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Conseils départementaux: s’abstenir de voter?

abstention

Dans un de ses sketchs Coluche disait que les élections cantonales étaient faites pour élire les cantonniers.

Certes non, mais pourquoi donc exactement sont faites ces élections, désormais dites départementales ?

Pour ouvrir l’éventail des mesures de discrimination positive existantes dans notre pays en introduisant l’obligation de binômes hommes/femmes pour l’élection des conseillers départementaux?

Pour permettre à de nouvelles têtes, généralement parfaitement inconnues des électeurs du fait notamment du redécoupage des cantons, d’apparaître sur les panneaux électoraux ?

Pour organiser un vrai grand sondage national sur l’échantillon d’environ 50% du corps électoral qui se déplace pour cette élection et roder et valider les stratégies nationales de partis politiques et de candidats à la seule échéance qui vaille pour eux, la présidentielle de 2017?

Pour offrir dans quelques régions, en Alsace particulièrement, une expression, peut-être légitime, à des mouvements régionalistes, autonomistes, voire indépendantistes ?

LE CONSEIL DEPARTEMENTAL, C’EST QUOI ?

Est-ce,  après le dernier référendum national dont notre parlement décida de mépriser superbement le résultat, pour tester Continuer la lecture de Conseils départementaux: s’abstenir de voter?

L’Alsace et sa culture vues par : François Brumbt

françois brumbt

C’est à lui qu’on doit l’expression S’Dreyeckland, le coin des trois frontières, dans notre région du Rhin Supérieur. L’auteur-compositeur-interprète François Brumbt, originaire du val de Villé, l’a inventé comme titre d’une chanson de son deuxième album publié en 1978 et qui portait le joli nom de E Hampfel Hofnung (Une poignée d’espoir). Puis ce néologisme Dreyeckland était aussi devenu le titre d’un double 33 tours alsacien-badois-suisse en même temps qu’il était devenu le nouveau nom de la première radio libre alsacienne qui s’appelait jusque-là Radio Verte Fessenheim.

Cette radio émettait clandestinement depuis le Sundgau et la Forêt Noire. François Brumbt y chantait en direct. Ses animateurs, Serge Bischoff, Élisabeth Schulthess et des écologistes comme Solange Fernex qui s’opposaient à la centrale nucléaire de Fessenheim et contre l’implantation d’un autre à Wyhl, à côté de Fribourg-en-Brisgau, étaient pourchassés par les forces de l’ordre en hélicoptère.

Mais déjà en 1974 le chant de François Brumbt avait scellé la réconciliation franco-allemande dans l’occupation qui avait empêché la construction d’une usine de plomb à Marckolsheim. L’année d’après, au premier festival de la chanson alsacienne à Elbach dans le Sundgau, il avait chanté devant 4000 personnes sa célèbre chanson 1525, en hommage aux milliers de rustauds alsaciens révoltés et massacrés cette année-là durant la guerre des paysans. Dans une autre de ses chansons qui symbolisaient la vaste protestation transfrontalière anti-nucléaire unissant des paysans, des viticulteurs, des ouvriers et des étudiants gauchistes, François Brumbt avait écrit : Mér kejje mol d’Grànze éver e Hüffe und danze drum erum (nous jetterons la frontière sur le tas et danserons autour).

Un espace rhénan au cœur de l’Europe

Après avoir longtemps participé aux Soirées médiévales au château du Haut-Koenigsbourg, revenant parfois sur scène avec un nouveau spectacle, D’r bescht Uf-trett,  de chansons nouvelles et anciennes qu’il a inauguré au festival Summerlied à Ohlungen, il continue à donner des cours de guitare et d’interprétation de chanson.

Quand on lui demande comment il voit aujourd’hui l’Alsace et sa culture, il répond que ça ressemble à une utopie: « Une Alsace ouverte sur le monde et sur les autres, un espace rhénan au cœur de l’Europe, une fraternité comme bagage quand d’aucuns voudraient nous cloisonner dans de nouvelles frontières, avec une langue alsacienne qui m’est chère et à laquelle s’ajoutent toutes les autres. Je vois l’Alsace avec son histoire, son peuple, sa culture, qui aurait son assemblée unique, son droit local, son concordat et tous ses acquis sociaux, et qui réinventerait la démocratie directe. On peut dire aussi : humanisme, tolérance, refus des nationalismes mais sans renoncer à notre héritage de longue date. J’ai adapté en alsacien  la chanson de Woody Guthrie This land is your land (Ce pays est ton pays). Ça reprend cette idée. »

Mais le résultat du premier tour des élections départementales dimanche dernier ne va pas vraiment dans ce sens : « Dur, dur ! Droite contre extrême droite, surtout en Alsace, excepté un petit îlot où on respire autour de moi à Strasbourg. » Les scores notables du parti Unser Land s’expliquent pour l’artiste François Brumbt parce qu’ « ils se disent de centre-gauche-écolo et régionalistes-autonomistes mais pas indépendantistes. Leur électorat correspond dans doute à ces sensibilités. Les régions historiques n’ont sûrement pas dit leur dernier mot»

À la question de savoir ce qu’il faudrait alors faire pour faire vivre l’Alsace et sa culture, François Brumbt répond : « En n’acceptant pas la réforme territoriale qui balaie quinze siècles d’histoire quand Manuel Valls décrète qu’il n’y a pas de peuple alsacien. Il faut aussi combattre les révisionnismes qui prétendent qu’il n’y a pas eu de Malgré-nous. Mais surtout, il faut convaincre qu’on peut être solidaires en étant différents, en parlant, en écrivant, en chantant. »

Jean-Marie Stoerkel

Contact : www.francois-brumbt.fr

 

Et si on parlait grève ?

 

La grève serait-elle devenue tabou dans notre belle démocratie ? L’absence de toute information objective, voir la manipulation de l’opinion publique sur les raisons des grèves, sont l’une des caractéristiques majeures de la sphère médiatique. Un phénomène qui avait été analysé avec pertinence lors d’un débat organisé par notre association avec le sociologue Jean-Marie Pernot.

maison radio 2

Il en est ainsi pour les conflits en cours à France Télévision et Radio France, services publics de l’audio-visuel. En guise d’information, de laconiques messages tournent en boucle : « En raison d’un mouvement de grève à l’appel d’une majorité de syndicats, nous ne sommes pas en mesure de présenter nos programmes habituels ». Nous ne saurons rien de plus sur les motivations d’une grève, reconduite chaque jour Continuer la lecture de Et si on parlait grève ?

TOUT LE MONDE IL EST CONTENT !

 

Il y a de quoi être désorienté après ce premier tour des élections départementales ! Par les résultats, évidemment. Mais surtout par les analyses et commentaires de la majorité des responsables politiques, développés ensuite par les éditorialistes… et évidemment l’inénarrable « Courin » de L’Alsace n’a pas failli à sa ligne de conduite : répéter ce qu’il a entendu par ailleurs pour être bien dans la bonne pensée unique. Les « éléments de langage » distillés par les « conseillers en communication » ont ainsi fleuri et continuent de fleurir pour préparer le second tour.

timbre france 1967 - 1537 - Nobles votant pour l'election de Hugues Capet comme roi des Francs - Serie grands noms e l'Histoire

TOUT LE MONDE GAGNE ?

La tonalité est la même dans la quasi-totalité de la presse quotidienne : l’UMP est le premier parti de France, le FN a subi un revers, le Parti socialiste sauve les meubles, la stratégie de Valls était gagnante (si, si, cela a été dit…), Europe Ecologie Les Verts, avec 2%, payent leur rupture avec le Parti socialiste, le Front de gauche tient mieux que prévu… Et l’abstention est bien moindre que ce qui était craint…

Vivons-nous dans le même monde que tout ces gens-là ? Mais à y regarder de plus près, nous sommes bien devant des « demi-vérités » qui sont en fait des vrais mensonges.

UNE CINGLANTE DEFAITE POUR LE GOUVERNEMENT

Tous les commentaires se font en fonction des sondages. C’est ainsi qu’on arrive aux analyse ci-dessus. Ce sont donc bien des « demi-vérités ». Mais pour être sérieux, Continuer la lecture de TOUT LE MONDE IL EST CONTENT !

(1) Le vote électronique : une sotte et coûteuse obstination

Déjà moderne, la « gauche »

A l’époque, c’était Jean-Marie Bockel (PS) qui décidait de tout : c’est par une déclaration au journal L’Alsace que le maire a informé ses conseillers municipaux et ses concitoyens en juin 2004 : «Je vous annonce un scoop. J’ai pris la décision de généraliser le système (du vote électronique) dans tous les bureaux mulhousiens pour 2007»(1). Ça tombait bien : Continuer la lecture de (1) Le vote électronique : une sotte et coûteuse obstination

(2) Le vote électronique : politiquement correct exigé !

Un vote pas si « nul » que ça !

Sans entrer ici dans le détail du débat sur les mérites respectifs du vote blanc et du vote nul(1) nous vous proposons un exemple de bulletin de vote utilisé dimanche 22 mars 2015 à Mulhouse à l’occasion du premier tour des élections départementales. Il soulève des questions portant sur l’état de notre démocratie et possède le mérite appréciable de poser un problème que presque tous les candidats ont soigneusement évité : celui de la dette publique du département. Continuer la lecture de (2) Le vote électronique : politiquement correct exigé !

(3) Le vote électronique : au poste de police !

Inhabituel : nous publions ce dimanche 29 mars 2015 à 20h la description du déroulement d’un processus de vote qui n’a pas encore été enregistrée au commissariat de Mulhouse où s’est déroulé la dernière étape de ce « devoir civique » que l’on voudrait « emblématique » de notre « démocratie ». L’électeur du canton de « Mulhouse 3 » dont il est question ci-dessous est aussi l’auteur des deux textes parus ces derniers jours dans L’Alterpresse 68 : (1) Le vote électronique : une sotte et coûteuse obstination et (2) Le vote électronique : politiquement correct exigé ! Continuer la lecture de (3) Le vote électronique : au poste de police !

Un doigt d’honneur la télévision allemande ARD !

Toutes les télévisions, tout le réseau internet en a été saturé. Enfin on avait la preuve que ce gouvernement radical grec narguait la grande et si bonne, généreuse, Allemagne. Le ministre de  l’Economie Iannis Varoufakis aurait été l’auteur d’un geste indécent et irrévérencieux à l’égard de son « bienfaiteur ». C’était vrai, puisque la télévision publique ARD le montrait dans un film. Mais comme quoi l’image peut être trompeuse… Et les manipulations pour créer des tensions sur le plan politique sont toujours d’actualité. La preuve…

Le magazine satirique de la ZDF, Neo Magazine Royal, vient d’apporter la preuve du trucage de cette vidéo, qu’un journaliste d’ARD, Jauch, a présentée comme un « Stinkfinger » (en grec, littéralement: doigt dans le cul, et en français, pudiquement « doigt d’honneur) de Iannis Varoufakis à l’encontre des Allemands, lors d’une intervention faite en mai 2013 au festival subversif de Zagreb, alors qu’il n’était ni ministre, ni personnalité gouvernementale. La démonstration faite en vidéo avec les monteurs du studio croate, est particulièrement éloquente, et tourne en ridicule Continuer la lecture de Un doigt d’honneur la télévision allemande ARD !

Plus de place pour l’Alsace

J’ai aujourd’hui, comme régulièrement, fait un tour à la Bibliothèque municipale Grand ‘Rue de Mulhouse. Quelle n’a pas été ma surprise de constater la disparition du compartiment Alsace et Alsatiques, donc du classement spécifique des ouvrages consacrés à l’histoire, la géographie et la culture régionales. Ils ont été répartis dans les autres rayons.

Quand on réfléchit à la symbolique d’un tel effacement dans le contexte actuel, on ne peut que se demander si la Bibliothèque municipale n’entérine pas déjà ce que d’aucuns appellent la disparition programmée de l’Alsace et son éparpillement dans un ensemble plus grand.

Renseignement pris, on me dit que c’est pour des considérations pragmatiques de place à cause de l’installation de nouvelles toilettes au premier étage de la maison. Et qu’il ne faut y voir aucune autre raison.

Moi j’en vois une de bien triste.

C’est que même à la Bibliothèque le pragmatisme tient désormais lieu de sensibilité, de réflexion et de culture.

D’r wagges

Démocratie en progrès ou progrès de la démocratie ?

Entretien avec Cécile GERMAIN -ECUER

Club de réflexion de la région de Mulhouse, « Démocratie  en progrès » réunit des jeunes qui veulent être actifs en politique et aspirent à des mandats électifs.

Sans a priori partisan, adhérents de différents  partis de l’arc républicain traditionnel, voire non encartés, ces jeunes futurs élus (?) réfléchissent et débattent sur un renouveau de la vie démocratique devenu si nécessaire.

Ils ne veulent pas d’une action limitée au temps électoral, mais d’une action dans la durée, à visée pédagogique, et d’abord en direction de jeunes qui seront un jour, peut – être, la relève.

Parmi eux, Cécile GERMAIN-ECUER, candidate à l’élection des 22 et 29 mars, qui me présente les thèmes chers Continuer la lecture de Démocratie en progrès ou progrès de la démocratie ?