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ATTAC : Débattons, résistons, agissons. C’est le moment !

La semaine dernière, celle du 23 au 27 août, j’étais à l’Université d’été d’Attac à Toulouse, un événement important même si les grands médias en ont peu parlé.
Une université européenne des mouvements sociaux, organisée par Attac France. Le mouvement altermondialiste d’éducation populaire et pour l’action citoyenne aura 20 ans l’année prochaine.

Attac a été créée pour proposer la mise en place de la taxation des transactions financières pour s’opposer au système capitaliste dominé par la finance et la marchandisation. Pour Attac, une autre mondialisation est possible.

D’où le slogan de l’université d’été de Toulouse : « débattons, résistons, agissons. C’EST LE MOMENT !« .

Traduit dans plusieurs langues européennes. Un appel entendu par 2000 personnes, des retraités comme moi mais aussi beaucoup de jeunes de moins de 35 ans. 40% des participants de l’université ne sont pas des adhérents d’Attac. Tout cela a nécessité beaucoup de bénévoles pour l’organisation pratique, pour la traduction et pour les moyens techniques.

Mercredi 17h, séance d’ouverture avec des personnalités bien connues des altermondialistes : Susan George, écrivaine, présidente d’honneur d’Attac France qui était venue à Cernay en avril 2015 où elle a rempli la grande salle de l’espace Grün, Achille Mbembe, historien et philosophe du Cameroun, Zoé Konstantopoulou, avocate, ex-présidente du parlement grec, Edwy Plenel, journaliste et fondateur du journal électronique Médiapart.

L’amphi était plein.

Autre moment important de cette université : l’assemblée des mobilisations du samedi soir avec entre autres les intervenants suivants :

  • Sophie Binet, secrétaire générale de l’union nationale des ingénieurs, cadres, techniciens de la CGT française
  • Omar Slaouti, des collectifs Justice et Vérité pour Ali Ziri et Marche du 19 mars en France
  • John Christensen, de Tax Justine Network du Royaume Uni
  • Jean-Baptiste Eyraud, Droit Au Logement de France
  • Cindy Wiesner, Justice mondiale de base des Etats Unis
  • et bien sûr la porte parole d’Attac France, Aurélie Trouvé, qui a proposé quelques recettes pour remédier aux désordres du monde : la taxe sur les transactions financières, la répression de l’évasion fiscale, la relocalisation de l’activité en coopération avec les autres régions, le protectionnisme solidaire, le renversement du capitalisme financier…

Les interventions en vidéo sous

www.mixcloud.com/radio-mne/playlists/tv-bruits/

 

Impossible de résumer tous les débats qui se sont déroulés pendant ces quatre jours. Je vais donc parler d’un thème qui m’intéresse : les dettes. Pour cela j’ai participé à plusieurs ateliers du CADTM qui depuis l’année dernière s’appelle Comité pour l’Abolition des Dettes illégiTiMes après avoir milité depuis les années 90 pour l’annulation des dettes du tiers monde.

Abolition des dettes illégitimes

Quelques définitions à retenir :

  1. Une dette illégitime est une dette qui ne respecte pas l’intérêt général.
  2. Une dette odieuse : les créanciers ont conscience ou sont complices du caractère illégitime de la dette.
  3. Une dette illégale : elle ne respecte pas le droit en vigueur.
  4. Une dette insoutenable : elle engendre le non respect des droits fondamentaux pour la population.

Ces définitions sont expliquées dans le rapport de la commission pour la vérité sur la dette publique grecque qu’on peut trouver sur le site du CADTM. Ce rapport de 2015 indique que la dette publique grecque est illégale, illégitime, odieuse et insoutenable. Même si la commission est issue du parlement grec, le gouvernement grec n’a pas cherché à s’appuyer sur les travaux de la commission pour suspendre le paiement de la dette et a exigé l’arrêt de la commission. Cependant celle-ci continue d’exister en dehors du parlement.

En France, un audit de la dette publique française a été réalisé en 2014. 59% de la dette est illégitime. Là non plus, pas de passage aux actes pour arrêter le paiement de la dette.

Actuellement les regards se tournent vers l’Espagne et les nouvelles municipalités issues du mouvement des indignés, du M15, de Podémos. Des audits sont en cours mais pour le moment pas de passage à la suspension du paiement des dettes illégitimes. La pression populaire des citoyens n’est pas suffisante. Pendant ces quatre jours de débats il a souvent été question de désobéissance civile généralisée. Désobéir non pas pour le plaisir de désobéir mais pour obéir à des valeurs supérieures que le capitalisme ne reconnaît pas. Alors dans la perspective des élections municipales françaises  de 2020 débattons pour des villes et villages rebelles et agissons.

J.J. Greiner

Chronique sur radio MNE:

https://www.mixcloud.com/radio-mne/alterchroniquejj01092017/

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