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PLU de Wattwiller Les habitants disent NON au sacrifice du « grand pré »

Dans nos éditions précédentes,nous avions exposé les tenants et aboutissants de cette affaire. Wattwiller est un village-clairière comme on en voit très rarement : il se distingue par l’existence en milieu urbain à l’entrée du village d’un beau pré pâturé, qui offre de surcroît une perspective unique sur le Hartmannswillerkopf avec un avant plan l’église classée monument historique. Il est ainsi considéré comme une véritable carte de visite de Wattwiller, et identifié dans le SCoT (Schéma de Cohérence Territorial) du Pays Thur Doller comme un espace devant obligatoirement – au plan légal – être protégé.

http://lalterpresse.info/wattwiller-grand-pre-interet-general-interets-de-quelques-uns/

Ce patrimoine paysager aujourd’hui est menacé de destruction par le nouveau PLU concocté par le député-maire SCHELLENBERGER, au profit de deux élus et leur famille proche, qui siègent au conseil municipal. Ces derniers faisaient partie des propriétaires fonciers ayant réussi à faire annuler pour un souci de procédure l’ancien PLU jugé pourtant « particulièrement vertueux » (sic) par les services de l’État, notamment pace qu’il protégeait cet espace vert remarquable. Mais la population est entrée en résistance…

La barre des 500 été frôlée ! 493 électeurs exactement se sont exprimés à l’occasion de la consultation d’initiative citoyenne organisée par le collectif « Cœur de village » qui s’est tenue dimanche 12 novembre 2017. Le message adressé à la municipalité est clair et net : le « non au sacrifice du grand pré» représente 97% des voix exprimées bulletins blancs compris.

Le taux de participation de 36% – c’est le chiffre clé – est particulièrement élevé pour ce type de scrutin non officiel : pour mémoire une consultation de cette nature à l’occasion du dossier explosif de la construction de l’incinérateur à Aspach-le-Haut avait suscité une participation de 27%. Cette participation est d’autant plus remarquable que le scrutin s’est déroulé dans les pires conditions météo : les votants ont littéralement bravé la tempête pour aller déposer leur bulletin dans l’urne. Il en résulte que la crédibilité de la consultation ne peut pas être contestée.

L’ampleur du score final de 97% peut surprendre, mais il ne supporte aucune contestation. D’abord parce que la question posée, « approuvez-vous que le grand pré devienne constructible ? », était claire et n’induisait pas la réponse de l’électeur. Ensuite parce que, comme tous les observateurs ont pu le constater, le scrutin s’est déroulé avec toute la rigueur requise : règlement précis et public de la procédure, tenue irréprochable du bureau de vote, isoloirs etc. Enfin parce que contrairement à ce qui se passe dans une enquête publique où le citoyen qui s’exprime s’expose publiquement, le vote à bulletin secret permet à chacune et chacun de s’exprimer en toute liberté dans l’isoloir… d’autant plus que le sujet est ultra sensible. Rappelons que deux élus et leur famille proche profitent directement de cette opération foncière… C’est ce qui explique le niveau exceptionnel de la mobilisation des habitants qui ont été deux fois plus nombreux à s’exprimer que lors de l’enquête publique.

Comme indiqué dans le document de présentation de cette consultation déposé dans toutes les boites aux lettres, le résultat du scrutin n’a pas de valeur sur le plan légal. Il n’en demeure pas moins qu’il met le député-maire Schellenberger en face de ses responsabilités : est-il prêt à ignorer l’avis quasi unanime exprimé par la population ? Ce résultat sonne comme un sévère avertissement adressé par la population à la municipalité, et plus particulièrement le député-maire qui dans cette affaire s’est une nouvelle fois distingué.

La démocratie, « une manipulation grotesque »?!!!

D’abord en faisant tout ce qui lui était possible pour torpiller l’initiative : refus de mettre à disposition une urne, refus de communiquer la liste électorale, refus de mettre à disposition une salle communale… Mais le collectif « cœur de village » a su trouver des réponses adaptées permettant aux habitants de Wattwiller de vivre une expérience de citoyenneté remarquable, qui constitue une véritable première !

Ensuite en déclarant le lendemain du scrutin lors de la séance du conseil municipal ne pas vouloir s’exprimer sur le fond mais dénoncer « une manipulation grotesque». Ces propos outrageants ont créé à juste titre des remous dans le village. En effet, ils sous-entendent implicitement que les citoyens qui ont bravé les intempéries pour aller voter sont ad minima des marionnettes qui se sont laissées manipuler, au pire des clowns qui ont accepté de participer à une mascarade… Le sérieux et la sérénité dans lesquelles s’est déroulé le scrutin, tranchent furieusement avec ce nouveau dérapage verbal du premier magistrat de Wattwiller (1).

L’un des adjoint avouait en voix off déjà avant la consultation, « avec le PLU la municipalité sommes sur le fil du rasoir »… Il reste aux habitants de transformer le magnifique essai qui vient d’être marqué, car cette consultation marque un tournant dans l’affaire du PLU de Wattwiller ! Au delà d l’intérêt général c’est le bien commun est en jeu… et ce n’est pas gagné ! La mobilisation va continuer de monter en puissance : prochainement à l’occasion du conseil municipal décisionnel qui se tiendra après le remise des conclusions du commissaire enquêteur que le 4 décembre, et le cas échéant avec l’engagement d’un recours devant le TA de Strasbourg pour faire tomber un PLU dont la fragilité juridique est avérée. La détermination du collectif est totale !

Pour le Collectif « Cœur de village »

Geneviève PETER et Jean-Claude PELKA

(1) A l’occasion de l’inauguration du nouveau mémorial du Hartmannswillerkopf par le président Macron les services de la préfecture avaient comme à l’accoutumée – problème de stationnement et écologie obligent – affrété des bus pour permettre aux élus, invités et journalistes de rejoindre le site. Le député-maire SCHELLENBERGER avait refusé de monter dans une « bétaillère »… Vous avez dit mépris des gens ?

Stocamine : le 2 décembre, tout le monde manifeste !

Stocamine : nouveau scandale !

Pour un moratoire sur les coulées de béton !

 Un nouvel épisode vient confirmer l’incroyable cynisme des pouvoirs publics qui imposent actuellement un déroulement frénétique des opérations de confinement.

Pour les autorités de l’Etat, il s’agit d’abord de cacher le plus vite possible, derrière des tonnes de béton, et donc irrémédiablement, la nature et la dangerosité des produits stockés par Stocamine à Wittelsheim.

Le collectif Déstocamine vient en effet d’apprendre que 200 fûts de déchets toxiques remontés au jour, ont été refusés par la mine de Sondershausen, car non conformes au cahier des charges. Les normes d’admissibilité de déchets au fond de la mine sont analogues dans la potasse en France ou en Allemagne à Sondershausen ou à Herfaneurode.

Ce scandale prouve une fois de plus que le stockage au fond à Stocamine c’est du grand n’importe quoi !

Cela confirme les dires d’experts qui doutent de la quantité et de la nature des déchets entreposés au fond de la mine Joseph Else à Wittelsheim.

Qu’en va-t-on en faire ? Si ce n’est déjà fait, ces 200 fûts seront probablement redescendus dans la mine de Wittelsheim pour être enfouis derrière les barrières de béton qu’on s’apprête à couler !

Monsieur Rollet liquidateur amiable des MDPA/STOCAMINE affirme dans la presse locale « Ce serait mentir que de faire croire que le stockage a été réalisé en imaginant que ces déchets remonteraient un jour. »

Voila l’état d’esprit dans lequel a été mené le dossier de demande d’autorisation de stockage illimité (enfouissement). La mise en place de barrages en béton est une gabegie financière. Elle n’empêchera pas une pollution de la nappe phréatique, vu les nombreux déchets présents au fond et qui n’ont rien à y voir.

Cela fait près de 20 ans que la population et les élus de la région se font berner par des décideurs publics qui, aujourd’hui, ne respectent plus rien. Sous la pression de puissants lobbies, une certaine panique les gagne. L’arme ultime qu’ils brandissent dorénavant pour empêcher l’émergence de la vérité, c’est le béton ! C’est avec du béton qu’ils cherchent à étouffer immédiatement les procédures juridiques et parlementaires en cours.

Le collectif Déstocamine lance un appel. Il faut absolument que la population reste mobilisée pour que cessent immédiatement les opérations d’enfouissement. L’obtention d’un moratoire sur les coulées de béton – ce que les pouvoirs publics refusent obstinément pour l’instant – est indispensable pour que les recours contentieux lancés et pour que l’enquête parlementaire demandée permettent l’émergence de la vérité et l’élaboration de solutions de nature à protéger la plus grande nappe phréatique d’Europe.

Le collectif Déstocamine

Rendez-vous le samedi 2 décembre

10 heures​ 30 devant la préfecture à Colmar.

futs

LETTRE OUVERTE A M. EMMANUEL MACRON

 

 Monsieur le Président de la République,

Par courrier du 6 novembre adressé à la préfecture du Haut-Rhin, nous vous avions sollicité aux fins de nous accorder une entrevue. Nous voulions vous rendre attentif à la situation de Stocamine dans le Haut-Rhin et aux 41 500 tonnes de déchets industriels dangereux hautement toxiques stockés au fond de l’ancienne mine de potasse Joseph Else à Wittelsheim.

Le soir du 9 novembre la préfecture nous a fait part, qu’aucun autre sujet que la réconciliation franco-allemande ne serait abordé le 10 novembre 2017 au Vieil Armand.

Nous voulions vous faire part, que dans ce dossier, l’entreprise MDPA/STOCAMINE et les services de l’Etat, n’ont jamais écouté ni pris en compte l’avis et les remarques des collectivités, des élus, des citoyens, des représentants du personnel, des riverains, des associations et des syndicats, exprimés lors de la concertation publique de 2013 et de l’enquête publique de 2016. 2

L’arrêté préfectoral du 23 mars 2017 autorise le stockage en mine de ces déchets pour une durée illimitée, après retrait de 2200 tonnes de déchets mercuriels, ainsi que la mise en place de barrières de confinement en béton qui ne feront que retarder la pollution (avis unanime des experts).

Cela s’explique, par le fait que dans cette affaire l’Etat est à la fois juge et partie. En effet l’Etat est actionnaire à 100% de MDPA/STOCAMINE, les services de la DREAL et l’administration préfectorale dépendent de l’Etat. Tous n’entendent que la seule voix de M.ROLLET le liquidateur amiable de Stocamine.

Cet arrêté préfectoral est attaqué devant le Tribunal Administratif de Strasbourg par le Conseil Régional Grand Est, le Conseil Départemental du Haut Rhin, par la ville de Wittenheim, Alsace Nature et la CLCV pour le collectif Déstocamine.

Dans sa réponse au député Straumann et président du conseil départemental 68, Monsieur Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, tout en reprenant les mêmes arguments avancés par l’Administration depuis de nombreuses années, lui a assuré que ce dossier Stocamine allait être traité dans la transparence.

Cependant c’est par voie de presse, dans l’article paru dans le quotidien « L’ALSACE » samedi le 4 novembre 2017, que nous apprenons, que le déstockage partiel se terminait au plus tard mardi 7 novembre 2017. Les journalistes ont pu visiter le chantier du fond et Monsieur Alain Rollet, liquidateur amiable des MDPA/STOCAMINE leur a fourni ses explications !

Malheureusement nous devons vous informer que la CCS (Commission de Suivi de Site) Stocamine et le Comité de suivi des travaux de déstockage ont été réunis la dernière fois le 7 décembre 2016 ! Le règlement des CSS prévoit deux réunions annuelles. En matière de transparence dans ce dossier, les services de l’Etat mettent plutôt une chape de plomb !

A ce jour le chantier de déstockage partiel ayant pris fin, l’entreprise SaarMontan devra quitter les lieux avec son savoir faire. Il resterait au fond de la mine : 41500 tonnes de produits hautement toxiques dont 6872 tonnes de déchets arséniés, 5263 tonnes de terres polluées, 20714 tonnes de REFIOM non stabilisés, 3400 tonnes de sels de trempe cyanurés, 6 tonnes de plomb, des déchets mercuriels, de l’antimoine, des métaux lourds et des produits phytosanitaires…qui pollueront le sol l’air et la nappe phréatique la plus grande d’Europe.

L’entreprise MDPA/STOCAMINE a engagé des consultations avec des entreprises spécialisées, aux fins de démonter au plus vite le système de ventilation et d’aération du chantier de déstockage. L’installation de ce ventilateur, les accessoires, les capteurs d’émanation de gaz, ont coûté près de 500 000€ ! Cette installation est pourtant vitale pour la poursuite du déstockage. 3

Le but de cette manoeuvre est de rendre irréversible le confinement et d’anticiper une décision juridique qui pourrait annuler l’arrêté préfectoral du 23 mars 2017.

Pour éviter que la justice ne rende une décision inapplicable, car la plupart des galeries d’accès au stockage seraient bouchées par du sel ou du béton, il faut instaurer un moratoire dans ce dossier de confinement.

De plus Il faut empêcher le démontage des installations de ventilation, aération du chantier de déstockage, qui doit intervenir dans les prochains jours !

Nous rappelons également qu’une demande d’enquête parlementaire a été déposée par le député Raphaël Schellenberger, pour faire la lumière sur ce dossier opaque. Le député Bruno Fuchs et la députée Mathilde PANOT ont posé une question écrite au gouvernement au sujet de Stocamine. Une pétition recueillant près de 30 000 signatures circule en ce moment.

Nous avons encore en mémoire, votre propos de campagne qui disait : vos ministres s’imposeraient face aux directeurs de l’Administration. Dans ce dossier c’est bien l’Etat et l’Administration qui tentent par tous les moyens mêmes irréguliers, d’imposer leur solution.

Nous vous demandons, Monsieur le Président de la République, d’intervenir auprès de Monsieur Nicolas Hulot Ministre de la Transition écologique et solidaire, afin qu’il instaure un moratoire dans le dossier Stocamine et qu’il gèle le démontage du ventilateur d’aérage, afin que la justice administrative puisse rendre sa décision, sans que la situation au fond de la mine soit irréversible.

Nous souhaitons enfin être reçus personnellement par le Ministre Hulot, pour une mise à plat de ce dossier.

Dans l’attente de réponses favorables et en vous remerciant, veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre très haute considération.

Pour le Collectif Déstocamine :

Etienne CHAMIK, porte-parole, Josiane KIEFFER, CLCV, Jean Marie DUBEL, syndicat CFTC et président Association Cité Langenzug

Inclusif… en exclusivité!

Par ces lignes, je veux défier cette docte assemblée qu’est l’Académie Française, farouche gardienne de la langue française. Car elle vient, à l’unanimité s’il vous plaît, de rejeter l’usage de l’écriture inclusive.

Petite explication pour celles et ceux qui ignore ce que c’est : il s’agit d’une « graphie », une représentation écrite d’un mot, qui accorde les fonctions, métiers, grades et titres en fonction du genre : on parlera ainsi de chroniqueuse, chercheuse… Ensuite, l’utilisation à la fois du féminin ET du masculin quand on parle d’un groupe de personnes, soit par l’utilisation de ce qu’on appelle la double-flexion – « les auditrices et auditeurs ». On peut aussi rajouter un « e » entre parenthèses à la fin d’un mot masculin pour le féminiser : ainsi écrire « candidat(e) ».

Les Académiciens et Académiciennes estiment qu’il s’agit là d’un «péril » mortel et ils lancent un « appel solennel » pour que cesse cette « aberration » sic…Cette volonté de féminiser les mots n’est pas nouvelle, les cercles féministes ont toujours combattu cette règle grammaticale qui veut que le masculin l’emporte systématiquement sur le féminin. Ils y voient une discrimination à l’égard des femmes d’autant plus que cette règle grammaticale date de 1647, l’Académie a alors tout juste 13 ans, quand un de ses membres, Claude Favre de Vaugelas, préconise que le masculin doit l’emporter sur le féminin car « le masculin est plus noble que le féminin ».

Rappelons également qu’à cette époque, les femmes sont interdites d’université et elles le seront jusqu’en 1880. Le caractère sexiste de cette mesure est totalement avéré. D’ailleurs avant cette sentence de Vaugelas, la féminisation des mots était la règle dans notre langue : jusqu’au 17e siècle, une femme écrivaine était appelée une « autrice » au moment où les femmes investissaient la sphère intellectuelle et prenaient donc de plus en plus d’importance dans la société. Pour la petite histoire, sa forme modernisée, « auteure », date des années 90 et vient de nos amis québécois.

Est-ce que cette écriture inclusive met la langue française en danger comme le prétend l’Académie Française, rejointe sur ce point par le Ministre de l’Education Jean-Marie Blanquer ou le philosophe Raphael Enthoven, tous les deux ne sont pas, il est vrai, à classer dans la catégorie « progressiste »…

On peut penser que le risque que court la langue française est bien ailleurs que dans l’écrite inclusive. L’écriture phonétique utilisée par le rappeur Jul dans ses tweets est sûrement tout aussi mortifère pour la langue. Et que pensez de l’utilisation de plus en plus fréquente de l’anglais dans des expressions françaises. Et bientôt de mots arabes…

Car il en va ainsi : n’en déplaise aux (trop) sages Académiciens, une langue évolue. Sinon, elle est morte comme l’est le latin ou le grec. Il n’est pas scandaleux que le dictionnaire rédigé sous le contrôle de l’Académie française intègre chaque année des mots d’une autre langue dans l’usage du français. Tiens, au hasard, piqué aux Allemands : bretzel, diktat, ersatz, kitsch, knödel, land, mark, nickel ; aux Anglais, job, jogging, ketchup, knock-out, laser, lift, lob/lober, match ; aux Arabes : méchoui, mechta, medersa, médina, merguez, moka et même aux Cingalais le terme de nélombo.

Alors, pourquoi la féminisation des mots seraient-elles « une aberration ». L’écriture inclusive ne conduirait-elle pas efficacement à aider à gommer ces discriminations qui veulent qu’une fille joue à la poupée et un garçon se projette en mécano ?

Ce message même pas subliminal donné aux petites filles dans les écoles « le masculin l’emporte sur le féminin » n’est-ce pas déjà légitimer le fait qu’un jour la jeune femme au travail gagnera 20% de moins que son collègue homme, qu’on lui confiera moins de responsabilité, sans qu’elle n’y trouve à redire, tout cela illustré par une règle grammaticale reflétant la volonté dominatrice des hommes sur les femmes.

Mais la roue de l’Histoire tourne, tourne, inlassablement. Les femmes, on le voit encore récemment, veulent conquérir une égalité réelle dans tous les domaines de la vie. Il serait étonnant que la grammaire n’y passe pas un jour ou l’autre.Et en attendant, vous pourrez toujours retrouver sur L’Alterpresse68, des chroniqueuses et des chroniqueurs qui ne manqueront pas d’osez l’écriture inclusive. Mais nous ne demandons aucune exclusivité…

Michel Muller

CETA : que les citoyens s’expriment!

Ils étaient là, en ce samedi 18 novembre, rue du Sauvage à Mulhouse, pour alerter les citoyens sur les dangers de l’accord de commerce entre le Canada et l’Union européenne. Le « Collectif de vigilance et de combat contre les traités commerciaux inégaux » a ouvert la discussion avec les passantes et passants pour dénoncer sur le fond et la forme, ce traité qui est entré en application d’une manière totalement illégale.

CETA DISCUSSION

Sur le pont en toute occasion: on est militant(e) ou on ne l’est pas!

Négocié entre 2009 et 2014, dans une totale opacité, le CETA (Comprehensive Economic and Trade Agreement)  comporte des risques importants pour de nombreux aspects de notre vie : le climat, l’emploi, les services publics, l’agriculture, l’environnement, la santé, l’alimentation, la culture. Et implique de graves entorses à la démocratie.

Le texte prévoit la suppression des derniers droits de douane entre le Canada et l’Europe, notamment dans l’agriculture. Il offre ainsi aux multinationales d’imposer leurs produits quasiment sans contrôle. Ainsi, le traité ne prévoit pas de vérifier les conditions sociales faites aux salarié(e)s dans la production, ouvrant la voie à un dumping social sans frein qui pourra avoir de lourdes conséquences sur l’emploi. Il en va de même pour les normes sanitaires qui sont profondément différentes entre le Canada et la plupart des pays européens. Ainsi l’utilisation des OGM est autorisée au Canada et grâce à ce traité, des produits OGM pourront se retrouver dans nos assiettes.

On parle souvent du « saumon Frankenstein », élevé dans des conditions lui permettant d’atteindre un poids de commercialisation en un an (alors qu’il en faut deux pour un saumon « normal »), mais cela peut se décliner avec beaucoup d’autres produits.

Mais, pensez-vous, il sera possible d’attaquer ces multinationales si leurs agissements sociaux ou environnementaux ne correspondent pas à notre législation ? Que nenni, car il est prévu, à terme, de mettre en place des Commissions de litiges d’interprétation de l’accord. Ces Commissions pourront condamner un Etat car sa loi pourrait être contraire aux dispositions de l’accord CETA. Est-ce donc cela la démocratie du « marché » ?

CETA CECILE 2

Cécile Germain: convaincre les passants!

Application immédiate… sans décision du Parlement !

Sur proposition de la Commission, le traité fut adopté par le parlement européen le 15 février 2017 par 408 voix pour, 254 contre et 33 abstentions. Notons que seuls 26 des 74 députés européens français ont approuvé le texte.

Ce vote a permis l’entrée en vigueur provisoire du traité dès avril, alors que chacun des Parlements nationaux devaient encore s’exprimer. Même le président Emmanuel Macron notait que ce traité « a été conçu à l’écart du processus démocratique, dans une forme de décision qu’il nous faudra changer en Europe pour l’avenir ». Mais, ça c’était avant…

Car le CETA est entré en vigueur en France le 21 septembre dernier… décision du même M. Macron. Pour en décider ainsi, il s’est appuyé sur un rapport rendu par une commission indépendante le 8 septembre émettant un avis favorable… mais relevant qu’en matière de viandes par exemple, « rien n’est prévu en ce qui concerne l’alimentation des animaux (utilisation de farines animales et de maïs de soja OGM, résidus de pesticides…) ; l’utilisation des médicaments vétérinaires (notamment des antibiotiques) en élevage ; le bien-être des animaux (élevage, transport et abattage) ». Apparemment, notre président n’a pas jugé cela suffisamment grave pour s’opposer à l’application du CETA en France.

C’est, entre autres, des appréciations de ce type qui  génèrent une vive opposition à l’application de ce traité. La contestation est forte dans de nombreux pays, gênant certains gouvernements qui auraient voulu ratifier au plus vite. En France, l’opinion publique est majoritairement contre ces traités. En Allemagne, ce sont plus de 300.000 personnes qui ont manifesté contre ce traité. En Wallonie, le Parlement régional (qui a un véritable pouvoir de bloquer la ratification par la Belgique toute entière) exige des contreparties pour l’approuver.

Rien n’est donc jouer. Ce traité peut encore être rejeté et renégocié : même dans une Europe centralisatrice, les parlements nationaux gardent encore la possibilité de rejeter un accord qui devrait s’imposer dans leur pays.

C’est pourquoi de nombreuses organisations, dont le « Collectif de vigilance et de combat contre les traités commerciaux inégaux » appellent à l’organisation d’un référendum sur le sujet. Ce qui aura deux avantages certains : rétablir un processus démocratique digne de ce nom et ouvrir le débat sur le contenu du CETA et donner aux citoyens le moyen de savoir ce qui va se passer avec l’application définitive de ce traité.

Michel Muller

Winterreesla… au Secours populaire

L’Alterpresse invite celles et ceux de la région ou de passage à aller  au concert de Géranium, Wìnterreesla Chants de Noël, de Nouvel an et d’Epiphanie d’Alsace, d’Europe  et du monde.

Faut-il encore présenter le groupe Géranium? Oui, car nous n’avons pas trop de formations musicales aussi multiculturelles que celui-ci. Grands spécialistes de la culture de cet espace rhénan, Daniel Muringer et ses amis n’hésite pourtant pas à s’ouvrir à toutes les musiques du monde.

Ce concert de chansons liées à Noël est une bonne occasion de faire un voyage à travers le monde et cela sur plusieurs siècles. Vous les retrouverez:

– samedi 25 novembre à 20 h 30, Husseren-Wesserling, (chapiteau de la compagnie EQUINOTE, derrière chaufferie du Parc), entrée libre, chapeau.

– dimanche 26 novembre à 17 h, Mulhouse (Centre de réadaptation, 57, rue Albert Camus), au profit du Secours populaire français qui s’investit pour soulager la misère de milliers de personnes dans notre ville et département.

Un programme éclectique

Chansons d’Alsace à part égale avec des chansons du 13è siècle florentin, d’Espagne, d’Allemagne, d’Italie, d’Angleterre, du pays basque, de Provence, de la communauté allemande de la Volga, d’Italie, de Tchéquie,

de Russie, d’Argentine, de Bolivie, des USA,  chansons de création de Victor Schmidt, Emile Storck,  Allain Leprest.

Noëls alsaciens extraits des collectages de Jean-Baptiste Weckerlin, François Wilhelm, Louis. Pinck, Richard Schneider, Scheubel/Ehret et de Géranium.

Le groupe Géranium

Marc DIETERICH : chant, guitare

Gaëlle HORNECKER : chant, hautbois

Daniel MURINGER : violon, duet concertina, mandole, mandoline, dulcimer, chant

Catherine NACHBAUER : chant

Patrick OSOWIECKI : contrebasse, mandoline, mandole, mandoloncelle, chant

Andrzej RYTWINSKI : accordéon, chant

Marie SOBCZYK : chant

Retour sur l’interview de Nicolas Hulot par Reporterre

Dominique Jacques Roth, membre du collectif GCO Non Merci, nous livre trois remarques relatives à la prise de parole de Nicolas Hulot dans sa dernière interview publiée par Reporterre :

N. Hulot : « Sur le grand contournement ouest de Strasbourg, les procédures ont eu lieu et je ne peux pas revenir dessus. C’est comme pour les déchets radioactifs : ils sont là, je ne peux pas les faire disparaître ».

Cette phrase prononcée par N. Hulot dans l’interview « Reporterre » est incompréhensible au regard des faits, car si les déchets nucléaires sont bien là, le GCO à ce jour en revanche, n’existe pas !

NH : « Je ne peux pas prendre des mesures rétroactives qui nous conduiraient à des indemnités ou à des contentieux très lourds ».

Cette allusion exacte au regard du réel des PPP (Partenariats Privé Public) ne comporte en revanche aucune critique à l’égard de pratiques faisant sombrer nombre de collectivités publiques (communes, hôpitaux, Palais de justice etc…) dans un endettement structurel. En parler ainsi la bouche en coeur, avalise (tacitement) ces pratiques.

Ces programmes électoralement payants développés par J. Chirac, N. Sarkozy et F. Hollande se trouvent en faillite à court moyen terme en raison des intérêts rédhibitoires dus au bout de deux ou de trois années d’échéances à des taux normaux empêchant de financer les prochains programmes prioritaires au profit de quelques grandes entreprises et des banques avec la complicité du législateur.
Ces contrats transforment le service public en produits financiers dérivés dont le risque sera supporté par les contribuables. La rupture de ces contrats qui coûtent des indemnités à hauteur de dizaines, voire de centaines de milliers d’Euros à l’Etat (donc au contribuable) et constituent de véritables bombes à retardement financières dans tous les pays du monde ou la pratique des PPP a cours.
NH : « On a suspendu avec Elisabeth Borne tous les projets qui n’étaient pas pertinents et crantés juridiquement et financièrement ».
Ce dernier passage méconnaît que le projet GCO est aussi « cranté » juridiquement car au-delà de l’avis du CNPN que la ministre semble appeler de ses voeux manifestant ainsi sa volonté d’aller au bout du projet, la DUP n’est pas pas encore renouvelée. « Cranté » financièrement aussi, car il n’est pas avéré à ce jour que Vinci bénéficiera des subventions nécessaires pour mener ce projet à terme. En conséquence de quoi, il pourrait faire l’objet d’un moratoire a minima.

Retrouvez l’article de Reporterre : Nicolas Hulot : « Un ministre n’est pas un électron libre » : https://goo.gl/mQpctb

Julien WURTZ

La vacance de M. Hulot

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On se souviendra de cette photo dans Paris-Match : le ministre Nicolas Hulot, tête basse, parle à la presse flanqué sur sa gauche de Sébastien Lecornu,  secrétaire d’Etat qui le chaperonne pour le compte de Bruno Lemaire, et sur sa droite de Brune Poirson, ancienne de Véolia, elle aussi secrétaire d’Etat et l’œil de Macron pour surveiller Hulot. Car il en est ainsi dans ce gouvernement : chaque ministre a auprès de lui un ou une « envoyé spécial » du Président de la République chargé de veiller au grain.

 Et derrière le trio, le porte-parole du gouvernement Castaner, tendu comme un arc, surveillant chaque syllabe que le Ministre Hulot exprime.

 Et que dit-il le Ministre écologiste : que la France ne pourra pas appliquer la loi sur la réduction de la part du nucléaire dans la production énergétique française à 50% en 2015.

 Et on comprend la crainte du trio qui surveille Nicolas Hulot : faire dire à quelqu’un le contraire de ce qu’il a professé pendant des années de militant pur et dur de l’écologie, comporte quelque risque. Il est vrai que ce risque dépend fortement de la force des convictions du militant et plus encore des gages qu’il a dû donner pour devenir Ministre d’Etat. A 62 ans, c’était peut être la dernière occasion de connaître les ors de la République.

 Mais à quel prix ! « La première ligne rouge, c’est l’instant où je me renierai », a déclaré récemment Hulot au Monde. Pour l’heure, il affirme ne pas trahir ses convictions.

Que lui faut-il donc ? S’il y a un ministre qui n’arrête pas d’avaler son chapeau, c’est bien lui ! A part des promesses qui verront le jour aux calendes grecques, il n’a fait que reculer sur ses engagements passés. Le glyphosates ? Lui qui prétendait l’interdire, il accepte que cela se fera (sans garantie) dans trois ans seulement.

Lui qui était un farouche combattant de l’accord euro-canadien CETA, accepte que son gouvernement l’applique avant même que l’assemblée nationale ne donne son avis… Apparemment, la crainte de voir des OGM déferler sur l’Europe par des produits venant du Canada qui n’interdit pas ses saloperies, ne l’habite plus.

Et à présent, le nucléaire. C’était pourtant prévisible : avec un premier ministre qui fut le directeur des Affaires Publiques d’Areva, entreprise phare du nucléaire, de 2007 à 2010, pouvait-on s’imaginer qu’un gouvernement allait à l’encontre du lobby du nucléaire ? Il est présent au sein même des structures de l’Etat. Nicolas Hulot pouvait-il ne pas le savoir ?

Et c’est sur la foi d’un rapport de Réseau de Transport de l’Electricité (RTE), filiale à 100% d’Edf, que le Ministre Hulot décrète qu’on ne peut arriver aux objectifs fixés par la loi et qu’il faut reculer le délai de 10 à 15 ans. Et à lire le fameux rapport, ce serait plutôt 2035 que 2030.

L’électricité produite en France provient pour 77,0 % du nucléaire, plaçant ainsi notre pays au 2e rang des producteurs d’énergie nucléaire au monde après les États-Unis, et au 1er rang pour la part du nucléaire dans la production d’électricité.

 Le reste de la production d’électricité est assuré à partir de sources d’énergie renouvelables : 15,7 % et de centrales thermiques : 7,3 %.[]

Nous sommes loin de l’objectif fixé par l’Union Européenne, soit 20% d’ici à 2020. C’est en Suède que la part des énergies renouvelables est la plus élevée, puisqu’elles contribuent à plus de la moitié (52,6%) de la consommation finale, devant la Lettonie et la Finlande (38,7% chacune), l’Autriche (33,1%) et le Danemark (29,2%).

La plupart des experts rappelle que ce retard de la France est essentiellement dû au fait que la France a tout misé sur le nucléaire et a utilisé son entreprise EDF pour en être le maître d’œuvre. Et bien évidemment, celle-ci n’a pas investi dans les énergies renouvelables pour préserver les parts de marché du nucléaire qui devait permettre à notre pays d’exporter son savoir-faire en la matière.

En 2030, sur les 58 réacteurs nucléaires, il y en aura 48 qui auront plus de 40 ans. A l’échéance à 2030, la quasi totalité de notre parc nucléaire sera au-delà de sa date de péremption et les risques d’accident se multiplient au fur et à mesure des années qui passent.

Force est de constater que le fait d’avoir un Ministre de l’environnement et de la transition écologique venant des rangs du mouvement écologiste n’est pas de nature à changer l’orientation de l’Etat sur le nucléaire… ni sur d’autres problématiques environnementales comme Notre-Dame des Landes, le Grand contournement ouest de Strasbourg, Stocamine, Bure…

De tels reniements valent-ils un poste de Ministre d’Etat ? Et de fouler aux pieds trente ans d’engagement et de respectabilité…

Michel Muller

 

 

 

Apprentissage, emploi : le pays de Bade recrute

L’Arbeitsagentur a publié les statistiques du chômage du mois d’octobre de nos voisins : 3,5 % dans la région de Freiburg et 2,9 % dans les régions d’Offenburg et Lörrach. Bien sûr, les chiffres officiels ne reflètent pas toujours la réalité du marché de l’emploi, dont beaucoup de femmes et de « seniors » sont écartés, n’empêche : le pays de Bade a besoin de salarié.e.s.

Les Réfugiés que l’Allemagne a accueillis ces dernières années commencent à intégrer le marché de l’emploi notamment en ce qui concerne l’apprentissage. Mais la santé de l’économie allemande est telle qu’il y a de la place pour tous.

Pour aider les Français à franchir le Rhin, une nouvelle convention vient d’être signée entre Mulhouse Alsace Agglomération, la Maison de l’Emploi et de la Formation, Saint-Louis Agglomération et les Agentur für Arbeit de Freiburg et Lörrach.

Comme l’annonce dans un récent communiqué de presse Christian Ramm, le responsable de l’Agentur für Arbeit de Freiburg :

„Wir wollen, dass mehr Elsässer für eine Arbeit oder für eine Ausbildung zu uns nach Südbaden kommen. Damit wir das hinbekommen, müssen wir über Grenzen hinweg unsere Kräfte optimal bündeln und unsere gemeinsame Strategie weiterentwickeln. Mit dieser Kooperation machen wir den nächsten Schritt.“ (« Nous voulons que plus d’Alsaciens viennent en Bade du Sud pour un emploi ou une formation. Pour y arriver, nous devons développer notre stragégie au-delà des frontières. Avec cette coopération, nous passons un nouveau cap »)

Warum Nicht, Monats Treff…

 A Mulhouse, ces expressions allemandes peuvent conduire à décrocher un travail en Allemagne ! La nouvelle convention de coopération franco-allemande pour l’emploi et la formation vient encore renforcer une dynamique qui porte ses fruits.

D’un côté, en Alsace, un taux de chômage autour de 10%, de l’autre des milliers de postes à pourvoir. Une équation que les collectivités, entreprises et agences pour l’emploi des deux côtés du Rhin entendent bien résoudre.

Une nouvelle convention

Depuis 2013, une convention de coopération franco-allemande pour l’emploi et la formation signée par Mulhouse Alsace agglomération, la Maison de l’emploi et de la formation et l’Agentur für Arbeit de Freiburg a permis de développer de nombreuses actions autour de la formation, de l’orientation et de l’insertion des travailleurs français sur le marché du travail allemand. Cette convention vient d’entrer dans sa troisième mouture, avec l’arrivée des nouveaux partenaires que sont Saint-Louis Agglomération et l’Agentur für Arbeit de Lörrach, ce qui témoigne de son utilité et de son attrait.

« Nous devons dépasser les frontières, étatiques comme administratives, dans le cadre de ce partenariat exemplaire », explique encore Christian Ramm, « cette convention est triplement gagnante : pour les habitants qui ne sont plus au chômage, pour les entreprises qui disposent d’une main d’œuvre qualifiée mais aussi pour les territoires qui se relancent et versent moins d’aides. »

Warum Nicht

Des propos pleinement soutenus par Michèle Lutz, maire de Mulhouse  et première vice-présidente de m2A, qui salue les actions entreprises « dans le cadre de l’amitié forte qui unit nos deux pays, dans le domaine crucial de l’emploi ».

Tête de pont de ces actions, le salon Warum Nicht, qui se déroule depuis 4 ans à l’Orientoscope de Mulhouse et rassemble à chaque édition près de 800 personnes désireuses de s’informer sur les opportunités d’emploi en Allemagne. La prochaine édition de Warum Nicht est d’ores et déjà programmée pour le 10 octobre 2018.

Monats Treff

Lancée il y a quelques mois, sa déclinaison mensuelle baptisée Monats Treff permet aux personnes intéressées d’être conseillées, de découvrir les offres d’emploi et les formations mais aussi de tester leur niveau d’allemand, le tout gratuitement. Car la frontière de la langue est bien souvent le principal obstacle pour les travailleurs français désireux de rejoindre une entreprise allemande. Pourtant, certains postes ne nécessitent pas forcément une grande maîtrise de l’allemand, une connaissance simple pouvant suffire.

La Maison de l’emploi et de la formation vient d’éditer un guide sur les secteurs qui recrutent dans la région de Freiburg-Lörrach, qui rassemble les 10 secteurs les plus porteurs, avec toutes les informations essentielles et notamment le niveau de langue requis pour chaque métier.

Mairie de Mulhouse : petits arrangements entre ami.e.s

Vous doutez du label « Territoire Hautement Citoyen » accordé à Mulhouse? Comme vous avez raison!

Alors que le maire Jean Rottner, qui cumulait depuis 2015 (et donc un an seulement après son élection) les postes de maire d’une grande ville et de conseiller régional, s’est vu offrir le poste de président de région. Le suspens était donc à son comble pour procéder au passage de témoin.

Suite à une courte transition et moult tractations, la dauphine a été « choisie » en la personne de Michèle Lutz, première adjointe et seconde sur la liste des Municipales de 2014. Elle ne prendra vraiment la parole qu’après une élection à laquelle elle est la seule candidate. Auparavant, un élu d’opposition reproche au maire de quitter le navire à mi-mandat malgré son engagement solennel devant les Mulhousien.ne.s et la seule réponse qu’il trouvera est une attaque en règle sur son parcours personnel. Aucun argument de fond, circulez il n’y a rien à voir ! Mais accrochez-vous, on aura bientôt de « vrais » arguments.

Une seule femme au conseil municipal prendra la parole pour soutenir la future cheffe de Mulhouse et soulèvera par la même occasion les problèmes auxquels les femmes doivent faire face dans le monde politique. Toutes les autres prises de paroles seront des adoubements des vieux briscards de l’assemblée.

Pas de nouveautés chez les Républicains et leurs affiliés, une femme à la tête de la ville mais ce sont les mecs qui gardent le pouvoir.

La maire est donc élue avec quelques bulletins blancs et enchaîne avec un discours mesuré sur le refrain du « vous me connaissez », « j’agirai dans la continuité », « je suis fière de ce que nous avons fait » et autres tapes sur l’épaule de l’ancien maire. Elle énonce aussi ses priorités pour Mulhouse : l’éducation, l’économie et la culture, le tout soutenu bien sûr par les « progrès » en matière de sécurité. Pas un mot sur la santé et l’environnement.

Une ville qui enchaîne les pics de pollution de l’air hivernaux  (3ème cause de mortalité en France) ne peut pas se permettre d’écarter ce problème. Idem pour les enjeux locaux que sont Stocamine et les aménagements routiers. Pas un mot non plus sur les fermetures de bureaux de poste dans les quartiers défavorisés de Mulhouse et contre lesquelles les syndicats ont manifesté le matin même. Alors quand Mme Lutz dit qu’elle ne veut laisser personne de côté tout en défendant les orientations de Jean Rottner, elle souligne un paradoxe dont elle-même ne semble pas avoir conscience.

C’est maintenant au tour des adjoints d’être choisi avec une seule liste portée par… Jean Rottner ! Celui qui est maintenant président de la région Grand Est se garde les confortables positions et indemnités de premier adjoint. Aucune prise de parole pour soutenir la liste, peut-être le conseil municipal éprouve-t-il une certaine honte devant cette mascarade… Un des élu.e.s d’opposition souligne sa déception devant le choix de l’ancien maire de se garder une place au soleil et explique que son groupe ne votera pas. Jean Rottner est élu confortablement alors même que l’élection est à bulletin secret. La mairesse en profite pour répondre aux reproches de l’opposition avec un argumentaire à faire trembler un enfant de 6 ans. Pour elle, compter Jean Rottner comme premier adjoint, c’est d’abord un honneur. Voilà, je crois que tout est dit quand au niveau de réflexion de la mairie de Mulhouse. C’est surprenant de penser qu’au sein de la majorité mulhousienne il n’y aurait personne de valable pour prendre le relais. Belle image donnée à un conseil des jeunes qui fonctionne à plein régime et alors même que de nombreux adolescents sont présents dans la salle. L’ironie est à on comble quand on pense que le portefeuille de Rottner sera celui de l’innovation et qu’il sera occupé par un homme qui pratique la politique à papa… .

Comme le soulignait Mme Bour au début de la séance, jamais Mulhouse n’a été aussi bien représentée dans les différentes instances politiques. Un signal positif pour Mulhouse ? Pas si sûr quand on sait à quel point les élu.e.s de droite alsacien.ne.s ont l’habitude de caresser l’électorat dans le sens du poil au moment des campagnes électorales mais à se dérober une fois aux affaires.

Rassurez-vous donc citoyen.ne.s de Mulhouse, ici, tout change pour que rien ne change !

Cécile Germain

 

Stocamine : l’État veut boucher tout ça fissa !

Il y a belle lurette que l’appareil d’Etat, ses suppôts et les lobbies qui l’assaillent en permanence ont l’intention d’enfouir pour l’éternité les déchets ultimes stockés au fond de la mine Joseph Else de Wittelsheim (Haut-Rhin). Sans une forte mobilisation, ce projet funeste risque d’aboutir sous peu. Le collectif Déstocamine vient d’adresser une lettre d’alerte à tous les députés pour qu’ils se saisissent d’urgence de ce dossier. Continuer la lecture de Stocamine : l’État veut boucher tout ça fissa !

Un référendum pour stopper le CETA

Le CETA, traité de commerce et d’investissement entre le Canada et l’Union Européenne, « conçu à l’écart du processus démocratique » selon Emmanuel Macron, présente des risques importants pour de nombreux aspects de nos vies. Il est malgré tout entré en application provisoire le 21 septembre dernier, mais il n’est pas trop tard pour le stopper car il n’a pas encore été voté en France. Continuer la lecture de Un référendum pour stopper le CETA