Archives de catégorie : Mulhouse et environs

Le « social » vu par le Crédit Mutuel…

Dans sa farouche volonté de liquider l’imprimerie de L’Alsace à Mulhouse et ses 70 emplois (non inclus les emplois indus), le Crédit Mutuel ne lésine pas sur les moyens. Il distille les perfides informations sur la « générosité » du plan social et laisse croire à des naïfs que le montant d’un chèque pour le départ volontaire serait particulièrement incitatif.

Sauf que, quelque soit le montant d’un chèque, jamais il ne remplacera la perte d’un emploi dans un secteur où les reclassements sont difficiles, pour un salarié de moins de 60 ans.

L’exemple du Républicain Lorrain

On n’en parle peu mais le Crédit Mutuel ne veut pas uniquement fermer l’imprimerie mulhousienne, il envisage de faire la même chose avec celle du Républicain Lorrain à Metz. Toute la production du journal mosellan se ferait à Nancy sur les presses de l’Est Républicain…

Le Crédit Mutuel dévoile ses cartes pour imposer la fermeture qui bien évidemment est un traumatisme pour les salariés. Il faut savoir que les emplois d’une imprimerie sont très spécifiques : un imprimeur-rotativiste comme tout le personnel autour de la rotative, sont souvent des ouvriers très qualifiés et très spécifiques. Perdre son emploi équivaut donc à subir une vraie galère pour retrouver de l’emploi… et le « généreux » chèque du Crédit Mutuel s’évapore très rapidement.

Des luttes emblématiques pour l’emploi dans le passé ont fixé des cadres pour l’établissement d’un plan dit « social » pour virer le personnel. Entre autres mesures, il faut que la direction propose des reclassements.

C’est ce que le Crédit Mutuel vient de faire à Metz et les ouvriers sont tombés de haut.

Voilà ce qu’en pense le Comité d’entreprise du journal mosellan : «  Dans le cadre de la négociation ouverte sur le projet de « plan de sauvegarde de l’emploi » provoqué par la décision de supprimer l’imprimerie, la Direction avait transmis, la veille, une liste de postes à pourvoir dans le Pôle Presse du Crédit Mutuel… soit six postes d’assistantes commerciales (sic) ou d’assistantes de rédaction ! Deux autres listes, transmises précipitamment mardi matin, ne se sont pas révélées plus pertinentes que la première. »

Et on apprend que des propositions aussi fantaisistes que « directeur d’une agence du CIC dans le Sud-Ouest » auraient été rajoutées… En outre, les salaires sont en général divisés par deux dans les offres proposées.

Se conduire ainsi pour une banque qui s’affirme mutualiste (et qui l’est dans la tête de la plupart des sociétaires et des animateurs locaux des caisses) c’est montré son vrai visage. La haute direction du Crédit Mutuel se comporte comme tout le patronat, pire pourrait-on dire, puisqu’elle avance masqué se drapant de la respectabilité mutualiste.

Pour Mulhouse, pas d’autres choix : se battre pour maintenir l’imprimerie

Les salariés mulhousiens sont donc avertis : n’attendez pas des reclassements qui vous permettent de voguer vers la retraite ! Ils en sont conscients et mesure la difficulté de lutter contre un des leaders bancaires européens aux moyens infinis et qui ne s’embarrasse pas de moralité quant à la manière d’arriver à ses fins.

La défense de l’imprimerie c’est en fait défendre l’existence d’un quotidien pour la moyenne et haute Alsace qui risque de disparaître à brève échéance : d’où l’importance d’alerter élus et populations sur ce qui les attend et dont ils sont, pour la plupart, bien conscients. Oseront-ils affronter le Crédit Mutuel ? Un député comme Olivier Becht ne s’est pas retenu pour envoyer une lettre bien sentie à M. Théry.

La fermeture de l’imprimerie n’est pas encore acquise pour le Crédit Mutuel. La moyenne et haute Alsace a besoin d’un quotidien demain… Et si le Crédit Mutuel en a décidé autrement, il n’est pas le seul à pouvoir éditer un journal.

Pour appuyer les salariés défendant leur emploi, leur outil de travail et notre journal, signez la pétition sur

http://petitionpublique.fr/PeticaoVer.aspx?pi=P2017N49830

Michel Muller

Parti Communiste : « Nous devons mieux faire » !

Plus d’une centaine de convives au banquet républicain du Parti Communiste français organisé dans le cadre des « rencontres d’automne du PCF 68 » à Wittenheim. Des militants, des sympathisants mais également le maire de Wittenheim, Antoine Homé et la toute nouvelle (et jeune) secrétaire régionale d’EELV, Cécile Germain étaient présents. LO68 fut également de la partie. Pour l’animation politique de la journée, c’est Guillaume Roubaud-Quashie (notre photo), membre du Comité exécutif national et rédacteur en chef de la revue « Cause commune » qui anima un débat sur le thème « Face à Macron : on subit ou on résiste ? ». Quelques questions à l’invité de la journée…

L’A : « On subit ou en résiste? » : est-ce cela la thématique du congrès extraordinaire du PCF en novembre 2018 ?

Guillaume Roubaud-Quashie : Le principal objectif de ce congrès est de repenser nos actions et nos ambitions. Actions pour donner plus d’ampleur aux luttes qui se déroulent actuellement mais avec un manque de coordination, ambitions pour réinventer le Parti communiste, en somme remettre en chantier une stratégie et des pratiques de conquêtes et de victoires durables pour la transformation sociale qui reste l’objectif de notre parti. Une première étape dans ce vaste chantier, seront les Etats généraux du progrès social prévus en février 2018 pour rassembler tous ceux qui résistent et combattent la politique d’Emmanuel Macron.

L’A : Emmanuel Macron n’est-il pas en train d’imposer sa politique et sa méthode sans que cela fasse trop de vagues ?

GRQ : M. Macron est en train d’imposer une politique libérale en étant reconnu comme le « Président des riches »… Toutes les réformes entreprises affaiblissent les plus pauvres et n’ont qu’une ambition : répondre aux exigences du MEDEF. Il veut aussi incarner l’homme au-delà des clivages gauche-droite : ce qui est sûr c’est qu’il n’est « ni de gauche, ni de gauche » !

Son action, est très impopulaire notons-le. Mais dans le pays, nous constatons également une perte de confiance dans la possibilité de changer le cours des choses. Nous payons là les échecs des grandes manifestations sociales collectives de ces dernières années : non pas échec dans la mobilisation mais dans l’objectif de changer la politique imposée par le gouvernement. Il faut donc travailler à faire renaître la confiance que les situations ne sont pas inéluctables, qu’on peut changer les orientations politiques sans attendre les rendez-vous électoraux. En somme, démontrer que l’action collective peut mener à des victoires. Et cela commence par notre investissement dans des mobilisations locales, multiples… Des victoires à ce niveau permettront de restaurer la confiance des citoyens dans leur capacité à imposer d’autres choix que ceux imposés par le pouvoir.

L’A : Mais à l’heure de la mondialisation, de la perte d’influence des Etats-nations, aux difficultés de mobilisation du mouvement social, le Parti communiste pourra-t-il s’affirmer comme porteur d’une alternative politique ?

GRQ : Regardons les choses telles qu’elles sont dans ce processus de mondialisation. Celle-ci est loin d’emporter une adhésion globale des peuples : des voix alternatives s’élèvent, regardons ce qui se passe en Espagne, en Grèce… Nous communistes, la mondialisation est un terrain que nous ne négligeons pas, nous sommes tournés vers l’internationale. Et la France, 6e puissance mondiale, peut être un levier pour lutter contre cette mondialisation.

Mais le capitalisme lui-même s’interroge et mesure bien que son fonctionnement « les actionnaires décident, les citoyens appliquent » n’est plus adaptés. Le capitalisme numérique est le plus avancé sur ce point : Google n’écoutent pas que ses actionnaires, l’entreprise fait appel à l’intelligence de ses salariés et des utilisateurs pour définir ses choix stratégiques. Bien évidemment, cela est fait avant tout pour assurer ses intérêts mais par là il reconnaît que la prise en compte de l’avis et des désirs des utilisateurs et des salariés est important pour atteindre ses objectifs.

Dès lors, nous aussi, forces de progrès, devons plus faire confiance et faire appel à cette intelligence collective pour définir un projet de société dans lequel les citoyens-« utilisateurs » formulent leur désir et définissent les moyens de les satisfaire. En clair, lutter pour une autre mondialisation, c’est commencer à construire des alternatives au plus près de la vie des gens.

L’A : Mais est-ce que la gauche est en mesure d’assumer cela ? Même Jean-Luc Mélenchon est en train de perdre de la popularité et de la confiance…

GRQ : Il est vrai que les dernières élections ont été un vrai tourbillon qui a bouleversé beaucoup de choses. La démarche « présidentielle » a été déterminante et ce sont plus des individus « hors partis » traditionnels qui ont récolté une majorité des lois. Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon ont voulu se défaire de tout lien avec le système de partis et ont constitué des mouvements… Cela a conduit Jean-Luc Mélenchon à se démarquer de nous. Il le confirme encore en proposant une liste France Insoumise pour les Européennes… sans en discuter avec les autres forces de gauche.

Cela est dommageable car nous avons besoin de rassembler pour gagner. Certes, nous avons des différences, Jean-Luc Mélenchon n’est pas pour le dépassement du capitalisme, nous si. Et puis nous refusons le repli nationaliste : l’Europe tel qu’elle est ne nous va pas mais nous devons la construire en coopérant avec d’autres au niveau européen.

Mais bien évidemment nous devrons tout faire pour construire une alternative ensemble à la politique de M. Macron.

L’A : M. Macron se présente comme « girondin », donc comme décentralisateur. Vous vous sentez jacobin ?

GRQ : M. Macron est un centralisateur de la pire espèce ! Toute sa politique vise à détruire les collectivités territoriales. Une coupe de 13 milliards dans les dotations, cela ne s’est jamais vu et va peser négativement sur la décentralisation. Tout comme la construction de méga-région, que les députés communistes ont rejeté en votant contre la loi…

L’A : Les Alsaciens rejettent à 87% la disparition de leur région, pensez-vous qu’il faille revenir en arrière sur cette loi…

GRQ : Le passé n’était pas non plus la perfection… C’est plutôt autour d’une organisation territoriale favorisant la démocratie et l’expression citoyenne qu’il faudra bâtir le futur. Pas avec les méga-régions et l’omnipotence des grandes métropoles qui font disparaître de nombreuses communes…

L’A : Le Parti communiste a connu une série de défaites électorales. Comment pensez-vous renouer avec les citoyens pour redevenir une force politique qui compte ?

GRQ : Malgré nos difficultés, le Parti communiste reste une force qui compte. Nous pensons que c’est dans la construction et la mise en œuvre collective d’alternatives que nous y arriverons. Les congressistes définiront le fond et la forme, je ne vais pas anticiper aujourd’hui sur la manière de faire.

Nous avons commencé dans la préparation de notre congrès : un an avant sa tenue, nous avons sollicité des dizaines de milliers de nos adhérents, par une consultation nationale qui vient de s’achever, pour leur demander ce qui étaient leurs préoccupations, qu’elles étaient les actions à entreprendre et comment voyaient-ils le fonctionnement de notre parti.

Car il est évident que nous avons à repenser l’action du PCF pour renforcer la démocratie interne et amplifier l’action d’un parti qui reste la première force militante du pays.

Propos recueillis par Michel Muller

PLU de Wattwiller Les habitants disent NON au sacrifice du « grand pré »

Dans nos éditions précédentes,nous avions exposé les tenants et aboutissants de cette affaire. Wattwiller est un village-clairière comme on en voit très rarement : il se distingue par l’existence en milieu urbain à l’entrée du village d’un beau pré pâturé, qui offre de surcroît une perspective unique sur le Hartmannswillerkopf avec un avant plan l’église classée monument historique. Il est ainsi considéré comme une véritable carte de visite de Wattwiller, et identifié dans le SCoT (Schéma de Cohérence Territorial) du Pays Thur Doller comme un espace devant obligatoirement – au plan légal – être protégé.

http://lalterpresse.info/wattwiller-grand-pre-interet-general-interets-de-quelques-uns/

Ce patrimoine paysager aujourd’hui est menacé de destruction par le nouveau PLU concocté par le député-maire SCHELLENBERGER, au profit de deux élus et leur famille proche, qui siègent au conseil municipal. Ces derniers faisaient partie des propriétaires fonciers ayant réussi à faire annuler pour un souci de procédure l’ancien PLU jugé pourtant « particulièrement vertueux » (sic) par les services de l’État, notamment pace qu’il protégeait cet espace vert remarquable. Mais la population est entrée en résistance…

La barre des 500 été frôlée ! 493 électeurs exactement se sont exprimés à l’occasion de la consultation d’initiative citoyenne organisée par le collectif « Cœur de village » qui s’est tenue dimanche 12 novembre 2017. Le message adressé à la municipalité est clair et net : le « non au sacrifice du grand pré» représente 97% des voix exprimées bulletins blancs compris.

Le taux de participation de 36% – c’est le chiffre clé – est particulièrement élevé pour ce type de scrutin non officiel : pour mémoire une consultation de cette nature à l’occasion du dossier explosif de la construction de l’incinérateur à Aspach-le-Haut avait suscité une participation de 27%. Cette participation est d’autant plus remarquable que le scrutin s’est déroulé dans les pires conditions météo : les votants ont littéralement bravé la tempête pour aller déposer leur bulletin dans l’urne. Il en résulte que la crédibilité de la consultation ne peut pas être contestée.

L’ampleur du score final de 97% peut surprendre, mais il ne supporte aucune contestation. D’abord parce que la question posée, « approuvez-vous que le grand pré devienne constructible ? », était claire et n’induisait pas la réponse de l’électeur. Ensuite parce que, comme tous les observateurs ont pu le constater, le scrutin s’est déroulé avec toute la rigueur requise : règlement précis et public de la procédure, tenue irréprochable du bureau de vote, isoloirs etc. Enfin parce que contrairement à ce qui se passe dans une enquête publique où le citoyen qui s’exprime s’expose publiquement, le vote à bulletin secret permet à chacune et chacun de s’exprimer en toute liberté dans l’isoloir… d’autant plus que le sujet est ultra sensible. Rappelons que deux élus et leur famille proche profitent directement de cette opération foncière… C’est ce qui explique le niveau exceptionnel de la mobilisation des habitants qui ont été deux fois plus nombreux à s’exprimer que lors de l’enquête publique.

Comme indiqué dans le document de présentation de cette consultation déposé dans toutes les boites aux lettres, le résultat du scrutin n’a pas de valeur sur le plan légal. Il n’en demeure pas moins qu’il met le député-maire Schellenberger en face de ses responsabilités : est-il prêt à ignorer l’avis quasi unanime exprimé par la population ? Ce résultat sonne comme un sévère avertissement adressé par la population à la municipalité, et plus particulièrement le député-maire qui dans cette affaire s’est une nouvelle fois distingué.

La démocratie, « une manipulation grotesque »?!!!

D’abord en faisant tout ce qui lui était possible pour torpiller l’initiative : refus de mettre à disposition une urne, refus de communiquer la liste électorale, refus de mettre à disposition une salle communale… Mais le collectif « cœur de village » a su trouver des réponses adaptées permettant aux habitants de Wattwiller de vivre une expérience de citoyenneté remarquable, qui constitue une véritable première !

Ensuite en déclarant le lendemain du scrutin lors de la séance du conseil municipal ne pas vouloir s’exprimer sur le fond mais dénoncer « une manipulation grotesque». Ces propos outrageants ont créé à juste titre des remous dans le village. En effet, ils sous-entendent implicitement que les citoyens qui ont bravé les intempéries pour aller voter sont ad minima des marionnettes qui se sont laissées manipuler, au pire des clowns qui ont accepté de participer à une mascarade… Le sérieux et la sérénité dans lesquelles s’est déroulé le scrutin, tranchent furieusement avec ce nouveau dérapage verbal du premier magistrat de Wattwiller (1).

L’un des adjoint avouait en voix off déjà avant la consultation, « avec le PLU la municipalité sommes sur le fil du rasoir »… Il reste aux habitants de transformer le magnifique essai qui vient d’être marqué, car cette consultation marque un tournant dans l’affaire du PLU de Wattwiller ! Au delà d l’intérêt général c’est le bien commun est en jeu… et ce n’est pas gagné ! La mobilisation va continuer de monter en puissance : prochainement à l’occasion du conseil municipal décisionnel qui se tiendra après le remise des conclusions du commissaire enquêteur que le 4 décembre, et le cas échéant avec l’engagement d’un recours devant le TA de Strasbourg pour faire tomber un PLU dont la fragilité juridique est avérée. La détermination du collectif est totale !

Pour le Collectif « Cœur de village »

Geneviève PETER et Jean-Claude PELKA

(1) A l’occasion de l’inauguration du nouveau mémorial du Hartmannswillerkopf par le président Macron les services de la préfecture avaient comme à l’accoutumée – problème de stationnement et écologie obligent – affrété des bus pour permettre aux élus, invités et journalistes de rejoindre le site. Le député-maire SCHELLENBERGER avait refusé de monter dans une « bétaillère »… Vous avez dit mépris des gens ?

Stocamine : le 2 décembre, tout le monde manifeste !

Stocamine : nouveau scandale !

Pour un moratoire sur les coulées de béton !

 Un nouvel épisode vient confirmer l’incroyable cynisme des pouvoirs publics qui imposent actuellement un déroulement frénétique des opérations de confinement.

Pour les autorités de l’Etat, il s’agit d’abord de cacher le plus vite possible, derrière des tonnes de béton, et donc irrémédiablement, la nature et la dangerosité des produits stockés par Stocamine à Wittelsheim.

Le collectif Déstocamine vient en effet d’apprendre que 200 fûts de déchets toxiques remontés au jour, ont été refusés par la mine de Sondershausen, car non conformes au cahier des charges. Les normes d’admissibilité de déchets au fond de la mine sont analogues dans la potasse en France ou en Allemagne à Sondershausen ou à Herfaneurode.

Ce scandale prouve une fois de plus que le stockage au fond à Stocamine c’est du grand n’importe quoi !

Cela confirme les dires d’experts qui doutent de la quantité et de la nature des déchets entreposés au fond de la mine Joseph Else à Wittelsheim.

Qu’en va-t-on en faire ? Si ce n’est déjà fait, ces 200 fûts seront probablement redescendus dans la mine de Wittelsheim pour être enfouis derrière les barrières de béton qu’on s’apprête à couler !

Monsieur Rollet liquidateur amiable des MDPA/STOCAMINE affirme dans la presse locale « Ce serait mentir que de faire croire que le stockage a été réalisé en imaginant que ces déchets remonteraient un jour. »

Voila l’état d’esprit dans lequel a été mené le dossier de demande d’autorisation de stockage illimité (enfouissement). La mise en place de barrages en béton est une gabegie financière. Elle n’empêchera pas une pollution de la nappe phréatique, vu les nombreux déchets présents au fond et qui n’ont rien à y voir.

Cela fait près de 20 ans que la population et les élus de la région se font berner par des décideurs publics qui, aujourd’hui, ne respectent plus rien. Sous la pression de puissants lobbies, une certaine panique les gagne. L’arme ultime qu’ils brandissent dorénavant pour empêcher l’émergence de la vérité, c’est le béton ! C’est avec du béton qu’ils cherchent à étouffer immédiatement les procédures juridiques et parlementaires en cours.

Le collectif Déstocamine lance un appel. Il faut absolument que la population reste mobilisée pour que cessent immédiatement les opérations d’enfouissement. L’obtention d’un moratoire sur les coulées de béton – ce que les pouvoirs publics refusent obstinément pour l’instant – est indispensable pour que les recours contentieux lancés et pour que l’enquête parlementaire demandée permettent l’émergence de la vérité et l’élaboration de solutions de nature à protéger la plus grande nappe phréatique d’Europe.

Le collectif Déstocamine

Rendez-vous le samedi 2 décembre

10 heures​ 30 devant la préfecture à Colmar.

futs

LETTRE OUVERTE A M. EMMANUEL MACRON

 

 Monsieur le Président de la République,

Par courrier du 6 novembre adressé à la préfecture du Haut-Rhin, nous vous avions sollicité aux fins de nous accorder une entrevue. Nous voulions vous rendre attentif à la situation de Stocamine dans le Haut-Rhin et aux 41 500 tonnes de déchets industriels dangereux hautement toxiques stockés au fond de l’ancienne mine de potasse Joseph Else à Wittelsheim.

Le soir du 9 novembre la préfecture nous a fait part, qu’aucun autre sujet que la réconciliation franco-allemande ne serait abordé le 10 novembre 2017 au Vieil Armand.

Nous voulions vous faire part, que dans ce dossier, l’entreprise MDPA/STOCAMINE et les services de l’Etat, n’ont jamais écouté ni pris en compte l’avis et les remarques des collectivités, des élus, des citoyens, des représentants du personnel, des riverains, des associations et des syndicats, exprimés lors de la concertation publique de 2013 et de l’enquête publique de 2016. 2

L’arrêté préfectoral du 23 mars 2017 autorise le stockage en mine de ces déchets pour une durée illimitée, après retrait de 2200 tonnes de déchets mercuriels, ainsi que la mise en place de barrières de confinement en béton qui ne feront que retarder la pollution (avis unanime des experts).

Cela s’explique, par le fait que dans cette affaire l’Etat est à la fois juge et partie. En effet l’Etat est actionnaire à 100% de MDPA/STOCAMINE, les services de la DREAL et l’administration préfectorale dépendent de l’Etat. Tous n’entendent que la seule voix de M.ROLLET le liquidateur amiable de Stocamine.

Cet arrêté préfectoral est attaqué devant le Tribunal Administratif de Strasbourg par le Conseil Régional Grand Est, le Conseil Départemental du Haut Rhin, par la ville de Wittenheim, Alsace Nature et la CLCV pour le collectif Déstocamine.

Dans sa réponse au député Straumann et président du conseil départemental 68, Monsieur Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, tout en reprenant les mêmes arguments avancés par l’Administration depuis de nombreuses années, lui a assuré que ce dossier Stocamine allait être traité dans la transparence.

Cependant c’est par voie de presse, dans l’article paru dans le quotidien « L’ALSACE » samedi le 4 novembre 2017, que nous apprenons, que le déstockage partiel se terminait au plus tard mardi 7 novembre 2017. Les journalistes ont pu visiter le chantier du fond et Monsieur Alain Rollet, liquidateur amiable des MDPA/STOCAMINE leur a fourni ses explications !

Malheureusement nous devons vous informer que la CCS (Commission de Suivi de Site) Stocamine et le Comité de suivi des travaux de déstockage ont été réunis la dernière fois le 7 décembre 2016 ! Le règlement des CSS prévoit deux réunions annuelles. En matière de transparence dans ce dossier, les services de l’Etat mettent plutôt une chape de plomb !

A ce jour le chantier de déstockage partiel ayant pris fin, l’entreprise SaarMontan devra quitter les lieux avec son savoir faire. Il resterait au fond de la mine : 41500 tonnes de produits hautement toxiques dont 6872 tonnes de déchets arséniés, 5263 tonnes de terres polluées, 20714 tonnes de REFIOM non stabilisés, 3400 tonnes de sels de trempe cyanurés, 6 tonnes de plomb, des déchets mercuriels, de l’antimoine, des métaux lourds et des produits phytosanitaires…qui pollueront le sol l’air et la nappe phréatique la plus grande d’Europe.

L’entreprise MDPA/STOCAMINE a engagé des consultations avec des entreprises spécialisées, aux fins de démonter au plus vite le système de ventilation et d’aération du chantier de déstockage. L’installation de ce ventilateur, les accessoires, les capteurs d’émanation de gaz, ont coûté près de 500 000€ ! Cette installation est pourtant vitale pour la poursuite du déstockage. 3

Le but de cette manoeuvre est de rendre irréversible le confinement et d’anticiper une décision juridique qui pourrait annuler l’arrêté préfectoral du 23 mars 2017.

Pour éviter que la justice ne rende une décision inapplicable, car la plupart des galeries d’accès au stockage seraient bouchées par du sel ou du béton, il faut instaurer un moratoire dans ce dossier de confinement.

De plus Il faut empêcher le démontage des installations de ventilation, aération du chantier de déstockage, qui doit intervenir dans les prochains jours !

Nous rappelons également qu’une demande d’enquête parlementaire a été déposée par le député Raphaël Schellenberger, pour faire la lumière sur ce dossier opaque. Le député Bruno Fuchs et la députée Mathilde PANOT ont posé une question écrite au gouvernement au sujet de Stocamine. Une pétition recueillant près de 30 000 signatures circule en ce moment.

Nous avons encore en mémoire, votre propos de campagne qui disait : vos ministres s’imposeraient face aux directeurs de l’Administration. Dans ce dossier c’est bien l’Etat et l’Administration qui tentent par tous les moyens mêmes irréguliers, d’imposer leur solution.

Nous vous demandons, Monsieur le Président de la République, d’intervenir auprès de Monsieur Nicolas Hulot Ministre de la Transition écologique et solidaire, afin qu’il instaure un moratoire dans le dossier Stocamine et qu’il gèle le démontage du ventilateur d’aérage, afin que la justice administrative puisse rendre sa décision, sans que la situation au fond de la mine soit irréversible.

Nous souhaitons enfin être reçus personnellement par le Ministre Hulot, pour une mise à plat de ce dossier.

Dans l’attente de réponses favorables et en vous remerciant, veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre très haute considération.

Pour le Collectif Déstocamine :

Etienne CHAMIK, porte-parole, Josiane KIEFFER, CLCV, Jean Marie DUBEL, syndicat CFTC et président Association Cité Langenzug

CETA : que les citoyens s’expriment!

Ils étaient là, en ce samedi 18 novembre, rue du Sauvage à Mulhouse, pour alerter les citoyens sur les dangers de l’accord de commerce entre le Canada et l’Union européenne. Le « Collectif de vigilance et de combat contre les traités commerciaux inégaux » a ouvert la discussion avec les passantes et passants pour dénoncer sur le fond et la forme, ce traité qui est entré en application d’une manière totalement illégale.

CETA DISCUSSION

Sur le pont en toute occasion: on est militant(e) ou on ne l’est pas!

Négocié entre 2009 et 2014, dans une totale opacité, le CETA (Comprehensive Economic and Trade Agreement)  comporte des risques importants pour de nombreux aspects de notre vie : le climat, l’emploi, les services publics, l’agriculture, l’environnement, la santé, l’alimentation, la culture. Et implique de graves entorses à la démocratie.

Le texte prévoit la suppression des derniers droits de douane entre le Canada et l’Europe, notamment dans l’agriculture. Il offre ainsi aux multinationales d’imposer leurs produits quasiment sans contrôle. Ainsi, le traité ne prévoit pas de vérifier les conditions sociales faites aux salarié(e)s dans la production, ouvrant la voie à un dumping social sans frein qui pourra avoir de lourdes conséquences sur l’emploi. Il en va de même pour les normes sanitaires qui sont profondément différentes entre le Canada et la plupart des pays européens. Ainsi l’utilisation des OGM est autorisée au Canada et grâce à ce traité, des produits OGM pourront se retrouver dans nos assiettes.

On parle souvent du « saumon Frankenstein », élevé dans des conditions lui permettant d’atteindre un poids de commercialisation en un an (alors qu’il en faut deux pour un saumon « normal »), mais cela peut se décliner avec beaucoup d’autres produits.

Mais, pensez-vous, il sera possible d’attaquer ces multinationales si leurs agissements sociaux ou environnementaux ne correspondent pas à notre législation ? Que nenni, car il est prévu, à terme, de mettre en place des Commissions de litiges d’interprétation de l’accord. Ces Commissions pourront condamner un Etat car sa loi pourrait être contraire aux dispositions de l’accord CETA. Est-ce donc cela la démocratie du « marché » ?

CETA CECILE 2

Cécile Germain: convaincre les passants!

Application immédiate… sans décision du Parlement !

Sur proposition de la Commission, le traité fut adopté par le parlement européen le 15 février 2017 par 408 voix pour, 254 contre et 33 abstentions. Notons que seuls 26 des 74 députés européens français ont approuvé le texte.

Ce vote a permis l’entrée en vigueur provisoire du traité dès avril, alors que chacun des Parlements nationaux devaient encore s’exprimer. Même le président Emmanuel Macron notait que ce traité « a été conçu à l’écart du processus démocratique, dans une forme de décision qu’il nous faudra changer en Europe pour l’avenir ». Mais, ça c’était avant…

Car le CETA est entré en vigueur en France le 21 septembre dernier… décision du même M. Macron. Pour en décider ainsi, il s’est appuyé sur un rapport rendu par une commission indépendante le 8 septembre émettant un avis favorable… mais relevant qu’en matière de viandes par exemple, « rien n’est prévu en ce qui concerne l’alimentation des animaux (utilisation de farines animales et de maïs de soja OGM, résidus de pesticides…) ; l’utilisation des médicaments vétérinaires (notamment des antibiotiques) en élevage ; le bien-être des animaux (élevage, transport et abattage) ». Apparemment, notre président n’a pas jugé cela suffisamment grave pour s’opposer à l’application du CETA en France.

C’est, entre autres, des appréciations de ce type qui  génèrent une vive opposition à l’application de ce traité. La contestation est forte dans de nombreux pays, gênant certains gouvernements qui auraient voulu ratifier au plus vite. En France, l’opinion publique est majoritairement contre ces traités. En Allemagne, ce sont plus de 300.000 personnes qui ont manifesté contre ce traité. En Wallonie, le Parlement régional (qui a un véritable pouvoir de bloquer la ratification par la Belgique toute entière) exige des contreparties pour l’approuver.

Rien n’est donc jouer. Ce traité peut encore être rejeté et renégocié : même dans une Europe centralisatrice, les parlements nationaux gardent encore la possibilité de rejeter un accord qui devrait s’imposer dans leur pays.

C’est pourquoi de nombreuses organisations, dont le « Collectif de vigilance et de combat contre les traités commerciaux inégaux » appellent à l’organisation d’un référendum sur le sujet. Ce qui aura deux avantages certains : rétablir un processus démocratique digne de ce nom et ouvrir le débat sur le contenu du CETA et donner aux citoyens le moyen de savoir ce qui va se passer avec l’application définitive de ce traité.

Michel Muller

Winterreesla… au Secours populaire

L’Alterpresse invite celles et ceux de la région ou de passage à aller  au concert de Géranium, Wìnterreesla Chants de Noël, de Nouvel an et d’Epiphanie d’Alsace, d’Europe  et du monde.

Faut-il encore présenter le groupe Géranium? Oui, car nous n’avons pas trop de formations musicales aussi multiculturelles que celui-ci. Grands spécialistes de la culture de cet espace rhénan, Daniel Muringer et ses amis n’hésite pourtant pas à s’ouvrir à toutes les musiques du monde.

Ce concert de chansons liées à Noël est une bonne occasion de faire un voyage à travers le monde et cela sur plusieurs siècles. Vous les retrouverez:

– samedi 25 novembre à 20 h 30, Husseren-Wesserling, (chapiteau de la compagnie EQUINOTE, derrière chaufferie du Parc), entrée libre, chapeau.

– dimanche 26 novembre à 17 h, Mulhouse (Centre de réadaptation, 57, rue Albert Camus), au profit du Secours populaire français qui s’investit pour soulager la misère de milliers de personnes dans notre ville et département.

Un programme éclectique

Chansons d’Alsace à part égale avec des chansons du 13è siècle florentin, d’Espagne, d’Allemagne, d’Italie, d’Angleterre, du pays basque, de Provence, de la communauté allemande de la Volga, d’Italie, de Tchéquie,

de Russie, d’Argentine, de Bolivie, des USA,  chansons de création de Victor Schmidt, Emile Storck,  Allain Leprest.

Noëls alsaciens extraits des collectages de Jean-Baptiste Weckerlin, François Wilhelm, Louis. Pinck, Richard Schneider, Scheubel/Ehret et de Géranium.

Le groupe Géranium

Marc DIETERICH : chant, guitare

Gaëlle HORNECKER : chant, hautbois

Daniel MURINGER : violon, duet concertina, mandole, mandoline, dulcimer, chant

Catherine NACHBAUER : chant

Patrick OSOWIECKI : contrebasse, mandoline, mandole, mandoloncelle, chant

Andrzej RYTWINSKI : accordéon, chant

Marie SOBCZYK : chant

Apprentissage, emploi : le pays de Bade recrute

L’Arbeitsagentur a publié les statistiques du chômage du mois d’octobre de nos voisins : 3,5 % dans la région de Freiburg et 2,9 % dans les régions d’Offenburg et Lörrach. Bien sûr, les chiffres officiels ne reflètent pas toujours la réalité du marché de l’emploi, dont beaucoup de femmes et de « seniors » sont écartés, n’empêche : le pays de Bade a besoin de salarié.e.s.

Les Réfugiés que l’Allemagne a accueillis ces dernières années commencent à intégrer le marché de l’emploi notamment en ce qui concerne l’apprentissage. Mais la santé de l’économie allemande est telle qu’il y a de la place pour tous.

Pour aider les Français à franchir le Rhin, une nouvelle convention vient d’être signée entre Mulhouse Alsace Agglomération, la Maison de l’Emploi et de la Formation, Saint-Louis Agglomération et les Agentur für Arbeit de Freiburg et Lörrach.

Comme l’annonce dans un récent communiqué de presse Christian Ramm, le responsable de l’Agentur für Arbeit de Freiburg :

„Wir wollen, dass mehr Elsässer für eine Arbeit oder für eine Ausbildung zu uns nach Südbaden kommen. Damit wir das hinbekommen, müssen wir über Grenzen hinweg unsere Kräfte optimal bündeln und unsere gemeinsame Strategie weiterentwickeln. Mit dieser Kooperation machen wir den nächsten Schritt.“ (« Nous voulons que plus d’Alsaciens viennent en Bade du Sud pour un emploi ou une formation. Pour y arriver, nous devons développer notre stragégie au-delà des frontières. Avec cette coopération, nous passons un nouveau cap »)

Warum Nicht, Monats Treff…

 A Mulhouse, ces expressions allemandes peuvent conduire à décrocher un travail en Allemagne ! La nouvelle convention de coopération franco-allemande pour l’emploi et la formation vient encore renforcer une dynamique qui porte ses fruits.

D’un côté, en Alsace, un taux de chômage autour de 10%, de l’autre des milliers de postes à pourvoir. Une équation que les collectivités, entreprises et agences pour l’emploi des deux côtés du Rhin entendent bien résoudre.

Une nouvelle convention

Depuis 2013, une convention de coopération franco-allemande pour l’emploi et la formation signée par Mulhouse Alsace agglomération, la Maison de l’emploi et de la formation et l’Agentur für Arbeit de Freiburg a permis de développer de nombreuses actions autour de la formation, de l’orientation et de l’insertion des travailleurs français sur le marché du travail allemand. Cette convention vient d’entrer dans sa troisième mouture, avec l’arrivée des nouveaux partenaires que sont Saint-Louis Agglomération et l’Agentur für Arbeit de Lörrach, ce qui témoigne de son utilité et de son attrait.

« Nous devons dépasser les frontières, étatiques comme administratives, dans le cadre de ce partenariat exemplaire », explique encore Christian Ramm, « cette convention est triplement gagnante : pour les habitants qui ne sont plus au chômage, pour les entreprises qui disposent d’une main d’œuvre qualifiée mais aussi pour les territoires qui se relancent et versent moins d’aides. »

Warum Nicht

Des propos pleinement soutenus par Michèle Lutz, maire de Mulhouse  et première vice-présidente de m2A, qui salue les actions entreprises « dans le cadre de l’amitié forte qui unit nos deux pays, dans le domaine crucial de l’emploi ».

Tête de pont de ces actions, le salon Warum Nicht, qui se déroule depuis 4 ans à l’Orientoscope de Mulhouse et rassemble à chaque édition près de 800 personnes désireuses de s’informer sur les opportunités d’emploi en Allemagne. La prochaine édition de Warum Nicht est d’ores et déjà programmée pour le 10 octobre 2018.

Monats Treff

Lancée il y a quelques mois, sa déclinaison mensuelle baptisée Monats Treff permet aux personnes intéressées d’être conseillées, de découvrir les offres d’emploi et les formations mais aussi de tester leur niveau d’allemand, le tout gratuitement. Car la frontière de la langue est bien souvent le principal obstacle pour les travailleurs français désireux de rejoindre une entreprise allemande. Pourtant, certains postes ne nécessitent pas forcément une grande maîtrise de l’allemand, une connaissance simple pouvant suffire.

La Maison de l’emploi et de la formation vient d’éditer un guide sur les secteurs qui recrutent dans la région de Freiburg-Lörrach, qui rassemble les 10 secteurs les plus porteurs, avec toutes les informations essentielles et notamment le niveau de langue requis pour chaque métier.

Mairie de Mulhouse : petits arrangements entre ami.e.s

Vous doutez du label « Territoire Hautement Citoyen » accordé à Mulhouse? Comme vous avez raison!

Alors que le maire Jean Rottner, qui cumulait depuis 2015 (et donc un an seulement après son élection) les postes de maire d’une grande ville et de conseiller régional, s’est vu offrir le poste de président de région. Le suspens était donc à son comble pour procéder au passage de témoin.

Suite à une courte transition et moult tractations, la dauphine a été « choisie » en la personne de Michèle Lutz, première adjointe et seconde sur la liste des Municipales de 2014. Elle ne prendra vraiment la parole qu’après une élection à laquelle elle est la seule candidate. Auparavant, un élu d’opposition reproche au maire de quitter le navire à mi-mandat malgré son engagement solennel devant les Mulhousien.ne.s et la seule réponse qu’il trouvera est une attaque en règle sur son parcours personnel. Aucun argument de fond, circulez il n’y a rien à voir ! Mais accrochez-vous, on aura bientôt de « vrais » arguments.

Une seule femme au conseil municipal prendra la parole pour soutenir la future cheffe de Mulhouse et soulèvera par la même occasion les problèmes auxquels les femmes doivent faire face dans le monde politique. Toutes les autres prises de paroles seront des adoubements des vieux briscards de l’assemblée.

Pas de nouveautés chez les Républicains et leurs affiliés, une femme à la tête de la ville mais ce sont les mecs qui gardent le pouvoir.

La maire est donc élue avec quelques bulletins blancs et enchaîne avec un discours mesuré sur le refrain du « vous me connaissez », « j’agirai dans la continuité », « je suis fière de ce que nous avons fait » et autres tapes sur l’épaule de l’ancien maire. Elle énonce aussi ses priorités pour Mulhouse : l’éducation, l’économie et la culture, le tout soutenu bien sûr par les « progrès » en matière de sécurité. Pas un mot sur la santé et l’environnement.

Une ville qui enchaîne les pics de pollution de l’air hivernaux  (3ème cause de mortalité en France) ne peut pas se permettre d’écarter ce problème. Idem pour les enjeux locaux que sont Stocamine et les aménagements routiers. Pas un mot non plus sur les fermetures de bureaux de poste dans les quartiers défavorisés de Mulhouse et contre lesquelles les syndicats ont manifesté le matin même. Alors quand Mme Lutz dit qu’elle ne veut laisser personne de côté tout en défendant les orientations de Jean Rottner, elle souligne un paradoxe dont elle-même ne semble pas avoir conscience.

C’est maintenant au tour des adjoints d’être choisi avec une seule liste portée par… Jean Rottner ! Celui qui est maintenant président de la région Grand Est se garde les confortables positions et indemnités de premier adjoint. Aucune prise de parole pour soutenir la liste, peut-être le conseil municipal éprouve-t-il une certaine honte devant cette mascarade… Un des élu.e.s d’opposition souligne sa déception devant le choix de l’ancien maire de se garder une place au soleil et explique que son groupe ne votera pas. Jean Rottner est élu confortablement alors même que l’élection est à bulletin secret. La mairesse en profite pour répondre aux reproches de l’opposition avec un argumentaire à faire trembler un enfant de 6 ans. Pour elle, compter Jean Rottner comme premier adjoint, c’est d’abord un honneur. Voilà, je crois que tout est dit quand au niveau de réflexion de la mairie de Mulhouse. C’est surprenant de penser qu’au sein de la majorité mulhousienne il n’y aurait personne de valable pour prendre le relais. Belle image donnée à un conseil des jeunes qui fonctionne à plein régime et alors même que de nombreux adolescents sont présents dans la salle. L’ironie est à on comble quand on pense que le portefeuille de Rottner sera celui de l’innovation et qu’il sera occupé par un homme qui pratique la politique à papa… .

Comme le soulignait Mme Bour au début de la séance, jamais Mulhouse n’a été aussi bien représentée dans les différentes instances politiques. Un signal positif pour Mulhouse ? Pas si sûr quand on sait à quel point les élu.e.s de droite alsacien.ne.s ont l’habitude de caresser l’électorat dans le sens du poil au moment des campagnes électorales mais à se dérober une fois aux affaires.

Rassurez-vous donc citoyen.ne.s de Mulhouse, ici, tout change pour que rien ne change !

Cécile Germain

 

Les promesses n’engagent que ceux…

qui y croient !

L’adage se vérifie continuellement. En effet, une promesse répond en général à une attente, une demande. Or, quand celui qui a le pouvoir de la satisfaire n’en a pas envie, il « promet » que cela se fera… un jour ! C’est le jeu que mène aujourd’hui la direction du Crédit Mutuel devant la mobilisation de la population dans le Sud Alsace qui ne veut pas que disparaisse son journal, L’Alsace.

Nous avons été parmi les premiers à le révéler : la restructuration du pôle presse du Crédit Mutuel, propriétaire de neuf journaux dans l’est de la France, plus d’un million d’exemplaire chaque jour, prévoit la liquidation de l’imprimerie de L’Alsace à Mulhouse. Le quotidien du Sud Alsace serait donc imprimé chaque nuit à près de 200 kilomètres de certains de ses points de distribution ! Une première dans la longue histoire de ce journal créé et imprimé à Mulhouse depuis le début du XIXe siècle !

Qui peut croire que cet éloignement de l’impression n’aurait aucune incidence sur la distribution dès potron-minet (au plus tard 7 h) du journal à ses abonnés (80% des lecteurs) ? Surtout dans une région qui connaît des aléas climatiques que la région parisienne ne subit jamais. Rappelons aussi que le Conseil départemental du Haut-Rhin veut réduire les moyens de déneigement à partir de cet hiver…

Pour rester sur les incidences d’une aberration de ce type, notons également que l’allongement des trajets routiers à un impact carbone qu’aujourd’hui tout le monde reconnaît. De quoi même revenir sur des délocalisations industrielles…

Pourquoi la région Alsace a-t-elle deux quotidiens ?

Ce choix industriel est totalement minimisé par le Crédit Mutuel pour  l’imposer sans trop de réactions négatives. Un plan social serait prévu pour les 70 salariés… mais quid de l’impact sur les sous-traitants, sur la disparition d’un outil industriel privant le journal mulhousien de capacité de développement futur ?

Répondons d’abord à une question : pourquoi la Région Alsace possède encore deux quotidiens ? Elle en a connu beaucoup plus, jusqu’à 40 entre 1918 et 1940 et encore 7 en 1945.

A l’heure actuelle, seule deux régions connaissent encore la pluralité de la presse : la Bretagne et l’Alsace, et à degré moindre la Lorraine (mais le Républicain Lorrain est surtout mosellan). Dans TOUTES les autres, un monopole s’est imposé autour d’un titre qui a absorbé tous les autres réduisant à néant toute possibilité d’information pluraliste, contradictoire, diverse… quelques éléments pourtant indispensables au débat démocratique.

Notre région a failli connaître ce sort en 1972… mais le journal L’Alsace menacé fut sauvé par… le Crédit Mutuel, en réalité trois caisses mulhousiennes et une colmarienne du Crédit Mutuel. Cette acquisition n’était pas motivée par l’espoir de faire d’énormes bénéficies, en général la presse quotidienne n’autorise pas des rendements financiers mirifiques. L’intérêt  réside ailleurs : dans la possibilité d’avoir un moyen d’information marqué par son territoire et ses acteurs.

Oui, le journal L’Alsace a survécu parce que les intérêts du Sud de l’Alsace étaient différents que ceux de l’Alsace du nord totalement sous la coupe d’une ville de Strasbourg pas partageuse pour un sou. Est-ce que cela a changé ? Evidemment que non, il suffit de voir la situation précaire d’une ville comme Mulhouse à côté d’une « Eurométropole » cherchant à accaparer tout son environnement, le département du Bas-Rhin en priorité.

Or, les territoires, sans être adversaires, peuvent avoir des intérêts économiques, sociaux, culturels, de services besoins, de réseaux de transports… différents. Toute l’histoire de notre région montre cette dichotomie entre le Nord et le Sud de l’Alsace et la nécessité de donner à chaque territoire les moyens de peser sur son avenir. Parfois en commun, parfois avec d’autres buts et moyens. Aujourd’hui par exemple, plus personne ne conteste que l’avenir économique de la Sud Alsace se construit plus en utilisant les atouts d’un espace allant de Franche-Comté vers Bâle et Fribourg, voire Zurich… A l’ère de la mondialisation, le Rhin serait une frontière intangible sur le plan économique ?

Or, qu’on le veuille ou non, un quotidien épouse les intérêts de sa zone de diffusion. Les Dernières Nouvelles d’Alsace le font bien et même très bien pour le Nord de la Région. L’Alsace a tenté de faire la même chose pour la Sud Alsace… mais est à présent contrôlé par un groupe financier qui en a manifestement cure de ses « subtilités folkloriques » ! Seuls la rentabilité financière doit compter : le journal unique coûtera moins cher à la fabrication. Petite remarque pour les grands économistes : il est prouvé que l’existence de deux titres sur une zone de diffusion améliore les ventes et la qualité de chacun d’entre eux. A contrario, TOUTES les concentrations de titres ont fait reculer la vente d’au moins 30% et ont eu un effet négatif sur la qualité de l’information dispensée.

Commençons par l’imprimerie… le reste suivra!

« Il faut économiser 60 millions d’euros » ! Le moyen : réduire la voilure des quotidiens et d’abord là où il y a pluralité des titres. Dans la zone de diffusion de la presse du Crédit mutuel, seule deux régions connaissent le pluralisme de la presse : l’Alsace et la Lorraine. Ailleurs, en Rhône-Alpes et Franche-Comté, cela fait belle lurette qu’un monopole s’est imposé.

Alors, pour arriver à ce but, il faire disparaître deux journaux : ils ont été choisis par le Crédit Mutuel : L’Alsace à Mulhouse et le Républicain Lorrain à Metz. Objectif bien évidemment inavouable : la pluralité de ces titres a une histoire forte dans ces deux entités territoriales. Alors il faut ruser : commencer par la suppression de leur outil industriel… Le reste suivra peu à peu. Et mentir sur le résultat final : « Nous ne créerons pas le journal unique, les « marques » resteront » ! Les marques ? Oui, le Crédit Mutuel ne parle plus de deux titres, donc deux journaux, mais de deux « marques ». Et vous pouvez bien évidemment vendre les mêmes contenus sous deux marques différentes, cela en fera quand même un journal unique. Mais cela donnera le change pendant un certain temps.

Aujourd’hui même, les contenus des DNA et de L’Alsace sont devenus identiques dans les pages d’information générale, du sport, de la Région… Avec parfois des parutions décalées pour donner le change. Mais le contenu unique est en route et avec clairement la ligne éditoriale des DNA : politiquement plus conservatrice, économiquement très libérale, régionalement totalement tournée vers l’avenir de l’Eurométropole, marquée par une culture centralisatrice jacobine de plus en plus avérée.

Rappelons-nous le résultat du référendum pour le Conseil unique qui a montré la fracture du territoire alsacien : le Bas-Rhin plutôt pour le conseil unique, le Haut-Rhin particulièrement contre. Pourtant, les deux journaux alsaciens ont mené la même campagne pour le Oui. Avec la ligne éditoriale assumée des DNA… Le journal haut-rhinois a suivi en publiant même sous les « vivas » de son éditorialiste Mme Baldeweck, un sondage à la veille du scrutin qui donnait le… « oui » vainqueur. Patatras, les Alsaciens n’ont pas voté comme la majorité de leurs élus et dit « non ». Certes, les DNA étaient assez proches de leur lectorat en préconisant le « oui ». Mais L’Alsace était totalement à contre-courant de ses lecteurs en menant campagne pour le Conseil unique.

Voici ce qui préfigure l’avenir de notre presse alsacienne si le funeste projet du Crédit Mutuel devait aller jusqu’au bout.

L’inéluctable journal unique…

La suppression de l’impression du journal à Mulhouse et son tirage déporté à Strasbourg, aura aussi des effets sur le contenu du journal : le temps supplémentaire nécessaire pour le transport devra être trouvé quelque part. Les deux seules possibilités sont : avancer le « bouclage » de L’Alsace, c’est-à-dire demander aux journalistes de terminer leur rédaction plus tôt et donc se priver de relater de certains événements. Donc, au risque de dévaloriser le contenu. Ceci affectera essentiellement les éditions des endroits éloignées du centre d’impression strasbourgeois. Car pour Strasbourg, pas de problèmes, on pourra retarder le bouclage le plus tard possible puisque les temps de transports sont insignifiants. Donc, journal à deux vitesses : des informations proches de la maison-mère bas-rhinoise seront toujours traitées ; celles de la filiale mulhousienne devra reporter certaines informations au lendemain.

Croit-on vraiment que cela plaide pour l’existence de deux journaux distincts ? Tôt ou tard, la rationalité économique s’imposera et ce d’autant plus facilement que les contenus des deux journaux seront de plus en plus identiques.

Une partie des deux quotidiens diffèrent pourtant encore, ce sont les informations locales. Les cantons haut-rhinois sont mieux couverts par L’Alsace que par les DNA. D’ailleurs l’édition Sud Alsace du journal strasbourgeois regroupe les cantons alors que L’Alsace a des éditions différentes. Ce qui donne au journal mulhousien plus de place pour traiter de plus d’information locale. Il peut le faire car, techniquement, pour imprimer des éditions différentes, il faut arrêter la rotative, remplacer les « plaques » (en fait les pages) et repartir. Cela ralentit la production et a une incidence sur le temps de tirage. Si le journal est imprimé à Strasbourg, ces arrêts pour changement de plaque seront trop chronophages : la direction va donc regrouper des éditions pour faire de L’Alsace… le clone parfait des DNA

Les promesses du Crédit Mutuel…

Le Crédit Mutuel nie bien évidemment ces faits et jure, la main sur le cœur, qu’il ne veut pas aller vers le journal unique. Contre toute évidence, rappelons-le.

Mais on peut comprendre que des promesses de ce type peuvent être crues. D’autant plus facilement qu’on n’entend pas trop de protestations des journalistes, pourtant aux premières loges pour subir les effets d’une concentration des contenus. Mais il est vrai  qu’eux aussi ont droit aux promesses : « Nous allons développer des produits nouveaux, entre autres le journal numérique », cela suffit parfois à rassurer à bon compte. D’autant plus que ces promesses ne sont absolument pas étayées mais correspondent à des attentes des rédacteurs.

Les promesses faites à l’opinion et aux journalistes sur le maintien de deux titres n’engagent que ceux qui y croient ! Maintenir deux titres dans la presse alsacienne nécessite des mesures de reconquête du lectorat par une politique de développement. L’investissement dans le seul avenir « numérique » est aujourd’hui un leurre : dans aucun journal au monde, l’édition numérique n’a trouvé un modèle économique équilibré. Partout, c’est encore l’édition papier qui génère le chiffre d’affaires nécessaire pour exister. L’avenir de deux journaux alsacien nécessite, en plus d’un projet numérique, un développement dans la création éditoriale.

Moyen simple pour savoir si le Crédit Mutuel ment en annonçant l’existence de deux quotidiens différents: va-t-il cesser la politique des contenus identiques dans les deux quotidiens, va-t-on revenir à des rédactions distinctes pour les informations régionales, va-t-on rétablir des postes de rédacteur en chef pour chacun des quotidiens?

Les comités d’entreprises des deux quotidiens font des propositions dans ce sens pour l’instant non prises en compte, voire raillées, par les restructurateurs ! Peut-être que les élus du personnel auraient besoin de plus d’aide, d’appuis, de solidarité pour être entendus…

… et des questions méritant réponse!

Reste une question que le Crédit Mutuel devrait méditer : pourquoi, dans la toute proche région du pays de Bade, existent encore deux grands régionaux, la Badische Zeitung et la Badische Neueste Nachrichten, tirant chacune à environ 115.000 exemplaires, l’une tirant à Fribourg et l’autre à Karlsruhe, dans leur propre centre d’impression. Et pourquoi cette même région possède encore vingt autres quotidiens, dont un à Lörrach (50.000 habitants) « Die Oberbadische » imprimée chaque jour dans ses locaux…

Et pour terminer : peut-on nous expliquer pourquoi la Basler Zeitung (80.000 exemplaires), après avoir fermé son imprimerie en 2013 et être tirée à Zürich, contribue à la construction d’un outil industriel à nouveau à Bâle pour assurer son impression dès le printemps 2018 ?

Ces éléments n’entre absolument pas dans la réflexion actuelle du Crédit mutuel tout occupé qu’il est à prendre ses références dans… la presse parisienne. Dont on connaît le succès : elle a vendu toutes ses imprimeries et s’est vendue à quelques milliardaires avides de contrôler l’information et la communication dans la douce France. Tout en continuant à perdre des lecteurs et de l’argent.

Le modèle qui attend L’Alsace… et les Dernières Nouvelles d’Alsace ?

Michel Muller

« Dormez braves gens, on s’occupe du reste…. »

La question de la sûreté des installations industrielles se pose de plus en plus: risques liés aux produits, risques liés aux process, risques d’attaques criminelles d’origine diverse.
Sans remonter aux catastrophes de Seveso et au nuage de dioxine ou à l’explosion d’AZF on peut rappeler les attentats plus récents, aux conditions peu claires, sur le site d’Air Products de Saint Quentin Fallavier et les « incendies criminels » sur deux cuves d’hydrocarbures de la raffinerie Lyundell Bassell à Berre l’Etang.

Les réponses par prise de textes législatifs supplémentaires avaient déjà été nombreuses (notamment directives européennes, loi du 30 juillet 2003 relative à la prévention des risques naturels et technologiques, création des plans de prévention des risques technologiques…).

Après le rapport du Bureau d’analyse des risques et des pollutions atmosphériques sur la malveillance dans ce domaine et un audit général de la sécurité fin 2015 l’Etat a décidé d’agir pour la sûreté des installations industrielles dangereuses…comme il agit dans le domaine spécifique du risque majeur que représente l’industrie nucléaire: moins de transparence et plus de répression.

Le facteur ambiant aggravant du « risque terroriste » rend cette approche particulièrement significative pour  l’analyse  des logiques mises en oeuvre dans la conception de la prévention.

Limiter l’information:

Le 5 septembre 2017, lors du conseil supérieur de la prévention des risques technologiques, une instruction qui doit être soumise à signature ministérielle a été présentée; elle ne sera pas publiée au Journal officiel de la République française et met donc de fait fin à la transparence.

Même si le texte est censé concilier information des populations et protection des installations classées on peut craindre qu’il ne soit opérant dans la restriction du besoin d’information légitime du public et inopérant dans celui de la prévention des actions malveillantes.

Par ailleurs, motifs « terroristes » ou pas, le risque d’accident nucléaire est suffisamment connu, notamment en Alsace, sans qu’il soit besoin de développer.

Mais l’action récente des militants de Geenpeace est importante et  remarquable: le feu d’artifice tiré au pied de la centrale de Cattenom voulait dénoncer le risque présenté par les piscines de combustible radioactif non protégées suffisamment (pas de double enceinte ou d’enceintes renforcées pour confinement de ces combustibles usés qui peuvent contenir plus de combustible que les coeurs de réacteurs – 63 piscines de ce type en France.

Dès 2015 le Parlement avait alourdi les peines encourues pour ce type d’actions et les militants de Greenpeace risquent plusieurs années de prison et des dizaines de milliers d’euros d’amende.

Certes donner des informations à des personnes mal intentionnées est un risque réel et la transparence sur certaines données peut l’aggraver.

Mais y répondre par la tentation de la répression ne peut être considéré comme une réponse satisfaisante.

 Parce que la raison « sécurité » « sécuritaire » évoquée ne prend pas en compte l’origine du risque et les responsabilités de ceux qui organisent ces risques – ainsi les Alsaciens connaissent trop le dossier Stocamine, comme ils connaissent les démêlées judiciaires d’EDF avec les fuites non révélées à Fessenheim – la réponse « opacité et répression » est déjà contestable.

Mais l’essentiel est ailleurs: les citoyens sont considérés a priori comme des incapables, au sens juridique du terme, dans la lutte pour la sécurité de ces installations dangereuses, classées ou non. Il n’est pas question de consultations, sinon formelles.

 En fait, c’est bien le droit à l’information tel que prévu par exemple par des directives européennes qui prévoient accessibilité et partage de l’information, qui est menacé dans son principe même: « le citoyen a droit à l’information sur les risques qu’il encourt en certains points du territoire et sur les mesures de sauvegarde pour s’en protéger (loi de 1987 relative aux incendies de forêts et à la prévention de risques majeurs » – article abrogé depuis.

 Alors?

Menaces sur la transparence et le droit à l’information, lourdes sanctions pénales contre les « dénonciateurs »  – venant après les mesures de répression contre les lanceurs d’alerte qui ont abouti à une évolution législative -, c’est toute une philosophie qui est en jeu dans le débat sociétal actuel du droit à l’information, dans ces domaines comme dans bien d’autres, dans un contexte sécuritaire exacerbé.

 « Dormez braves gens, on s’occupe du reste »: les citoyens ne sont pas obligés de croire  ni d’accepter, dans ces domaines des installations classées et du  nucléaire, la politique du chloroforme et du bâton.

L’approche sécuritaire, la volonté de contrôle de l’information sont les recours de pouvoirs politiques impuissants. On peut préférer les pouvoirs organisés de citoyens conscients et responsables.

 C.R

[Action Greenpeace] Feu d’artifice à Cattenom pour dénoncer le risque nucléaire