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Voisins solidaires dans le Rhin supérieur : transition et chômage

Dans le cadre des rencontres Voisins solidaires du Rhin supérieur, l’Alterpresse68 consacre une série d’articles sur les travaux qui se sont déroulés sur les deux jours, les 22 et 23 septembre dernier. Moment particulier : une conférence a été consacrée à des exemples concrets de « transition ». Dans tous les domaines (économie, social, santé, environnement, agriculture, alimentation…) des expériences sont conduites et ont donné lieu à des échanges forts intéressants et pertinents. De quoi tirer des enseignements des uns et des autres…

Laura Strauel relate le déroulement de cette conférence.

Dans un second article ci-dessous, André Barnoin réagit à la suite de la conférence consacrée aux chômeurs de plus de 45 ans…

La transition, c’est possible, mais comment ?

Die sozial-ökologische Transformation ist möglich, aber wie ?

 Avec Gregory Baïotto, Vallée de Munster en Transition et Niklas Mischkowski, Gemeinwohlökonomie Freiburg

La Vallée de Munster en Transition est une association à but non lucratif fondée en 2012 portée par de multiples initiatives citoyennes. Grégory Baïotto a partagé avec nous le récit de ses expériences en terme d’intelligence collective qu’il a réalisées au travers de ses années de vie associative. Selon lui, la Vallée de Munster en Transition a entamé son réel épanouissement depuis la formulation d’un but partagé par l’ensemble de ses acteurs/trices : « être capable d’accueillir des crises et de développer son écologie intérieure »

Autour de cet objectif, s’articule une multitude de projets à la fois libres et cohérents entre eux. L’association se veut un outil et non un chef de file ; ainsi elle soutient un grand nombre de groupes autonomes menant des initiatives aussi variées qu’indispensables, telles l’habitat et l’énergie, l‘économie sociale et solidaire, l’agriculture et l’alimentation, la santé, le bien-être et la vision positive, la mobilité, l’éducation, la fête etc.

La Vallée de Munster en Transition promeut le changement et l’innovation par et pour la citoyenne et le citoyen. Ce qui lui est important, c’est la responsabilisation de chacune/chacun, afin de pouvoir réellement s’approprier la transition.

Pour aller plus loin : http://munstertransition.org ;

Rob Hopkins, Serge Mongeau, Michel Durand : Le Manuel de transition ;

Le premier mouvement citoyen de « Ville en Transition » à TOTNES (Grande-Bretagne) ;

http://www.transitionfrance.fr/

Niklas Mischkowski a présenté le concept de la Gemeinwohl-Ökonomie – éq. l’économie du (bien) commun – un mouvement né en 2011 sur le territoire germanophone et qui s’étend aujourd’hui à une grande partie de l’Europe et de l’Amérique Latine.

Ce concept ingénieux, s’inscrivant dans la révolution douce, veut engendrer un processus démocratique et participatif allant vers une économie mondiale écologique et humaine. En s’appuyant sur une coopération socio-politico-économique (particuliers- élus-entreprises) il a pour objectif de replacer l’économie au service du bien-être commun.

Concrètement cela se traduit par l’élaboration d’un bilan d’entreprise selon cinq critères  : la dignité humaine, la solidarité, la durabilité écologique, la justice sociale ainsi que la participation démocratique et la transparence.

Ce « bilan du bien-être commun » (Gemeinwohlbilanz) est publié et, s’il est positif, donnera lieu à des avantages économiques (marché, impôts, crédits…) lorsque, à terme, le concept sera reconnu sur le plan politique. Afin d’atteindre leur objectif, les délégations régionales de la GWÖ démarchent pour une coopération à la fois avec des entreprises (PME et autres) et des élus locaux (communes, com-com, régions). Actuellement ce sont 2 000 entreprises dans le monde – 400 en Allemagne – qui font dresser un « bilan du bien-être commun ». Les régions Baden-Württemberg et Süd-Tirol (Italie) ainsi que les villes Stuttgart et Valencia (Espagne) sont également partenaires.

Pour aller plus loin : http://freiburg.gwoe.net/ (allemand)

Christian Felber : Gemeinwohlökonomie ou L’économie Citoyenne

Ce qui a marqué les esprits (notamment celui de Roger Winterhalter et le mien) c’est la complémentarité des deux témoignages, positionnés à des niveaux différents (citoyen et économiste) et œuvrant pour une même cause, celle de l’épanouissement humain, environnemental, mais aussi économique. On en retiendra l’importance d’une implication de chacun/e – sans jugement de valeur – et d’une coopération entre les domaines professionnels et les classes sociales. Rappelons-nous : l’union fait la force !

Laura Strauel

ETRE CHOMEUR EN ALLEMAGNE : UN EXEMPLE POUR LA FRANCE ?

Une des conférences lors des journées « Voisins solidaires » était consacrée au « Chômage des plus de 45 ans ». Thème hautement intéressant car on a coutume de traiter le chômage dans sa globalité et cela se comprend. Parfois on aborde la question sous l’angle du chômage des jeunes mais rarement le sort de ceux qui n’ont pas d’emploi et qui ne sont ni jeunes, ni seniors… Or, cette tranche d’âge souffre peut être plus que beaucoup d’autres de la situation dans laquelle elle se trouve quand elle est projetée dans le chômage. Les représentants allemands lors de l’initiative Voisins solidaires ont évoqué leur expérience en la matière… expérience oh combien précieuse pour les Français qui ont élu un président qui voit dans le modèle social allemand l’exemple à suivre.

André Barnoin, responsable du Groupe de Chômeurs et Précaires de la Maison de la Citoyenneté Mondiale de Mulhouse, réagit après avoir suivi cette conférence:

« Quelques fois, dans la presse, on évoque à travers « L’enfer du miracle allemand », comment un pays prospère peut organiser l’ostracisme d’une part importante de sa population en lui faisant porter la responsabilité de son malheur, tout en lui ôtant les moyens de prendre son destin en mains, tout cela par absence de partage équitable de la richesse produite entre détenteurs du capital et créateurs de cette richesse, c’est-à-dire les salariés et celles et ceux qui n’ont que leur force de travail pour vivre, quel que soit leur statut économique et administratif.. .

La situation vécue par des millions de chômeurs et « travailleurs pauvres « allemands a été confirmée sans ambiguïté lors du colloque  « Voisins Solidaires » qui a eu lieu au PAX de Mulhouse ce vendredi 22 septembre. Parmi les invités allemands, suisses et français, un retraité syndicaliste de Ver.Di nous a fait part de son expérience personnelle qui contredit radicalement les affirmations intéressées des médias français (qui appartiennent presque tous à des milliardaires, allez savoir pourquoi..;) et des hommes politiques acharnés à poursuivre une politique dévastatrice de droits sociaux sans aucune contrepartie positive pour l’ensemble de la population hormis la frange la plus fortunée.

Pour ceux-là, Macron est un véritable Père Noël, à défaut de l’être pour les salariés menacés de perdre leur activité, et le syndicaliste en question a bien insisté sur le parallèle entre les mesures Harz IV appliquées depuis des années chez eux, et les dernières réformes entreprises par Macron. Il a dit avec force qu’il espérait que les syndicats et le mouvement social français seraient plus combatifs qu’ils ont pu l’être eux-mêmes pour s’opposer à ces réformes catastrophiques et il a appelé de ses voeux une convergence internationale accrue des luttes en direction des instances européennes. Notons que cette réforme menée à la hussarde, l’a été par une coalition de socialistes (SPD) et d’écologistes (Grünen), ce qui ne nous dépayse pas trop !

Allons bon ! Voilà que les Allemands eux-mêmes se montrent  « fainéants, cyniques et extrêmes », comme je n’ai pas manqué de le souligner lors de mon intervention au titre de représentant d’une association de grincheux français, le MNCP (Mouvement des Nuls Cyniques et Paresseux) et on ne peut même pas m’opposer l’argument de la contagion du pessimisme hexagonal, puisque dans le cas qui nous occupe, nos voisins ont le bénéfice de l’antériorité en matière de régression sociale et de grincements concomitants, pas trop relayés par leur presse non plus, mais qui sont tout de même audibles à qui a l’oreille fine…!

Cela n’enlève rien à la nécessité d’aider par tous les moyens possibles les personnes en butte à la précarité, et qu’on ne peut laisser se débattre seules face à l’urgence et à la kafkaïsation des services sociaux . Mais on ne pourra indéfiniment éluder la cause première des difficultés que rencontre une part de plus en plus importante de la population partout dans le monde, c’est le mantra de la « baisse du coût du travail », qui est en fait l’appauvrissement continu de ceux qui ont le « privilège » d’occuper un emploi rémunéré jusqu’à ce qu’ils consentent à travailler au tarif éthiopien, qui est en train de détrôner le Chinois qui est devenu trop exigeant, le bougre ! afin d’augmenter sans cesse les marges des « apporteurs de capitaux » à qui tout est permis et qui se comportent comme des enfants gâtés jamais assez dorlotés.

Il est trop facile de faire porter la responsabilité de l’insécurité sociale sur les comportements individuels. La responsabilité de ceux qui prennent la décision d »abaisser la protection des travailleurs n’est jamais questionnée, ni pointée du doigt, et pourtant c’est bien eux qui ont le pouvoir de prendre des décisions qui engagent la vie de tout le monde, alors que nous n’avons aucun pouvoir sur la leur. Et je note enfin que si ces messieurs-dames sont prompts à faire la morale tous azimuts, ils savent fort bien nous rappeler que le monde des affaires est « amoral », donc peut se permettre de dévaster la vie des autres au nom du principe que « les affaires sont les affaires », mais qu’il ne faut en aucun cas faire appel à leur conscience ni à leur solidarité, sponsorisant les uns mais étranglant les autres, et qu’ils ne se montrent « généreux » et « bienveillants » , que sous la peur d’une déflagration sociale généralisée.

A ce stade de ma réflexion, je crois qu’il est grand temps que le monde associatif sans lequel la France ne serait plus depuis longtemps qu’une jungle vouée à la domination sans partage des puissances d’argent, se montre plus offensive vis-à-vis de ceux qui tiennent les clés du coffre et distribuent au compte-goutte les moyens de sa survie à la majorité de la population, tout en exposant les 1% des plus favorisés au risque de se faire éclater la panse à force de se gaver… Et je ne tiens en aucun cas à ramasser les boyaux épars de ces goinfres shootés à la finance, même en cas de réquisition de l’autorité publique !

Il n’y a pas de fatalité, il n’y a que des fatalistes ! 

( Je crois que c’est de moi, mais si quelqu’un l’a dit avant, je veux bien lui payer des droits d’auteur ! )

André Barnoin, dit Dédé

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Le vote allemand…

Les élections allemandes ont somme tout donné un résultat relativement conforme à tout ce qui se passe en Europe : recul de la droite conservatrice, affaiblissement inexorable de la social démocratie, stabilisation de la gauche transformatrice et progression importante de l’extrême-droite…Evidemment quant cela se passe en Allemagne, tout le monde voit renaître des démons anciens. Et pourtant, nous ne revivons pas une renaissance du nazisme (même si quelques nostalgiques sont toujours tapis dans l’ombre… comme en France, Italie, USA…) mais un phénomène politique liée à une crise de la démocratie représentative et d’une économie qui laisse des millions de citoyens sur le carreau.

Que l’Allemagne présentée riche et prospère soit à son tour concernée par la montée de l’extrême-droite n’est que le reflet des profondes inégalités sociales fruits d’une action gouvernementale initiée par le SPD et ses lois Hartz IV et poursuivie par Mme Merkel avec ses différentes coalitions au pouvoir. En rejetant catégoriquement l’affirmation péremptoire et stupide que  les 13% d’électeurs de l’AfD seraient des nazis (alors que nos 30% d’électeurs lepénistes auraient des représentants autrement plus nombreux à l’Assemblée nationale qu’au Bundestag si on avait la proportionnelle en France), L’Alterpresse préfère examiner de près le vote allemand.

Le vote en Baden-Württemberg

Globalement, à l’échelle fédérale (tableau en tête), les deux partis de la coalition au pouvoir perdent respectivement 8,6% pour la CDU-CSU et 5,2% pour le SPD. Les grands gagnants sont avant tout l’AFD, avec une progression de 7,9% pour atteindre 12,6% du corps électoral. La FDP est l’autre vainqueur, avec une hausse de 5,9%  pour un résultat global de 10,7%. Die Linke et les Verts stagnent avec une légère progression.

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Situation à tendance identique dans le Baden-Württemberg  où la CDU avait recueilli 45,7% en 2013, elle s’effondre de plus de 11 points pour terminer à 34,8% tout en restant (et de loin) le premier parti chez nos voisins badois. Suit le SPD avec un recul de 4,2 points à 16,4%. Les autres progressent soit légèrement comme Die Linke (de 1,3% à 6,4 contre 9,2 à l’échelle fédérale), les Verts (+2,5 pour 13,5% au final bien plus haut qu’au niveau fédéral et ses 8,9), la FDP avec 6,2% de progression arrivant avec 12,4% au total au niveau de l’AFD qui progresse de 7% pour atteindre les 12,2%.

Il est intéressant de noter que le vote dans la ville de Freiburg-in-Breisgau diffère sensiblement des résultats du Land et du pays : la CDU ne recueille que 28% (-6,9%), les Verts 25,4% (+4,8), le SPD 22,7 (-7,4%), Die Linke en 4e position avec 7,3% (+2,5%), l’AFD n’a « que » 7,2% (+4,7%), la FDP 5,3% (+3,4%). Il semble donc bien qu’il y ait un vote des villes et des champs. Il est vrai que Freiburg, ville écologique, avec un tissu associatif extrêmement dynamique et actif, est dirigée par un maire issue des Verts, Dieter Salomon.

Elle a indubitablement pris une option progressiste essentiellement en matière environnementale. Les habitants ont confirmé ce choix puisque le parti Vert progresse beaucoup plus dans la ville qu’à l’échelle du pays (+4,8% contre 0,5%).

Le vote des salariés… et des syndicalistes

La CDU a obtenu 25% du vote ouvrier mais 41% de la part des retraités, 36% des « indépendants » et 20% des chômeurs. Elle perd de nombreuses voix par rapport à 2013 tout comme le SPD qui récolte 23% chez les ouvriers, 24% chez les retraités, 11% chez les indépendants et 23% de la part des chômeurs.

Il est intéressant de voir la part du vote des salariés pour l’AFD et Die Linke. Nous pouvons voir sur les deux tableaux ci-dessous que Die Linke n’arrive pas à capitaliser le mécontentement dans le salariat et que c’est l’AFD qui en récolte les fruits et ce dans toutes les catégories du salariat. Remarquons le transfert spectaculaire du vote « chômeurs » de Die Linke vers l’AFD.

Die Linke

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L’AFD

afd

Lexique : Arbeiter : ouvrier ; Angestellte : employés ; Selbstständige : indépendants ; Rentner : retraités ; Arbeitslose : chômeurs.

Le DGB publie ses statistiques

La principale centrale syndicale d’Allemagne, le Deutscher Gewerkschaftsbund, publie une intéressante étude sur le vote des syndicalistes.

Sur le plan général, les syndicalistes ont mis le SPD en tête avec 29% des suffrages, la CDU suit avec 24% et l’AFD est avec ses 15% devant Die Linke et ses 12% Les Verts suivent avec 8% de confiance de la part des syndicalistes.

Il est intéressant de voir où se situent les différences entre les votes à l’Ouest et à l’Est. La CDU avec 24% est le premier parti chez les syndicalistes de l’Est (avec le même pourcentage qu’à l’Ouest où c’est le SPD qui arrive en tête avec 31%). Celui-ci ne recueille que 18% chez les syndicalistes de l’Est qui ont voté à 22% pour Die Linke et 22% pour l’AFD. Il y là un vrai schisme entre les deux parties de l’Allemagne puisque Die Linke n’obtient que 11% et l’AFD 14% à l’Ouest. Remarquons également que la même différence existe pour Verts : 9% chez les syndicaliste à l’ouest et seulement 3% à l’est.

Les syndicalistes « femmes » se distinguent des « hommes » en votant moins pour le SPD (25% contre 30% chez les hommes) et plus pour Die Linke (14% contre 11%). Cela est encore plus net pour le vote pour les Verts : 13% chez les syndicalistes femmes, 5% chez les hommes. Quant à l’AFD, nos sœurs femmes se distinguent positivement : elles ne sont que 10% à avoir fait ce choix contre 18% chez les hommes. Plus clairvoyantes les syndicalistes femmes du DGB ?

http://www.magazin-auswege.de/2017/09/so-haben-gewerkschafterinnen-gewaehlt/

On voit bien que les mêmes causes engendrent les mêmes effets : la crise sociale en Allemagne est bien plus profonde qu’on le laisse entendre ici en France. Les manipulations et tripatouillages autour du modèle allemand que les médias aux ordres aiment tellement vanter, ne peuvent cacher la réalité qui s’exprime par les urnes. Alors, évidemment reconnaître que les inégalités sociales en Allemagne font aussi le lit de l’extrême-droite est difficile pour ces médias : il est donc plus simple d’invoquer le retour des vieux démons nazis. Plus simple peut être mais totalement faux.

Cela me rappelle la réflexion d’un syndicaliste allemand : « Nous vous soutenons dans vos manifestations contre la loi Travail car si chez vous aussi le modèle Hartz IV s’impose, nous n’aurons plus beaucoup d’espoirs de nous débarrasser de nos lois antisociales ».

Michel Muller

CONSIDERATIONS DIVERSES SUR LA NOTION DE PATRIMOINE

Dimanche 17 septembre dernier a été une nouvelle « Journée du Patrimoine », manifestation créée en 1984 et promue européenne depuis 1991.Consacrée d’abord aux monuments historiques, selon l’appellation initiale de son instigateur Jack Lang (« Journée portes ouvertes dans les monuments historiques »), elle en reste marquée par une forte propension à mettre en valeur avant tout les témoignages architecturaux construits par l’aristocratie et l’Eglise catholique, auxquels s’ajoutent les ouvrages militaires.

Châteaux, forts ou de plaisance, manoirs, cathédrales, églises, monastères et cloîtres, ainsi que fortifications édifices religieux sont autant de traces de la suprématie des castes dominantes, selon le dogmeétabli par Adalbéron de Laon au début du XIè siècle, qui scella à jamais, du moins l’espérait-il, la division du corps social en trois ordres, les bellatores, ceux qui combattent, les oratores, ceux qui prient et les laboratores, l’immense majorité, ceux qui triment pour les deux autres et auxquels ils doivent obéissance, division voulue par Dieu : notre Président de la République n’habite pas un palais pour rien (palais toutefois visitable – gratuitement- un jour par an…)

Pour autant toutes ces demeures somptueuses ne sont pas accessibles le jour en question, loin s’en faut : nombre d’entre elles restent la propriété, ou des descendants de l’aristocratie ayant réussi leur reconversion dans le monde nouveau issu de la perte des privilèges féodaux, ou encore, et plus souvent, de la classe qui a supplanté la précédente, à savoir la bourgeoisie : ne pas confondre le patrimoine « public » avec le patrimoine « pas touche », genre celui de feue Liliane de Bettencourt.

Certes, on s’ennuierait ferme dans la France touristique, si nos anciens maîtres féodaux, seigneurs qui guerroyaient et prenaient du bon temps, ou prêtres et moines qui priaient pour le salut de nos âmes dans leurs cathédrales et monastères – tout en y accaparant le grain et le vin, quand ils n’en faisaient pas denrées de spéculation-n’avaient jonché l’hexagone des bâtisses à contempler pour occuper les jours où la pluie et le mauvais temps rendent les plages ou la campagne moins engageant.

Admirer, de temps d’une visite, le fruit du labeur de nos ancêtres

Alors, non sans un droit de passage souvent conséquent, nous pouvons, le temps d’une visite, admirer ce que nos ancêtres roturiers ont construit, forcés et contraints par les corvées, ou financé avec force gabelle, taille, dîme, octroi, sou additionnel. Et nous payons avec humilité et sans broncher à notre tour pour contempler le fruit de leur labeur extorqué sous la menace du sabre et du goupillon, histoire de bien savoir d’où on vient et de nous remettre à notre place : en bas. Qui donc parlait de servitude volontaire ?

Des demeures de nos ancêtres plébéiens, par contre, il ne reste rien, ou si peu. Pas la peine, d’ailleurs elles n’ont pas été bâties pour résister au tempset pour proclamer en toute éternité la gloire et puissance des rois solaires, mais juste pour se mettre à l’abri l’espace d’une brève et chiche vie.

A quoi a pu ressembler l’humble atelier du savetier médiéval et la chaumière du laboureur du temps des jacqueries ? On n’en saura jamais rien.

Au printemps dernier, me trouvant dans la longue file d’attente à l’entrée du Palais des papes à Avignon, dont le flux était en outre péniblement ralenti par les contrôles de sécurité, j’entends devant moi une adolescente se tourner vers sa mère et lui faire cette réflexion : « C’est quand même incroyable ! Nos ancêtres ont payé pour construire cet endroit, et on nous demande en plus de payer pour le visiter ». Il y a de l’espoir, me dis-je, le sens de la critique sociale n’est pas encore entièrement en ruines…

Car c’était très exactement la réflexion ce qui m’était venu à l’esprit quelques années auparavant, en visitant un château (privé) de la Loire (celui de Cheverny, en l’occurrence, domaine privé, qui servit de modèle à Hergé pour son fameux Moulinsart) : la famille laisse visiter le rez-de-chaussée, ce qui lui permet de continuer à habiter le premier étage.

Bien sûr, des bâtiments publics et davantage républicains ont rejoint la liste des lieux ouverts au public lors de la Journée du Patrimoine (universités, grandes écoles, musées), mais il n’en reste pas moins que le gros des manifestations relève du legs de nos seigneurs roturiers et ecclésiastiques.

L’héritage qu’a laissé le peuple dont la sueur et le sang ont cimenté les pierres des monuments historiques est ailleurs : ce sont notamment la foultitude des savoir-faire et des métiers, les outils qu’il laissé pour alléger sa peine.

Les langues du peuple sont aussi en péril!

C’est aussi les langues du peuple, car si le patois francilien, devenu la langue des monarques, a été imposé à tout le royaume ainsi qu’aux provinces conquises et annexées, les idiomes régionaux ont longtemps tenu bon, comme autant de refuges et de résistance à l’oppression.

Aujourd’hui, c’est peu dire qu’il s’agit d’un monument en péril : rien n’a été fait pour les conserver, tout au contraire. Nul Prosper Mérimée * ne fut chargé de voler à leur secours, ni de Stéphane Bern !Le principe de langue unique l’a emporté, instrument du pouvoir, au lieu de se contenter d’être la langue commune au milieu d’une foison de diversités linguistiques aussi enrichissante que la variété des chants d’oiseaux.

C’est pourquoi on ne peut qu’applaudir l’initiative de la Communauté de communes Sud Alsace Largue qui a consacré à ce thème le dimanche 17 septembre dernier, sa version de la Journée du Patrimoine. Bien placée, en outre, puisque le territoire de la « Comcom » englobe non seulement un espace alsacophone mais aussi roman.

La belle initiative des communes Sud Alsace Largue

Se sont succédé ainsi, tout au long de l’après-midi, dans l’agréable  Maison de la Nature d’Altenach, Fabrice CHEVROTON et Daniel BARNABE lisant des poèmes de Georges ZINK et d’Adrien FINCK (deux poètes et universitaires tous deux natifs de Hagenbach), de Ulrich RICHERT, Marcel SCHWOB, HINDER, en alsacien pour ces derniers, et de René PIERRE, en patois roman, « A TàgesÜssflugmìt ‘m Autobus », pièce de Christian HEIDENREICH adaptée par  Vincent  REY et la troupe théâtrale de Hindlingen, le groupe BABUSK, le rédacteur de ces lignes, avec des chansons traditionnelles et des mises en musique de poètes régionanux. On projeta le film d’un journaliste de Stuttgart, « Schmierwurscht et Baguette », qui dresse un tableau attristant de l’état de notre langue régionale, avec toutefois quelques notes d’espoir du côté des initiatives de parents de création d’écoles immersives et bilingues. Un débat animé par Julien STEINHAUSER et Andreas  OTTMAYER, le réalisateur,  a conclu la copieuse journée.

Les élus de Sud Alsace Largue concernés ont eu ce jour-là le grand mérite et l’intelligence d’avoir mis l’accent sur un aspect un peu du patrimoine populaire, en l’occurrence, sa dimension immatérielle, à défaut d’accumulation immobilière.

Daniel MURINGER

28 septembre : au tour des retraités !

Qui dit que les syndicats français ne peuvent s’entendre ? Le tract (voir illustration) distribué à Mulhouse porte les sigles de (par ordre d’apparition sur la feuille…) la CGT, de la CFE-CGC, de la CFTC, de la FSU, de FO et des Retraités de la Fonction publique… Seule manque la CFDT. On se demande bien pourquoi ! Ils donnent rendez-vous à tout(es) les retraités le 28 septembre à 11, place de la Bourse à Mulhouse pour un grand rassemblement de protestation.

tract

Le pouvoir d’achat en berne !

E. Macron l’a dit : avec 1.200 euros bruts de pensions, on est favorisé ! Et il faut donc  faire payer les heureux bénéficiaires ! Première étape: 1,7% d’augmentation de la CSG que les 0,8% d’augmentation des retraites en septembre ne comblera que très partiellement. Alors, des nantis, les retraités ?

 Depuis les réformes Balladur en 1993, les retraites ont perdu 30% de leur pouvoir d’achat. Depuis avril 2013, elles n’ont plus été revalorisées alors que les prix continuaient de grimper. Résultat : une perte de pouvoir d’achat de 6% en quatre ans !

Le Secours Populaire Français publie annuellement, avec l’institut IPSOS, un baromètre sur la pauvreté. Dans l’édition 2017, il apparaît que 49% des retraités ont connu la précarité ou la redoutent. 31% peinent à payer une mutuelle, 39% renoncent à des actes médicaux mal remboursés.

Le pays des « nantis » n’est visiblement pas là !

Le baromètre révèle également que de plus en plus de retraités sont contraints de reprendre une activité pour compléter leurs revenus souvent dans des emplois  style « petits boulots  pénibles ».

Une autre inquiétude apparaît dans cette enquête SPF-IPSOS porte sur les retraités qui touchent entre 1.200 et 2.000 euros de pension. 68% aident leurs proches, 67% soutiennent des associations et 27% s’occupent d’une personne dépendante ! Devant la dégradation de leur conditions de vie avec les diverses hausses (CSG) mais aussi la baisse des APL, seront-ils en mesure de continuer à assurer ces aides ?

La réforme Macron des pensions

Décidément notre président va laisser son nom coller à des lois de reculs sociaux de grande ampleur ! Si les retraités seront dans la rue le 28 septembre, ce n’est pas uniquement pour protester contre l’augmentation de la CSG.

Un danger bien plus grave pèse sur eux et sur les futures retraités que nous sommes tous ! Le président de la République veut instaurer un nouveau système de retraite. Pour le justifier, M. Macron affirme que « pour un euro cotisé, chaque personne devrait toucher le même montant de pension », et pour y arriver il veut créer le système de comptes « notionnels », c’est-à-dire virtuel.

Le principe du système de comptes notionnels

Ce compte virtuel est alimenté par les cotisations retraites sur les salaires. Au moment du départ en retraite, ce compte détermine un capital, divisé par le nombre d’années d’espérance de vie pour calculer la pension annuelle.

Ce calcul crée une première injustice : pour toucher plus pendant l’ensemble de son temps de retraite, il vaut mieux avoir bénéficié de meilleures conditions de travail et vivre plus longtemps, être cadre plutôt qu’ouvrier (dont l’espérance de vie reste inférieure de 5,5 ans).

Ce système met fin aux solidarités puisque celui ou celle qui ne cotise pas n’alimente pas sa retraite. Il fait disparaître la majoration de durée de cotisations pour le temps de maternité, l’éducation des enfants, le chômage même indemnisé, la précarité et le temps partiel… et la pension de réversion.

Les inégalités accrues

Le calcul de la pension n’est plus effectué sur le dernier salaire ou les meilleures années, en éliminant les plus mauvaises, mais sur l’ensemble de la carrière, ce qui pénalise les précaires, les personnes ayant connu de mauvaises années, du temps partiel imposé… Ce système prolonge et amplifie les inégalités de la vie active.

Le calcul sur toutes les années de la carrière prend en compte les premières années de travail, très souvent inférieures aux suivantes, ce qui tire vers le bas la pension, ce changement de règles de calcul aboutit mathématiquement à une diminution du montant des retraites.

De plus, dans une période où les papy boomers sont encore vivants, le nombre de pensions augmente et l’équilibre financier n’est possible qu’en baissant chaque pension.

Cette baisse incite à reculer l’âge de départ : lorsque le futur retraité encore en emploi verra la faible pension attribuée en cas de départ dans l’année, il repoussera spontanément son départ en retraite.

Mieux vaut être riche et en bonne santé que pauvre et…

Pour mettre en évidence l’indécence qui consiste à présenter les retraités, voire une partie d’entre eux, de « privilégiés », il faut parler des vrais privilèges. Et les calculs de l’OFCD publiés par l’ONG Oxfam sont explicites.

Grâce à la réforme fiscale du gouvernement de M. Macron, les 10% les plus riches vont gagner en moyenne 1.193 euros par an… Et les 10% les plus pauvres vont, eux, perdre 337 euros ! A l’échelle des 1% les plus riches les inégalités apparaissent encore plus importantes : la réforme de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) fait gagner 15.000 euros par million possédés. Prenons M. Arnault qui a une fortune de 46,1 milliards d’euros, il pourrait empocher 553,2 millions de cadeaux fiscaux !

Les recettes des impôts sur les sociétés ont baissé de 9 milliards en dix ans… Comme quoi, M. Macron pourrait dire « c’est pas moi qui ai commencé ! ».

Alors, nantis les retraités ? Qu’ils se nantissent d’une bonne paire de grolles pour battre le pavé jeudi 28 septembre… juste pour ne pas s’appauvrir un peu plus.

Michel Muller

 

MANIFESTE POUR DES EMPLOIS AIDES DE QUALITE

Face à la brutalité de l’annonce de la suppression (totale à terme) des emplois aidés et l’émoi que cela a suscité auprès des salariés intéressés ainsi que des associations faisant appel à ce type d’emploi, L’Alterpresse, Old School, les Sheds et l’association Ludo se sont associés pour lancer le manifeste publié ci-dessous, ouvert à la signature de toutes les associations et collectivités locales haut-rhinoises qui souhaitent le soutenir. Il a été envoyé à tous les parlementaires alsaciens assorti d’une demande d’intervention dans le cadre du débat sur le budget pour annuler cette mesure tout aussi inique que la suppression des APL. Tout cela n’aura qu’une seule conséquence: affaiblir le mouvement associatif qui par l’activité inlassable de ses bénévoles avant tout, supplée au carences de l’Etat dans bien des domaines sociaux.

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MANIFESTE POUR DES EMPLOIS AIDES DE QUALITE

 

Le gouvernement de M. Macron vient de décider brutalement et unilatéralement la suppression des emplois aidés.

Nous, associations, collectivités locales, assumant des tâches économiques, sociales, culturelles, sportives… que le secteur privé ne prend pas en compte, œuvrons ce faisant pour contribuer au maintien d’une cohésion sociale dans notre pays.

Les manques de moyens récurrents, le gel, puis le recul des subventions, ont déjà affecté négativement nos actions au détriment de la population et singulièrement de sa part la plus fragile.

La suppression des emplois aidés nous prive de moyens au risque de nous obliger à réduire drastiquement, voire à interrompre, nos initiatives et actions, qui relèvent de l’intérêt général et ne sont pas à but lucratif.

Des centaines de milliers d’emplois sont en jeu : des emplois utiles, valorisant les personnes qui les occupent, des emplois qui sont souvent le seul moyen de sortir de la précarité, de la marginalité, de l’exclusion sociale. Sans emplois aidés, la quasi-totalité de ces personnes vont se retrouver au chômage.

Cette décision gouvernementale ne peut se justifier par le besoin de réduire les dépenses publiques. Car, consacrer 24 milliards d’euros d’argent public à un CICE qui ne crée quasiment pas d’emplois, refondre l’Impôt sur la fortune privant l’Etat de 4 milliards de revenus, pèse bien plus lourd que les 3 milliards consacrés aux emplois aidés, utiles socialement tant pour les personnels concernés que pour nos concitoyens.

Les emplois aidés sont une réponse au désengagement de l’Etat dans de nombreux domaines sociaux, culturels, sportifs… Non seulement il ne faut pas les supprimer mais il faudrait au contraire les valoriser, les intégrer dans l’action publique de lutte contre le chômage, afin qu’ils débouchent sur des emplois stables et pérennes.

Le secteur privé n’a créé que 143 000 emplois entre juin 2015 et juin 2016, absorbant tout juste le flux de nouveaux entrants sur le marché du travail, il est donc indispensable de miser sur ces emplois aidés pour sortir deux millions de personnes actuellement totalement exclues de l’emploi et pour empêcher d’autres centaines de milliers d’y tomber.

Nous appelons le gouvernement à revenir sur sa décision et à répondre favorablement à ces centaines de milliers d’associations et de collectivités locales assumant des responsabilités qui relèvent fondamentalement de l’Etat et ses institutions.

Mulhouse, le 21 septembre 2017

De la misère (des contrats aidés) en milieu non-marchand

Ce texte n’épuise pas la problématique des dérives dont ces contrats de travail sont l’objet. C’est un simple témoignage, lancé à l’adresse de leurs défenseurs, et une invitation à penser hors les réflexes pavloviens de la gauche radicale, à partir d’éléments documentés (alsaciens pour partie), et des sources crédibles. Il s’agit surtout de rappeler, y compris de manière polémique, que le dispositif des contrats aidés constitue une solution douteuse parmi les normes sociales et juridiques de rigueur en matière salariale, singulièrement dans le contexte associatif et institutionnel, où ces contrats pullulent dans un climat d’impunité sans pareil. Et que, partant, il n’y a rien de moins normal que de les favoriser, ou les maintenir pour ce qu’ils sont (on pense notamment au dispositif « CUI-CAE »). Quand bien même s’agirait-il d’invoquer de fallacieux prétextes…

A la récente annonce d’une réduction sensible du budget alloué aux contrats aidés lors du second semestre 2017, la ministre du travail, Muriel Pénicaud, provoqua l’incompréhension, voire la colère, de nombreuses structures tributaires de cette forme dérogatoire de contrat de travail. Pourtant, ce feu roulant protestataire dissimule quelques omissions qu’il convient de rappeler obligeamment aux oreilles de ces pétitionnaires démunis. En commençant par souligner combien, de longue date, le secteur para-public et associatif use, et abuse, de toute la panoplie offerte par ces dispositions salariales déséquilibrées, et à temps souvent incomplet.

Fort heureusement, nos plaignants disposent d’un kit de plaidoirie prêt à servir, dont voici à peu près la trame: « Ces contrats aidés agissent comme un tremplin vers l’emploi, par les effets conjugués de l’activité professionnelle, de l’accompagnement et de la formation. De fait, ces contrats aidés sont destinés aux plus fragilisé-e-s par le chômage de masse : personnes privées d’emploi sans qualification, jeunes des quartiers, personnes âgées et handicapées».

Face à un ramage un peu trop beau pour ne pas plumer spontanément les bonnes âmes progressistes, il est temps d’examiner ce dont on parle, par-delà les cris d’orfraie misérabilistes.

Aide-toi toi même !

Élément central de la politique de l’emploi, et du traitement social du chômage de masse, l’État, au travers de Pôle-emploi (prescripteur dans 80 % des cas), régale depuis belle lurette les employeurs du secteur non-marchand de ce genre de dispositifs. Plus de 30 ans déjà que les acronymes TUC, CES, CEC, CAE, CUI-CUI et autres noms floraux surgissent au firmament du précariat low-cost ambulant. Et ce n’est pas prêt de changer, tant le recours à ces contrats indirectement subventionnés par l’État constituerait, selon les économistes, une sorte d’amortisseur social de circonstance (effet «contracyclique » dans leur langage), en cas de hausse significative du niveau de chômage. Le sous-emploi aurait donc ses raisons que la déraison admettrait.

Pour preuve, une partie de la presse de « gauche » emboîte alors le pas de nos « sous-employeurs » privés et publics, et s’émeut du coup de canif envisagé par le gouvernement Macron à leur sujet. Et d’évoquer tour à tour le rôle « socialement utile » desdits contrats, le « coup dur pour les associations », l’« effet de lutte à court terme contre le chômage » ou, plus hardi encore : « l’effet sur la liste d’attente des chômeurs ». Le soldat-chômeur, avançant péniblement dans la file d’attente de l’armée de réserve des sans-turbin saura donc se consoler. Car le contrat-aidé viendra à lui aussi sûrement que le nuage de sauterelle viendra ensemencer son avenir.

Pleureuses enfarinées

Le niveau local n’échappe pas plus au concert de protestation de nos employeurs-aidés. Tonnant comme un choeur de l’Armée rouge sous tranquillisant, il aura toutefois titillé les portugaises du journal «L’Alsace », dont le numéro du 29 août 2017 leur ouvre largement le prétoire.

– Du social, du social, et encore du social, voilà notre grand oeuvre ! s’époumonent-ils, avant d’enchaîner avec le lamento des tartuffes. Une vocalise alsacienne pour travailleurs sociaux contrariés.

Mais alors, que sont les estomacs de nos étudiants devenus ? s’enquiert le peuple subalterne. Des contrats-aidés servent en effet le potage au resto-U du « foyer de l’étudiant catholique » de Strasbourg. Son directeur, Étienne Troestler, reconnaît la nécessité de « faire évoluer le dispositif », mais pas « dans la précipitation et sans concertation » s’étrangle-t-il, avant d’avaler son calice de travers. Une association d’étudiants en médecine strasbourgeoise, quant à elle, ne pourra plus « faire tourner sa cafétéria », prévient-on. Elle employait sept contrats-aidés, sans doute en guise de prophylaxie. Qui donc pour aller servir le redbull à ces messieurs-dames les futurs notables ?

A Mulhouse aussi, des soldats du contrat-aidé pointent le bout du mousqueton. Toujours relayé par « L’Alsace », Jean-Luc Wertenschlag, directeur de « Old School »-« Radio MNE », annonce salarier 13 personnes… dont 9 en contrats aidés. « C’est une vocation sociale qui risque de disparaître », prévient-il. Le patron sera-t-il encore audible sans sa cohorte d’aspirants sociaux ? Mystère et bande FM. Quant à l’APA, une association d’aide à la personne, qui fait figure d’institution en Alsace, elle indique employer 43 contrats-aidés. Un record d’emplois aidés… chargés d’aider ! Tandis que l’EPHAD de l’Arc à Mulhouse emploie un animateur… et 19 contrats aidés… chargés de compléter l’animation! Un ratio optimisé de travailleurs très animés.

Traiter le mal par le mal

Par delà les persiflages inspirés par les situations apparemment ubuesques engendrées par l’inflation de ces contrats (même si, tendanciellement, il y a un peu moins de contrats signés que lors des
années 2000), voire les petits arrangements avec la vérité quant aux activités ou missions réellement effectuées par les bénéficiaires, la rigueur et le sérieux des employeurs devraient prévaloir en la circonstance. Chacun sait que derrière ces chiffres, pourcentages ou acronymes, il y a la vie de personnes en désarroi et en graves difficultés économiques. Celles-là même qui, souvent, se persuadent volontiers du bien-fondé de tels dispositifs dont elles disent profiter. « Un contrat aidé, c’est sans doute mieux que rien, cela permet de se sentir utile, de reprendre confiance, c’est une opportunité pour espérer rebondir professionnellement », se promettent-elles.

Pourtant, cette occasion de rebond ne cesse de s’écraser contre le mur du réel, car les faits sont obstinément têtus. Et l’argumentaire de nos employeurs prétendant « faire dans le social », c’est-à-dire agir dans l’intérêt exclusif des personnes en recherche durable d’emploi, ce à quoi est voué en principe le contrat aidé, ne résiste pas longtemps à l’examen.

Des chiffres qui grincent

Les chiffres fournis par la DARES (la direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques du Ministère du Travail) dans l’un de ses derniers rapports sur ces contrats sont, à ce titre, extrêmement éclairants.

Il est ici important de distinguer entre les « contrats d’avenir », les contrats de chantiers d’insertion (ACI), des contrats CUI-CAE («contrats d’accompagnement dans l’emploi », les plus massivement
utilisés dans les administrations et les associations). De multiples études (dont celles de la DARES) montrent en effet que l’accompagnement social et l’accès à la formation sont, en règle générale, qualitatifs s’agissant des deux premiers, a contrario de celui que nous examinons particulièrement ici, le CUI-CAE.

Le tableau figurant ci-dessus (source DARES) formalise un aperçu de la situation des personnes en contrat aidé (CUI-CAE) six mois après la cessation de leur activité :

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Ces données documentent essentiellement 2 choses. La première est que 51 % des personnes ayant contracté un CUI-CAE du secteur non-marchand (autrement dit un contrat aidé dans une association, une collectivité locale ou une administration) sont au chômage 6 mois après avoir cessé leur activité sous cette forme. Par ailleurs, il indique que 41 % parmi elles ont renouvelé un contrat de ce type, ou au mieux un CDD. En ne prenant en compte que les CDI et les CDD de plus de six mois, ce taux était respectivement de 26,7% dans le secteur non-marchand et 54,8% dans le secteur marchand, en 2009.

L’analyse de ces premiers éléments permet de conclure assez sûrement que le contrat aidé est un dispositif qui génère à la fois de la précarité (de par sa nature de CDD), mais qu’il constitue, symétriquement, une forme achevée de précarité salariale circulaire, d’où il est extrêmement difficile de s’extirper. Constituant donc une sorte d’enfermement ou de cloisonnement social, presque à l’égal d’un RSA.

Un second tableau nous permet d’étayer ce sentiment:

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Il illustre la situation des personnes à 30 mois de la sortie du dispositif. On y apprend que 23 % des personnes issues de l’un de ces contrats y sont revenues, mais cette fois dans le cadre d’un contrat aidé du secteur marchand (sur lequel il faudrait se pencher dans un tout autre article, mais qui semblerait donner des résultats légèrement supérieurs, cela pour diverses raisons). D’autre part, 31 % des personnes issues d’un contrat aidé travaillent désormais dans le cadre d’un CDI non aidé. Moins d’un tiers des bénéficiaires qui renouent enfin avec un véritable emploi, ce n’est certes pas insignifiant, mais cela demeure modeste.

D’autant que la seconde colonne transcrit 2 chiffres bien plus stupéfiants. Le premier, « -5 », indique que le bénéficiaire d’un contrat aidé à 5 points de chance en moins d’être en « emploi non aidé » que s’il s’était dispensé d’y souscrire, et 8 points de chance en moins d’être en « CDI non aidé » que s’il n’avait jamais accepté de contrat aidé !

Autrement dit, le bénéficiaire d’un emploi aidé subit, outre la précarité et la circularité de sa condition, des situations de discrimination de fait à l’embauche !

Des employeurs désolidarisés !

Mais l’étude la DARES documente également le caractère opportuniste du dispositif aux yeux des employeurs. Dans le secteur-non marchand, celui qui nous intéresse, près de 70 % des bénéficiaires d’un contrat aidé quittent l’institution, ou l’association, aux termes de l’aide financière que percevait l’employeur pour financer le poste de travail. Avec un record, encore un, dans l’Éducation Nationale, avec près de 80 % d’exclus aux termes de l’aide financière !

A contrario, plus de 80 % des bénéficiaires d’un contrat aidé demeurent dans des entreprises du secteur marchand. Ce qui semble illustrer que la fin des incitations financières est compensée par la productivité nouvelle et le développement du chiffre d’affaires dégagé par la présence de ces salariés.

(dé)formation d’État

Au coeur du dispositif des contrats aidés, sont censément actives les « actions de formation », préalable indispensable à toute réinsertion durable dans l’emploi, et dont la mise en pratique est une obligation légale. Pourtant, près de 60 % des contrats ne respectaient pas ce volet de la convention signée entre l’employeur et Pôle-emploi en 2011.

Si tous les employeurs sont responsables de cet état de fait, l’Éducation Nationale, matrice institutionnelle de formation de la jeunesse française, n’est pas même fichue de former ses propres contrats aidés ! Cela tombe à point nommé, car l’État, qui a toujours fermé les yeux sur ces négligences particulièrement coupables, a décidé de concentrer les principaux moyens dévolus au financement des contrats aidés en 2017… vers l’Éducation Nationale !

Qu’en conclure, sinon que l’État, via le gouvernement Macron aujourd’hui, continue de s’asseoir sur ses propres obligations, et de creuser inlassablement le sillon de misère et de précarité salariale
circulaire que nous évoquions plus haut.

Un détournement cynique

Outre le déni de droit à la formation, le second élément à considérer est, de fait, le cynisme bien ordinaire d’une fraction non négligeable des employeurs associatifs ou institutionnels.

En 2011, via l’un de ses communiqués intitulé « Les salariés en contrats aidés : des salariés à part entière », la CGT dénonçait déjà le juteux bénéfice que tirent les structures d’accueil, de ce qu’elles ne sont pas tenues de comptabiliser leurs contrats aidés dans les effectifs de l’entreprise. Moralité : pas d’accession aux oeuvres sociales et aux institutions représentatives du personnel en leur sein, notamment.

A l’occasion d’un différend avec des employeurs privés et publics, le tribunal d’instance de Marseille rappelait alors que : « les travailleurs en contrats aidés doivent être des salariés à part entière ». Cela, alors que les accusations de la CGT se faisaient très précises: « Ils [les contrats aidés] sont censés permettre à des travailleurs en grande difficulté d’insertion sociale de retrouver un emploi pérenne. Or, les études de la Dares montrent un détournement de la finalité de ces contrats : les salariés qui en bénéficient sont de plus en plus qualifiés et de moins en moins chômeurs de longue durée ou bénéficiaires de minima sociaux ».

En effet, selon les derniers chiffres de l’institut, plus de 25 % des bénéficiaires d’un contrat aidé employés par des associations sont diplômés de l’enseignement supérieur. Plus de 58 %, si l’on y ajoute les titulaires du baccalauréat !

Le détournement du dispositif est manifeste, et le mot n’est pas trop fort. Les exemples sont légions, et internet regorge de témoignages à ce sujet. Notamment sur l’excellent site : « Le travail concrètement, on vaut mieux que ça ».

Mais le site internet de Pôle-emploi ne démérite pas moins en la matière. La CGT rappelait d’ailleurs récemment à son sujet que près de 50 % des annonces publiées sur celui-ci étaient illégales, ou bidons ! Aucune vérification n’étant réalisée par l’institution quant à la nature et aux spécifications des postes proposés par les employeurs, on y trouvera aisément toutes sortes d’annonces illustrant l’illégalité patente des employeurs publics ou associatifs à l’égard du dispositif CUI-CAE. Des postes d’enseignants dans des écoles privées du premier degré, ou d’éducateurs de jeunes enfants. Des postes équivalent à ceux de travailleurs sociaux, voire de fonctionnaires…

Tous ces exemples (non exhaustifs !) de professions qualifiées et réglementées, supposent l’obtention de diplômes d’État ou la réussite à des concours de la fonction publique. Ils sont néanmoins proposés impunément… sous la forme de contrats aidés !

Des temps très modernes

Comment peut-on profiter cyniquement de tant de salariés en situation de désarroi économique, a fortiori de l’énergie et de la créativité de la jeunesse universitaire, en leur assurant misère économique et désillusions, au prétexte de l’impératif de continuité d’un projet associatif, quel qu’il soit, ou afin d’assurer l’ordinaire d’une administration en sous-effectif ?

Je fus moi-même l’un de ces rouages que l’on tord à satiété. L’Éducation Nationale, encore elle, m’engagea en tant qu’« assistant de formation » en contrat aidé, chargé de recenser les besoins de formation d’hommes incarcérés. En réalité, dans cette maison d’arrêt, je fis office d’enseignant. J’apprenais le français aux étrangers en attente de jugement, et servais de professeur de langue auprès des détenus. Trop compliqué et trop cher de créer un poste de fonctionnaire, on appuiera donc sur le bouton « contrat aidé ». Facile, et très bon marché. Je n’effectue pas la prestation de travail qui figure dans mon contrat, et on ne me forme évidemment à rien. Et si je souhaite bénéficier des vacances scolaires, ce sera 26 heures de présence par semaine au lieu des 20 heures prévues au contrat. Rémunération : 578 euros nets. Prud’hommes et Cour d’Appel ont heureusement sifflé la fin de la récrée pour le mammouth grimé en baudruche administrative.

Alors que plus de la moitié des candidats tenus de s’engager par défaut dans ces contrats sont bachelier ou issus du supérieur, que la seconde moitié aurait besoin de se voir proposer un parcours de formation structurant et diplômant, que dit le rapport de la DARES sur la qualité du travail opérée par ces salariés ? Si 9 candidats sur 10 déclarent avoir « appris des choses » au cours de leur passage en CUI-CAE, ils sont 77 % a avoir effectué des tâches répétitives tout au long de la journée, 81 % pour l’Éducation Nationale, et 91 % dès lors que l’employeur est issu du secteur sanitaire et social…

Antonomase ta mère !

En vérité, l’essentiel à considérer est que dans notre pays, l’étiquette socio-professionnelle peut-être tout simplement infamante. Nous ne semblons être que ce qu’un statut nous confère, ou ce dont il
nous prive.

Diplômé ou sans formation, de quoi alors le « contrat-aidé », ce nom commun mué depuis en nom propre, est-il le prête-nom ? Du salarié qui n’est porté que par le type juridique avec lequel il se confond ? Et dont la compétence, le savoir-faire ou le métier sont indistincts, malléables ? Du handicapé social, dont on profite au gré des circonstances économiques ? Un polymorphe interchangeable, qui servirait à rafistoler les morceaux de société qui sombrent aussi prestement que le Titanic, et dont il devrait, lui, jouer le marin sauvé des eaux ?

Par-delà l’inertie aveugle de l’administration, qui ne reflète que la lâcheté des gouvernants, ce qui transparaît surtout dans ce débat est le court-termisme dont se rendent coupables certaines structures associatives. Réclamer des fonds, des subventions, créer de l’emploi qualifié et décemment rémunéré, est devenu chose aléatoire, harassante, et presque chimérique, tant cela suppose d’énergie et de temps consacré, dans un contexte de restrictions budgétaires croissantes.

Devant ce labeur inepte, les structures qui emploient ces travailleurs précaires pratiquent de fait l’exploitation par omission, au prétexte que des besoins non pourvus existent. Elles en oublient cependant que se compromettre socialement pour survivre, alors que l’on incarne une forme d’engagement désintéressé, et un modèle de développement alternatif, constitue une négation du projet qu’elles animent. La condition sociale de leur développement ne peut dépendre de l’emploi de sous-employés jetables, mais de la force de leur noyau bénévole, et avant tout de leur rayonnement militant.

L’humilité de cette approche supposerait à tout le moins d’admettre qu’il n’existe aucune organisation qui soit indispensable en soi, dès lors qu’elle délaisse l’idéal et la promesse dont elle est porteuse. Et la nécessité de survivre pour survivre ne justifie rien, sinon que la forme associative est moribonde, et le projet exsangue. La fin ne justifiera jamais l’utilisation d’un volant continu de précaires, a fortiori diplômés et formés !

Capital et jambe de bois

Avec la fin progressive du modèle social « à la française », et le démembrement des solidarités de classe, les dernières décennies ont fait le lit du repli sur soi, des intolérances ethniques et religieuses. Tout cela a été largement documenté et établi par les meilleurs analystes.

Au plus fort de « la crise » dont nous ne sortons jamais que pour y choir, au gré des cycles du capitalisme zombie, ni vraiment mort, ni tout à fait vivant, le modèle marchand de surconsommation continue pourtant à cannibaliser nos imaginaires. Une reptation qui ne connaît plus d’entraves, et menace désormais d’engloutir nos écosystèmes matriciels, après avoir déjà siphonné une part considérable de leurs ressources.

La logique économique capitaliste, fondée sur la rapacité criminelle et la délinquance sociale, doit céder le pas, de gré ou de force, devant la gravité des enjeux qui surviennent. Et parmi les plus impératifs de ces enjeux, figure rien moins que celui de pouvoir survivre à ce siècle. Cela semble être le défi collectif le plus improbable que l’humanité ait eu à affronter depuis son apparition.

Mais outre les fondamentaux de la vie qu’il faudra préserver, ce sont les nouvelles modalités sociales de ce renouveau éventuel qui doivent émerger au plus tôt. Avec la fin possible, par épuisement idéologique et anthropologique, du modèle capitaliste, il s’agira de repenser nos priorités essentielles.

Repenser la place du travail « productif », ainsi que sa finalité. Et surtout valoriser celle de l’activité d’utilité sociale. Où la seule valeur d’usage, que l’on voit poindre aujourd’hui par le truchement de l’économie collaborative, primerait sur toute autre considération marchande ou économique. C’est dans cette optique que le monde associatif trouverait naturellement de quoi irriguer et contribuer positivement à l’émergence d’une société fondée sur la justice et l’utilité commune, et non servir de supplétif hypocrite au capitalisme mercenaire.

Se battre pour faire reconnaître la valeur sociale et économique du bénévolat. Se battre encore pour garantir l’émancipation du citoyen, par le plein épanouissement de ses compétences. Se battre enfin pour que le temps libre devienne une occasion matériellement reconnue de délibérer indéfiniment sur les manières dont il conviendrait d’agir pour rendre la vie plus… vivable !

Au lieu de cela, nous voyons des structures qui gèrent l’ordinaire, comme elles servent la soupe au cadavre auprès de qui elles servent de jambe de bois, et dont elles voudraient réclamer la pitance, afin de prolonger l’enfer social et économique qu’elles appellent monde. Les salariés jetés aux rebuts du fait des décisions gouvernementales quant aux à leurs contrats méritent que l’on se batte pour eux. Ils doivent être réellement « aidés », et valent plus que les larmes de crocodile qu’on leur prodigue ces temps derniers.

Sans évoquer le sort des employeurs publics et institutionnels auprès desquels il n’y a rien à attendre, sinon une (r)évolution de fond en comble, les associations qui gèrent le présent de ces salariés précaires devront décider si elles renoncent ou non à se servir, à travers eux. A défaut de quoi leurs atermoiements ressembleraient plutôt à ceux de geôliers qui verraient s’écrouler avec effroi le mur du monde qu’ils tentent vainement de maintenir à tout prix.

Le mot du Ruffin

Avec une gouaille inimitable et délicieusement provocatrice, François Ruffin, député apparenté « France insoumise », a résumé au mieux le psychodrame des hérauts versatiles du contrat aidé après, il est vrai, avoir préalablement traité le gouvernement de « minable »: « Le gouvernement a, sur ce dossier, commis une nouvelle maladresse. Il va reculer. Il va se rendre compte que, au fond, ces contrats aidés répondent plutôt à son idéologie : ils sont payés à un prix plancher, font baisser les chiffres du chômage, rendent les travailleurs dociles, et tout ça, pour un coût dérisoire. »

Merci à toi, patron !

Fernando TEIVES

4.000 MANIFESTANTS EN ALSACE… CE N’EST QU’UN DEBUT !

Près  d’une centaine de salariés et retraités du journal L’Alsace (339 salariés) ouvraient la manifestation mulhousienne. Signe que ce conflit avec le Crédit Mutuel qui veut liquider 70 emplois en supprimant l’imprimerie du quotidien rue de Thann pourrait être le gros dossier social dans le département lors de cette fin d’année 2017.
Ils étaient suivis de plus de mille manifestants, ce qui est, à l’image de ce qui s’est passé dans toute la France (500.000 selon la CGT) un franc succès, plus fort que la première mobilisation contre la loi El Khomri.  Pourtant, sur le plan syndical, seuls la CGT,  Solidaires et FSU ont été à l’initiative de cette action et se montraient satisfaits de l’écho dans le salariat.

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Le secteur privé était présent ainsi que les retraités qui faisant de l’augmentation de la CSG leur cheval de bataille : en effet comment comprendre que M. Macron veuille réduire l’impôt sur la fortune et taxer les retraites même les plus modestes !

Actes et méthodes

L’attitude bravache de Mme Pénicaud n’y changera rien : elle ne veut pas revenir sur le détricotage du code du travail dont elle continuera de devoir affronter une contestation qui est en train de s’amplifier.

Chacun sait qu’au-delà de la loi travail, d’autres remises en causes sociales sont en route. La suppression des APL aux locataires HLM est une autre preuve de cynisme et de choix de classe que ce gouvernement pratique. Quand le Premier ministre assure que les bailleurs HLM seront contraints de baisser le loyer pour rendre la suppression des APL indolore, il se moque du monde. Il est évident les organismes d’HLM seront ainsi privés de moyens pour construire des logements sociaux.

MANIF 5

On retrouve là la marque de fabrique Macron : d’abord on liquide un acquit et ensuite on propose, pour le futur, de revoir tout un dispositif. Ainsi pour l’APL : première décision, la supprimer pour les étudiants et à présent pour les locataires des logements sociaux (dont les citoyens les plus modestes) et ensuite, promettre une nouvelle politique du logement. Pourquoi ne pas commencer par le début : on met en place une nouvelle politique de logement et après on voit ce que deviennent les aides, si elles sont adaptées ou devenues inutiles… L’inconvénient de cette méthode, c’est qu’il faut du temps, un esprit d’ouverture, de la concertation pour arriver à une adhésion d’une majorité de la population.

Autre exemple : la loi Travail. Mme Pénicaud est une DRH de grandes entreprises dans lesquelles, comme vient de le révéler le journal L’Humanité, elle a touché en 2013, plus d’1,13 million de plus-value sur ses stock-options, en profitant de l’annonce de suppression de postes dans son entreprise de l’époque, Danone. Suppression qu’elle a elle-même assurée ! Elle veut donc faire comme chez Danone : concertation bidon durant des mois, laissant croire qu’il y avait des discussions avec les syndicats… puis divulgation du plan de liquidation du code du travail ficelé depuis longtemps ! Tout en promettant à l’avenir des mesures garantissant la « protection des salariés ». Mais ça, ce sera pour dans longtemps !

Les nouvelles étapes

Forte du succès du 12 septembre, la CGT appelle à une nouvelle manifestation le 21 septembre suivie de celle lancée à l’initiative de la France insoumise le 23 septembre. Trop de manifestations nuiraient à la mobilisation ? On peut penser que toutes les occasions d’exprimer son désir d’une autre politique sont bonnes à prendre et il vaut mieux en avoir plus que pas assez ! D’aucunes voudraient quelque peu instrumentaliser une opposition CGT-France Insoumise sans vraiment se poser la vraie question : pourquoi les autres organisations syndicales restent l’arme au pied.

Le Canard Enchaîné du mercredi 6 septembre a révélé que le gouvernement a reçu la CFDT et Force Ouvrière, le soir du 28 août, pour des négociations secrètes. Evidemment, à l’exclusion de la CGT ! Drôle de manière de pratiquer la transparence ! Durant ces opaques négociations, Laurent Berger (CFDT) et Jean-Claude Mailly (FO) auraient obtenu des concessions. Journée des dupes : car a la publication du projet de Mme Pénicaud, rien n’avait profondément changé dans le texte… Les dupes sont devenus des complices !

Le Canard rappelle également la composition « de choc » du cabinet de Mme Pénicaud : Antoine Foucher, directeur général adjoint du Medef en charge du social jusqu’en 2016, a été nommé directeur de cabinet.  M. Mailly a jugé cette nomination « pas mal » ! Oh, surprise ! On trouve également au poste de directeur adjoint, M. Stéphane Lardy… ancien secrétaire confédéral de Force Ouvrière !

Si toutes ces cuisines politico-syndicales ne sentent pas très bons et rejaillissent négativement sur l’ensemble du syndicalisme, il faut aussi et surtout prendre en compte que de nombreuses organisations départementales et fédérales FO ont appelé à participer aux manifestations.

Au rythme de la perte de confiance de M. Macron, gageons que les foules dans la rue pourront grandir au fil des mois car l’adaptation au forceps de la France au monde « macronien », n’en est, lui aussi, qu’à ses débuts.

Michel Muller

Trop c’est trop…

Donald Trump mène sa croisade anti immigration et veut que soit mis fin dans les 6 mois au programme qui permet à des centaines de milliers de jeunes immigrants clandestins de rester au Etats – Unis.

Ce programme (DACA pour Deferred action for childhood arrivals), avait été crée par son prédécesseur à la Maison Blanche  pour les quelques 800.000 clandestins, mexicains ou asiatiques principalement,  arrivés aux Etats Unis avant l’âge de 16 ans ; il s’agissait de leur permettre de disposer d’un permis provisoire de deux ans renouvelable afin d’étudier ou travailler.

L’opposition à l’annulation de DACA est forte aux Etat – Unis et plusieurs dizaines de dirigeants de très grandes entreprises américaines ont appelé à maintenir ce programme, soucieuses de l’importance du capital humain dont se priveraient les U.S.A et, pourquoi ne pas l’espérer, du coût humain qu’entraînerait une abolition impliquant que des centaines de milliers de mineurs se retrouveraient chassés du seul pays qu’ils aient jamais connu pour être expulsés vers des pays dont ils ignorent en général tout, où ils n’ont même pas, ou  pas souvent, de famille.

Rien de tel ne pourrait arriver sous notre beau ciel de France ?

Le nombre de « mineurs isolés étrangers » (« Mineurs Non Accompagnés » selon le nouveau label officiel) a presque doublé en France depuis un an. Ils étaient estimés à plus de 4000 en 2010, et plus de 25 000 à ce jour selon l’Association des Départements de France.

Ils ont en général fui la guerre, la misère, dans leur pays d’origine et sont arrivés en France, seuls, par des voies diverses et très souvent périlleuses.

Ils n’ont pas la  nationalité française, n’ont pas de représentants légaux sur le sol français, n’ont pas de capacité juridique.

Ils relèvent du droit des étrangers et au titre des textes sur la protection de l’enfance en danger, du dispositif global français de protection de l’enfance, qui ne pose aucune condition de nationalité.

Ce sont les départements, collectivités territoriales, qui ont la charge de leur suivi, de leur protection sociale, dans notre système légal et dans le cadre de cette loi sur la protection de l’enfance.

Ces mineurs isolés  ne sont pas également répartis entre départements et, surtout, la  charge financière induite pèserait trop lourd sur les budgets départementaux aux dires de nombre d’élus concernés: plus de 2000 mineurs isolés en Seine Saint Denis et moins d’une centaine en Mayenne par exemple, avec un coût est estimé de 20 000 à 70 000 euros par mineur et par an  – soit un milliard d’euros par an dont l’Etat ne rembourse annuellement que15 000 millions d’euros aux départements.

Mais c’est maintenant dans le cadre d’un bras de fer budgétaire largement entamé entre départements et Etat que sont placés ces mineurs.

Leurs situations personnelles concrètes (logement, scolarité, assistance…). sont de plus en plus « oubliées », voire niées, par des institutionnels qui se renvoient « la balle ».

En outre et faute de dispositifs de transition suffisants ils sont même menacés d’expulsion dès leur majorité puisqu’ils sortent à cette date du dispositif de protection et deviennent, de fait, des « sans papiers ».

La question de l’âge exact des intéressés est évidemment centrale dans le traitement des cas individuels.

Malgré les nombreuses contradictions  scientifiques relevées, des tests osseux peuvent être pratiqués (avec un degré de précision inférieur à un ou deux ans reconnu). Malgré l’avis négatif du Haut Conseil de la Santé publique, du Conseil National de l’ordre des Médecins, du Comité Consultatif National d’Ethique, le recours à ces tests reste à l’ordre du jour….pour savoir in fine qui paiera, si le mineur est expulsable immédiatement ou pas, régularisable ou non… dans un contexte où les papiers qu’ils peuvent posséder sont très souvent déclarés « faux », sans aucune expertise ni jugement et toujours dans ce contexte de renvoi de responsabilités.

Entre enjeux budgétaires, discours politiques plus ou moins idéologiques, discours administratifs contradictoires entre départements et services d’Etat, mise en œuvre de tests pseudo – scientifiques, négation arbitraire de l’authenticité de documents d’identité produits,  s’esquisse aujourd’hui une « zone grise » où le mineur isolé l’est de plus en plus, avec le risque d’une assistance défaillante, voire la possibilité de l’expulsion pure et simple pour cadeau d’anniversaire de sa majorité.

Le dispositif que Trump veut remettre en cause est baptisé « dreamers » (rêveurs) aux U.SA.

En France (notre département 68 n’est pas exempt de tels cas de mineurs isolés…) on semble ne plus vouloir rêver non plus : se multiplient querelles politiciennes et administratives, dénis de droit, arbitraire, oubli du dispositif légal en vigueur, zones grises où le mineur isolé, totalement vulnérable, dépend de plus en plus totalement d’associations, de simples particuliers…ou de mafias diverses.

S’il vous plaît, restons dans le camp des « dreamers »….

C.R

 

STOCAMINE : NICOLAS HULOT ENTERINE L’ENFOUISSEMENT DES DECHETS TOXIQUES !

On peut s’ériger « grand défenseur de l’environnement » et devenir un piètre ministre, cela s’est déjà vu sur d’autres thèmes. Mais il faut reconnaître que Nicolas Hulot fait fort dans l’immobilisme et la poudre aux yeux. La surprise de sa nomination devient une incompréhension : mais qu’allait-il faire dans cette galère ? Il est vrai qu’à près de 63 ans, la « chance » de devenir ministre avec son cortège de privilèges et de passe-droits, se réduisait de plus en plus. L’opportunité de la proposition de M. Macron en aurait-il fait un opportuniste ?

C’est ce que pouvait croire la nombreuse foule qui s’est déplacé devant l’entreprise Stocamine à l’appel du Collectif Déstocamine en ce 9 septembre, date anniversaire de l’incendie qui ravagea, en 2002, les galeries dans lesquelles s’entassaient des milliers de tonnes de déchets dangereux. Yann Flory, porte-parole de Déstocamine a pu rappeler que « grâce à cet incendie, nous avons pu enfin connaître la vérité sur la nature des déchets enfouis au fonds de la mine ».

Ce rassemblement était  une nouvelle étape contre l’arrêté préfectoral du 23 mars dernier, qui autorise le confinement des 44 000 tonnes de déchets hautement toxiques par des barrières de béton qui ne feraient que retarder, de l’avis des experts, la pollution, notamment de la nappe phréatique.

Le collectif Destocamine a été mis au courant de la réponse apportée par M. Hulot suite à l’interpellation du président du conseil départemental Eric Straumann.

Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire n’envisage pas de demander le déstockage total des 44 000 tonnes de déchets enfouis à Wittelsheim. Dans le courrier adressé au président du Département, Nicolas Hulot se dit « sensible aux craintes exprimées » mais valide la procédure qui a abouti à enfouir définitivement les quelque 40 000 tonnes de déchets restants.

Surprenant décision de la part d’un ministre qui semble plutôt jouer les potiches sur d’assumer de vraies responsabilités. Il est certes plus facile de décréter la fin de l’exploitation du pétrole en France… d’ici 2044 et qui ne concerne qu’à peine 1% de la consommation française…

Là où on attend véritablement le ministre, sur le projet Bure ou sur Stocamine, il continue sur la voie de ses prédécesseurs qui semblaient même un peu plus audacieux sur certains sujets. On se demande comment il va s’en sortir dans le dossier Notre-Dame des Landes !

stocamine

Aider le collectif Destocamine

Loin de se décourager devant le mauvais coup du ministre, le collectif continue son action entre autres le recours contentieux contre l’arrêté préfectoral déposé le 23 juillet 2017 au tribunal administratif de Strasbourg en compagnie de  la CLCV (Consommation Logement Cadre de vie) et d’Alsace Nature.

Parallèlement, une demande a été faite aux élus et particulièrement à ceux à l’Assemblée nationale pour qu’une Commission d’enquête parlementaire soit mise sur pied. Plusieurs élus étaient présents lors du rassemblement et le député Schellenberger a exprimé son soutien à la création de cette commission.

La présence de nombreux élus donnent quelques espoirs à l’avocat du collectif qui envisage de déposer un recours en référé suspension. « Il faudra aller vite avant que ne commencent les tests de coulage de béton dans les galeries de Stocamine », explique-t-il.

Espérons que les engagements des élus ici sur place ne s’estomperont pas au fil des kilomètres qui nous séparent de l’assemblée nationale et du pouvoir central parisien ! En tout cas, nous y veillerons car il ne suffit pas de nous abreuver de bonnes paroles qui ne sauraient être suivis de la mise en œuvre des engagements.

En attendant, Destocamine doit continuer à mobiliser la population car ce sera le meilleur garant pour rappeler à tout ce beau monde qu’il faut tenir ses engagements ! Le collectif lance un appel à l’aide financière et votre don est précieux… et donnera droit à une déduction fiscale de 66%. En donnant 10 euros, vous en récupérer dont 6,6 !

Les dons peuvent être envoyé sur un compte dédié soit par chèque libellé à l’ordre de CLCV Destocamine, 2, rue de la Fraternité à Wittelsheim, soit par virement sur le compte : CLCV Destocamine au CCM du Bassin potassique, 2, rue de Cernay 68310 Wittelsheim : code banque 10278, code guichet 03525, compte N° 00010194901 clé 34.

Michel Muller

22 ET 23 SEPTEMBRE : VOISINS-VOISINES… MAIS SOLIDAIRES !

Conférence de presse originale dans la Maison de la citoyenneté mondiale. En visiophonie entre Mulhouse, Fribourg et Bâle, les responsables de l’initiative « Voisins solidaires » des trois pays ont tenu simultanément une conférence de presse en allemand et français. Pour la partie mulhousienne, Vincent Goulet a présenté la rencontre qui aura lieu les 22 et 23 septembre au Centre socio-culturel du Pax avec de forts intéressants sujets mis en débats… et en action !

Pourquoi « Voisins solidaires » (qui n’a rien à voir avec une association parisienne un peu opaque) ? Dans la région Trois Frontières (Bade, Bâle, Sud Alsace) de nombreuses initiatives de la société civile (associations, collectifs, fondations, entreprises de l’économie sociale et solidaire) se sont développées dans l’optique de promouvoir un développement soutenable, aussi bien sur le plan écologique que social.

Des expériences et compétences significatives ont été accumulées au fil du temps, mais les contacts restaient limités entre voisins. La barrière de la langue, les environnements administratifs très différents, le manque de temps et d’argent mais aussi les façons différentes de conceptualiser le champ de l’économie solidaire et soutenable compliquent les coopérations potentielles.

Pourtant, chacun convient qu’il y a à apprendre des voisins et à donner une dimension rhénane à ces activités.

La Maison de la Citoyenneté Mondiale (MCM) de Mulhouse a pris l’initiative, avec trois associations fribourgeoises (die Fabrik, Treffpunkt et Friga) et une association bâloise (Kontaktstelle für Arbeitslose, d’une rencontre transfrontalière pour les associations de notre région.

Tout cela ne part pas de rien

Ces contacts entre associations de la Regio Trois Frontières ne sont pas rares. Des conférences sont régulièrement organisées par la Maison de la Citoyenneté et des associations allemandes et suisses auxquelles s’associent des syndicalistes des trois pays. La Commission européenne soutient une structure, Eures-T, rassemblant syndicats, employeurs et organismes publics de l’emploi sur la thématique du travail et de ses conditions transfrontalières.

Mais l’initiative « Voisins solidaires » a choisit des thèmes bien ciblés en belle complémentarité avec les autres événements transfrontaliers.

Trois thèmes seront traités et devraient conduire à des coopérations futures :

  • Les jardins urbains
  • La lutte contre le chômage des plus de 45 ans
  • Le développement soutenable et la transition écologique et sociétale.

Les 22 et 23 septembre, des conférences-débats thématiques, des ateliers de méthode pour la coopération transfrontalière, un « mini-salon » et des moments culturels et conviviaux permettront de poser les jalons d’une coopération concrète entre les associations des régions de Bâle, Freiburg et Mulhouse.

Par exemple, se rendre visite pour apprendre de nouvelles techniques de jardinage et s’échanger des semences, utiliser une période de chômage pour renouer avec la langue du voisin et reprendre confiance en soi pour « rebondir » dans un nouvel environnement, inventer des circuits courts qui franchissent les frontières…

Ces deux jours sont gratuits et ouverts à toutes associations et personnes intéressées par les échanges transfrontaliers.

Une centaine de personnes sont attendues (associations d’économie sociale et solidaire, structures d’insertion, groupes de chômeurs et précaires, personnes ressources, étudiant-e-s, etc.) pour présenter leurs expérimentations et réfléchir à ce que nous pouvons faire ensemble au-delà des frontières.

Cette manifestation s’inscrit également dans le programme national « Fête des Possibles ».

Apprendre les uns des autres…

Mais qu’est-ce qui intéressent nos amis bâlois et badois dans la situation mulhousienne ? Gaby Wulfer, de Friga Fribourg, mouvement qui lutte depuis 30 ans pour l’insertion des chômeurs, voit dans l’esprit solidaire en France, un atout qu’elle souhaite diffuser dans une Allemagne trop encline, selon elle, à l’individualisme. Elle rappelle par exemple que les mesures Hartz IV prises par le chancelier Schröder ont des effets dévastateurs pour les chômeurs en Allemagne et semblent bien vouloir inspirer M. Macron en France. Voilà un exemple de coopération tout trouvé dans cette période où la dérégulation sociale semble être une orientation partagée dans quasiment toute l’Europe… sans résultats probants. Car même en Allemagne, ce ne sont pas les mesures Hartz IV qui sont la cause principale d’un taux de chômage inférieur par rapport au reste de l’Europe.

Le but de ces deux jours est d’arriver à mettre sur pied des projets au-delà des frontières, de se mettre à disposition d’associations pour réaliser des initiatives communes. « Voisins solidaires » souhaitent devenir une plate-forme, présente sur Internet, un lieu de documentation et de soutien à l’action associative dans tous les domaines.

Pourquoi le Rhin est-il un fleuve ? Pour pouvoir construire des ponts !

Le programme des deux jours fait bien apparaître les thématiques chères aux organisateurs. Ainsi, le vendredi 22 septembre se déroulera comme suit :

De 14 h à 19 h, on pourra visiter un mini-salon avec des stands d’informations

 Après un accueil à 14 h, trois conférences-débats avec traduction simultanée se dérouleront.

De 14 h 30 à 15 h 30, les Jardins urbains partagés, situation et perspectives à Bâle, Fribourg et Mulhouse avec Stéphanie Koch (Bienencoop Fribourg), Valéry Bohrer (ATD Quart Monde Mulhouse) et Brigitta Diggelmann, Permakultur Garten Grellingen à Bâle.

De 15 h 30 à 16 h 30, le Chômage des plus de 45 ans : osons la solidarité, avec Günter Melle, Nicholas Schaffner et Hans-Georg Heimann.

De 16 h 30 à 17 h 30, La transition, c’est possible, mais comment ? avec Grégory Baïotto (Vallée de Munster en Transition) et Niklas Mischokowski (Gemeinwohl-Oekonomie Fribourg).

daniel

Daniel Muringer

Après une collation, une soirée artistique débutera à 20 h avec le Théâtre Trinational qui jouera « Murs » et le clou sera assuré par Daniel Muringer qui interprètera des chansons alémaniques, françaises et allemandes… Seul artiste alsacien qui fait vivre cette culture commune que nous avons au-delà des frontières, il fait vivre cette phrase de la grande poétesse et écrivaine alsacienne Lina Ritter : « Pourquoi le Rhin est un fleuve ? Pour qu’on puisse construire des ponts… »

Le lendemain, samedi 23 septembre, trois ateliers se dérouleront à partir de 10 h parallèlement avec des aides à la traduction.

Le premier s’interrogera sur la barrière de la langue et autres barrières, animé par Vincent Goulet, le second portera sur les Financements des projets et des outils qui facilitent leur montage, le troisième parler de la mobilisation des citoyens et des élus.

A 14 h, une synthèse de ces deux jours sera effectuée avec l’adoption d’un « Appel pour la coopération transfrontalière de la société civile ».

Des soutiens surtout allemands et suisses

Si le Conseil départemental du Haut-Rhin ainsi que la M2A par le biais de la ville de Mulhouse, soutiennent ces deux journées, il faut bien reconnaître que ce sont surtout les collectivités territoriales allemandes et suisses qui apportent leur contribution à l’organisation de cette journée. Il faudra bien qu’un jour nos collectivités se mettent au niveau de leurs partenaires économiques, sociaux et culturels potentiels de Bade et de Bâle.

Michel Muller