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CETA : que les citoyens s’expriment!

Ils étaient là, en ce samedi 18 novembre, rue du Sauvage à Mulhouse, pour alerter les citoyens sur les dangers de l’accord de commerce entre le Canada et l’Union européenne. Le « Collectif de vigilance et de combat contre les traités commerciaux inégaux » a ouvert la discussion avec les passantes et passants pour dénoncer sur le fond et la forme, ce traité qui est entré en application d’une manière totalement illégale.

CETA DISCUSSION

Sur le pont en toute occasion: on est militant(e) ou on ne l’est pas!

Négocié entre 2009 et 2014, dans une totale opacité, le CETA (Comprehensive Economic and Trade Agreement)  comporte des risques importants pour de nombreux aspects de notre vie : le climat, l’emploi, les services publics, l’agriculture, l’environnement, la santé, l’alimentation, la culture. Et implique de graves entorses à la démocratie.

Le texte prévoit la suppression des derniers droits de douane entre le Canada et l’Europe, notamment dans l’agriculture. Il offre ainsi aux multinationales d’imposer leurs produits quasiment sans contrôle. Ainsi, le traité ne prévoit pas de vérifier les conditions sociales faites aux salarié(e)s dans la production, ouvrant la voie à un dumping social sans frein qui pourra avoir de lourdes conséquences sur l’emploi. Il en va de même pour les normes sanitaires qui sont profondément différentes entre le Canada et la plupart des pays européens. Ainsi l’utilisation des OGM est autorisée au Canada et grâce à ce traité, des produits OGM pourront se retrouver dans nos assiettes.

On parle souvent du « saumon Frankenstein », élevé dans des conditions lui permettant d’atteindre un poids de commercialisation en un an (alors qu’il en faut deux pour un saumon « normal »), mais cela peut se décliner avec beaucoup d’autres produits.

Mais, pensez-vous, il sera possible d’attaquer ces multinationales si leurs agissements sociaux ou environnementaux ne correspondent pas à notre législation ? Que nenni, car il est prévu, à terme, de mettre en place des Commissions de litiges d’interprétation de l’accord. Ces Commissions pourront condamner un Etat car sa loi pourrait être contraire aux dispositions de l’accord CETA. Est-ce donc cela la démocratie du « marché » ?

CETA CECILE 2

Cécile Germain: convaincre les passants!

Application immédiate… sans décision du Parlement !

Sur proposition de la Commission, le traité fut adopté par le parlement européen le 15 février 2017 par 408 voix pour, 254 contre et 33 abstentions. Notons que seuls 26 des 74 députés européens français ont approuvé le texte.

Ce vote a permis l’entrée en vigueur provisoire du traité dès avril, alors que chacun des Parlements nationaux devaient encore s’exprimer. Même le président Emmanuel Macron notait que ce traité « a été conçu à l’écart du processus démocratique, dans une forme de décision qu’il nous faudra changer en Europe pour l’avenir ». Mais, ça c’était avant…

Car le CETA est entré en vigueur en France le 21 septembre dernier… décision du même M. Macron. Pour en décider ainsi, il s’est appuyé sur un rapport rendu par une commission indépendante le 8 septembre émettant un avis favorable… mais relevant qu’en matière de viandes par exemple, « rien n’est prévu en ce qui concerne l’alimentation des animaux (utilisation de farines animales et de maïs de soja OGM, résidus de pesticides…) ; l’utilisation des médicaments vétérinaires (notamment des antibiotiques) en élevage ; le bien-être des animaux (élevage, transport et abattage) ». Apparemment, notre président n’a pas jugé cela suffisamment grave pour s’opposer à l’application du CETA en France.

C’est, entre autres, des appréciations de ce type qui  génèrent une vive opposition à l’application de ce traité. La contestation est forte dans de nombreux pays, gênant certains gouvernements qui auraient voulu ratifier au plus vite. En France, l’opinion publique est majoritairement contre ces traités. En Allemagne, ce sont plus de 300.000 personnes qui ont manifesté contre ce traité. En Wallonie, le Parlement régional (qui a un véritable pouvoir de bloquer la ratification par la Belgique toute entière) exige des contreparties pour l’approuver.

Rien n’est donc jouer. Ce traité peut encore être rejeté et renégocié : même dans une Europe centralisatrice, les parlements nationaux gardent encore la possibilité de rejeter un accord qui devrait s’imposer dans leur pays.

C’est pourquoi de nombreuses organisations, dont le « Collectif de vigilance et de combat contre les traités commerciaux inégaux » appellent à l’organisation d’un référendum sur le sujet. Ce qui aura deux avantages certains : rétablir un processus démocratique digne de ce nom et ouvrir le débat sur le contenu du CETA et donner aux citoyens le moyen de savoir ce qui va se passer avec l’application définitive de ce traité.

Michel Muller

Winterreesla… au Secours populaire

L’Alterpresse invite celles et ceux de la région ou de passage à aller  au concert de Géranium, Wìnterreesla Chants de Noël, de Nouvel an et d’Epiphanie d’Alsace, d’Europe  et du monde.

Faut-il encore présenter le groupe Géranium? Oui, car nous n’avons pas trop de formations musicales aussi multiculturelles que celui-ci. Grands spécialistes de la culture de cet espace rhénan, Daniel Muringer et ses amis n’hésite pourtant pas à s’ouvrir à toutes les musiques du monde.

Ce concert de chansons liées à Noël est une bonne occasion de faire un voyage à travers le monde et cela sur plusieurs siècles. Vous les retrouverez:

– samedi 25 novembre à 20 h 30, Husseren-Wesserling, (chapiteau de la compagnie EQUINOTE, derrière chaufferie du Parc), entrée libre, chapeau.

– dimanche 26 novembre à 17 h, Mulhouse (Centre de réadaptation, 57, rue Albert Camus), au profit du Secours populaire français qui s’investit pour soulager la misère de milliers de personnes dans notre ville et département.

Un programme éclectique

Chansons d’Alsace à part égale avec des chansons du 13è siècle florentin, d’Espagne, d’Allemagne, d’Italie, d’Angleterre, du pays basque, de Provence, de la communauté allemande de la Volga, d’Italie, de Tchéquie,

de Russie, d’Argentine, de Bolivie, des USA,  chansons de création de Victor Schmidt, Emile Storck,  Allain Leprest.

Noëls alsaciens extraits des collectages de Jean-Baptiste Weckerlin, François Wilhelm, Louis. Pinck, Richard Schneider, Scheubel/Ehret et de Géranium.

Le groupe Géranium

Marc DIETERICH : chant, guitare

Gaëlle HORNECKER : chant, hautbois

Daniel MURINGER : violon, duet concertina, mandole, mandoline, dulcimer, chant

Catherine NACHBAUER : chant

Patrick OSOWIECKI : contrebasse, mandoline, mandole, mandoloncelle, chant

Andrzej RYTWINSKI : accordéon, chant

Marie SOBCZYK : chant

Apprentissage, emploi : le pays de Bade recrute

L’Arbeitsagentur a publié les statistiques du chômage du mois d’octobre de nos voisins : 3,5 % dans la région de Freiburg et 2,9 % dans les régions d’Offenburg et Lörrach. Bien sûr, les chiffres officiels ne reflètent pas toujours la réalité du marché de l’emploi, dont beaucoup de femmes et de « seniors » sont écartés, n’empêche : le pays de Bade a besoin de salarié.e.s.

Les Réfugiés que l’Allemagne a accueillis ces dernières années commencent à intégrer le marché de l’emploi notamment en ce qui concerne l’apprentissage. Mais la santé de l’économie allemande est telle qu’il y a de la place pour tous.

Pour aider les Français à franchir le Rhin, une nouvelle convention vient d’être signée entre Mulhouse Alsace Agglomération, la Maison de l’Emploi et de la Formation, Saint-Louis Agglomération et les Agentur für Arbeit de Freiburg et Lörrach.

Comme l’annonce dans un récent communiqué de presse Christian Ramm, le responsable de l’Agentur für Arbeit de Freiburg :

„Wir wollen, dass mehr Elsässer für eine Arbeit oder für eine Ausbildung zu uns nach Südbaden kommen. Damit wir das hinbekommen, müssen wir über Grenzen hinweg unsere Kräfte optimal bündeln und unsere gemeinsame Strategie weiterentwickeln. Mit dieser Kooperation machen wir den nächsten Schritt.“ (« Nous voulons que plus d’Alsaciens viennent en Bade du Sud pour un emploi ou une formation. Pour y arriver, nous devons développer notre stragégie au-delà des frontières. Avec cette coopération, nous passons un nouveau cap »)

Warum Nicht, Monats Treff…

 A Mulhouse, ces expressions allemandes peuvent conduire à décrocher un travail en Allemagne ! La nouvelle convention de coopération franco-allemande pour l’emploi et la formation vient encore renforcer une dynamique qui porte ses fruits.

D’un côté, en Alsace, un taux de chômage autour de 10%, de l’autre des milliers de postes à pourvoir. Une équation que les collectivités, entreprises et agences pour l’emploi des deux côtés du Rhin entendent bien résoudre.

Une nouvelle convention

Depuis 2013, une convention de coopération franco-allemande pour l’emploi et la formation signée par Mulhouse Alsace agglomération, la Maison de l’emploi et de la formation et l’Agentur für Arbeit de Freiburg a permis de développer de nombreuses actions autour de la formation, de l’orientation et de l’insertion des travailleurs français sur le marché du travail allemand. Cette convention vient d’entrer dans sa troisième mouture, avec l’arrivée des nouveaux partenaires que sont Saint-Louis Agglomération et l’Agentur für Arbeit de Lörrach, ce qui témoigne de son utilité et de son attrait.

« Nous devons dépasser les frontières, étatiques comme administratives, dans le cadre de ce partenariat exemplaire », explique encore Christian Ramm, « cette convention est triplement gagnante : pour les habitants qui ne sont plus au chômage, pour les entreprises qui disposent d’une main d’œuvre qualifiée mais aussi pour les territoires qui se relancent et versent moins d’aides. »

Warum Nicht

Des propos pleinement soutenus par Michèle Lutz, maire de Mulhouse  et première vice-présidente de m2A, qui salue les actions entreprises « dans le cadre de l’amitié forte qui unit nos deux pays, dans le domaine crucial de l’emploi ».

Tête de pont de ces actions, le salon Warum Nicht, qui se déroule depuis 4 ans à l’Orientoscope de Mulhouse et rassemble à chaque édition près de 800 personnes désireuses de s’informer sur les opportunités d’emploi en Allemagne. La prochaine édition de Warum Nicht est d’ores et déjà programmée pour le 10 octobre 2018.

Monats Treff

Lancée il y a quelques mois, sa déclinaison mensuelle baptisée Monats Treff permet aux personnes intéressées d’être conseillées, de découvrir les offres d’emploi et les formations mais aussi de tester leur niveau d’allemand, le tout gratuitement. Car la frontière de la langue est bien souvent le principal obstacle pour les travailleurs français désireux de rejoindre une entreprise allemande. Pourtant, certains postes ne nécessitent pas forcément une grande maîtrise de l’allemand, une connaissance simple pouvant suffire.

La Maison de l’emploi et de la formation vient d’éditer un guide sur les secteurs qui recrutent dans la région de Freiburg-Lörrach, qui rassemble les 10 secteurs les plus porteurs, avec toutes les informations essentielles et notamment le niveau de langue requis pour chaque métier.

Mairie de Mulhouse : petits arrangements entre ami.e.s

Vous doutez du label « Territoire Hautement Citoyen » accordé à Mulhouse? Comme vous avez raison!

Alors que le maire Jean Rottner, qui cumulait depuis 2015 (et donc un an seulement après son élection) les postes de maire d’une grande ville et de conseiller régional, s’est vu offrir le poste de président de région. Le suspens était donc à son comble pour procéder au passage de témoin.

Suite à une courte transition et moult tractations, la dauphine a été « choisie » en la personne de Michèle Lutz, première adjointe et seconde sur la liste des Municipales de 2014. Elle ne prendra vraiment la parole qu’après une élection à laquelle elle est la seule candidate. Auparavant, un élu d’opposition reproche au maire de quitter le navire à mi-mandat malgré son engagement solennel devant les Mulhousien.ne.s et la seule réponse qu’il trouvera est une attaque en règle sur son parcours personnel. Aucun argument de fond, circulez il n’y a rien à voir ! Mais accrochez-vous, on aura bientôt de « vrais » arguments.

Une seule femme au conseil municipal prendra la parole pour soutenir la future cheffe de Mulhouse et soulèvera par la même occasion les problèmes auxquels les femmes doivent faire face dans le monde politique. Toutes les autres prises de paroles seront des adoubements des vieux briscards de l’assemblée.

Pas de nouveautés chez les Républicains et leurs affiliés, une femme à la tête de la ville mais ce sont les mecs qui gardent le pouvoir.

La maire est donc élue avec quelques bulletins blancs et enchaîne avec un discours mesuré sur le refrain du « vous me connaissez », « j’agirai dans la continuité », « je suis fière de ce que nous avons fait » et autres tapes sur l’épaule de l’ancien maire. Elle énonce aussi ses priorités pour Mulhouse : l’éducation, l’économie et la culture, le tout soutenu bien sûr par les « progrès » en matière de sécurité. Pas un mot sur la santé et l’environnement.

Une ville qui enchaîne les pics de pollution de l’air hivernaux  (3ème cause de mortalité en France) ne peut pas se permettre d’écarter ce problème. Idem pour les enjeux locaux que sont Stocamine et les aménagements routiers. Pas un mot non plus sur les fermetures de bureaux de poste dans les quartiers défavorisés de Mulhouse et contre lesquelles les syndicats ont manifesté le matin même. Alors quand Mme Lutz dit qu’elle ne veut laisser personne de côté tout en défendant les orientations de Jean Rottner, elle souligne un paradoxe dont elle-même ne semble pas avoir conscience.

C’est maintenant au tour des adjoints d’être choisi avec une seule liste portée par… Jean Rottner ! Celui qui est maintenant président de la région Grand Est se garde les confortables positions et indemnités de premier adjoint. Aucune prise de parole pour soutenir la liste, peut-être le conseil municipal éprouve-t-il une certaine honte devant cette mascarade… Un des élu.e.s d’opposition souligne sa déception devant le choix de l’ancien maire de se garder une place au soleil et explique que son groupe ne votera pas. Jean Rottner est élu confortablement alors même que l’élection est à bulletin secret. La mairesse en profite pour répondre aux reproches de l’opposition avec un argumentaire à faire trembler un enfant de 6 ans. Pour elle, compter Jean Rottner comme premier adjoint, c’est d’abord un honneur. Voilà, je crois que tout est dit quand au niveau de réflexion de la mairie de Mulhouse. C’est surprenant de penser qu’au sein de la majorité mulhousienne il n’y aurait personne de valable pour prendre le relais. Belle image donnée à un conseil des jeunes qui fonctionne à plein régime et alors même que de nombreux adolescents sont présents dans la salle. L’ironie est à on comble quand on pense que le portefeuille de Rottner sera celui de l’innovation et qu’il sera occupé par un homme qui pratique la politique à papa… .

Comme le soulignait Mme Bour au début de la séance, jamais Mulhouse n’a été aussi bien représentée dans les différentes instances politiques. Un signal positif pour Mulhouse ? Pas si sûr quand on sait à quel point les élu.e.s de droite alsacien.ne.s ont l’habitude de caresser l’électorat dans le sens du poil au moment des campagnes électorales mais à se dérober une fois aux affaires.

Rassurez-vous donc citoyen.ne.s de Mulhouse, ici, tout change pour que rien ne change !

Cécile Germain

 

Stocamine : l’État veut boucher tout ça fissa !

Il y a belle lurette que l’appareil d’Etat, ses suppôts et les lobbies qui l’assaillent en permanence ont l’intention d’enfouir pour l’éternité les déchets ultimes stockés au fond de la mine Joseph Else de Wittelsheim (Haut-Rhin). Sans une forte mobilisation, ce projet funeste risque d’aboutir sous peu. Le collectif Déstocamine vient d’adresser une lettre d’alerte à tous les députés pour qu’ils se saisissent d’urgence de ce dossier. Continuer la lecture de Stocamine : l’État veut boucher tout ça fissa !

Un référendum pour stopper le CETA

Le CETA, traité de commerce et d’investissement entre le Canada et l’Union Européenne, « conçu à l’écart du processus démocratique » selon Emmanuel Macron, présente des risques importants pour de nombreux aspects de nos vies. Il est malgré tout entré en application provisoire le 21 septembre dernier, mais il n’est pas trop tard pour le stopper car il n’a pas encore été voté en France. Continuer la lecture de Un référendum pour stopper le CETA

Les promesses n’engagent que ceux…

qui y croient !

L’adage se vérifie continuellement. En effet, une promesse répond en général à une attente, une demande. Or, quand celui qui a le pouvoir de la satisfaire n’en a pas envie, il « promet » que cela se fera… un jour ! C’est le jeu que mène aujourd’hui la direction du Crédit Mutuel devant la mobilisation de la population dans le Sud Alsace qui ne veut pas que disparaisse son journal, L’Alsace.

Nous avons été parmi les premiers à le révéler : la restructuration du pôle presse du Crédit Mutuel, propriétaire de neuf journaux dans l’est de la France, plus d’un million d’exemplaire chaque jour, prévoit la liquidation de l’imprimerie de L’Alsace à Mulhouse. Le quotidien du Sud Alsace serait donc imprimé chaque nuit à près de 200 kilomètres de certains de ses points de distribution ! Une première dans la longue histoire de ce journal créé et imprimé à Mulhouse depuis le début du XIXe siècle !

Qui peut croire que cet éloignement de l’impression n’aurait aucune incidence sur la distribution dès potron-minet (au plus tard 7 h) du journal à ses abonnés (80% des lecteurs) ? Surtout dans une région qui connaît des aléas climatiques que la région parisienne ne subit jamais. Rappelons aussi que le Conseil départemental du Haut-Rhin veut réduire les moyens de déneigement à partir de cet hiver…

Pour rester sur les incidences d’une aberration de ce type, notons également que l’allongement des trajets routiers à un impact carbone qu’aujourd’hui tout le monde reconnaît. De quoi même revenir sur des délocalisations industrielles…

Pourquoi la région Alsace a-t-elle deux quotidiens ?

Ce choix industriel est totalement minimisé par le Crédit Mutuel pour  l’imposer sans trop de réactions négatives. Un plan social serait prévu pour les 70 salariés… mais quid de l’impact sur les sous-traitants, sur la disparition d’un outil industriel privant le journal mulhousien de capacité de développement futur ?

Répondons d’abord à une question : pourquoi la Région Alsace possède encore deux quotidiens ? Elle en a connu beaucoup plus, jusqu’à 40 entre 1918 et 1940 et encore 7 en 1945.

A l’heure actuelle, seule deux régions connaissent encore la pluralité de la presse : la Bretagne et l’Alsace, et à degré moindre la Lorraine (mais le Républicain Lorrain est surtout mosellan). Dans TOUTES les autres, un monopole s’est imposé autour d’un titre qui a absorbé tous les autres réduisant à néant toute possibilité d’information pluraliste, contradictoire, diverse… quelques éléments pourtant indispensables au débat démocratique.

Notre région a failli connaître ce sort en 1972… mais le journal L’Alsace menacé fut sauvé par… le Crédit Mutuel, en réalité trois caisses mulhousiennes et une colmarienne du Crédit Mutuel. Cette acquisition n’était pas motivée par l’espoir de faire d’énormes bénéficies, en général la presse quotidienne n’autorise pas des rendements financiers mirifiques. L’intérêt  réside ailleurs : dans la possibilité d’avoir un moyen d’information marqué par son territoire et ses acteurs.

Oui, le journal L’Alsace a survécu parce que les intérêts du Sud de l’Alsace étaient différents que ceux de l’Alsace du nord totalement sous la coupe d’une ville de Strasbourg pas partageuse pour un sou. Est-ce que cela a changé ? Evidemment que non, il suffit de voir la situation précaire d’une ville comme Mulhouse à côté d’une « Eurométropole » cherchant à accaparer tout son environnement, le département du Bas-Rhin en priorité.

Or, les territoires, sans être adversaires, peuvent avoir des intérêts économiques, sociaux, culturels, de services besoins, de réseaux de transports… différents. Toute l’histoire de notre région montre cette dichotomie entre le Nord et le Sud de l’Alsace et la nécessité de donner à chaque territoire les moyens de peser sur son avenir. Parfois en commun, parfois avec d’autres buts et moyens. Aujourd’hui par exemple, plus personne ne conteste que l’avenir économique de la Sud Alsace se construit plus en utilisant les atouts d’un espace allant de Franche-Comté vers Bâle et Fribourg, voire Zurich… A l’ère de la mondialisation, le Rhin serait une frontière intangible sur le plan économique ?

Or, qu’on le veuille ou non, un quotidien épouse les intérêts de sa zone de diffusion. Les Dernières Nouvelles d’Alsace le font bien et même très bien pour le Nord de la Région. L’Alsace a tenté de faire la même chose pour la Sud Alsace… mais est à présent contrôlé par un groupe financier qui en a manifestement cure de ses « subtilités folkloriques » ! Seuls la rentabilité financière doit compter : le journal unique coûtera moins cher à la fabrication. Petite remarque pour les grands économistes : il est prouvé que l’existence de deux titres sur une zone de diffusion améliore les ventes et la qualité de chacun d’entre eux. A contrario, TOUTES les concentrations de titres ont fait reculer la vente d’au moins 30% et ont eu un effet négatif sur la qualité de l’information dispensée.

Commençons par l’imprimerie… le reste suivra!

« Il faut économiser 60 millions d’euros » ! Le moyen : réduire la voilure des quotidiens et d’abord là où il y a pluralité des titres. Dans la zone de diffusion de la presse du Crédit mutuel, seule deux régions connaissent le pluralisme de la presse : l’Alsace et la Lorraine. Ailleurs, en Rhône-Alpes et Franche-Comté, cela fait belle lurette qu’un monopole s’est imposé.

Alors, pour arriver à ce but, il faire disparaître deux journaux : ils ont été choisis par le Crédit Mutuel : L’Alsace à Mulhouse et le Républicain Lorrain à Metz. Objectif bien évidemment inavouable : la pluralité de ces titres a une histoire forte dans ces deux entités territoriales. Alors il faut ruser : commencer par la suppression de leur outil industriel… Le reste suivra peu à peu. Et mentir sur le résultat final : « Nous ne créerons pas le journal unique, les « marques » resteront » ! Les marques ? Oui, le Crédit Mutuel ne parle plus de deux titres, donc deux journaux, mais de deux « marques ». Et vous pouvez bien évidemment vendre les mêmes contenus sous deux marques différentes, cela en fera quand même un journal unique. Mais cela donnera le change pendant un certain temps.

Aujourd’hui même, les contenus des DNA et de L’Alsace sont devenus identiques dans les pages d’information générale, du sport, de la Région… Avec parfois des parutions décalées pour donner le change. Mais le contenu unique est en route et avec clairement la ligne éditoriale des DNA : politiquement plus conservatrice, économiquement très libérale, régionalement totalement tournée vers l’avenir de l’Eurométropole, marquée par une culture centralisatrice jacobine de plus en plus avérée.

Rappelons-nous le résultat du référendum pour le Conseil unique qui a montré la fracture du territoire alsacien : le Bas-Rhin plutôt pour le conseil unique, le Haut-Rhin particulièrement contre. Pourtant, les deux journaux alsaciens ont mené la même campagne pour le Oui. Avec la ligne éditoriale assumée des DNA… Le journal haut-rhinois a suivi en publiant même sous les « vivas » de son éditorialiste Mme Baldeweck, un sondage à la veille du scrutin qui donnait le… « oui » vainqueur. Patatras, les Alsaciens n’ont pas voté comme la majorité de leurs élus et dit « non ». Certes, les DNA étaient assez proches de leur lectorat en préconisant le « oui ». Mais L’Alsace était totalement à contre-courant de ses lecteurs en menant campagne pour le Conseil unique.

Voici ce qui préfigure l’avenir de notre presse alsacienne si le funeste projet du Crédit Mutuel devait aller jusqu’au bout.

L’inéluctable journal unique…

La suppression de l’impression du journal à Mulhouse et son tirage déporté à Strasbourg, aura aussi des effets sur le contenu du journal : le temps supplémentaire nécessaire pour le transport devra être trouvé quelque part. Les deux seules possibilités sont : avancer le « bouclage » de L’Alsace, c’est-à-dire demander aux journalistes de terminer leur rédaction plus tôt et donc se priver de relater de certains événements. Donc, au risque de dévaloriser le contenu. Ceci affectera essentiellement les éditions des endroits éloignées du centre d’impression strasbourgeois. Car pour Strasbourg, pas de problèmes, on pourra retarder le bouclage le plus tard possible puisque les temps de transports sont insignifiants. Donc, journal à deux vitesses : des informations proches de la maison-mère bas-rhinoise seront toujours traitées ; celles de la filiale mulhousienne devra reporter certaines informations au lendemain.

Croit-on vraiment que cela plaide pour l’existence de deux journaux distincts ? Tôt ou tard, la rationalité économique s’imposera et ce d’autant plus facilement que les contenus des deux journaux seront de plus en plus identiques.

Une partie des deux quotidiens diffèrent pourtant encore, ce sont les informations locales. Les cantons haut-rhinois sont mieux couverts par L’Alsace que par les DNA. D’ailleurs l’édition Sud Alsace du journal strasbourgeois regroupe les cantons alors que L’Alsace a des éditions différentes. Ce qui donne au journal mulhousien plus de place pour traiter de plus d’information locale. Il peut le faire car, techniquement, pour imprimer des éditions différentes, il faut arrêter la rotative, remplacer les « plaques » (en fait les pages) et repartir. Cela ralentit la production et a une incidence sur le temps de tirage. Si le journal est imprimé à Strasbourg, ces arrêts pour changement de plaque seront trop chronophages : la direction va donc regrouper des éditions pour faire de L’Alsace… le clone parfait des DNA

Les promesses du Crédit Mutuel…

Le Crédit Mutuel nie bien évidemment ces faits et jure, la main sur le cœur, qu’il ne veut pas aller vers le journal unique. Contre toute évidence, rappelons-le.

Mais on peut comprendre que des promesses de ce type peuvent être crues. D’autant plus facilement qu’on n’entend pas trop de protestations des journalistes, pourtant aux premières loges pour subir les effets d’une concentration des contenus. Mais il est vrai  qu’eux aussi ont droit aux promesses : « Nous allons développer des produits nouveaux, entre autres le journal numérique », cela suffit parfois à rassurer à bon compte. D’autant plus que ces promesses ne sont absolument pas étayées mais correspondent à des attentes des rédacteurs.

Les promesses faites à l’opinion et aux journalistes sur le maintien de deux titres n’engagent que ceux qui y croient ! Maintenir deux titres dans la presse alsacienne nécessite des mesures de reconquête du lectorat par une politique de développement. L’investissement dans le seul avenir « numérique » est aujourd’hui un leurre : dans aucun journal au monde, l’édition numérique n’a trouvé un modèle économique équilibré. Partout, c’est encore l’édition papier qui génère le chiffre d’affaires nécessaire pour exister. L’avenir de deux journaux alsacien nécessite, en plus d’un projet numérique, un développement dans la création éditoriale.

Moyen simple pour savoir si le Crédit Mutuel ment en annonçant l’existence de deux quotidiens différents: va-t-il cesser la politique des contenus identiques dans les deux quotidiens, va-t-on revenir à des rédactions distinctes pour les informations régionales, va-t-on rétablir des postes de rédacteur en chef pour chacun des quotidiens?

Les comités d’entreprises des deux quotidiens font des propositions dans ce sens pour l’instant non prises en compte, voire raillées, par les restructurateurs ! Peut-être que les élus du personnel auraient besoin de plus d’aide, d’appuis, de solidarité pour être entendus…

… et des questions méritant réponse!

Reste une question que le Crédit Mutuel devrait méditer : pourquoi, dans la toute proche région du pays de Bade, existent encore deux grands régionaux, la Badische Zeitung et la Badische Neueste Nachrichten, tirant chacune à environ 115.000 exemplaires, l’une tirant à Fribourg et l’autre à Karlsruhe, dans leur propre centre d’impression. Et pourquoi cette même région possède encore vingt autres quotidiens, dont un à Lörrach (50.000 habitants) « Die Oberbadische » imprimée chaque jour dans ses locaux…

Et pour terminer : peut-on nous expliquer pourquoi la Basler Zeitung (80.000 exemplaires), après avoir fermé son imprimerie en 2013 et être tirée à Zürich, contribue à la construction d’un outil industriel à nouveau à Bâle pour assurer son impression dès le printemps 2018 ?

Ces éléments n’entre absolument pas dans la réflexion actuelle du Crédit mutuel tout occupé qu’il est à prendre ses références dans… la presse parisienne. Dont on connaît le succès : elle a vendu toutes ses imprimeries et s’est vendue à quelques milliardaires avides de contrôler l’information et la communication dans la douce France. Tout en continuant à perdre des lecteurs et de l’argent.

Le modèle qui attend L’Alsace… et les Dernières Nouvelles d’Alsace ?

Michel Muller

« Dormez braves gens, on s’occupe du reste…. »

La question de la sûreté des installations industrielles se pose de plus en plus: risques liés aux produits, risques liés aux process, risques d’attaques criminelles d’origine diverse.
Sans remonter aux catastrophes de Seveso et au nuage de dioxine ou à l’explosion d’AZF on peut rappeler les attentats plus récents, aux conditions peu claires, sur le site d’Air Products de Saint Quentin Fallavier et les « incendies criminels » sur deux cuves d’hydrocarbures de la raffinerie Lyundell Bassell à Berre l’Etang.

Les réponses par prise de textes législatifs supplémentaires avaient déjà été nombreuses (notamment directives européennes, loi du 30 juillet 2003 relative à la prévention des risques naturels et technologiques, création des plans de prévention des risques technologiques…).

Après le rapport du Bureau d’analyse des risques et des pollutions atmosphériques sur la malveillance dans ce domaine et un audit général de la sécurité fin 2015 l’Etat a décidé d’agir pour la sûreté des installations industrielles dangereuses…comme il agit dans le domaine spécifique du risque majeur que représente l’industrie nucléaire: moins de transparence et plus de répression.

Le facteur ambiant aggravant du « risque terroriste » rend cette approche particulièrement significative pour  l’analyse  des logiques mises en oeuvre dans la conception de la prévention.

Limiter l’information:

Le 5 septembre 2017, lors du conseil supérieur de la prévention des risques technologiques, une instruction qui doit être soumise à signature ministérielle a été présentée; elle ne sera pas publiée au Journal officiel de la République française et met donc de fait fin à la transparence.

Même si le texte est censé concilier information des populations et protection des installations classées on peut craindre qu’il ne soit opérant dans la restriction du besoin d’information légitime du public et inopérant dans celui de la prévention des actions malveillantes.

Par ailleurs, motifs « terroristes » ou pas, le risque d’accident nucléaire est suffisamment connu, notamment en Alsace, sans qu’il soit besoin de développer.

Mais l’action récente des militants de Geenpeace est importante et  remarquable: le feu d’artifice tiré au pied de la centrale de Cattenom voulait dénoncer le risque présenté par les piscines de combustible radioactif non protégées suffisamment (pas de double enceinte ou d’enceintes renforcées pour confinement de ces combustibles usés qui peuvent contenir plus de combustible que les coeurs de réacteurs – 63 piscines de ce type en France.

Dès 2015 le Parlement avait alourdi les peines encourues pour ce type d’actions et les militants de Greenpeace risquent plusieurs années de prison et des dizaines de milliers d’euros d’amende.

Certes donner des informations à des personnes mal intentionnées est un risque réel et la transparence sur certaines données peut l’aggraver.

Mais y répondre par la tentation de la répression ne peut être considéré comme une réponse satisfaisante.

 Parce que la raison « sécurité » « sécuritaire » évoquée ne prend pas en compte l’origine du risque et les responsabilités de ceux qui organisent ces risques – ainsi les Alsaciens connaissent trop le dossier Stocamine, comme ils connaissent les démêlées judiciaires d’EDF avec les fuites non révélées à Fessenheim – la réponse « opacité et répression » est déjà contestable.

Mais l’essentiel est ailleurs: les citoyens sont considérés a priori comme des incapables, au sens juridique du terme, dans la lutte pour la sécurité de ces installations dangereuses, classées ou non. Il n’est pas question de consultations, sinon formelles.

 En fait, c’est bien le droit à l’information tel que prévu par exemple par des directives européennes qui prévoient accessibilité et partage de l’information, qui est menacé dans son principe même: « le citoyen a droit à l’information sur les risques qu’il encourt en certains points du territoire et sur les mesures de sauvegarde pour s’en protéger (loi de 1987 relative aux incendies de forêts et à la prévention de risques majeurs » – article abrogé depuis.

 Alors?

Menaces sur la transparence et le droit à l’information, lourdes sanctions pénales contre les « dénonciateurs »  – venant après les mesures de répression contre les lanceurs d’alerte qui ont abouti à une évolution législative -, c’est toute une philosophie qui est en jeu dans le débat sociétal actuel du droit à l’information, dans ces domaines comme dans bien d’autres, dans un contexte sécuritaire exacerbé.

 « Dormez braves gens, on s’occupe du reste »: les citoyens ne sont pas obligés de croire  ni d’accepter, dans ces domaines des installations classées et du  nucléaire, la politique du chloroforme et du bâton.

L’approche sécuritaire, la volonté de contrôle de l’information sont les recours de pouvoirs politiques impuissants. On peut préférer les pouvoirs organisés de citoyens conscients et responsables.

 C.R

[Action Greenpeace] Feu d’artifice à Cattenom pour dénoncer le risque nucléaire

 

 

 

Bernard Stoessel : Retour à la région Alsace et ses deux départements !

La démission de M. Richert de la présidence du Grand-Est est un échec pour l’homme politique mais aussi pour toute la réforme territoriale qui ne convainc absolument personne ! Et ce sur tout le territoire français car les citoyens ont du mal à comprendre en quoi cette réforme est avantageuse pour eux ! M. Rottner, jadis (c’est-à-dire il y a quelques mois) était vend debout contre l’intégration de l’Alsace dans le Grand-Est allant jusqu’à faire signer 60.000 personnes sur une pétition pour soutenir son avis, a totalement changé d’avis et sera élu dans quelques jours calife à la place du calife. Mais bon, il ne confiera pas toutes les responsabilités de maire de Mulhouse à Mme Lutz, gardant une place au chaud… On n’est jamais trop prudent quand on gère une carrière… A quand un maire de Mulhouse qui aime sa ville et la gère en conséquence plutôt que de l’utiliser comme marche-pied pour ses ambitions personnelles…

Mais revenons à la Grande-Région, aussi appelée le Machin-Truc ou le Grand Bidule. La Cour des comptes est sévère avec la création de ces méga-structures. Dans son dernier rapport daté du 11 octobre, elle pointe « des risques importants de surcoûts durables de gestion” alors même que les économies sont encore difficilement estimables – mais largement utilisées comme argument par le précédent gouvernement.

 Hauts-de-France, Grand Est, Nouvelle Aquitaine, Occitanie… les Sages pointent plusieurs exemples de potentiels dérapages, conséquences du transfert de compétences aux régions et de leur fusion.

Ainsi, dans les Hauts-de-France, le seul renouvellement du pelliculage des TER coûte 30.000 euros par train, soit 10 millions d’euros au total. Une somme importante pour simplement redécorer les rames aux couleurs de la nouvelle région… On attend d’avoir le chiffrage du Grand Est dans lequel le réseau de transport est tellement efficace qu’il vaut mieux passer par Paris pour aller à Reims ou Troyes. Ne parlons pas de Châlons-en-Champagne…

Les élus alsaciens enfin clairs ?

A l’analyse de certaines déclarations ou conclusions de conférences, il semblerait que les élus alsaciens prennent conscience du rejet massif du Grand Est par la population alsacienne. Mais cette apparente unité transpartisane révèle en réalité de profondes divergences. Sortie ou non du Grand-Est ? Fusion des départements ? Transformer l’Alsace en… département (idée génialement stupide de M. Meyer, maire de Colmar) ? Un appel de cent personnalités alsaciennes recueille de nombreuses signatures tout en ne faisant pas l’unanimité dans ses propositions.

Une lettre ouverte de Bernard Stoessel

Bernard Stoessel, figure politique mulhousienne bien connue, ancien 1er Vice-président du conseil régional d’Alsace, président de l’association des élus pour la langue régionale, conseiller municipal de Mulhouse, médecin, a rédigé une lettre-ouverte à destination du président de la République, lettre co-signée par différentes personnalités politique alsaciennes.

Nous la publions bien volontiers ici :

 « Monsieur le Président de la République,

Votre projet politique semblait tel qu’il a été exposé durant les campagnes électorales présidentielle et législative répondre à la situation de notre pays et à l’intérêt collectif des citoyens: réalisme économique, économies budgétaires, simplification fiscale et administrative, adaptation du code du travail au développement des entreprises, augmentation des salaires réels et du pouvoir d’achat pour les plus faibles, soutien actif à la construction européenne, respect des engagements internationaux de la France.

Entre autres, les Alsaciens, appréciaient tout particulièrement, votre intérêt pour le partenariat avec l’Allemagne. En Alsace, l’allemand, première langue maternelle de l’Union européenne, est aussi enseigné en tant que langue régionale.

Un très grand nombre d’Alsaciens seraient pourtant bien plus sensibles à un Président et une majorité législative qui s’engageraient en toute transparence pour une évolution permettant à l’Alsace de retrouver son statut de région administrative. En effet, la dilution de l’ancienne Alsace dans une immense région dite Grand Est a été imposée sans le consentement des Alsaciens.

Durant votre campagne électorale vous n’avez pas  répondu aux très nombreux courriers individuels et collectifs, de citoyens, d’associations alsaciennes demandant un retrait de l’Alsace du Grand Est.

Une pétition demandant un référendum en vue du retrait de l’Alsace du Grand Est, ignorée et rejetée par le Préfet et l’actuel président du Grand Est, avait pourtant réuni en 2015 115 000 signatures d’électeurs soit près de 10% du corps électoral alsacien, un chiffre considérable jamais atteint auparavant, une première dans notre pays.

Un sondage de l’institut CSA d’avril 2017, publié dans les quotidiens alsaciens le 18 mai, a confirmé de façon spectaculaire ce  refus de plus en plus massif des Alsaciens de rester au sein du Grand Est.

En effet, ce rejet s’élève à présent à 84% de personnes qui ne se reconnaissent pas dans ce Grand Est. Une énorme majorité d’Alsaciens souhaite selon ce sondage non seulement le retour à une Région Alsace de plein exercice, forte de près de deux millions d’habitants, mais aussi le maintien des deux départements.

L’attachement des Alsaciens à leur identité, à leur histoire et à leur terre ancestrale va bien au-delà. En effet, le même sondage confirme que pour 61 % de la population cette nouvelle région Alsace doit prendre la forme institutionnelle d’une collectivité à statut particulier dotée des compétences permettant, au sein du cadre français, de la redynamiser et de pérenniser ses particularités linguistiques, culturelles et juridiques.

Notre courrier du 11 juin 2017 au Président de la République, dont copie jointe, signé par une trentaine de citoyens, est resté également sans réponse ni même accusé de réception de votre part. Ce n’est certainement pas ainsi que les Alsaciens, si respectueux des institutions par sens civique, méritent d’être traités. Le pacte girondin dont vous avez fait état leur semblerait au mieux une formule creuse, au pire de la poudre de perlimpinpin et du mépris.

Nous en appelons de nouveau à votre volonté affichée de déminage des problèmes de notre pays et espérons que vous permettrez à l’Alsace de se retirer du Grand Est et de reprendre toute sa place parmi les régions de France.

Veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre très haute considération.

Bernard STOESSEL

Gérard CRONENBERGER,  maire honoraire d’Ingersheim, ancien président de l’association des élus pour la langue régionale d’Alsace et de Moselle germanophone et du Comité fédéral pour la langue et la culture régionales

Patrick KLEINCLAUS, ancien directeur territorial, responsable associatif

Monique MATTER, Présidente de la Fédération des langues régionales germaniques de France, ancienne professeure de collège, ancienne maire-adjointe de Marckolsheim

François SCHAFFNER, éditeur, ancien professeur de collège, responsable associatif

Jean-Jacques THUET, Ingénieur, Agriculteur, Responsable associatif, Retraité

Jean-Jacques WEBER, journaliste, ancien Président du Conseil Général du Haut-Rhin, ancien Maire, Député honoraire »

On peut lire que M. Stoessel avait déjà envoyé une lettre de ce type à M. Macron dès le 11 juin 2017… sans avoir obtenu de réponse. Il serait indécent qu’un président de la République continue de se comporter de telle façon… A vous lire, M. Macron !

 

Antoine Fabian : « Vous souvenez vous, M. Rottner… »

Antoine Fabian, syndicaliste chrétien, vice-président du Régime Local d’Assurance Maladie d’Alsace-Moselle, maire honoraire de Roderen, a pris sa plume à l’occasion de l’annonce de la candidature de M. Jean Rottner au poste de président de la région Grand Est. L’auteur rappelle qu’il fut un parmi les 60.000 signataires de la pétition lancée par le maire de Mulhouse contre la constitution de cette grande région et l’interroge sur ses intentions en accédant à cette nouvelle responsabilité. Pertinent et percutant : nous proposons à M. Rottner de publier sa réponse dès qu’il l’aura rédigée…

« Monsieur le Maire et Vice-président du Conseil Régional.

La presse nous informe que vous vous portez candidat à la succession de M. Philippe Richert comme Président de la région Grand-Est. La question immédiate qui vient à l’esprit des Alsaciens, et tout particulièrement des 60 000 signataires (dont je fus), en 2014, de votre pétition contre le projet de fusion de l’Alsace avec la Lorraine et Champagne-Ardenne, est de savoir quel Président vous serez, en cas d’élection.

Celui de la pétition, fidèle à vos convictions d’origine ou celui, à la suite de M. Richert, de l’abandon de l’Alsace, et donc de la négation d’une spécificité historique et culturelle ?

Allez-vous vous vous sacrifier « pour faire le job », comme M. Richert afin de sauver ce qui peut l’être, cautionnant, dans le même mouvement, l’inacceptable ? Une telle « abnégation » paraîtrait bien incompréhensible, sinon suspecte.

Pour mémoire, je vous joins des extraits de presse de l’époque parlant de votre engagement sincère, argumenté et pugnace contre la fusion (ci-dessous les liens correspondants).

M. Richert a jeté l’éponge face à son échec d’une tentative d’assimilation/disparition forcée de l’Alsace dans un ensemble incohérent, sans corps, sans personnalité, sans âme, malgré des campagnes de communication onéreuses et de chantage aux subventions, tout en vidant l’Alsace de tout pouvoir de décision.

Pour être « homme d’Etat », il ne suffit pas d’être humaniste, chrétien, démocrate, dévoué et ambitieux, il faut aussi de l’intelligence et de l’intuition politique.

Votre ambition est-elle de rentrer dans l’Histoire à la suite de personnalités alsaciennes et mosellanes mythiques, auteurs d’avancées sociétales, économiques, sociales, culturelles et religieuses de l’ancien « Reichsland », entre 1921 et 1924, puis de celles d’après-guerre, en 1945-46, tels que Robert Schuman, Henri Meck, Joseph Beck, Albert Schmitt et tant d’autres, tous hommes et femmes de courage et d’honneur ?

Ou, au contraire, serez-vous à la solde de ceux qui méprisent l’Alsace, à l’instar du Parlement français à Bordeaux en 1871 ou, plus récemment, de ceux qui ont liquidé les acquis alsaciens-mosellans, comme le gouvernement de François Mitterrand, en 1982, (Prud’hommes), puis de François Hollande, avec un redécoupage des Régions en dépit du bon sens et au mépris des populations concernées ?

Etes-vous de ceux, Alsaciens de surcroît, qui renoncent à se battre contre la suppression des Chambres consulaires, des organisations professionnelles et surtout l’affaiblissement du Régime local d’assurance maladie, qui prive les salariés, et surtout les retraités alsaciens-mosellans, d’une complémentaire santé solidaire, à un coût dix fois moins cher qu’une mutuelle, une institution de prévoyance ou une assurance ?

Ou encore, êtes-vous de ceux qui, par leurs revirements et reniements spectaculaires, conduisent au dégoût des citoyens envers la politique, suivant en cela Gilbert Meyer, Maire de Colmar, un des principaux responsables de l’échec du référendum d’avril 2013 et qui, avec un rare cynisme, réclame aujourd’hui ce qu’il avait combattu hier. Ce n’est pas ainsi que l’on va « réenchanter » la politique.  

Resterez-vous, dans le déni permanent de la réalité ? Le Grand-Est ne fonctionne pas et ne fonctionnera jamais, car cet agglomérat totalement contre-nature ne satisfait personne.

Il ne fait de loin pas d’unanimité de la population, en Meurthe-et- Moselle, contrairement aux affirmations de Madame Valérie Debord. Quant aux citoyens des Ardennes et de Champagne, ils sont tournés vers Paris ou la Belgique et non vers Strasbourg et le Rhin.

Car le développement économique, social et culturel de l’Alsace se situe, en grande partie, outre-Rhin. C’est une réalité que personne ne peut raisonnablement nier. Le Grand-Est est un boulet dans le développement des relations, dans tous les domaines, avec le Bade-Wurtemberg et la Suisse, si nécessaire pour l’économie, l’enseignement, l’emploi et la culture.

La population alsacienne est profondément attachée à la France, sans être d’origine gauloise, mais essentiellement bavaroise, autrichienne ou suisse, pétrie par l’humanisme et la culture rhénane. Je pense que nos amis ardennais et champenois comprennent cela et sont prêts à nous aider. Eux-mêmes ont été méprisés en les « fourguant » avec les Alsaciens et Lorrains, un dimanche soir dans un bureau de l’Elysée.

Tous les élus alsaciens, sans exception, sont intimement convaincus – même s’ils ne l’avouent pas en public – de la nécessité de « libérer » l’Alsace du Grand-Est. Pour ce faire, il n’y a pas de plan A ou B, totalement absurde et dénué de sens. Il n’y a qu’un seul plan : celui d’une Région Alsace dotée de réels pouvoirs délégués par l’Etat et de moyens, pour qu’elle puisse pleinement exercer ses missions, dans un pays moderne, tourné vers une Europe unie et prospère dont rêvaient ses fondateurs.

Enfin, la population aimerait aussi connaître le positionnement réel du parti politique dont vous vous réclamez. Tout et son contraire a été dit et écrit, sur les postures des uns et des autres, selon qu’on est élu régional, départemental, député, sénateur ou maire, en clair, selon son ego ou intérêt personnel. Tout ceci participe à la confusion générale. La pression des instances nationales du parti LR (jacobines par dogme) semble manifestement peser lourdement sur des élus alsaciens timorés (craignant pour leurs investitures futures !).

Dans l’attente d’une réponse digne d’un « Homme politique d’Etat », libre, pragmatique, audacieux, à l’écoute des citoyens, désireux d’une vie démocratique plus participative et au service de l’intérêt de l’Alsace et de la France,

Veuillez agréer, Monsieur le Maire, l’expression de ma très respectueuse considération,

Antoine Fabian, un des milliers signataires de votre pétition. »

Inutile de repréciser que L’Alterpresse68 se tient à disposition du maire de Mulhouse pour publier sa réponse même avant son élection dans un fauteuil…

http://www.lalsace.fr/actualite/2014/07/20/jean-rottner-lance-une-petition-pour-l-alsace

https://www.ami-hebdo.com/actu/non-la-fusion/

http://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/jean-rottner-je-deplore-climat-lequel-debat-alsacien-se-fait-parfois-1339523.html

https://www.lesechos.fr/17/09/2014/lesechos.fr/0203783308447_reforme-territoriale—l-alsace-prepare-sa-riposte-contre-la-fusion-avec-champagne-ardenne.htm

http://www.lesrepublicains67.eu/2014/07/signez-la-petition-pour-lavenir-de-lalsace/

http://www.dna.fr/actualite/2016/08/31/petition-sur-rendeznouslalsace-fr-les-cartes-et-les-dessous-des-cartes