moins parlé de la décision de l’Agence régionale de santé du Grand Est du 19 décembre qui a décidé que la fermeture ne durait pas que 6 mois mais qu’elle était définitive. Toute une vallée n’avait plus droit à un service d’urgence 24 h sur 24. A la place, « un centre de soins non programmés, permettant de prendre en charge en journée les urgences non vitales, devrait voir le jour. » « Devrait », on note le conditionnel.

Comment peut-on dès lors s’étonner que le discours politique n’ait plus aucune crédibilité. Les fausses promesses, le passage en force pour imposer des mesures impopulaires à un pays qui n’en veut pas, la répression contre ceux qui exercent leur droit de grève et de manifestation comme cela fut le cas hier au tribunal correctionnel de Strasbourg qui veut condamner six syndicaliste à de fortes amendes pour avoir manifester.

Alors, il est vrai que la gifle à l’ancien premier ministre n’était pas la bonne manière, mais souffrez que, dans notre France actuelle, il y a quand même des coups de pieds au c… qui se perdent…

MM

 

 

GCO : DES ROUTES QUI NE MÈNENT NULLE PART!

Le projet du « grand contournement ouest de Strasbourg » (GCO), qui remonte dans sa formulation aux années 70, a fait l’objet d’une procédure qui dure depuis quinze ans, a été deux fois enterré et à nouveau exhumé : le voilà qui refait surface avec force depuis fin 2013, à la faveur d’un brusque revirement des élus socialistes de la CUS (Communauté urbaine de Strasbourg) en sa faveur.

L’objectif affiché est de délester l’A35 à hauteur de Strasbourg, embouteillée matin et soir en construisant une autoroute de 24 km dans la grande périphérie de l’agglomération.

Pourtant, en 2005, une expertise indépendante, le « rapport TTK », avait démontré l’inutilité du projet. Malgré cela, l’enquête publique de 2006 formule un avis favorable qui aboutira en janvier 2008 par la signature du décret de la déclaration d’utilité publique.

Les opposants au projet sont nombreux (associations, élus, communes, Alsace Nature, agriculteurs, particuliers, etc.) et sont organisés de longue date au sein d’un collectif « GCO, non merci » http://gcononmerci.org

Un GCO qui n’apporte pas de solutions aux problèmes…

Une opposition qui ne se fonde pas uniquement sur les nombreux dégâts environnementaux induits par le projet, mais qui repose également sur des doutes sérieux quant à la capacité de cet aménagement de remplir la fonction qui lui est assigné. En effet, les mesures d’impact fournies par les études ne donnent que des chiffres plutôt modestes en termes de réduction du trafic obtenu : de 9 à 12 % aux heures de pointe et de 6 à 10% en moyenne journalière. Pas de quoi soulager réellement l’engorgement structurel du tronçon urbain concerné, d’autant que cette relative embellie, comme que le souligne le rapport de la mission ministérielle, pourrait encourager des usagers qui avaient renoncé à la voiture à reprendre le volant, rendant ainsi quasi nul le bilan de l’investissement.

Didier Dieudonné, directeur des Transports et des Déplacements à la région Alsace ne dit tien d’autre (DNA, 17 septembre 2007) :« Il est vrai que du point de vue des liaisons pendulaires vers Strasbourg, le GCO n’apportera pas beaucoup de solutions. Le risque est en fait que la capacité dégagée par cette nouvelle voie ne soit réinvestie par des gens qui se détourneraient des transports collectifs pour retourner vers la voiture. Au bout du compte, l’A35 resterait victime de ses thromboses à répétition et rien ne serait résolu…».

D’épouvantables conséquences écologiques

Les conséquences écologiques seront, elles par contre, bien plus tangibles et … incontournables ! Vingt-deux à vingt-quatre communes concernées par le trajet envisagé de l’autoroute, seront impactées en termes de nuisances sonores et de pollution, verront leurs paysages défigurés, particulièrement Vendenheim, où 10 hectares de la forêt du Grittwald disparaîtraient, au détriment de la biodiversité et d’un lieu de promenade favori pour les habitants de l’agglomération strasbourgeoise.

Plus de 300 hectares de terres agricoles du Kochersberg, parmi les plus fertiles d’Europe, (à l’heure où l’on s’interroge sérieusement sur les conséquences de la diminution des surfaces cultivables avec l’extension des zones bâties) seront requises pour la construction envisagée.

hamster

Les travaux de contournement font peser une menace mortelle sur le grand hamster d’Alsace : le rongeur trouve dans les champs en question son dernier habitat en France déjà bien fragilisé, à la limite occidentale de la zone d’extension de l’espèce en Europe. Une telle préoccupation peut sembler secondaire et prêter certains à sourire, mais l’Europe, elle, ne rigole pas : la France encourt une lourde pénalité pour le non-respect de ses engagements en matière de préservation du mammifère parmi les plus menacés du continent (parfois, l’UE a du bon !)

Au passage, le tracé du contournement abîmera également la perspective du parc du château de Kolbsheim, haut lieu patrimonial et culturel de la région qui sera coupé par un ouvrage autoroutier à plusieurs mètres de haut.

Et si on parlait des alternatives… Car elles existent!

Pourtant, les alternatives à ce projet coûteux existent et le collectif des opposants les énumère à souhait :

– une part non négligeable du trafic en question est constitué de poids lourds en transit qui empruntent l’A 35 suite à la mise en place la « LKW Maut » (péage poids lourds) sur l’autoroute allemande : une éco-taxe similaire ferait rebasculer en bonne part ce lourd contingent automobile – particulièrement polluant – sur l’A5 d’outre-Rhin. Les portiques ad hoc ne sont-ils pas déjà en place ?

–  il y a lieu et moyen d’améliorer les transports en commun et le co-voiturage.

–  il convient également de faciliter les liens entre modes de transport, dont la « mobilité active » (marche, vélo).

Les résurgences et abandons épisodiques du projet ne sont pas sans rappeler, dans notre région, ceux du canal à grand gabarit Rhin-Rhône qui renaissait de ses cendres à intervalles réguliers il y a quelques décennies.

En tous cas, celui du GCO a toute sa place dans la liste des « GPII », les « Grands Projets Inutiles et Imposés » – on a envie d’ajouter « Nuisibles » -, qui, de Notre-Dame-des-Landes à Sivens, bétonnent et dévastent les paysages sans bénéfice réel pour le public et faisant fi, en outre, du refus des populations concernées.

Les portiques en place: à quand l’éco-taxe pour les poids lourds?

Les bouchons de l’A35 sont dus pour l’essentiel à des déplacements pendulaires, les trajets domicile-travail entre Strasbourg et sa périphérie : un simple coup d’œil sur la carte du projet suffit pour se rendre compte que le contournement ne changera rien, ou bien peu, à cet état de fait. La circulation de transit, éventuellement susceptible d’emprunter le contournement, représente 20% du trafic et le contournement ne soulagerait que faiblement le tronçon urbain  (des estimations officielles parlent de moins de 8%) ; car on peut incidemment s’interroger sur la pertinence de l’instauration d’un péage – l’A35 étant, elle, gratuite – au tarif modulable en fonction de l’horaire : l’itinéraire de contournement coûtera plus cher au moment où l’on en aurait le plus besoin … et sera d’autant dissuasive ! Curieuse logique, et parfaite illustration de la loi du marché, aux antipodes de l’intérêt public.

Les aspects lucratifs du projet qui affleurent ici nous sont confirmés, bien sûr involontairement, par le président de l’ancienne autant que de la nouvelle Région, Philippe Richert, quand il affirme  que « ce chantier promet 1500 emplois pendant trois ans » : argument qui pèse évidemment de tout son poids par les temps de chômage qui courent. Cependant, on pourrait souhaiter plus de pérennité aux emplois qu’il convient urgemment de créer, d’une part, et d’autre part les voir créer dans des domaines bien plus utiles, surtout en regard du coût prévu de l’opération (près de 500 millions d’euros) et ce, sans parler des retombées négatives sur l’environnement et la qualité de vie évoquées précédemment.

La CCI Bas-Rhin, pour sa part, insiste elle aussi sur l’intérêt « économique » du projet … et on s’éloigne ainsi tout doucement de sa finalité initiale, celle de trouver une solution à un grave problème de circulation routière, pour retrouver une constante immanente aux motivations réelles de bien des grands chantiers publics : car qui dit « emplois » dit aussi implicitement « profit » pour les entreprises retenues pour leurs maîtrises d’œuvre.

Pourquoi, dès lors, cette obstination des pouvoirs publics à imposer ce chantier aussi peu convaincant ?

Balayons encore l’argument avancé de la pollution de l’air, car aussi  spécieux que les autres, les pics de celle-ci étant relevés sur toute la région et non uniquement sur la ville : le contournement n’y changerait rien.

Lors d’une réunion publique, le président de l’Eurométropole a concédé que le GCO ne règlera pas le problème de l’engorgement de Strasbourg, mais qu’il était indispensable pour la survie de Strasbourg … Le déclassement de la A35 d’autoroute en boulevard urbain permettra, en vertu du changement de statut, de rapprocher les constructions de la voie. Et l’on sait que la ville est à l’étroit dans ses murs !

Au bout du compte, il semblerait bien que la seule utilité, absolument pas publique celle-là, mais prosaïquement privée, soit dans cette affaire celle qu’y trouvent les actionnaires de Vinci, dont l’honoré légionnaire Bolloré qui, d’un bout à l’autre de la planète, détruit les éco-systèmes et bouleverse les agricultures vivrières. Actionnaires pour qui le sommeil des habitants de Pfulgriesheim ou le sort du hamster d’Alsace, comme celui du campagnol amphibie de Notre-Dame-des-Landes, sont le cadet des soucis.

Daniel MURINGER

Merci à Andrée BUCHMANN pour ses remarques et contributions.

 

Vers la pétition : GCO non merci !

[PETITION] Signez contre le GCO

– Article connexe :

Richert : du culot à revendre, des dettes à fourguer (novembre 2015) où l’on rappelle que la convention de financement du GCO la décision a été approuvée en catimini lors de l’ultime réunion de la commission permanente du conseil régional d’Alsace (voir le dernier paragraphe intitulé :  » Le bouquet final. Chiche Masseret ! Chiche Bachy ! » )

Podcasts des émissions enregistrées à l’occasion des élections régionales  (GCO évoqué par les candidat-e-s interrrogé-e-s par L’Alterpresse68 :

Elections régionales : Interview de Cléo Schweitzer (PS) (Radio MNE, décembre 2015)

Elections régionales : Interview d’Antoine Waechter et Djamila Sonzogni (Radio MNE, nov. 2015)

Délit de solidarité : un délit fantôme?

En 2012 Manuel Valls déclarait devant la commission des lois du Sénat: « Notre loi ne saurait punir ceux qui, en toute bonne foi, veulent tendre une main secourable »  et proposait de « mettre fin au délit de solidarité qui permet de poursuivre l’aide désintéressée apportés [par des citoyens ou des associations] à des étrangers en situation irrégulière, sur la même base juridique utilisée pour les filières criminelles d’immigration ».

C’est pourtant ce qui est reproché au militant associatif de la vallée de la Roya, près de Nice, accusé d’avoir aidé des migrants, comme à cet autre poursuivi pour « aide au séjour et à la circulation »  de 3 jeunes Erythréennes blessées et malades et qu’il transportait à l’hôpital à Marseille.

Si  ce dernier, Pierre-Alain MANNONI, vient d’être relaxé par le tribunal correctionnel de Nice malgré les 6 mois de prison avec sursis  requis par le Ministère public  (qui vient de faire appel de la relaxe), le premier, Cédric HERROU, attendra le 10 février pour connaître son sort: 8 mois de la même peine demandés par le procureur de la République.

Une centaine de militants associatifs de Mulhouse se souviennent de l’audience du Tribunal correctionnel de Mulhouse il y a quelques années où une personne était poursuivie devant le tribunal correctionnel pour avoir hébergé un membre de sa famille. Le procureur ayant à l’audience reconnu l’absence de base légale des poursuites en ce cas précis le tribunal avait prononcé la relaxe au motif  juridique de l’immunité légale existante compte tenu des liens familiaux entre l’aidant et l’aidé.

Un délit créé par le sarkozyste Eric Besson

Bref,  l’aide aux sans-papiers défraie la chronique judiciaire depuis  Eric Besson, ex-ministre sarkozien  amateur de poursuites pénales pour les auteurs de  ce « délit de solidarité » , passibles de 5 ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende, pour  » toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irréguliers, d’un étrangers en France ».

Le quinquennat de François Hollande n’a pas vu la suppression de ce délit de solidarité mais une réécriture par la loi du 31 décembre 2012  et sa dépénalisation dès lors que l’acte reproché « n’a donné lieu à aucune contrepartie directe ou indirecte et consistait à fournir des conseils juridiques ou des prestations de restauration, d’hébergement ou de soins médicaux destinés à préserver la dignité ou l’intégrité physique de celui – ci » (mais rien sur le transport, même gratuitement donc).

Ceci n’a pas empêché la poursuite  des gardes à vue et des inculpations parfois sur des bases connexes – outrage à agents notamment –   depuis 2014 en particulier,  notamment dans le Calaisis et les Alpes-Maritimes, mais également pour des motifs qui prêteraient à rire si le sujet n’était pas si grave (photographe ayant fait son métier à la frontière italienne, observation/participation à une manifestation de soutien, violence avec arme (son vélo en l’occurrence!),  aide à la recharge d’un  téléphone portable , etc …

Et même si on n’atteint pas – pas encore? –  le niveau des cas italiens de ces pêcheurs ou capitaines de navires  inculpés et condamnés pour avoir repêché des migrants qui se noyaient,  le « délit de solidarité » est  donc utilisé  pour intimider ceux  qui tentent d’aider tous les « sans papiers »  parvenus  dans notre pays, décourager ceux qui auraient l’idée de les aider, éviter tout soutien de la population, organisé ou spontané.

La série des procès ne devrait donc pas diminuer à l’heure où une part importante de la société civile s’engage désormais dans ces actions, où les initiatives  les plus diverses d’aide aux « sans papiers  » se multiplient, où nombre d’élus locaux  s’engagent officiellement ou de fait dans ces voies de la solidarité.

Les défaillances de l’Etat français

Car l’Etat français – même si d’autres Etats européens ont des politiques bien pires –  est largement défaillant  quant au respect de ses propres obligations légales et des conventions, directives et accords européens et internationaux applicables à l’accueil des étrangers non communautaires  (hébergement, assistance médicale, aide alimentaire, assistance administrative…). En plus, il n’entend pas pour autant que la société civile pallie ses défaillances, surtout dans des zones où des moments politiquement « sensibles « .

Or ces hommes et ces femmes de tous âges, de tous bords, et sur tout le territoire, partagent une conviction puissante, basée sur une loi fondamentale de l’humanité, condition de sa survie: la solidarité.

« Mon geste n’est ni politique, ni militant, il est simplement humain et n’importe quel citoyen lambda aurait pu le faire et que ce soit pour l’honneur de notre patrie, pour notre dignité d’hommes libres, pour nos valeurs, nos croyances, par amour ou par compassion nous ne devons pas laisser des victimes mourir devant nos portes. L’histoire et l’actualité nous montrent suffisamment que la discrimination mène aux plus grandes horreurs et pour que l’histoire ne se répète plus, nous devons valoriser la solidarité et éduquer nos enfants par l’exemple. « 

Extrait de la déclaration de Pierre-Alain MANNONI https://blogs.mediapart.fr/pierre-alain-mannoni/blog/111116/pourquoi-j-ai-secouru-des-refugies

Face à eux  un Etat qui fondamentalement refuse cette solidarité pour des raisons électoralistes et entretient ambiguïtés et incohérences juridiques, oubliant au passage toute décence humanitaire pour maintenir un fantasmatique délit de solidarité qui existe sans exister tout en existant…mais est susceptible d’être pénalement sanctionné!

Christian RUBECHI

Noëlle CASANOVA, membre de la Ligue des Droits de l’Homme et du Collectif Urgence Welcome

 

 

 

Des militants « voyous » à nouveau face à leurs « juges »

Incohérence et panique.

Maintenant qu’il est candidat, M. Valls est contre le 49.3 qu’il a pourtant dégainé deux fois pour imposer la « loi Travail ». S’il était cohérent, l’ex Premier ministre ajouterait à son programme électoral le retrait immédiat de cette loi et se mobiliserait sans tarder pour défendre les syndicalistes et citoyens poursuivis devant des tribunaux pour avoir tenté de s’opposer aux méthodes autoritaires d’un gouvernement organisant une régression sociale majeure. Continuer la lecture de Des militants « voyous » à nouveau face à leurs « juges »

Coupable mais pas condamnable…

Et certains continuent de nier que nous connaissons, en France, une justice de classe. Pourtant, quelle meilleure preuve que cette décision de la Cour de Justice de juger Mme Christiane Lagarde, ancienne ministre de l’Economie et des Finances « coupable » et en même temps, la dispenser de peine… Tous ceux qui ont pris des jours de prison pour avoir séjourné dans les halls d’immeubles apprécieront… Y aurait-il une délinquance à cols bleus et une autre à cols blancs ?

Car ce qui est reproché à Mme la ministre et ce pourquoi elle a été reconnu coupable, c’est pourtant autrement plus grave pour les finances de l’Etat et pour la respectabilité de la République. Rappelons les faits bien connus :

Dans l’affaire controversée de la vente d’Adidas par le Crédit Lyonnais (qui l’avait repris à Bernard Tapie et dont les résultats financiers étaient catastrophiques),  la cour d’appel condamne, en 2005, le Consortium de réalisation (CDR l’opérateur de la transaction au profit du Crédit Lyonnais)) à payer 135 millions d’euros à Bernard Tapie pour le préjudice que le spécialiste en faillite aurait subi après la vente d’Adidas.

 Celui-ci refuse et Nicolas Sarkozy, arrivé au pouvoir en mai 2007, sera la bonne fée de Bernard Tapie. Rappelons-nous que, dès son arrivée à l’Elysée, le nouveau président veut « ouvrir » son gouvernement à des personnalités prétendument hors de son champ politique. Tapie, ancien ministre de Mitterrand, est, malgré son parcours chaotique tant sur le plan politique qu’économique, une bonne prise. Il devient un « soutien » de M. Sarkozy, car les casseroles qu’il traîne ne lui permettent pas de devenir ministre.

En contrepartie, le gouvernement et M. Tapie se mettent d’accord pour mettre en place un « arbitrage » dans l’affaire Adidas, en quelque sorte la recherche d’un gentlemen-agreement pour trouver une alternative à la décision de la cour d’appel. Grande surprise, même à droite, car le gouvernement n’avait aucun intérêt à utiliser cette procédure rarissime et il avait toutes les chances de gagner en poursuivant la procédure en cour.

Mme Lagarde offre… 300 millions de plus à M. Tapie

Le tribunal arbitral de 3 « juges » (dont un est un proche de Tapie), octroie non plus 135 millions mais 3,5 fois plus, soit 403 millions d’euros, dont 45 millions d’euros à titre de préjudice moral ! Mme Lagarde, étonnamment, accepte, sans broncher, cette décision et l’Etat verse les millions à M. Tapie… Alors qu’elle aurait pu faire un recours tant la différence entre les deux décisions juridiques est grande.

Ce n’est qu’en 2015 que la cour d’appel de Paris, saisie par le CDR, ordonne la rétractation de la décision arbitrale car, selon l’enquête opérée par la Brigade financière, » M. Tapie et son conseil ont produit des attestations qui s’avèrent inexactes, voire mensongères »…

Tapie est donc obligé de reverser les 400 millions qu’il avait touché indûment… La justice s’intéresse aux conditions dans lesquelles ces décisions avaient été prises, des fois que l’ancien président de la République aurait quelque peu piloté la décision que Mme Lagarde avait prise. Et la Cour de justice, tribunal d’exception pour les élus, vient de confirmer que Mme Lagarde est coupable et a été négligente avec les deniers de l’Etat dans cette affaire. Une « négligence » à 400 millions d’euros, c’est une négligence de luxe !

Et encore les juges de la Cour sont allés au-delà des réquisitoires du procureur qui a considéré que Mme Lagarde était blanche comme l’agneau qui vient de naître… Rappelons quand même que ce dit-procureur, M. Marin, était un proche de M. Sarkozy et que sa nomination avait crée un fort émoi dans le milieu judiciaire pourtant pas le plus remuant des services de l’Etat !

Une pétition pour une vraie justice

Ce qui est révoltant dans cette affaire, c’est que spolier (voler !) l’Etat de plus de 400 millions d’euros est considéré comme une vétille quand il s’agit d’une ministre…

Ainsi, pour un vol d’une paire de lunettes de soleil à 5€ sur un présentoir, un quidam a été condamné à deux ans de prison dont six mois ferme… Certes, il était récidiviste. Et le fait qu’il s’appelle Farid n’a rien à voir évidemment avec cette lourde peine. http://www.maitre-eolas.fr/post/2009/06/15/1450-six-mois-de-prison-pour-un-vol-de-cinq-euros

Allez dès lors expliquer aux citoyens qu’il faut faire confiance à la justice, que nous vivons dans un état de droit, que la justice est aveugle…

C’est pourquoi, des citoyens se mobilisent pour réclamer un vrai procès dans lequel Mme Lagarde sera jugée non pas en fonction de ce qu’elle est mais bien pour le délit qu’elle a couvert et assumé… Déjà près de 200.000 signatures d’une pétition sont la démonstration que cette justice qu’il faut bien appeler de classe, est insupportable surtout dans un pays qui vit une crise de confiance n’épargnant aucune des structures de l’Etat qu’elle soit politique ou de la grande administration.

Michel Muller

https://www.change.org/p/un-vrai-proc%C3%A8s-pour-christine-lagarde?source_location=discover_feed

 

Un conte de Noël mulhousien …

Ce conte de Noël vous est offert par les membres du  Collectif Urgence-Welcome*.
Il fait référence aux récents événements qui ont conduit à la  suppression de la distribution gratuite, chaque jour depuis plus d’un an, de dizaines de repas chauds devant la gare de Mulhouse par des jeunes bénévoles.
Quant à la veillée de Noël, elle a dû quitter le lieu de passage qu’est la gare et qu’elle transformait depuis 13 ans le temps d’une soirée en espace de convivialité et de fraternité.
Des solutions de repli ont été trouvées dans des lieux… à l’abri des regards !

 

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Il était une fois…

Le petit Milhüser Wackes (traduction littérale: le garnement mulhousien), cheveux noirs en tire-bouchon, grands yeux bleus, l’œil pétillant de malice, se promène dans les rues de sa ville. Frigorifié par un froid pénétrant, il fait halte à la gare.

« Tiens, tiens, il y avait, là devant, des repas chauds, servis tous les soirs … je me souviens de visages très divers, des jeunes, des ainés, des personnes avec des accents étrangers, d’autres pas. Et une sacrée organisation! …

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Tiens, tiens, il y avait l’an dernier, dans le hall, une belle veillée de Noël, avec beaucoup de monde, des tables garnies, des chants, de la musique, des bonnets de Père Noël. Une super ambiance …

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Mais où sont-ils donc tous passés ? »

Perplexe, notre gamin cogite, rassemblant tout ce qu’il a pu apprendre  à l’école.

« Et pourtant…il paraît qu’il y a ici un solide humanisme rhénan, capable de s’enrichir d’apports culturels nouveaux.

Il paraît que cette ville, qui fut une république, a une tradition de liberté, d’originalité  accompagnée parfois même d’un brin d’impertinence.

Il y a des projets et on y entend des mots comme « démarche participative », « citoyenneté », « coresponsabilité »…

Il y a de la créativité, de nouvelles formes d’actions solidaires portées par une jeunesse assumant ses racines, des associations qui savent unir leurs forces et leurs idées.

Il y a un désir d’humanité qui nous pousse tous plus loin, plus profond. Jusqu’à dépasser nos limites, nos peurs, nos préjugés… « 

Planté devant la gare, le nez en l’air sous la déco des grandes fleurs illuminées le petit Mülhüser Wackes conclut  avec la logique implacable des enfants :

« Il y avait pourtant bien tout cela ici dans ma ville …

Mais alors, pourquoi ma gare a-t-elle perdu son visage accueillant et chaleureux? Pourquoi est-elle vide en ce soir de Noël ?

 Pourquoi ont-ils tous cessé de se parler ? Cessé de se regarder ?»

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Oui, pourquoi ? 

Collectif Urgence Welcome : AADA, ADIS, CCFD-Terre Solidaire, CIMADE, Conférences St Vincent de Paul, EMMAUS Cernay, LDH section Mulhouse, Pastorale des Migrants, Conseil Local de la Solidarité de la Zone Pastorale de Mulhouse

Adresse Postale : BP 1093 – 68051 MULHOUSE Cedex

Mail : urgence.welcome@free.fr

Merci à Robert, à Dédé, et aux photographes du journal l’Alsace pour le dessin et les photos qui illustrent ce conte!

Alep et le Moyen-Orient: élargir le débat

Un de nos fidèles et perspicaces lecteurs, nous envoie le texte suivant sur le conflit au Moyen-Orient. Il reprend des informations parues sur le site de Médiapart et certaines plus personnelles;  nous les publions volontiers car nous restons attachés au pluralisme dans le débat public.

Merci donc à Pierre Dolivet d’avoir attiré notre attention en nous envoyant ces éléments introduits par le texte suivant : « Car ce qui se passe à Alep et au Moyen-Orient en général n’est rien d’autre qu’une guerre d’influence pour récupérer à bon compte le gaz, le pétrole et la domination territoriale. Comme ce fut le cas au XIXème sicèle avec le découpage de l’Afrique, du sac du Palis Impérial de Chine et d’autres joyeusetés. N’importe quel journaliste, ou prétendument comme tel, pourra vous le confirmer ou éventuellement expliquer.

Voilà une contribution, relevée dans les colonnes de « Mediapart » qui me semble bien plus proche de ce qui se dit ou se raconte sur les chaînes hertziennes. » 

En préambule

La Syrie est en guerre depuis 5 ans. Il est inutile d’essayer de dire qui a provoqué qui, ou pire que tout, essayer de prétendre qu’un côté est moral et l’autre pas. C’est inutile – aussi inutile de dire que l’on ne souhaitait pas que l’armée rouge batte Hitler au motif que Staline était un meurtrier, car Staline était bien un meurtrier.

Les grands événements de l’histoire de l’humanité sont porteuses de tragédie, et parfois il faut faire des choix sur un autre critère que « quelqu’un de bien ».

Il faut considérer l’issue possible, à savoir si la défaite de Daesh est plus importante que la défaite d’Assad. Mais il faut aussi regarder la situation générale : pourquoi l’empire veut-il le départ d’Assad ? Quel régime aurait-il imposé en Syrie ? L’Irak et la Lybie sont-ils l’exemple ?

Les acteurs

L’état Syrien est un état laïc et la population est multi-confessionnelle

Le régime de Bachar El Assad est une dictature où 15 à 20 000 personnes auraient disparu dans les prisons du régime, parfois torturées à mort. D’autres estimations parlent de bien davantage, jusqu’à 10 fois plus.

La guerre en Syrie a commencé en 2011. Il s’agit au départ d’une rébellion, à laquelle s’est jointe plus tard Daesh opérant en Irak.

Très vite, une coalition USA / OTAN, est intervenue militairement pour renverser El Assad en soutenant la rébellion, au nom des droits de l’homme. La France fait partie de cette coalition.

Cette intervention a pris la forme d’un soutien en armes aux rebelles et aussi d’un engagement militaire aérien sur le territoire Syrien. Le tout accompagné d’une campagne de propagande sur les crimes d’El Assad, afin de justifier cette ingérence (hors mandat de l’ONU). De plus, les Etats-Unis auraient oeuvré activement et secrètement au déclenchement des troubles initiaux (voir cette traduction d’un article de American Herald Tribune).

La Russie s’est tenue à l’écart de cette guerre pendant 4 ans, jusqu’à septembre 2015, date à laquelle le régime Syrien a demandé son aide. L’engagement russe est essentiellement aérien, mais des conseillers russes sont présents en Syrie.

La Turquie intervient militairement en 2016 pour occuper le nord du territoire Syrien, en zone Kurde. Elle est par ailleurs impliquée dans le soutien à Daesh, notamment en écoulant le pétrole exploité par Daesh

D’autres acteurs interviennent de manière plus ou moins marginale :

  • l’Arabie Saoudite et le Qatar en temps que financiers de Daesh et pourvoyeurs d’idéologie (école coraniques etc.)
  • le Hezbollah libanais et l’Iran qui soutiennent l’axe Russo-Syrie
  • Israël qui fait des incursions aériennes en Syrie contre le Hezbollah, et qui soutiendrait secrètement Daesh
  • les kurdes, au nord de la Syrie, qui ont proclamé leur indépendance et revendiquent un état Kurde à cheval sur Turquie-Syrie-Irak

Les raisons du conflit

Les Etats-Unis ont un but géopolitique.

  • Dans cette vidéo, H. Clinton explique comment les USA ont utilisé l’arme religieuse Wahhabite avec les Saoudiens pour combattre la Russie en Afghanistan. Cette méthode sera réutilisée une seconde fois, créant la guerre Tchétchène sur le territoire russe. Puis elle sera utilisée une troisième fois dans un plan plus vaste, comprenant la Syrie, pour constituer une « ceinture Islamique » autour de la Russie et remodeler le moyen orient.
  • Dans cette vidéo Wesley Clark, ex patron de l’OTAN, révèle ce plan, élaboré en 2001 sous l’administration Bush et prolongé par l’administration Obama. Il consiste à liquider l’Irak, la Lybie, le Soudan, la Syrie, la Somalie et l’Iran, qui sont autant de régimes réfractaires à l’hégémonie US. L’objectif est probablement d’instituer des états (éventuellement redécoupés), dociles et religieux, propres à menacer la Russie.
  • Cette vidéo, montre que Daesh est une création US, confirmant les révélations wikileaks. Celui qui parle est le Général Flynn, ancien patron de l’espionnage militaire US (DIA) et maintenant conseiller de Trump.

Les russes craignent une nouvelle guerre Tchétchène chez eux; ils veulent donc contrecarrer le plan US de ceinture islamique, qu’ils considèrent comme une menace mortelle pour eux.

Enfin cette vidéo montre quels sont les intérêts commerciaux, liés aux gazoducs et oléoducs, impliquant notamment le Qatar et l’Iran.

La Turquie, qui mène une lutte de longue date contre les kurdes de son territoire, trouve dans ce conflit une occasion de frapper la partie kurde Syrienne, mais c’est une intervention d’opportunisme, étrangère au déclenchement de la guerre.

La bataille d’Alep

Seconde ville Syrienne et carrefour stratégique, Alep a été le théâtre du conflit dès le début, en 2012.

Il s’est constitué à l’Ouest une zone sous contrôle gouvernemental Syrien, tandis que la partie Est est sous contrôle rebelle.

Cette situation a perduré jusqu’à ce que la zone rebelle à l’Est soit encerclée, avec ses 100 000 ou 200 000 habitants, en septembre 2016, avant de tomber le 15 décembre 2016.

  1. L’OTAN et nos médias nous disent que ce sont des “rebelles modérés” qui se battent contre Assad à l’EST. En fait c’est Al Nostra, proche de Daesh qui occupe cette partie de la ville. Al Nostra, la branche militaire d’Al Qaeda dont Fabius disait « qu’ils font du bon boulot ». Ce sont des membres d’Al Nostra qui ont égorgé un gamin de 12 ans et publié cette ignominie sur le net. Ils ont pris le contrôle des rebelles et institué la charia à Alep EST. Ces gens là sont armés par les EU et l’UE.
  2. Les civils qui sont à l’EST d’Alep sont pris en otage par les terroristes. Ils ne peuvent pas s’échapper pour la raison que si une personne s’échappe pour se réfugier à l’ouest, les terroristes usent de représailles contre leur famille ou amis. Le chantage les obligent à rester sur place. Ces civils sont coincés comme des rats prisonniers à Alep EST. C’est ce qu’on appelle les boucliers humains. Il a été rapporté des cas de civils abattus par les terroristes lors des trêves humanitaires, alors qu’ils utilisaient les corridors prévus pour leur évacuation. Aucune des trêves organisées, le plus souvent à la demande de la coalition, n’a permis l’évacuation des civils voulant fuir.
  3. Assad et Poutine pour libérer Alep EST bombardent cette partie de la ville, qui abrite les terroristes et les otages civils innocents, qui sont entre les mains d’Al Nostra armés par les américains. Ils tuent donc au passage des gens qui non seulement sont martyrisés par les terroristes, mais qui subissent l’assaut sur la ville.
  4. Les personnes tuées pendant ces bombardements servent d’alibi aux médias occidentaux pour dire que Assad et Poutine tuent des civils et sont des monstres, pendant que les américains protègent les preneurs d’otage terroristes. C’est d’une grande perversité, d’autant que les médias passent sous silence les bombardement effectués au mortier par les “rebelles” sur la partie OUEST, plus peuplée.

On peut aussi remarquer l’absence d’indignation médiatique sur les opérations de l’OTAN à Mossoul en Irak (où c’est une artillerie française qui bombarde et tue des civils), qui sont pourtant de même nature que celles d’Assad à Alep.

  1. La reconquête d’Alep en novembre et décembre 2016 a été présentée par la propagande occidentale comme un massacre des civils. Il a même été question de génocide. De son coté l’ONU faisait état de 85 victimes… Cette propagande massive a mené au point que des manifestations de soutien à la population “massacrée” d’Alep ont eu lieu notamment en France, avec extinction de la tour Eiffel, le jour où Alep fêtait sa libération !

La fin de cette bataille et de ce siège est très importante au plan politique et militaire. Pour autant la fin du conflit n’est pas en vue, même si depuis l’intervention russe on voit Daesh et les autres bandes armées rebelles reculer sur tous les fronts.

Les syriens

On estime à 400 000 le nombre de morts de cette guerre, tandis que le nombre de syriens déplacés dépasse largement le million.

Les forces loyalistes au régime d’Assad, mènent cette guerre depuis maintenant 4 ans; pourtant ce régime ne s’est toujours pas effondré. La raison est que le peuple Syrien soutient Assad, parce qu’il représente la pérennité de l’Etat face au chaos que représente Daesh.

C’est donc davantage un soutien à l’Etat qu’un soutien au dirigeant, et c’est aussi un désaveu à l’ingérence extérieure.

La position de Mélenchon

Contrairement aux allégations de ses adversaires, Il ne soutient pas Poutine inconditionnellement.

En géopolitique la notion de soutien est relative. Ainsi, De Gaulle a pactisé avec Staline contre les américains et vice-versa, parfois dans le même temps !

À cause de Sarkozy et Hollande, la France se retrouve inféodée à l’impérialisme US.

Mélenchon considère qu’il faut rééquilibrer la balance pour revenir à l’état antérieur d’une France indépendante.

Il ne soutient pas Poutine bien au contraire car certains de ses amis – le président du front de gauche russe – sont en prison. Il considère que la Russie, en tant que pays, devrait être un partenaire incontournable dans l’intérêt de la France.

Mélenchon ne veut pas de rapport de force avec la russie et accuse l’europe de mener une politique de provocation envers la russie . Il agit de la sorte pour éviter une guerre qui pourrait se déclencher en Europe.

Voir cette vidéo où Mélenchon s’exprime sur la guerre, sur la Syrie et sur Alep

https://blogs.mediapart.fr/marcopol/blog/161216/la-syrie-alep-et-melenchon

 

Pollutions ou transports gratuits ?

Les pics de pollution ont parfois des conséquences étonnantes! Ainsi, dans l’Ile-de-France, un pic de pollution conduit à la gratuité des transports en commun. Objectif: réduire le nombre de voiture dans la cité! Ainsi reconnaît-on que la voiture est une des principales causes de la pollution qui encrasse les poumons des habitants… Pourquoi alors ne pas instaurer la gratuité permanente des transports pour agir en amont de la pollution? Pas possible économiquement? Ici, nous prouvons le contraire…

La semaine dernière, à Paris, je suis tombé en pleine alerte « pollution » et j’ai bénéficié des mesures prises par les autorités. Oui, « bénéficié », puisque grâce à l’accumulation des particules fines, les transports en commun étaient gratuits ! La circulation alternée, plutôt bien suivie par une population pas toujours très docile quand il s’agit de la bagnole, a dégagé les rues parisiennes même si l’horrible périphérique qui enserre la ville comme un corset étouffant était comme d’habitude bouché…

Il y a là une énorme absurdité. On en est à se féliciter de la pollution, voire espérer qu’elle dure un peu, car cela rend les transports en commun gratuits ! Quand on connaît l’importance du réseau de transport dans une aire urbaine de 12 millions d’habitants et le budget que cela représente pour les familles, (une carte Navigo coûte jusqu’à 64 euros par mois et par personne sur la totalité de la région), on comprend que la gratuité des transports est une bonne nouvelle.

Voyage en Absurdie…

Pourtant, n’est-ce pas d’une profonde débilité d’attendre pour appliquer cette mesure qu’un pic de pollution présente un risque grave pour la population ? Alors que l’on sait que les voitures individuelles sont une des causes de cette pollution et que l’écrasante totalité des automobilistes sont seuls dans leurs véhicules à savourer les bouchons dans les artères de notre capitale.

Pourquoi ne pas pratiquer la gratuité des transports publics en permanence pour réduire le nombre de voitures et ainsi lutter contre la pollution avant qu’elle ne vienne s’attaquer aux bronches des Parisiens ?

Evidemment, tout le monde va se dire : mais qui va payer cela ? Comment la RATP pourrait-elle être financée ?

D’abord, d’autres villes pratiquent la gratuité des transports en commun sans qu’elles ne se soient ruinées. Niort et ses 100.000 habitants de l’agglomération passeront à la gratuité le 1er janvier 2017.

Ensuite, la gratuité permettrait de faire des économies aux régies de transports ne serait-ce que le coût des portillons, de leur entretien, des agents contrôleurs… et on éliminerait le coût de la fraude !

Un rapport sénatorial évalue le coût global de la pollution

Un rapport d’une commission d’enquête du Sénat paru en juillet 2015, a fait, pour la première fois,   une évaluation de la charge économique et financière de la mauvaise qualité de l’air. Les doctes sénateurs arrivent à un coût qu’ils considèrent comme un minimum, de 101,3 milliards d’euros pour la France ! Deux fois plus que le tabac !

On peut y lire : « La pollution n’est pas qu’une aberration sanitaire, c’est aussi une aberration économique », en rappelant qu’elle est à l’origine de 42.000 à 45.000 décès prématurés par an en France ! Bronchite chronique, asthme, cancer du poumon, accident vasculaire cérébral, infarctus du myocarde font partie du palmarès des pollueurs ! Le coût qui est associé à ces pathologies n’est pas suffisamment appréhendé par les pouvoirs publics et les entreprises,  concluent les sénateurs.

Comme preuve, ils rappellent que le coût sanitaire de la pollution est compris entre 68 et 97 milliards d’euros dont 3 milliards pour l’impact sur la Sécurité sociale : 650.000 journées d’arrêt de travail seraient prescrites chaque année du fait de la mauvaise qualité de l’air. Et des arguments de ce type, il y en a à la pelle, allez lire ce rapport, vous le trouverez aisément sur le réseau.

Donc, la pollution coûte cher, très cher, à la collectivité nationale mais ce coût est réparti sur de multiples budgets, ce qui ne le rend visible.

Le coût de la pollution peut payer les transports gratuits…

Regardons maintenant ce que coûte, par exemple, le plus grand réseau de transport urbain de France, celui du Syndicat des transports de l’Ile-de-France. Le chiffre d’affaires de la RATP est de 5,556 milliards d’euros en 2015. Les collectivités locales contribuent à hauteur de près d’1 milliard au fonctionnement du réseau mais vont participer, entre 2016 et 2020, à hauteur de plus de 4 milliards aux investissements… Les citoyens paient deux fois : par leur billet mais aussi par leurs impôts…

Avec à peine 10% du coût de la pollution, on pourrait financer la gratuité des transports en commun de l’Ile-de-France ! Mais curieusement, la Commission d’enquête du Sénat n’intègre pas cette solution dans les propositions qu’elle fait pour améliorer la situation…

Réduire d’une manière autoritaire s’il le faut, la circulation des voitures en ville en offrant un réseau de transports publics performants et gratuit, semble encore au-dessus des forces des tenants de l’orthodoxie économique… sauf en cas de pollution grave !

Une suggestion : au lieu de faire de la M2A comme un champ d’affrontement entre élus, pourquoi ne pas lui confier une étude sur la gratuité des transports de la région mulhousienne ? Le sénateur Bockel n’aurait-il pas lu le rapport de ces collègues trop préoccupé par sa succession ?

Michel Muller

Stocamine : rappels cruels et question gênante de TET

L’association Thur Ecologie et Transports (TET) a envoyé récemment des observations bien senties aux commissaires enquêteurs dans le cadre de l’« Enquête publique relative à une demande d’autorisation de prolongation, pour une durée illimitée, du stockage souterrain en couches géologiques profondes de produits dangereux non radioactifs, dans la commune de Wittelsheim, par la Société des Mines de Potasse d’Alsace (MDPA) ». Continuer la lecture de Stocamine : rappels cruels et question gênante de TET

QUI VEUT VIRER SON EMPLOYÉ-E …

… l’accuse de fautes professionnelles !
C’est l’adage patronal qui semble guider la direction du Grand Comptoir, café-restaurant de la gare de Mulhouse, pour tenter de se débarrasser de l’une de ses employées, Béatrice, serveuse dans l’établissement dont le propriétaire est la société SPP Province.

Le 14 décembre dernier, Béatrice est convoquée à un entretien préalable à sanction disciplinaire susceptible d’entraîner son licenciement. Elle avait déjà subi en octobre une mise à pied disciplinaire de cinq jours (pour une omission de service dont était responsable une collègue).

Ce qui rend cependant la démarche de l’employeur pour le moins suspecte, est le fait que Béatrice est la secrétaire du syndicat département CGT de l’hôtellerie, du tourisme et de la restauration, également conseillère du salarié, ce dernier point constituant le reproche explicite formulé par la direction à son encontre.

Béatrice est aussi candidate au mandat de déléguée du personnel dans l’entreprise.

Or, l’entreprise en question est à la veille de négociations avec ses salariés à fin d’obtenir la signature d’un accord moins favorable à ces derniers que la convention collective nationale de la restauration rapide, notamment sur la question de la majoration des heures supplémentaires, ce que permet désormais la loi dite « El Khomri ». La présence dans l’entreprise, en place d’une représentation du personnel plus docile, d’une syndicaliste aussi armée et résolue que Béatrice constitue évidemment un obstacle de taille à cet objectif et la militante pourrait bien être devenue une tête à abattre à tout prix.

Y compris celui qui consiste, pour la direction, à invoquer de bien curieuses « attestations » de clients pour tenter de prouver des manquements professionnels fort opportuns.

La ficelle est suffisamment grosse pour inciter une trentaine de militants CGT à se rassembler devant le café de la gare afin de soutenir Béatrice pendant l’entretien auquel  elle était convoquée.

A une centaine de mètres de là, de l’autre côté de la place de la gare, devant la sous-préfecture, avait lieu simultanément une manifestation des ATSEM (« aides-maternelles »)  pour l’amélioration de leurs salaires, formation, qualifications, avec également la Cgt à leurs côtés. Plusieurs d’entre elles ont rejoint plus tard le groupe de soutien à Béatrice, montrant en cela que si les problèmes des salariés revêtent des formes différentes d’un secteur à l’autre, ce sont bien des logiques et mécanismes identiques qui les provoquent et qu’il est urgent de le faire comprendre au plus grand nombre.

On ne saurait que regretter l’atonie de la plupart des autres salariés de l’établissement, paralysés par l’arme, peu glorieuse mais certes redoutable, brandie par le patronat, du chantage à l’emploi, laissant à Béatrice la charge entière de la résistance et de la combativité, ainsi que le prix éventuel à payer pour son courage et son engagement.

Même si, aujourd’hui encore plus hier avec la perte de protection ouvrière que la « loi-travail » a induite, le risque de perdre son emploi réside bien davantage dans la passivité et le renoncement revendicatif que dans la bagarre syndicale.

Daniel MURINGER