MASSACRE AU BORD DE L’ILL!

Il ne faut pas être savant pour comprendre que les arbres qui bordent une rivière, non seulement lui confèrent son charme, mais contribuent à en stabiliser les berges.

Le « massacre à la tronçonneuse » qui vient d’avoir lieu à l’entrée de l’Ill dans Mulhouse, effectué au motif que les arbres constitueraient un danger, est pour cette raison incompréhensible autant qu’irrationnel.

En outre, ce qu’on appelle la ripisylve est un milieu naturel qui abrite nombre d’espèces animales.

Il ne s’est pas agi d’un simple élagage, comme l’annonçait le Syndicat Mixte de l’Ill, mais d’un ratiboisage en règle.

Quels sont donc les ressorts profonds de cette haine du vivant, qui fait tant écho à la fureur bétonnière ?

DM

En réponse à ce saccage, le Comité des Sciences de la Nature de la SIM, la LPO, le GEPMA, BUFO, ALSACE NATURE proposent au public une découverte du site pour « mieux connaître ce qu’il reste de vie sauvage et de nature aux bords de l’Ill à Mulhouse.

Les arbres, arbustes et autres végétaux offrent un refuge à tout un cortège d’animaux, un lieu de vie et de reproduction.

On observera notamment les canards hivernants qui passent ici la froide saison et d’autres oiseaux d’eau, mais aussi divers passereaux. On parlera également des mammifères présents, pas forcément visibles.

Observer et comprendre la vie sauvage est source de joie, accessible à tous, petits et grands et durant de nombreuses années, les écoliers ont appris sur ces berges à connaître et aimer la nature lors de sorties découvertes.

Ce samedi, des naturalistes passionnés et éclairés partageront leurs connaissances de ce milieu, – havre de paix dans la ville – qu’il nous faut préserver, alors que des destructions massives de la ripisylve ont été engagées ».

Découverte naturaliste de l’ILL en VILLE, samedi 11 février à Mulhouse à 14h

RV à 14h devant la Maison des Berges, au pied de la passerelle piétons dite « Pont Chinois »

Informations : coscinat@gmail.com

Accès : TRAM ligne 2, arrêt Université

Parkings :

– Stade de l’ILL (= Champ de Foire)

– Camping rue Pierre de Coubertin (de là, traverser la passerelle piétons)

– en épi rue Léo Lagrange (avant le pont de Brunstatt en venant du stade nautique)

 

COMITE DES SCIENCES DE LA NATURE de la Société Industrielle de Mulhouse – LPO, Ligue pour la Protection des Oiseaux – GEPMA, Groupe d’Etude et de Protection des Mammifères d’Alsace – BUFO, pour l’Etude et la Protection des Amphibiens et Reptiles d’Alsace – ALSACE NATURE

La CGT reste la première organisation syndicale française

Que n’a-t-on entendu durant les manifestations contre la loi Travail contre les organisations syndicales s’opposant au projet ! La presse quasi-unanime, toutes formes confondues, avait annoncé que la CGT, trop revendicative et donc incomprise des salariés ( !) perdrait sa place de première organisation syndicale française au profit de la si sage et compréhensive CFDT qui allait récolter l’adhésion unanime du monde du travail.

Patatras, une fois encore, les augures se sont trompées : après les élections dans les très petites entreprises dont les résultats viennent de tomber, la CGT reste, et de loin, la première organisation syndicale dans les TPE.

Avec 25,12 des suffrages, la CGT a donc été placée en tête par les salariés des TPE (très petites entreprises) qui avaient été appelés à voté durant la première quinzaine de janvier 2017. Suivent la CFDT avec 15,49%, talonnée par Force Ouvrière (13,01%), puis l’UNSA (12,49% +5%), la CFTC (7,44% +1), la CGC (3,38% +1).

Dans ce qu’on appelle le « Grand Est », avec un taux de participation un peu plus élevé qu’au plan national, la CGT est également en tête avec 21,63% des suffrages exprimés, la CFDT seconde avec 16,36% et FO, avec 13,34% est devancé par l’UNSA avec ses 13,89%. La CFTC, quant à elle, fait un score plus important que sur le plan national, avec 13,10%.

Faible participation, recul des trois grandes confédérations

A part, les « petits » syndicats (UNSA, CFTC, CGC) qui progressent, aucune autre organisation n’a pourtant de quoi pavoiser.

La CGT se félicite certes de rester à sa place, mais elle recule de 4% par rapport aux élections précédentes. Dans sa déclaration, elle le reconnaît implicitement : « Ces résultats confèrent de grandes responsabilités à la CGT, qui, forte de ce résultat, réaffirme son engagement auprès des salariés des TPE pour, avec eux, exiger des avancées réelles en matière sociale. La CGT mesure les efforts de déploiement à réaliser pour mieux représenter les salariés des TPE, leur donner plus de place encore dans le syndicalisme CGT, le syndicalisme de tous les salariés. »

Quant à la CFDT, sa déception se mesure à la lecture de son communiqué : « Ces élections ont malheureusement souffert du report de la période de vote et de l’envoi tardif du matériel. Mais ce taux est aussi la confirmation que ce type de scrutin, où les salariés votent sur sigle, n’est plus viable. La méconnaissance du syndicalisme dans les Très petites entreprises doit également poser question. » Avancer des raisons techniques pour justifier les 4% qu’elle perd elle aussi, permet de ne pas s’interroger sur le fond pourquoi sa stratégie syndicale n’a pas été fructueuse.

Ce qui doit interroger tout les syndicats, c’est bien la participation ridiculement faible de 7,35% en recul de 3% sur 2012 alors que la situation sociale s’est encore tendue en France et aurait dû jouer en faveur des syndicats. Jean-Claude Mailly s’interroge sûrement avec pertinence sur  « le rejet des institutions parmi lesquelles sont rangées, à tort, les principales organisations syndicales ». Le président de l’UNSA, Luc Bérille, qui gagne 5%, y voit lui, la reconnaissance « d’un syndicalisme utile, pas idéologique »…

Où en est la démocratie sociale ?

Pas moins de… 31(!) organisations étaient en lice! Outre les organisations nationales et interprofessionnelles au nombre de 12, des « syndicats » régionaux ou professionnels briguaient également les suffrages. 17 sur 31 n’ont pas recueilli 1% des voix! On dirait que le syndicalisme français trouve que moins on a de syndiqués et plus nombreuses doivent être les syndicats!

Les syndicats sont des acteurs avant tout de la démocratie sociale. Chargés de faire entendre la voix des salariés, de faire évoluer le modèle sociale en leur faveur, les syndicats ont plutôt été conduits, pour les uns à négocier, pour les autres à combattre, des reculs sociaux. La démocratie sociale est totalement inopérante et le gouvernement de gauche, tout comme le MEDF, imposent leur stratégie et ne laissent aux syndicats pas d’autres choix que de s’y conformer.

A tel point que la syndicalisation est en constant recul, surtout parmi la jeunesse. Les salariés précaires, pauvres, qui sont de plus en plus nombreux, n’ont pas le sentiment qu’ils ont leur place dans des syndicats qui paraissent être conçus pour les seuls travailleurs à statuts. Les « nouveaux salariés, ceux de l’ubérisation, préfèrent se doter de structures propres qui peinent encore à trouver une ligne de conduite lisible.

Fin mars, quand serons connus les résultats des élections dans les grandes entreprises, nous verrons plus clairs sur le positionnement des syndicats et du syndicalisme en France. Personne, vraiment personne, ne pourrait se satisfaire de voir le syndicalisme français continuer à s’affaiblir. Ni les salariés, bien évidemment, mais le gouvernement et le patronat non plus, car la démocratie sociale, pilier indispensable d’une société démocratique, ne saurait exister sans une représentation salariale bien implantée dans le monde du travail. Pourtant, quand on voit le peu d’empressement qu’ont mis les pouvoirs publics, les médias, à populariser le scrutin dans les TPE, ont peut douter de leur volonté de dynamiser l’expression des travailleurs.

Michel Muller

Pour une meilleure réforme territoriale en Alsace

Nous publions volontiers le texte du Manifeste pour une meilleure réforme territoriale pour l’Alsace  publié par de Bernard Stoessel ancien 1er vice-président du Conseil régional d’Alsace, Monique Matter, Patrick Kleinclaus et François Schaffner bien connus pour leur engagement en faveur d’une Alsace bilingue. L’Alterpresse68 continue de dénoncer une réforme territoriale englobant notre région dans une super-structure dans laquelle la démocratie se réduit de plus en plus. Dans laquelle aussi, les particularités auxquelles les Alsaciennes et les Alsaciens sont attachés, pourront de moins en moins s’affirmer et risquent donc de disparaître. La campagne électorale qui s’ouvre est propice à exiger des candidats entre autres aux législatives, de s’exprimer clairement sur leur volonté ou non de revenir sur une réforme ni à faire, ni à refaire…
Nous publierons d’autres contributions sur ce sujet dans les prochaines semaines ainsi que tous les commentaires que nos lecteurs voudront bien nous faire parvenir.

Une Alsace longtemps prospère

La réussite économique exceptionnelle de l’Alsace, depuis 1945 jusqu’à au début des années 2000, résultait pour partie d’une dimension culturelle rhénane bilingue héritée de son histoire permettant des relations institutionnelles, technologiques, professionnelles et économiques étroites avec ses puissants voisins  germanophones, Cantons  Suisses et Länder d’Allemagne fédérale. Cet avantage linguistique était à la base d’une prospérité sans égale  en France.

Disposant par ailleurs d’une législation locale spécifique, l’Alsace avait pu traverser les crises économiques et politiques successives, et la nationalisation de son outil bancaire propre, tout en développant son potentiel industriel, artisanal et commercial.

Dès les années 2000, les effets de la perte de la connaissance de la langue régionale (allemand et dialectes) sont nettement perceptibles sur l’économie et l’emploi.

Une réforme territoriale bâclée en Alsace

Notre région pourtant deux fois millénaire risque d’être rayée définitivement de l’histoire et de la carte. Le gouvernement socialiste a utilisé sa majorité à l’Assemblée nationale pour supprimer l’Alsace en tant que région et l’annexer, de force et sans le consentement de sa population ni de ses  collectivités territoriales, dans un ensemble institutionnel très vaste  incluant la Lorraine et Champagne-Ardennes, un territoire où ses habitants sont devenus ultra-minoritaires. La carte, arrêtée au terme d’un découpage arbitraire, fait fi des réalités linguistiques, culturelles et historiques.

Une réforme territoriale autoritaire sans consultation des Alsaciens

Le gouvernement et sa majorité au parlement, avec malheureusement l’appui de nombreux EELV, UMP et UDI, ont fait approuver cette réforme territoriale, de façon autoritaire, sans consulter les populations par la voie référendaire, une obligation pourtant expressément prévue par l’article 5 de la convention sur l’autonomie locale ratifiée en 2007 par la France.  Les élus et parlementaires d’opposition, après quelques simulacres d’opposition au projet gouvernemental ont visiblement laissé faire, voire voté la disparition de l’Alsace. L’un des leurs, Philippe Richert briguait en effet la présidence de la nouvelle entité régionale. Certains élus, du parti « les Républicains », après avoir fait signer des pétitions hostiles à la future  région Grand Est à plusieurs dizaines de milliers d’électeurs alsaciens ont poussé le cynisme politique jusqu’à  être candidats et participer au nouvel exécutif régional du Grand Est.

Une réforme territoriale préjudiciable à l’économie, au bien-être social, à la langue et au rayonnement institutionnel de l’Alsace

Cette annexion autoritaire, imposée au mépris de toute démocratie locale, aura pour conséquence évidente, à moyen terme, l’extinction de la langue régionale (Elsasserditsch à l’oral et Hochdeutsch, langue scolaire, standard, orale et littéraire).

L’exemple mosellan est particulièrement éloquent. En effet depuis 1981, l’absence presque totale de soutien de la Région Lorraine et du Conseil général de la Moselle à la pratique, à la transmission et à l’enseignement de la langue régionale en Moselle germanophone, c’est-à-dire d’une part, les différentes formes orales du francique (Platt) ou de l’alémanique, et d’ autre part, l’allemand, sa forme historique standard orale et littéraire, est à l’origine d’un déclin accéléré de la maîtrise des dialectes mosellans et d’un affaiblissement sans précédent de la maîtrise du Hochdeutsch. Cet exemple catastrophique d’une situation linguistique et culturelle minoritaire en perte de vitesse montre ce qui attend l’Alsace dissoute contre son gré dans cet ensemble territorial hétéroclite aussi étendu que la Belgique.

Déconnectée de ses atouts linguistiques et culturels, minoritaire dans le territoire et l’assemblée régionale Grand Est, et dirigée par des majorités d’origines territoriales   composites, l’Alsace perdra tout soutien efficace à ses spécificités linguistiques et culturelles, à son dynamisme économique propre et, tôt ou tard, une partie de ses grandes institutions européennes strasbourgeoises.

La dimension économique et sociale n’a pas été sérieusement étudiée. Les intérêts et contextes de ces trois ensembles territoriaux sont très différents et peu compatibles : l’Alsace est largement tournée vers l’Europe (Suisse, Autriche, Europe centrale, Allemagne) alors que la Champagne et la Lorraine sont davantage orientées vers l’agglomération parisienne.  Les Alsaciens ont ainsi beaucoup à perdre dont la proximité relationnelle avec les voisins européens. Ne nous laissons pas imposer une réforme bricolée, guidée par des considérations politiciennes et personnelles évidentes. Elle nuira à nos relations quotidiennes et privilégiées avec nos voisins allemands, suisses et luxembourgeois, les principaux employeurs de notre région.

De plus cette fusion/dissolution forcée entraînera des difficultés sociales et professionnelles considérables pour la population, d’énormes dépenses inutiles et une nouvelle hausse des impôts, des transferts massifs d’agents publics et de cadres dirigeants et supérieurs de la fonction publique, la construction de locaux administratifs supplémentaires. Dès à présent, il est évident que la loi locale est menacée, notamment dans le contexte de l’enseignement religieux et du concordat, du droit du travail. Une région, c’est avant tout des femmes et des hommes partageant un projet culturel et une histoire commune en vue de développer un espace de paix et de bien- être social, économiquement performant.

A  très court terme instituer une entente interdépartementale entre les départements

Pour le très court terme, la solution la plus adaptée passe par la création, face à l’Etat centralisateur et à la méga-région, d’une entente interdépartementale entre les deux départements portant en priorité sur la langue régionale et le bilinguisme, la mise en place d’instruments de coordination et de concertation sur les questions transfrontalières et le droit local. Les deux départements alsaciens constituent un espace où le fait transfrontalier est au cœur des politiques publiques: l’économie, l’emploi, les transports, l’enseignement, la langue régionale, la formation professionnelle, l’environnement. Les lignes de chemin de fer, les voies fluviales, les autoroutes, le transport aérien, les itinéraires cyclistes, les risques industriels et les pollutions ne s’arrêtent pas aux frontières. C’est de l’autre côté des frontières, allemande et suisse, que des dizaines de milliers d’habitants, le plus souvent bilingues, trouvent le travail qui fait défaut ici.

Sauvegarder par la loi l’institution Alsace jusqu’en 2021  tout en lui permettant d’évoluer

Les actuels élus de l’assemblée de l’ensemble institutionnel appelé Grand Est  ont été élus puis certains désignés comme dirigeants de l’exécutif pour 6 ans en 2015 soit jusqu’en fin 2021. Il semble juridiquement difficile de mettre purement- et simplement fin à leur mandat.

La population alsacienne n’a pas été consultée par le gouvernement, celui-ci ignorant délibérément l’article 5 de la Charte européenne de l’autonomie locale, un traité international  ratifié sans aucune réserve par la France. Le fait que le Conseil d’Etat, saisi de ce déni,  ait estimé que les règles de procédure imposées par un traité ne s’imposent pas aux pouvoirs publics, ne peut dissimuler que la fusion a été opérée sans le consentement de sa  population, au mépris de ce traité et des pratiques européennes. A cet égard une pétition  réunissant en un temps record 110 000 signatures de citoyens français résidant en Alsace, organisée dans le cadre de l’article 72-1 premier alinéa de la Constitution, et visant à obtenir un référendum en Alsace sur ce sujet, a été délibérément ignorée par l’ancien président de Région et le gouvernement.

Pour permettre le passage  en 2021 à une région  spécifique d’Alsace, la loi devrait prévoir que  les décisions prises depuis 2015 par l’institution Grand Est,  susceptibles d’empêcher ce retour comme institution régionale,  sont annulées. Elle devrait  aussi organiser pour les décisions à venir, concernant  l’Alsace,  des procédures de vote distinctes  par les  élus régionaux alsaciens. A cet effet, un budget «Alsace » spécifique par exercice serait voté après consultation des présidents des deux départements alsaciens.

Proposer aux Mosellans de rejoindre la coopération interdépartementale  alsacienne

Cette entente interdépartementale pourrait être étendue à la Moselle qui partage avec les départements alsaciens la même langue régionale, le même droit local, la même dimension transfrontalière  vers le Luxembourg, la Sarre, la Rhénanie-Palatinat, et pour partie la même histoire. La loi devra prévoir dans un premier temps la consultation des élus mosellans concernés et la possibilité d’un référendum local organisé par l’institution départementale.

Développer un projet  institutionnel bénéfique pour l’Alsace  et ses habitants

Le Comité Alsace pour une meilleure réforme institutionnelle propose d’élaborer un nouveau projet de collectivité alsacienne à statut particulier conforme à la Constitution, soumis préalablement à référendum auprès de sa population.

Plus de 110 000 électeurs alsaciens se sont déjà expressément prononcés en 2015 en ce sens  en demandant dans le cadre légal un référendum local sur l’avenir institutionnel de l’Alsace, sans être écoutés par les élus régionaux actuels, ni par l’Etat. Un véritable, énorme et nouveau déni démocratique. Les Alsaciens devront s’organiser pour faire respecter la voix des 110 000 citoyens alsaciens pétitionnaires, pour obtenir l’organisation d’un referendum sur un nouveau projet de statut régional et pour faire prononcer la suppression par le Parlement de la loi menant à la fusion avec deux autres régions, imposée unilatéralement et illégalement en 2015.

Vers une collectivité à statut particulier dotée de compétences renforcées

Imaginons plutôt en 2017 de faire revenir les nouveaux élus, Président, gouvernement et députés sur cette loi scélérate afin de reconstituer une Région Alsace institutionnelle  différente et meilleure. Ce serait le chemin d’une Alsace plus largement en mesure d’assurer son avenir et dotée à cet effet, dans le cadre de la constitution française actuelle, de compétences spécifiques supplémentaires, c’est-à-dire une «collectivité régionale à statut particulier».

Pour réussir ce projet, il est nécessaire de prendre en compte les véritables intérêts territoriaux d’Alsace, au nord et au sud, à l’est et à l’ouest, de maintenir du lien de proximité et de définir les compétences nécessaires en construisant et mutualisant par étapes les moyens des trois collectivités. Cela permettrait de mettre fin à tout double niveau de compétences et d’organiser plus efficacement et rationnellement  les administrations territoriales.

Cette collectivité pourrait disposer de compétences institutionnelles, administratives et linguistiques renforcées qui lui permettraient de sauver sa langue et de maintenir les liens culturels, économiques, institutionnels, mais aussi familiaux et personnels avec son environnement germanophone, de sauvegarder son rapport différent et fructueux à une laïcité faite de convivialité et non pas d’interdictions.

Maintenir les départements, nos institutions de proximité

Pour autant faut-il supprimer les départements et les remplacer par des bassins de vie, des conseils locaux sans véritable représentativité ni existence institutionnelle, de simples donneurs d’avis dans les procédures décisionnelles d’une collectivité régionale unique. L’exemple du conseil économique, social et de l’environnement du défunt conseil d’Alsace, dont les avis ont été particulièrement peu suivis, incite à ne pas retenir une telle solution face à des territoires susceptibles d’être en compétition.

Eviter la centralisation et la féodalisation du pouvoir régional

 La collectivité unique mène aussi à remettre les décisions et les clefs des finances de toute une région à, sinon une seule personne, tout au moins à un petit groupe de politiciens et fonctionnaires, sans aucun contre-pouvoir  régional ou départemental durant au moins six ans.

Les électeurs haut-rhinois en 2013 avaient compris, lors du vote référendaire sur une collectivité unique de 2013, que Strasbourg acquerrait ainsi une prééminence totale et que leurs préoccupations locales en souffriraient de toute évidence. La disparition des départements, administrations de proximité aux compétences spécifiques sera donc une voie à éviter.

Le choix d’un conseil commun pour l’Alsace

La création d’un Conseil commun à la nouvelle collectivité et aux départements, projet  largement inspiré du conseiller territorial voté par la précédente législature, mais abrogé par les socialistes en 2012,  permettrait de gérer l’Alsace sans doublons, avec moins d’élus et de personnels, grâce notamment à la disparition de la clause de compétences générales en valorisant au plus près atouts et synergies. Une telle gestion aurait progressivement pour résultat de limiter puis de réduire les contributions fiscales et de retrouver la prospérité.

De nouvelles compétences obligatoires devraient être obtenues par la « collectivité à statut particulier » : la politique linguistique régionale, la conclusion d’accords transfrontaliers de voisinage, la consultation préalable obligatoire par l’Etat avant tout traité international concernant l’Alsace et ses voisins, ou leur mise en œuvre, l’avis obligatoire de la nouvelle collectivité sur tout projet de texte législatif concernant le droit local, le pouvoir réglementaire permettant de le modifier.

Une extension possible à la Moselle

 Le cas échéant, cette organisation efficace pourrait permettre dans un second temps d’associer les Mosellans avec, bien entendu, le consentement des populations concernées.

La Moselle conserverait dans cette formule son conseil départemental propre, sa collectivité de proximité.

Vers une réorganisation des services de l’Etat

Un allègement corrélatif du poids des institutions étatiques devenues inutiles permettrait une nouvelle réduction des charges pour nos entreprises régionales et pour la population.

Manifeste pour une meilleure réforme territoriale pour l’Alsace:
Janvier 2017

Comité de rédaction: Bernard Stoessel, Patrick Kleinclaus, Monique Matter, François Schaffner

Contact: Bernard Stoessel: 06 31 11 31 28

manifestepourlalsace@orange.fr

Il est « CETA » moins cinq, l’heure d’agir!

L’Alterpresse68 a publié de nombreux articles sur l’accord CETA, ce traité de libre échange entre l’Europe et le Canada.

Voir nos articles :

Aujourd’hui nous publions un texte  d’Attac-France qui appelle à se mobiliser avant le vote du 15 février au Parlement Européen sur le CETA :

Dernière ligne droite avant le vote du CETA au Parlement européen

Le parlement européen doit se prononcer mercredi 15 février sur le CETA (« Comprehensive Economic Trade Agreement »), le projet d’accord de libre-échange entre le Canada et l’Union Européenne. Rien n’est encore joué, de multiples voix de parlementaires s’élèvent pour dénoncer cet « accord commercial du passé qui sacrifie les droits humains aux intérêts commerciaux » [1]. Le CETA est le semblable du TAFTA, il permettra d’ailleurs à 80 % des entreprises américaines qui ont une filiale aux Canada d’attaquer les États européens qui adopteraient des mesures remettant en cause leurs intérêts [2].

Partout en Europe et au Canada, des citoyen·e·s s’organisent pour lutter contre ce projet qui donnerait un pouvoir démesuré aux multinationales pour attaquer des décisions publiques [3]. La campagne d’interpellation en ligne [4] et la journée d’action européenne6 ont fait basculer des dizaines de parlementaires européens dans le camp du non. Malgré tout de nombreux/se eurodéputé·e·s continuent à faire la sourde oreille et à ne pas entendre les revendications légitimes des citoyen·ne·s.

Faire basculer le députés européens récalcitrants

Attac, membre du collectif Stop TAFTA CETA qui regroupe plus de 80 organisations syndicales, associatives et politiques, invite les citoyen·ne·s à ne pas relâcher la pression pour faire barrage à cet accord commercial qui sacrifierait la démocratie, les services publics, le climat, l’agriculture et l’emploi. Nous avons mis en place un outil qui vous permet d’interpeller les euro-député·e·s français·e·s : http://collectifstopTAFTA.org/europarl/.

Nous vous invitons à leur faire part de vos craintes liées aux conséquences du vote de cet accord qui conférerait des droits excessifs aux multinationales au détriment de la protection des citoyen.ne.s et de la défense de l’intérêt général.

Vous pouvez ciblez plus particulièrement les eurodéputés centristes qui ne se sont pas encore prononcés : Marielle de Sarnez, Jean-Marie Cavada, Robert Rochefort, Dominique Riquet et Nathalie Griesbeck en les interpellant par téléphone, courriel ou via les réseaux sociaux (cliquez sur les liens ci-dessus pour obtenir toutes leurs coordonnées).

Sans surprise, la commission Commerce International, valide le CETA

C’était la dernière étape avant le vote en plénière du CETA. La commission Commerce international, largement composé de fervents défenseurs du libre-échange, a validé le CETA sous sa forme actuelle (25 voix pour, 15 contre).  Fait remarquable, Marielle De Sarnez, euro-députée du MoDem s’est abstenue lors de ce vote. Cela prouve l’inquiétude que véhicule cet accord et les doutes que connaissent les euro-député⋅e⋅s. Continuez à l’interpeller pour la féliciter de ne pas avoir voté pour le CETA et invitez là à passer le pas et à voter contre au moment du vote en séance plénière.

Les deux eurodéputé⋅e⋅s français⋅e⋅s à avoir voté pour le CETA en commission Commerce international sont Franck Proust et Tokia Saïfi.

Retrouvez la réaction du collectif Stop TAFTA/CETA à la suite du vote.

Toutes et tous à Strasbourg les 14 et 15 février

(Possibilité de covoiturage : s’adresser à L’Alterpresse68 par courrier électronique)

IlEstCETAMoinsCinq

Au moment du vote du CETA le 15 février, et indépendamment de son résultat, nous serons des milliers à affluer vers Strasbourg pour faire entendre nos revendications : « Pour la justice sociale et climatique, non au traité des multinationales ! »

Les mouvements européens se retrouveront dès le mardi 14 février au soir pour une grande soirée festive, à partir de 19 h 30 au Molodoï à Strasbourg (19 rue du Ban-de-la-Roche), en compagnie d’ eurodéputé⋅e⋅s opposé⋅e⋅s au CETA et des mouvements venus de toute l’Europe. Le lendemain à 10 h 30 s’élancera une grande manifestation, pour aller faire entendre nos voix face au Parlement européen. L’après-midi à partir de 14 h se tiendra une assemblée des mouvements européens pour continuer à renforcer notre réseau et exiger un commerce au service des peuples et de la planète et non pour le profit d’une poignée de multinationales.

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau fera le déplacement pour l’occasion et, avec les défenseurs européens du CETA, il tentera à nouveau de le faire passer pour un accord progressiste. Nous ne les laisserons pas avoir le dernier mot !

Notes

[1] Voir tribune de 78 député.e.s et euro-député.e.s français.e.s contre le CETA, disponible sur : http://www.latribune.fr/opinions/tr…

[2] Voir « [-5175] », Attac France

[4] Voir le site http://cetacheck.eu

« Trumperies »: 1 millions de femmes dans les rues…

Vous n’avez évidemment pas pu échapper aux « trumperies » désormais quotidienne. L’inattendu président des USA n’a pas attendu longtemps après son investiture pour agir : remise en cause de l’assurance maladie instaurée par Obama, affichage de sa politique par un tonitruant « America first »…

Les déclassés qui ont voté pour lui, eux, n’ont pas encore eu droit à la moindre mesure en leur faveur.
On se dit que le Parti démocrate va immédiatement réagir, que les syndicats vont manifester, que les classes populaires vont rugir… Mais rien à part les communiqués indignés traditionnels dont tout le monde se fiche.

Un flop monumental… jusqu’à ce que vous, mes sœurs, vous les femmes américaines, vous preniez les choses en main avec le seul soutien de ce bon vieux Bernie Sanders.

D’abord Trump vous a humiliées, vous a ramené à un simple objet et un objet, ça n’a pas de droit. Alors, hop, on va commencer à en détruire un, emblématique, le droit à l’avortement… Et là, mes sœurs adorées, vous n’avez pas attendu la consigne de je ne sais qui et vous êtes descendues dans la rue.

Tout est parti d’une initiative personnelle d’une ancienne avocate Teresa Shook, triste et déprimé après la victoire de Trump qui a trouvé sur Internet des filles dans le même état qu’elle et elles ont considéré qu’il fallait faire quelque chose pour se sentir moins triste. Pourquoi pas une marche ?

Ce n’est pas une poignée de militantes qui ont réagit, mais elles furent 400.000 à New York, 175.000 à Boston, 100.000 à Denver, des millions à travers le monde, aussi à Paris, Lyon, Marseille pour la France…

A la manif de Paris, beaucoup, énormément de femmes américaines résidant dans la capitale. Mais aussi des franciliennes, donnant ainsi à la protestation contre Trump une dimension réellement internationale.

Vous avez été les seules, mes sœurs, à trouver la bonne réponse adéquate. Loin des discours creux et insipides de ceux qui dénoncent Trump sans pour autant agir… C’est vous qui avez créé l’événement politique de la semaine… et peut être pour celles qui vont venir
Oui, ce que fait Trump ne menace pas les seuls citoyens américains, les féministes françaises présentes au Trocadéro ont saisi que leur propre conquête du droit à l’IVG est menacé par le grand (faux)blond à la chaussure brune.

Trump n’est qu’un aspect de la vague réactionnaire qui est en train de déferler sur le monde. Quand les partis d’extrême-droite européenne, dont le FN et l’AFD se réunissent à Coblence pour saluer la victoire du résident de la Maison Blanche, quand Bepe Grillo, du Mouvement 5 étoiles italien clame « La politique internationale a besoin d’hommes d’Etat forts comme Trump et Poutine »… et je pourrai en citer beaucoup d’autres, nous glissons vers un monde autoritaire, sécuritaire et réactionnaire… en attendant « mieux »!

Et comme toujours dans cette vision de la société, ce sont les femmes les premières victimes, celles auxquelles ont réduit les droits dont ceux de l’égalité des genres.

Mais non, c’est vous mes sœurs qui avez encore une fois prouvé que la femme est bien l’avenir de l’Homme… Et là, je m’incline bien bas et vous dis tout simplement: Respect…

Michel Muller

Ce que les mots disent (en plus … ou en moins)

On se souvient d’une double métaphore qui avait fait florès sur les ondes dans les décennies précédant la fin du bloc soviétique : « l’hôte de la Maison Blanche et le maître du Kremlin » était une formule rabâchée par les journalistes pour désigner les dirigeants respectifs des Etats-Unis et de l’URSS.

Au-delà de la réalité, et même si un Ronald Reagan n’était nullement moins autoritaire qu’un Gorbatchev, l’expression ressassée à souhait suggérait en filigrane qu’aux postes de commande des deux grandes puissances se trouvaient de part et d’autre un « gentil » et un « méchant », un champion de la liberté scrupuleusement respectueux de la démocratie face à un dictateur autocrate et tyrannique : la formule se suffisait à elle-même et dispensait son utilisateur de toute analyse plus poussée.

Difficile, au vu du résultat des dernières présidentielles états-uniennes, de recycler le procédé, mais on n’est à l’abri de rien …

Le « patron »

Dans un registre similaire, l’utilisation fréquente, par la presse écrite et parlée, du terme « patron de la CGT » pour désigner le secrétaire général de cette organisation mérite qu’on s’y arrête. Philippe Martinez n’est d’ailleurs pas le seul à être qualifié de la sorte, Jean-Claude Mailly, Laurent Berger, ses homologues de FO et de la CFDT, se voient affublés du même vocable.

Le choix du terme de « patron » pourrait sembler neutre, celui-ci pouvant passer pour un simple synonyme de « responsable », mais il n’est inoffensif qu’en apparence, car il s’y rattache des notions sous-jacentes et suggèrent des associations.

En effet, il renvoie immanquablement au fait qu’un patron est, le plus souvent, propriétaire de sa boutique et de ce fait seul maître à bord, en ces temps de maigre capacité d’intervention des salariés sur leurs lieux de travail : ce qui laisse à entendre que Philippe Martinez ferait de la CGT ce qu’il entend, et qu’il y dispose de tous les pouvoirs : bref, qu’à l’instar d’un chef d’entreprise, il règnerait sans partage.

En un mot, que les organisations syndicales sont dépourvues des règles démocratiques qu’elles revendiquent pourtant ailleurs.

Autre conséquence : puisque les dirigeants syndicaux sont des patrons, quel crédit peut-on encore leur accorder quand ils prétendent en combattre d’autres, les vrais et bien réels, ceux qui ont appelé de leurs vœux toutes les régressions sociales qui ne cessent de déferler ?

N’est-ce pas entacher un tant soit peu de doute leur volonté de contrer sincèrement ceux qui partagent le même rang hiérarchiquement supérieur, ce qu’atteste l’emploi d’une définition terminologique commune ?

Dirigeant syndical, un patron comme un autre, en somme : écho de l’élu politique voué à rejoindre les « tous pourris ».

Le choix des mots n’est décidément pas innocent.

Daniel MURINGER

capture

Des militants de l’UD du Maine-et-Loire se sont penchés il y a trois ans sur les mots sources de brouillage idéologiques, tels les « charges » sociales  en place de « cotisations ».

Après un premier volume, en voici un deuxième, et on savourera les deux exemples ci-dessous.

Les deux volumes sont disponibles à l’adresse ci-dessous, au prix de 2 euros par exemplaire.

UD CGT Angers 14, place Louis Imbach 49 000 Angers

02 41 25 3615

udcgt@orange.fr

 

A commander en masse, tant le coût est dérisoire !

 

Extraits

 

PRIVILEGHIES: Un mot à double sens

Si vous êtes un lecteur assidu des hebdomadaires français,vous trouverez aisément la rengaine suivante :« Privilégiés ; ceux que la France subit ! ».

Qui sont-ils ? C’est bien connu : tout d’abord les fonctionnairesavec leurs salaires garanti, les assistés de tout poil avec les « bénéficiaires » des minima sociaux, les accidentés du travail qui l’ont bien cherché, et les chômeurs qui n’ont pas cherché etc., la liste est longue.

Les privilégiés pullulent.

Et puis il y a une deuxième catégorie : ce sont les ceusses qui savent bien se servir de l’oseille produite par nos soins.

Gardons toujours au fond de notre poche les chiffres suivants :

  • 1 % de la population mondiale possède 50,1 % des ressources globales. Autrement dit
  • 1 % possède autant que les 99 % restant.
  • 10 % possèdent 86 % du gâteau.
  • 50 % possèdent que dalle.
  • les 40 % restant se « partagent » 14 % du gâteau.

L’argent ne fait pas le bonheur ? – Rendez-le !

Serons-nous obligés d’aller le chercher ?

 

 

CLIENT

Dénomination qui précède ou accompagne les privatisations d’un service public. Les dites privatisations se font au nom de la libre concurrence qui mettra fin à une situation de monopole en permettant une baisse des tarifs pour le consommateur.

C’est ainsi que les utilisateurs devenus clients ont puconstater combien la baisse liée à la libre concurrencese traduisait en fait par de fortes hausses qui pèsentde plus en plus sur leur budget.

Les actionnaires quant à eux se frottent les mains d’avoirautant de nouveaux clients.

Et si nous redevenions des usagers ?

Ouvrage édité par l’Union départementale CGT 49 (Maine et Loire) et la Commission Culturelle – Textes : Henri Uzureau, Jean Leroy – Graphisme et dessins : Collectif Au fond à gauche (Guillaume Lanneau – Bruno Charzat)- 2014.

 

Un débat sur le revenu universel : une fausse bonne idée ?

L’Alterpresse s’est engagée dans le débat autour de l’idée du Revenu universel de base inconditionnel depuis de longs mois. Elle s’est intégrée dans les collectifs qui réfléchissent autour de cette question  et en font la promotion.

Le fait que le spectre politique de ceux qui préconisent le Revenu universel aille des ultra-libéraux (Milton Friedmann) à une partie de la gauche, suscite des interrogations. Tout le monde parle-t-il de la même chose ? Evidemment non. L’approche d’un Daniel Häini, l’initiateur suisse de la consultation en Helvétie, Roger Winterhalter, Jacques Muller, Laurent Schneider, qui sont tous intervenus dans nos colonnes, ont une approche qu’ils qualifient de progressistes.

La perspective de l’élection présidentielle française relance le débat puisque plusieurs candidats(tes) le préconisent comme une solution à la transformation du travail et à l’augmentation de la pauvreté.

Nous nous sommes fixés comme objectifs d’être le média du Revenu universel en ouvrant le débat largement et en donnant la parole à l’ensemble des personnes qui travaillent sur cette hypothèse.

C’est pourquoi nous organisons,

mardi 31 janvier,

à l’Auberge de la Jeunesse de Mulhouse,

de 19 h à 21 h 30,

un débat dont le principal intervenant sera Denis Durand, économiste, de la revue Economie-Politique

« Le « revenu de base », ou quel que soit son nom, fait partie de ces fausses bonnes idées pour résoudre les vraies questions du chômage et de la précarité. L’idée est simple en apparence: fournir un revenu mensuel à chaque individu, indépendamment de son activité productive et de ses autres revenus, juste parce qu’il existe. Si ses sources idéologiques et théoriques sont multiples, elles reposent toutes sur un socle commun: elles postulent implicitement que l’on peut distribuer un revenu sans se soucier de sa production préalable. Or un revenu ne se distribue que s’il existe! C’est un principe de réalité, avec des conséquences. »

http://www.economie-politique.org/sites/default/files/eco_po_744_745_dossier.pdf

Cet extrait d’un dossier de 24 pages publié par la revue Economie-politique donne le ton : le RU n’est pas une solution pour ces chercheurs en économie et nous estimons que nous devons établir un dialogue entre les tenants et les opposants du Revenu Universel. Un dialogue contradictoire car ce sont les seuls qui font progresser les idées.

Rendez-vous donc, mardi soir, à l’Auberge de la Jeunesse de Mulhouse. 19 h.

MM

Des baffes qui se perdent…

La fameuse gifle que Manuel Valls a encaissé en Bretagne a fait couler beaucoup d’encre. Entendons nous bien, la gifle n’est évidemment pas une méthode, ni pour l’éducation des enfants, ni pour un premier ministre. Malheureusement ce sont plus souvent les enfants qui en sont destinataires plutôt qu’un ancien premier ministre.

Mais d’autres faits, bien plus importants, qui dénote une autre violence grave, se sont passés récemment et n’ont pas conduit à tant de titres ou de commentaires.

Par exemple, la démission de 11 médecins urgentistes sur les 15 de l’hôpital de Dreux. Comme les 13 sur 26 à l’hôpital d’Avignon en octobre dernier.

Cela fait des mois que les praticiens de Dreux avaient alerté leur tutelle sur les mauvaises conditions de travail, sur le manque de moyens, le manque de personnel, le manque de considération, bref, un manque de tout.

Et ils avaient même fait grève durant l’été 2015, pour les mêmes raisons. Ce n’est pas rien, une grève aux urgences d’une ville importante : pourtant, il ne s’est rien passé. Les autorités, la direction de l’hôpital, le ministère lui-même, se sont sûrement dits que les médecins sont sensibles aux souffrances des malades et reviendront dans le rang après avoir étalé leurs états d’âme.

20 h sur un brancard !

Et c’est vrai qu’ils ont repris leur boulot dans des conditions de plus en plus dures : dans le journal régional, L’Echo Républicain, ils s’expliquent : « La semaine dernière nous avons des patients qui ont attendu jusqu’à dix heures, une femme de 97 ans a passé 20 heures sur un brancard, on ne trouve plus de lits en aval, parce qu’ils ont été fermés. »

La directrice de l’hôpital s’étonne, elle ne comprend pas ! Et c’est vrai qu’elle ne comprend rien apparemment à la lecture de sa réaction dans le même quotidien : «  Je ne vois pas ce qui expliquerait ces éventuelles démissions alors que des choses ont été faites aux urgences depuis un an. Je devais d’ailleurs avoir une réunion de négociation sur le temps de travail avec les urgentistes dans quinze jours ».

Mais, chère Madame, les urgentistes ne vous parlent pas de temps de travail, ils vous parlent du temps que passe une dame de 97 ans sur un brancard, ils vous parlent de fermeture de lits en aval, ils vous parlent de la précarité galopante qui pousse les malades à aller plutôt aux urgences que de voir leur généraliste, parce que les urgences, c’est gratuit…

Voyez-vous Madame, du haut de votre fonction et du sale boulot qu’on vous fait faire en exigeant des économies à tour de bras, vous méprisez des femmes et des hommes qui gèrent les souffrances physiques et bien souvent morales.

Vous gérez, Madame, sans que cela semble vous troubler, avec les belles méthodes dignes de l’ultralibéralisme à laquelle votre tutelle s’est convertie.

Et les urgences de Thann ?

Cela me rappelle un autre dossier, ici, dans le département, celui des urgences de Thann. Rappelez-vous, cela date de quelques mois : les urgences de l’hôpital de Thann, dont des médecins avaient démissionné eux-aussi, devaient être fermées durant 6 mois à partir du 7 novembre. Cela avait fait du bruit car élus, syndicats, populations s’étaient fortement opposés à cette fermeture, ils avaient même manifesté pour cela.

On a beaucoup moins parlé de la décision de l’Agence régionale de santé du Grand Est du 19 décembre qui a décidé que la fermeture ne durait pas que 6 mois mais qu’elle était définitive. Toute une vallée n’avait plus droit à un service d’urgence 24 h sur 24. A la place, « un centre de soins non programmés, permettant de prendre en charge en journée les urgences non vitales, devrait voir le jour. » « Devrait », on note le conditionnel.

Comment peut-on dès lors s’étonner que le discours politique n’ait plus aucune crédibilité. Les fausses promesses, le passage en force pour imposer des mesures impopulaires à un pays qui n’en veut pas, la répression contre ceux qui exercent leur droit de grève et de manifestation comme cela fut le cas hier au tribunal correctionnel de Strasbourg qui veut condamner six syndicaliste à de fortes amendes pour avoir manifester.

Alors, il est vrai que la gifle à l’ancien premier ministre n’était pas la bonne manière, mais souffrez que, dans notre France actuelle, il y a quand même des coups de pieds au c… qui se perdent…

MM

 

 

GCO : DES ROUTES QUI NE MÈNENT NULLE PART!

Le projet du « grand contournement ouest de Strasbourg » (GCO), qui remonte dans sa formulation aux années 70, a fait l’objet d’une procédure qui dure depuis quinze ans, a été deux fois enterré et à nouveau exhumé : le voilà qui refait surface avec force depuis fin 2013, à la faveur d’un brusque revirement des élus socialistes de la CUS (Communauté urbaine de Strasbourg) en sa faveur.

L’objectif affiché est de délester l’A35 à hauteur de Strasbourg, embouteillée matin et soir en construisant une autoroute de 24 km dans la grande périphérie de l’agglomération.

Pourtant, en 2005, une expertise indépendante, le « rapport TTK », avait démontré l’inutilité du projet. Malgré cela, l’enquête publique de 2006 formule un avis favorable qui aboutira en janvier 2008 par la signature du décret de la déclaration d’utilité publique.

Les opposants au projet sont nombreux (associations, élus, communes, Alsace Nature, agriculteurs, particuliers, etc.) et sont organisés de longue date au sein d’un collectif « GCO, non merci » http://gcononmerci.org

Un GCO qui n’apporte pas de solutions aux problèmes…

Une opposition qui ne se fonde pas uniquement sur les nombreux dégâts environnementaux induits par le projet, mais qui repose également sur des doutes sérieux quant à la capacité de cet aménagement de remplir la fonction qui lui est assigné. En effet, les mesures d’impact fournies par les études ne donnent que des chiffres plutôt modestes en termes de réduction du trafic obtenu : de 9 à 12 % aux heures de pointe et de 6 à 10% en moyenne journalière. Pas de quoi soulager réellement l’engorgement structurel du tronçon urbain concerné, d’autant que cette relative embellie, comme que le souligne le rapport de la mission ministérielle, pourrait encourager des usagers qui avaient renoncé à la voiture à reprendre le volant, rendant ainsi quasi nul le bilan de l’investissement.

Didier Dieudonné, directeur des Transports et des Déplacements à la région Alsace ne dit tien d’autre (DNA, 17 septembre 2007) :« Il est vrai que du point de vue des liaisons pendulaires vers Strasbourg, le GCO n’apportera pas beaucoup de solutions. Le risque est en fait que la capacité dégagée par cette nouvelle voie ne soit réinvestie par des gens qui se détourneraient des transports collectifs pour retourner vers la voiture. Au bout du compte, l’A35 resterait victime de ses thromboses à répétition et rien ne serait résolu…».

D’épouvantables conséquences écologiques

Les conséquences écologiques seront, elles par contre, bien plus tangibles et … incontournables ! Vingt-deux à vingt-quatre communes concernées par le trajet envisagé de l’autoroute, seront impactées en termes de nuisances sonores et de pollution, verront leurs paysages défigurés, particulièrement Vendenheim, où 10 hectares de la forêt du Grittwald disparaîtraient, au détriment de la biodiversité et d’un lieu de promenade favori pour les habitants de l’agglomération strasbourgeoise.

Plus de 300 hectares de terres agricoles du Kochersberg, parmi les plus fertiles d’Europe, (à l’heure où l’on s’interroge sérieusement sur les conséquences de la diminution des surfaces cultivables avec l’extension des zones bâties) seront requises pour la construction envisagée.

hamster

Les travaux de contournement font peser une menace mortelle sur le grand hamster d’Alsace : le rongeur trouve dans les champs en question son dernier habitat en France déjà bien fragilisé, à la limite occidentale de la zone d’extension de l’espèce en Europe. Une telle préoccupation peut sembler secondaire et prêter certains à sourire, mais l’Europe, elle, ne rigole pas : la France encourt une lourde pénalité pour le non-respect de ses engagements en matière de préservation du mammifère parmi les plus menacés du continent (parfois, l’UE a du bon !)

Au passage, le tracé du contournement abîmera également la perspective du parc du château de Kolbsheim, haut lieu patrimonial et culturel de la région qui sera coupé par un ouvrage autoroutier à plusieurs mètres de haut.

Et si on parlait des alternatives… Car elles existent!

Pourtant, les alternatives à ce projet coûteux existent et le collectif des opposants les énumère à souhait :

– une part non négligeable du trafic en question est constitué de poids lourds en transit qui empruntent l’A 35 suite à la mise en place la « LKW Maut » (péage poids lourds) sur l’autoroute allemande : une éco-taxe similaire ferait rebasculer en bonne part ce lourd contingent automobile – particulièrement polluant – sur l’A5 d’outre-Rhin. Les portiques ad hoc ne sont-ils pas déjà en place ?

–  il y a lieu et moyen d’améliorer les transports en commun et le co-voiturage.

–  il convient également de faciliter les liens entre modes de transport, dont la « mobilité active » (marche, vélo).

Les résurgences et abandons épisodiques du projet ne sont pas sans rappeler, dans notre région, ceux du canal à grand gabarit Rhin-Rhône qui renaissait de ses cendres à intervalles réguliers il y a quelques décennies.

En tous cas, celui du GCO a toute sa place dans la liste des « GPII », les « Grands Projets Inutiles et Imposés » – on a envie d’ajouter « Nuisibles » -, qui, de Notre-Dame-des-Landes à Sivens, bétonnent et dévastent les paysages sans bénéfice réel pour le public et faisant fi, en outre, du refus des populations concernées.

Les portiques en place: à quand l’éco-taxe pour les poids lourds?

Les bouchons de l’A35 sont dus pour l’essentiel à des déplacements pendulaires, les trajets domicile-travail entre Strasbourg et sa périphérie : un simple coup d’œil sur la carte du projet suffit pour se rendre compte que le contournement ne changera rien, ou bien peu, à cet état de fait. La circulation de transit, éventuellement susceptible d’emprunter le contournement, représente 20% du trafic et le contournement ne soulagerait que faiblement le tronçon urbain  (des estimations officielles parlent de moins de 8%) ; car on peut incidemment s’interroger sur la pertinence de l’instauration d’un péage – l’A35 étant, elle, gratuite – au tarif modulable en fonction de l’horaire : l’itinéraire de contournement coûtera plus cher au moment où l’on en aurait le plus besoin … et sera d’autant dissuasive ! Curieuse logique, et parfaite illustration de la loi du marché, aux antipodes de l’intérêt public.

Les aspects lucratifs du projet qui affleurent ici nous sont confirmés, bien sûr involontairement, par le président de l’ancienne autant que de la nouvelle Région, Philippe Richert, quand il affirme  que « ce chantier promet 1500 emplois pendant trois ans » : argument qui pèse évidemment de tout son poids par les temps de chômage qui courent. Cependant, on pourrait souhaiter plus de pérennité aux emplois qu’il convient urgemment de créer, d’une part, et d’autre part les voir créer dans des domaines bien plus utiles, surtout en regard du coût prévu de l’opération (près de 500 millions d’euros) et ce, sans parler des retombées négatives sur l’environnement et la qualité de vie évoquées précédemment.

La CCI Bas-Rhin, pour sa part, insiste elle aussi sur l’intérêt « économique » du projet … et on s’éloigne ainsi tout doucement de sa finalité initiale, celle de trouver une solution à un grave problème de circulation routière, pour retrouver une constante immanente aux motivations réelles de bien des grands chantiers publics : car qui dit « emplois » dit aussi implicitement « profit » pour les entreprises retenues pour leurs maîtrises d’œuvre.

Pourquoi, dès lors, cette obstination des pouvoirs publics à imposer ce chantier aussi peu convaincant ?

Balayons encore l’argument avancé de la pollution de l’air, car aussi  spécieux que les autres, les pics de celle-ci étant relevés sur toute la région et non uniquement sur la ville : le contournement n’y changerait rien.

Lors d’une réunion publique, le président de l’Eurométropole a concédé que le GCO ne règlera pas le problème de l’engorgement de Strasbourg, mais qu’il était indispensable pour la survie de Strasbourg … Le déclassement de la A35 d’autoroute en boulevard urbain permettra, en vertu du changement de statut, de rapprocher les constructions de la voie. Et l’on sait que la ville est à l’étroit dans ses murs !

Au bout du compte, il semblerait bien que la seule utilité, absolument pas publique celle-là, mais prosaïquement privée, soit dans cette affaire celle qu’y trouvent les actionnaires de Vinci, dont l’honoré légionnaire Bolloré qui, d’un bout à l’autre de la planète, détruit les éco-systèmes et bouleverse les agricultures vivrières. Actionnaires pour qui le sommeil des habitants de Pfulgriesheim ou le sort du hamster d’Alsace, comme celui du campagnol amphibie de Notre-Dame-des-Landes, sont le cadet des soucis.

Daniel MURINGER

Merci à Andrée BUCHMANN pour ses remarques et contributions.

 

Vers la pétition : GCO non merci !

[PETITION] Signez contre le GCO

– Article connexe :

Richert : du culot à revendre, des dettes à fourguer (novembre 2015) où l’on rappelle que la convention de financement du GCO la décision a été approuvée en catimini lors de l’ultime réunion de la commission permanente du conseil régional d’Alsace (voir le dernier paragraphe intitulé :  » Le bouquet final. Chiche Masseret ! Chiche Bachy ! » )

Podcasts des émissions enregistrées à l’occasion des élections régionales  (GCO évoqué par les candidat-e-s interrrogé-e-s par L’Alterpresse68 :

Elections régionales : Interview de Cléo Schweitzer (PS) (Radio MNE, décembre 2015)

Elections régionales : Interview d’Antoine Waechter et Djamila Sonzogni (Radio MNE, nov. 2015)

Le monde merveilleux du revenu universel (suite)

L’Alterpresse68 a apporté dès le départ sa contribution à l’organisation, dans le Haut-Rhin, de débats autour du « revenu universel ». D’abord en annonçant un forum sur le sujet (voir : Revenu universel… 22 otobre à Kingersheim ) ; puis en participant un peu à son déroulement et surtout en le prolongeant par la diffusion d’une émission « Un autre son de cloche » (Le revenu universel avec D. Häni et J. Muller sur Radio MNE le 27 octobre 2016). Nous publions aujourd’hui une prise de position de Lazare Chatzithomas qui fait suite à celui de Michel Husson publié initialement sur le site suisse de A l’Encontre et repris il y a quelques jours sur le site de L’Alterpresse68 : Le monde merveilleux du revenu universel.

Vos réactions sont les bienvenues et seront publiées! Continuer la lecture de Le monde merveilleux du revenu universel (suite)

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