Archives pour la catégorie Actualités

21 mars: la tragédie syrienne en débat

La tragédie syrienne est devenue avec sa prolongation interminable (six ans déjà) un symbole qui reflète l’état de notre monde en transition vers un nouveau qui a du mal à naître.
Dans sa durée insensée, elle a laissé, une quête pour la liberté, s’enchevêtrer avec une répression à outrance et une violence inouïe.

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Présidentielles : girouettes, girouettes…

« Ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent » : la fameuse phrase d’Edgard Faure qui s’y connaissait en retournement de veste, devient la devise préférée de nos femmes et hommes politiques locaux. Car changer d’avis et de canasson à un tel rythme devient un exercice à la limite du supportable !

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Fermez d’urgence Fessenheim !

Cet article, sous forme de supplique aux candidats(tes) aux élections présidentielles, revient sur la nécessité absolue de fermer la centrale nucléaire de Fessenheim. Aucune raison économique ou sociale, et encore moins géopolitique (« indépendance énergétique de la France ! ») ne peut prévaloir sur le principe de précaution sanitaire et écologique.

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Dossier Sordi : on l’approfondit !

Le député-maire de Cernay, Michel Sordi, a répondu début février au journal « L’Alsace » qui l’a interrogé sur son activité professionnelle au sein de multinationales du béton. Les réponses de l’élu ont été vagues et incomplètes. Elles n’éclairent guère les déclarations qu’il a faites à la « Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique » (HATVP), en application d’une nouvelle procédure, mise en place après l’affaire Cahuzac. L’Alterpresse68 se mobilise pour que ses lectrices et lecteurs puissent en savoir plus sur ce dossier. Continuer la lecture de Dossier Sordi : on l’approfondit !

Osez la solidarité !

AU 68 est l’expression haut-rhinoise du collectif national des Associations  Unies fondé en 2008 à la suite de l’occupation du canal Saint – Martin par les « Enfants de Don Quichotte » réunit 17 fédérations, fondations, collectifs et associations qui militent pour une politique de solidarité et pour l’effectivité du  droit au logement et à l’hébergement.

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Strasbourg à l’heure du CETA

Il était arrivé la veille de Köln/Cologne en camping-car pour la manifestation à Strasbourg où le Parlement européen se prononçait ce 15 février sur ce qu’on nomme parfois le Tafta 2.

Dans le tram venant de l’Elsau, son badge « Ceta nein » indiquait clairement la raison de sa présence. Continuer la lecture de Strasbourg à l’heure du CETA

MASSACRE AU BORD DE L’ILL!

Il ne faut pas être savant pour comprendre que les arbres qui bordent une rivière, non seulement lui confèrent son charme, mais contribuent à en stabiliser les berges.

Le « massacre à la tronçonneuse » qui vient d’avoir lieu à l’entrée de l’Ill dans Mulhouse, effectué au motif que les arbres constitueraient un danger, est pour cette raison incompréhensible autant qu’irrationnel. Continuer la lecture de MASSACRE AU BORD DE L’ILL!

La CGT reste la première organisation syndicale française

Que n’a-t-on entendu durant les manifestations contre la loi Travail contre les organisations syndicales s’opposant au projet ! La presse quasi-unanime, toutes formes confondues, avait annoncé que la CGT, trop revendicative et donc incomprise des salariés ( !) perdrait sa place de première organisation syndicale française au profit de la si sage et compréhensive CFDT qui allait récolter l’adhésion unanime du monde du travail.

Patatras, une fois encore, les augures se sont trompées : après les élections dans les très petites entreprises dont les résultats viennent de tomber, la CGT reste, et de loin, la première organisation syndicale dans les TPE.

Avec 25,12 des suffrages, la CGT a donc été placée en tête par les salariés des TPE (très petites entreprises) qui avaient été appelés à voté durant la première quinzaine de janvier 2017. Suivent la CFDT avec 15,49%, talonnée par Force Ouvrière (13,01%), puis l’UNSA (12,49% +5%), la CFTC (7,44% +1), la CGC (3,38% +1).

Dans ce qu’on appelle le « Grand Est », avec un taux de participation un peu plus élevé qu’au plan national, la CGT est également en tête avec 21,63% des suffrages exprimés, la CFDT seconde avec 16,36% et FO, avec 13,34% est devancé par l’UNSA avec ses 13,89%. La CFTC, quant à elle, fait un score plus important que sur le plan national, avec 13,10%.

Faible participation, recul des trois grandes confédérations

A part, les « petits » syndicats (UNSA, CFTC, CGC) qui progressent, aucune autre organisation n’a pourtant de quoi pavoiser.

La CGT se félicite certes de rester à sa place, mais elle recule de 4% par rapport aux élections précédentes. Dans sa déclaration, elle le reconnaît implicitement : « Ces résultats confèrent de grandes responsabilités à la CGT, qui, forte de ce résultat, réaffirme son engagement auprès des salariés des TPE pour, avec eux, exiger des avancées réelles en matière sociale. La CGT mesure les efforts de déploiement à réaliser pour mieux représenter les salariés des TPE, leur donner plus de place encore dans le syndicalisme CGT, le syndicalisme de tous les salariés. »

Quant à la CFDT, sa déception se mesure à la lecture de son communiqué : « Ces élections ont malheureusement souffert du report de la période de vote et de l’envoi tardif du matériel. Mais ce taux est aussi la confirmation que ce type de scrutin, où les salariés votent sur sigle, n’est plus viable. La méconnaissance du syndicalisme dans les Très petites entreprises doit également poser question. » Avancer des raisons techniques pour justifier les 4% qu’elle perd elle aussi, permet de ne pas s’interroger sur le fond pourquoi sa stratégie syndicale n’a pas été fructueuse.

Ce qui doit interroger tout les syndicats, c’est bien la participation ridiculement faible de 7,35% en recul de 3% sur 2012 alors que la situation sociale s’est encore tendue en France et aurait dû jouer en faveur des syndicats. Jean-Claude Mailly s’interroge sûrement avec pertinence sur  « le rejet des institutions parmi lesquelles sont rangées, à tort, les principales organisations syndicales ». Le président de l’UNSA, Luc Bérille, qui gagne 5%, y voit lui, la reconnaissance « d’un syndicalisme utile, pas idéologique »…

Où en est la démocratie sociale ?

Pas moins de… 31(!) organisations étaient en lice! Outre les organisations nationales et interprofessionnelles au nombre de 12, des « syndicats » régionaux ou professionnels briguaient également les suffrages. 17 sur 31 n’ont pas recueilli 1% des voix! On dirait que le syndicalisme français trouve que moins on a de syndiqués et plus nombreuses doivent être les syndicats!

Les syndicats sont des acteurs avant tout de la démocratie sociale. Chargés de faire entendre la voix des salariés, de faire évoluer le modèle sociale en leur faveur, les syndicats ont plutôt été conduits, pour les uns à négocier, pour les autres à combattre, des reculs sociaux. La démocratie sociale est totalement inopérante et le gouvernement de gauche, tout comme le MEDF, imposent leur stratégie et ne laissent aux syndicats pas d’autres choix que de s’y conformer.

A tel point que la syndicalisation est en constant recul, surtout parmi la jeunesse. Les salariés précaires, pauvres, qui sont de plus en plus nombreux, n’ont pas le sentiment qu’ils ont leur place dans des syndicats qui paraissent être conçus pour les seuls travailleurs à statuts. Les « nouveaux salariés, ceux de l’ubérisation, préfèrent se doter de structures propres qui peinent encore à trouver une ligne de conduite lisible.

Fin mars, quand serons connus les résultats des élections dans les grandes entreprises, nous verrons plus clairs sur le positionnement des syndicats et du syndicalisme en France. Personne, vraiment personne, ne pourrait se satisfaire de voir le syndicalisme français continuer à s’affaiblir. Ni les salariés, bien évidemment, mais le gouvernement et le patronat non plus, car la démocratie sociale, pilier indispensable d’une société démocratique, ne saurait exister sans une représentation salariale bien implantée dans le monde du travail. Pourtant, quand on voit le peu d’empressement qu’ont mis les pouvoirs publics, les médias, à populariser le scrutin dans les TPE, ont peut douter de leur volonté de dynamiser l’expression des travailleurs.

Michel Muller

Revenu universel (R.U) : du mythe aux « communs » ?

Si le mythe est bien une « construction imaginaire à vocation explicative de pratiques sociales en fonction des valeurs fondamentales d’une communauté à la recherche de sa cohésion » (Wikipedia), alors le revenu de base « d’existence » ou « universel » en est un.

L’exposé suivi d’un débat de Denis Durand économiste à la revue Economie et politique qui s’est déroulé à l’instigation de l’Alterpresse 68 à l’auberge de jeunesse de Mulhouse ce 31 janvier a  contribué à enrichir la réflexion sur un sujet devenu un « marqueur » important des projets des candidats en ces temps de campagnes politiques.

Revenu de base, Revenu universel garanti, de quoi s’agit – il ? Quelques rappels préalables

Revenu universel et donc versé à tous sans conditions, revenu individuel ou conditionné par des situations familiales comme le prévoient les minima sociaux actuels, revenu inconditionnel ou lié à des contreparties exigées par l’autorité publique, autant de visions du R.U.

Vieille utopie versions Thomas More au 16° siècle ou Thomas Paine, révolutionnaire franco – américain du 18ème, version Martin Luther King ou version Milton Friedman économiste ultra – libéral, version André Gorz, philosophe progressiste… autant d’approches parmi bien d’autres du R.U.

C’est évidemment la profondeur des bouleversements économiques et sociaux actuels, la remise en question rapide de notre modèle social, l’explosion des inégalités et les inquiétudes de ceux qui ne sont pas – plus – « inclus » dans notre société, les évolutions technologiques majeures, les craintes sur la nature et le volume global de l’emploi disponible dans nos sociétés, l’absence de visibilité à moyen, voire à court terme, qui expliquent l’ampleur des réflexions actuelles autour du R.U.

R.U : avantages, risques, questions

Le revenu universel serait un moyen pour notre société de s’adapter à une situation économique et sociale globale où seule une fraction de la population  en âge de travailler produirait des richesses au sein d’une économie monétarisée, dans le cadre d’un emploi  rémunéré.

Mais les gains de productivité, le numérique, la robotisation, sont loin d’être unanimement admis comme facteurs de suppressions massives d’emplois; nombre d’études et de prévisions sur le sujet s’avèrent contradictoires.

De même la vision de la « machine » Moloch détruisant des emplois renvoie-t-elle aux grandes peurs des périodes d’industrialisation et de bouleversements techniques; les « luddites » du 19e siècle, par exemple, étaient des « briseurs de machines » causes supposées de destructions d’emplois…

Autre idée force : le travail humain serait seul générateur de richesses « monétarisables » au-delà des intrans nécessaires pour produire biens et services; les heures de loisirs, le travail bénévole sous toutes ses formes ne seraient donc pas productives de « valeur » et un revenu servi pour favoriser leur développement fleure encore l’hérésie, comme et le « droit à la paresse » évoqué par le gendre de Kart Marx.

La création d’un R.U permettrait à l’Etat de simplifier, voire d’abolir, ses tâches de contrôles et d’assistances sociales, la stigmatisation des pauvres et des exclus du travail serait moindre, mais quid de l’impact d’un tel revenu garanti sur les valeurs d’une société du  » travail »  ?

Autres questions: un  R.U facteur de pression positive sur la qualité et la rémunération des emplois proposés par l’économie monétarisée à des individus moins enclins à accepter « n’importe quoi » ou facteur de baisse des salaires pour cause de R.U garanti?

Un positionnement moins « low cost » dans la division internationale du travail pour le/les pays concernés ou un risques de délocalisations d’emplois accrue dans une division du travail et des chaînes de valeur internationalisées ?

La lancinante question du financement:

Un revenu garanti à 500 euros mois – quasiment le RSA actuel pour un adulte isolé sans enfant –  ou de 1000 euros mois – chiffre souvent cité comme « convenable » –  généreraient des besoins de financement égaux à 18% du PIB ou à 36% alors que les minima sociaux en vigueur représentent environ 1,1% du PIB (selon des calculs à valeur plus que relative toutefois; s’agit – il de sommes versées imposables ?pour quelle durée de montée en puissance du dispositif ?avec quelles substitutions à tout ou partie des  aides/allocations existantes ? Et quid des allocation chômages, des retraites ?

Versement du R.U avec ou sans réduction drastique d’autres formes de dépenses publiques ? Quelles évolutions induites pour la protection sociale?

On aura compris que le coût du le revenu de base, et pour en rester à l’essentiel des 28 millions de Français  qui perçoivent très peu de prestions sociales  et qui occupent un emploi rémunéré, est une variable extrêmement capricieuse…

Entre la mise à disposition d’un montant individuel garanti à chaque individu et l’obligation pour chacun de gérer seul ses situations de vie, santé, éducation, transport, logement… et le filet social d’une société du « care » revisitée le fossé pourrait s’avérer  quasi infranchissable et le concept prendre des signification très différentes, voire totalement contradictoires.

denis

La réflexion et les propositions de Denis Durand

Denis Durand avait choisi en introduction du débat de présenter un point du vue critique sur une version du concept de RU, « vraie fausse bonne idée » et d’insister sur la nécessaire primauté du projet politique sous tendant  le R.U, de souligner la vision d’un RU situé dans une société où « s’indigner ne suffit pas et qui doit se structurer autour d’une vision de justice sociale ».

Son insistance sur la dimension de sécurisation globale tout au long de la vie professionnelle,  des parcours construits tout au long de la vie, comme sur une vision de « syndicalisme » global.

Et son insistance sur la question du nécessaire contrôle des entreprises, de leurs emplois et de leurs investissements, en particulier par leurs instances élues comme les comités d’entreprise renforce cette approche.

Poser la question du pouvoir  économique, de la capacité de décision – celui de bloquer des licenciements économiques, celui d’imposer des financements bancaires pour des entreprises en évolution – sont pour lui les vraies garanties d’une sécurisation des vies et des parcours personnels.

La question de la formation tout au long de la vie « au cas où », sans oublier le volet « réduction du temps de travail »  comme deuxième partie du dyptique de l’approche proposée sont complétées par des propositions sur la rémunération des chômeurs contre un travail socialement utile.

Quand au financement, les pistes de réponse exposées privilégieraient la lutte contre l’évasion fiscale, les paradis fiscaux, la récupération d’un part des dividendes du CAC 40, la résistance aux contraintes générées par l’Union européenne.

Les deux formes de revenu universel qu’il faut absolument éviter, selon le conférencier sont :

  • S’il est destiné à chaque citoyen, ce serait de le financer en supprimant toutes les prestations et couvertures sociales existantes, déshabillant donc Pierre pour habiller Paul…
  • S’il est adapté aux seules possibilités financières disponibles dans le budget de l’Etat, il serait distribué à des catégories bien particulière (jeunes, bas-salaires, privés d’emplois…) et perdrait donc son caractère « universel ».

Les questions posées par une salle largement acquise à ces analyses  ont encore élargi le champ des interrogations  et des craintes:

Risques de « détricotage » du Code du Travail par des entreprises dégagées grâce au R.U de leurs responsabilités sociales, risques de régression massive du salariat et des conditions de défense collective des salariés par l’action syndicale et menaces sur l’organisation même de la protection sociale basée sur l’entreprise, minoration de l’impératif politique et sociétal de lutte contre le chômage, risques liés à des organisations économiques privilégiant l’individuel sur le collectif, des auto-entrepreneurs « ubérisés » aux allocataires/bénéficiaires du R.U …

….mais aussi impact positif du R.U souligné par des intervenants : aide aux capacités inventives de bénéficiaires ainsi « sécurisés », aide aux micro-projets qui peuvent représenter des potentiels économiques réels, prise en compte de la dignité des personnes libérées de contrôles administratifs qui les stigmatisent, facilitation de projets associatifs, d’économie collaborative, d’économie distributive – souvent à dimension locale.

De quoi le Revenu universel garanti est il donc le nom ?

D’une démarche pour la prise de pouvoir dans l’entreprise d’autres groupes/classes sociales que celles que représenteraient les « actionnaires » dans  une version actualisée des réflexions autogestionnaires des années 70 ?

D’un outil ambitieux de répartition plus juste des richesses ?

D’un outil pour la prise en compte significative des pauvres, des exclus, des précaires ou d’exclusion à peu (ou beaucoup?) de frais ?

D’une réponse à l’évolution d’une organisation économique globale devenue désormais inéluctable avec trop de demandeurs d’emplois chassant après trop peu de postes de travail ?

D’une aide à la libération d’énergies, notamment entrepreneuriales ?

D’un facteur de collaborations locales, au plus près des bassins de vie?

D’un levier de transformation sociétale sociale majeure, d’une orientation politique adaptée au nom de valeurs redéfinies, loin du productivisme ou d’un alibi pour un productivisme libéral ?

Les réponses dépendront d’intérêts de groupes sociaux, de leurs valeurs plus ou moins partagées pour « faire société », de la capacité de notre modèle à gérer ses tensions, ses contradictions, de plus en plus marquées.

C’est en  ce sens que le Revenu universel répond très exactement à la définition du « mythe » précitée.

Mais peut-on espérer qu’il devienne aussi facteur clé d’un nouvel universalisme qui redéfinirait le concept de droits de l’Homme? Qu’il apporterait une nouvelle dimension philosophique intégrant toutes les dimensions de l’engagement politique dans notre société qui doute et où montent des colères ?

En somme le revenu universel participerait-il du concept de « communs »*, des services publics aux facteurs environnementaux, aux conditions du débat démocratique, à l’égalité des chances, aux réponses sociétales et politiques basées sur des valeurs communes dont les premières restent  la solidarité et le respect des biens communs ?

Christian Rubechi

*Voir la Revue Hommes & Libertés de la Ligue des Droits de l’Homme – Décembre 2016