4.000 MANIFESTANTS EN ALSACE… CE N’EST QU’UN DEBUT !

Près  d’une centaine de salariés et retraités du journal L’Alsace (339 salariés) ouvraient la manifestation mulhousienne. Signe que ce conflit avec le Crédit Mutuel qui veut liquider 70 emplois en supprimant l’imprimerie du quotidien rue de Thann pourrait être le gros dossier social dans le département lors de cette fin d’année 2017.
Ils étaient suivis de plus de mille manifestants, ce qui est, à l’image de ce qui s’est passé dans toute la France (500.000 selon la CGT) un franc succès, plus fort que la première mobilisation contre la loi El Khomri.  Pourtant, sur le plan syndical, seuls la CGT,  Solidaires et FSU ont été à l’initiative de cette action et se montraient satisfaits de l’écho dans le salariat.

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Le secteur privé était présent ainsi que les retraités qui faisant de l’augmentation de la CSG leur cheval de bataille : en effet comment comprendre que M. Macron veuille réduire l’impôt sur la fortune et taxer les retraites même les plus modestes !

Actes et méthodes

L’attitude bravache de Mme Pénicaud n’y changera rien : elle ne veut pas revenir sur le détricotage du code du travail dont elle continuera de devoir affronter une contestation qui est en train de s’amplifier.

Chacun sait qu’au-delà de la loi travail, d’autres remises en causes sociales sont en route. La suppression des APL aux locataires HLM est une autre preuve de cynisme et de choix de classe que ce gouvernement pratique. Quand le Premier ministre assure que les bailleurs HLM seront contraints de baisser le loyer pour rendre la suppression des APL indolore, il se moque du monde. Il est évident les organismes d’HLM seront ainsi privés de moyens pour construire des logements sociaux.

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On retrouve là la marque de fabrique Macron : d’abord on liquide un acquit et ensuite on propose, pour le futur, de revoir tout un dispositif. Ainsi pour l’APL : première décision, la supprimer pour les étudiants et à présent pour les locataires des logements sociaux (dont les citoyens les plus modestes) et ensuite, promettre une nouvelle politique du logement. Pourquoi ne pas commencer par le début : on met en place une nouvelle politique de logement et après on voit ce que deviennent les aides, si elles sont adaptées ou devenues inutiles… L’inconvénient de cette méthode, c’est qu’il faut du temps, un esprit d’ouverture, de la concertation pour arriver à une adhésion d’une majorité de la population.

Autre exemple : la loi Travail. Mme Pénicaud est une DRH de grandes entreprises dans lesquelles, comme vient de le révéler le journal L’Humanité, elle a touché en 2013, plus d’1,13 million de plus-value sur ses stock-options, en profitant de l’annonce de suppression de postes dans son entreprise de l’époque, Danone. Suppression qu’elle a elle-même assurée ! Elle veut donc faire comme chez Danone : concertation bidon durant des mois, laissant croire qu’il y avait des discussions avec les syndicats… puis divulgation du plan de liquidation du code du travail ficelé depuis longtemps ! Tout en promettant à l’avenir des mesures garantissant la « protection des salariés ». Mais ça, ce sera pour dans longtemps !

Les nouvelles étapes

Forte du succès du 12 septembre, la CGT appelle à une nouvelle manifestation le 21 septembre suivie de celle lancée à l’initiative de la France insoumise le 23 septembre. Trop de manifestations nuiraient à la mobilisation ? On peut penser que toutes les occasions d’exprimer son désir d’une autre politique sont bonnes à prendre et il vaut mieux en avoir plus que pas assez ! D’aucunes voudraient quelque peu instrumentaliser une opposition CGT-France Insoumise sans vraiment se poser la vraie question : pourquoi les autres organisations syndicales restent l’arme au pied.

Le Canard Enchaîné du mercredi 6 septembre a révélé que le gouvernement a reçu la CFDT et Force Ouvrière, le soir du 28 août, pour des négociations secrètes. Evidemment, à l’exclusion de la CGT ! Drôle de manière de pratiquer la transparence ! Durant ces opaques négociations, Laurent Berger (CFDT) et Jean-Claude Mailly (FO) auraient obtenu des concessions. Journée des dupes : car a la publication du projet de Mme Pénicaud, rien n’avait profondément changé dans le texte… Les dupes sont devenus des complices !

Le Canard rappelle également la composition « de choc » du cabinet de Mme Pénicaud : Antoine Foucher, directeur général adjoint du Medef en charge du social jusqu’en 2016, a été nommé directeur de cabinet.  M. Mailly a jugé cette nomination « pas mal » ! Oh, surprise ! On trouve également au poste de directeur adjoint, M. Stéphane Lardy… ancien secrétaire confédéral de Force Ouvrière !

Si toutes ces cuisines politico-syndicales ne sentent pas très bons et rejaillissent négativement sur l’ensemble du syndicalisme, il faut aussi et surtout prendre en compte que de nombreuses organisations départementales et fédérales FO ont appelé à participer aux manifestations.

Au rythme de la perte de confiance de M. Macron, gageons que les foules dans la rue pourront grandir au fil des mois car l’adaptation au forceps de la France au monde « macronien », n’en est, lui aussi, qu’à ses débuts.

Michel Muller

LES ORDONNANCES LOI TRAVAIL : CE N’EST QU’UN DEBUT…

Une fidèle lectrice de L’Alterpresse68 nous a fait part de la lettre qu’elle a envoyée au président Macron pour attirer son attention sur la situation des retraités… La réponse est édifiante : les ordonnances liquidant en grande partie ce qui reste de favorable aux salariés dans le Code du travail ne sont qu’un début. Les « transformations » vont s’enchaîner tant que la population les acceptera sans trop rechigner. Les manifestations à l’appel des syndicats le 12 septembre et de la France Insoumise le 23 seront décisives à ce propos : un échec serait un encouragement à continuer le démantèlement social, un succès conduirait forcément le gouvernement à devoir réfléchir sur la suite des événements. A chacun de se déterminer !

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FUNESTES CONSEQUENCES POUR LA PROTECTION DES SALARIES

Depuis quelques jours, nous connaissons donc le contenu des ordonnances réformant le code du travail : cinq textes, trente-six mesures, près de deux cents pages… Que l’on peut résumer assez aisément : deux cents pages reprenant point par point les demandes du MEDEF et de la CGPME qui prétendent que la « rigidité » du Code du Travail français les empêcheraient d’embaucher.

Le simulacre de « concertation » durant le mois de juillet a pu permettre à certaines organisations syndicales de se féliciter d’avoir « éviter le pire » ( !) mais n’a en rien changé ni la philosophie, ni les trames fondamentales du texte gouvernemental. Après que la démocratie parlementaire ait acceptée de se dessaisir de son rôle en votant le recours aux ordonnances, la démocratie sociale a subi son camouflet en la reléguant au simple rôle de faire-valoir et d’alibi.

Les salariés risquent donc de perdre une grande part de leur protection : les syndicats seront affaiblis puisque dans les entreprises de moins de 20 salariés le patron pourra négocier avec un employé non élu, ni mandaté et dans celles de 20 à 50, cela pourra se faire avec un élu du personnel non mandaté par un syndicat. En outre, dans les entreprises de plus de 50 salariés, les instances représentatives du personnel (Délégués du personnel, Comité d’Entreprise, Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) seront fusionnées en un seul organisme : le Conseil social et économique (CSE). Cette mesure affaiblira considérablement les syndicats qui n’avaient vraiment pas besoin de cela dans l’état où ils sont. Ils auront beaucoup moins d’élus, moins de moyens légaux, moins de temps, pour militer dans l’entreprise, là où pourtant l’essentiel des mesures sociales vont se décider.

Sans parler, bien évidemment, du plafonnement des indemnités prudhommales. Rappelons que ces indemnités intervenaient quand le patron se mettait en-dehors de la loi pour licencier un travailleur : cette mesure dans les ordonnances sera donc en quelque sorte une « amnistie préventive » d’un employeur qui saura le prix qu’il aura à payer pour licencier illégalement ! Et donc s’organiser financièrement pour le faire.

SOUS COUVERT DE MODERNISATION, UN RETOUR EN ARRIERE SOCIAL

Que pèse la vague allusion sur « le télétravail sécurisé » dans les ordonnances devant la réalité que vivent aujourd’hui des milliers de salariés du monde numérique ? Ce retour au paiement du travail « à la tâche » pourtant interdit par le vrai code du travail est un bond en arrière considérable.

Comme le prouve la lutte menée par les «auto-entrepreneurs » travaillant pour Deliveroo contre le paiement du salaire « à la course » : cette transformation de leur contrat avait comme conséquence la réduction de leur paiement de près de 30%. Cette vision des rapports sociaux à la sauce des grandes entreprises tout comme les start-up du numérique est en réalité celle des maîtres des forges du XIXe siècle… et retrouve une nouvelle jeunesse dans la philosophie des ordonnances de M. Macron.

INEFFICACES POUR L’OBJECTIF AFFICHE

Cet affaiblissement des droits des salariés devraient conduire les employeurs, « libérés » de toute contrainte sociale, à embaucher. Or, personne n’a pu prouver la moindre corrélation entre « rigidité sociale » et chômage. Des exemples prouveraient même le contraire : ainsi, comme le révèle l’excellent mensuel Alternatives Economiques dans son numéro de septembre, l’Allemagne a des mesures bien plus rigides en matière de licenciement et a pourtant moins de chômeurs !

Le Job-Act que Matéo Renzi a infligé en 2014 à l’Italie et dont le cœur du dispositif est l’instauration d’un CDI unique à « protection croissante » permettant aux employeurs de licencier un salarié, même sans cause réelle, en échange d’une indemnité d’une valeur maximale de 24 mensualités, a apparemment fortement inspirée M. Macron.

Or, après un effet d’aubaine essentiellement lié aux aides fiscales qui a fait reculer le chômage d’un point (de 12,5% à 11,5%) en 2015, les choses se sont stabilisées, les créations d’emplois se sont taries… Reste une immense précarisation des salariés frappant essentiellement les plus jeunes.

L’objectif affiché de dynamiser l’emploi est donc loin d’être avéré. On peut donc considérer que ces ordonnances sont avant tout faites pour modifier profondément notre modèle social basé sur la solidarité nationale en réduisant les droits des plus faibles pour renforcer les pouvoirs des plus nantis.

SUPPRIMER DES EMPLOIS AIDES… ET LE CICE ?

Une autre mesure est en train de révolter de nombreuses collectivités locales et associations : la suppression des emplois aidés entre autres les CUI-CAE. Rappelons que le CICE et ses aides fiscales aux entreprises en échange de création d’emplois, a coûté 24 milliards par an à l’Etat. Sans générer de l’emploi. Et pourtant, le gouvernement ne le remet pas en cause.

Les emplois aidés type CUI-CAE sont supprimés car « trop coûteux » et « pas efficaces ». Or, ils ont coûté 3 milliards par an à l’Etat et ont généré des emplois, des expériences pour des jeunes qui ont pu les valoriser ensuite en d’autres lieux. Ils ont également permis de consolider les actions d’associations qui pallient aux défaillances de l’Etat. Encore un exemple des choix faits par le « libéral » Macron…

D’autres mesures sont en gestation : la réforme des retraites, celle de l’allocation chômage, la réforme de l’allocation chômage.

Les arguments utilisés par le président de la République dans son interview à l’hebdomadaire Le Point sont sidérants : les retraités sont considérés comme des « nantis » (à partir de 1.200 euros par mois !) et devraient donc être mis à contribution. Oser dire cela quand parallèlement, on veut supprimer tout un pan de l’impôt sur la fortune (ISF) est plus qu’un abus de langage !

Il est à craindre que toutes les « transformations » à venir aillent dans le même sens pour préserver les grandes richesses supposées être les investisseurs futurs.

PEUT-ON CONTESTER UNE LEGITIMITE DANS LA RUE ?

C’est une des libertés fondamentales qui a coûté de nombreuses vies et de malheurs pour les militantes et militants des droits de l’Homme : le droit de grève, le droit de manifester, le droit d’exprimer son opposition… n’ont pas été accepté de bon gré par les possédants.

Une petite musique dangereuse commence à résonner : M. Macron a été élu, il a donc la légitimité pour appliquer son programme et la rue ne saurait contester cette légitimité (M. de Rugy, président de l’Assemblée nationale).

Mais M. Macron a obtenu moins de 20% des inscrits lors du 1er tour de la présidentielle : on peut donc estimer que c’est à ce niveau que se situe l’adhésion à son « programme ». Le fait que de nombreux électeurs aient voté contre Le Pen au 2e tour, ne légitime pas le projet économique et social du Président et de son gouvernement.

Prétendre que dans ces conditions, il n’est pas légitime de contester ses choix dans la rue est une drôle de manière de considérer la démocratie !

Des syndicats comme la CGT, Solidaires, l’UNEF et d’autres associations appellent à manifester le 12 septembre. C’est non seulement leur droit mais plutôt leur devoir s’ils estiment n’avoir que ce moyen pour s’opposer à des mesures iniques.

A QUOI JOUE FORCE OUVRIERE ?

D’autres font un choix différent. On peut d’ailleurs se demander à quoi joue Force Ouvrière. Vent debout contre la loi El Khomri, souvent plus radicale que la CGT, la centrale de Jean-Claude Mailly semble trouver des attraits aux ordonnances Macron pourtant bien plus dangereuses pour le monde du travail. Par quel mystère ? En tout cas, ce n’est pas bien clair… Même Laurent Berger, de la CFDT, pourtant fervent supporteur de la loi Travail précédente, est plus critique.

Il est clair que ces atermoiements, ces renoncements, ces circonvolutions cérébrales, désarçonnent les salariés. La division syndicale a toujours été un poison pour le monde du travail et pèse négativement sur sa capacité d’action.

Le syndicalisme est en recul. Certes, la CFDT se targue d’être devenu le 1er syndicat dépassant la CGT. Mais elle oublie de dire que cela se fait malgré un recul de son influence : elle se retrouve première uniquement parce que la CGT a reculé plus qu’elle ! Il n’y a donc pas de quoi se réjouir, surtout à un moment où les ordonnances Macron vont affaiblir le syndicalisme dans sa totalité en donnant au patronat la main pour les négociations d’entreprise. Une vraie évolution positive aurait été de renforcer les syndicats, de donner aux Comité d’entreprises plus de droits surtout en matière de licenciement.

Les échéances électorales sont bien trop éloignées pour arrêter la boulimie destructrice du gouvernement. C’est donc au tour de la démocratie sociale de reprendre la main et il est heureux que des syndicats prennent leur responsabilité. Le 12 septembre, ils méritent d’être soutenus. En espérant que l’unité syndicale se construira lors de futures échéances dangereuses pour notre modèle social.

Michel Muller

 

MANIFESTATION LE 12 SEPTEMBRE A MULHOUSE

14 h PLACE DE LA BOURSE

PRESSE REGIONALE : LE CREDIT MUTUEL VEUT FERMER L’IMPRIMERIE DE L’ALSACE

Après le gant de velours, apparaît la main de fer  : la personne chargée de la restructuration de la presse du Crédit Mutuel, (groupe Ebra*), M. Philippe Carli, vient de tenir des réunions dites « informelles » pour annoncer aux syndicats de L’Alsace et des Dernières Nouvelles d’Alsace que le Crédit Mutuel veut fermer l’imprimerie du quotidien mulhousien et confier l’impression du journal aux DNA à Strasbourg.

Ce transfert « rapporterait » 6 millions d’euros sur l’année… Une goutte d’eau à l’échelle des déficits qui devraient, selon la direction, monter à 75 millions, voire 100, dans les prochaines années. Que cette situation ne puisse durer est compréhensible, les syndicats eux-mêmes en conviennent. Mais fermer l’imprimerie mulhousienne aurait deux conséquences extrêmement néfastes et sources de futures difficultés :

  • L’éloignement du lieu de l’impression de plus de 100 kilomètres, obligera les journalistes de L’Alsace à boucler le journal très tôt, beaucoup trop tôt pour coller à l’actualité. On parle de bouclage à 22 h 30 (au mieux !) alors que de nombreuses activités économiques, sociales, politiques, culturelles, sportives se déroulent en soirée et ne pourront être couvertes. Cela est flagrant pour le sport : ainsi, dans de telles conditions, L’Alsace n’aurait jamais pu rendre compte dès le lendemain matin, du match de volley qui a couronné l’ASPTT championne de France féminine! On s’imagine la tête des lecteurs concernés! Mais cela ne semble pas inquiéter la direction de L’Alsace totalement soumise à son actionnaire.
  • La presse alsacienne a une particularité en France que tous les journaux lui envient : plus de 80% de son lectorat sont des abonnés. Qui payent leur abonnement en avance et fournissent aux entreprises une trésorerie confortable. Mais cela a un prix : celui de fournir le journal aux abonnés le plus tôt possible, le matin, et surtout avant que les gens partent au travail. Dans certains lieux, comme dans la région frontalière, le journal est souvent livré dès 5 h le matin… Avec le déplacement de l’impression sur Strasbourg, le temps de livraison du journal s’allonge de près de deux heures, avec des risques de retards fréquents, et aura un coût que la direction refuse de communiquer. Quand les délégués de L’Alsace ont fait part de ce risque au restructurateur, celui-ci a rétorqué que la perte de 2.000 abonnés est un risque qu’il était prêt à assumer…

Mais le plus grave dans ce choix concerne l’avenir de L’Alsace. Pour combler les déficits, la vraie réponse serait de développer le journal, d’enrichir l’offre éditoriale, d’aller au plus près des lecteurs en investissant dans l’information locale… Or, l’unification des contenus avec les Dernière Nouvelles d’Alsace, les agences communes comme cela vient de se faire à Guebwiller ne faisant ainsi plus de distinction entre le journal de Strasbourg et celui de Mulhouse, font apparaître le vrai choix de M. Théry, Président du CIC-Crédit Mutuel : ne faire qu’un seul journal en Alsace en concentrant l’information, en liquidant le peu de pluralisme qui existait encore avec les deux quotidiens.

Car une imprimerie peut aussi être un centre de ressources. Si l’outil industriel de L’Alsace devait disparaître, nous n’aurions plus aucune rotative dans le Haut-Rhin et empêcherait définitivement la création d’autres journaux locaux qui pourraient voir le jour dans l’avenir, comme cela se fait dans d’autres régions françaises.

Les syndicats ont une autre proposition : pourquoi le Crédit Mutuel n’utiliserait-il pas ses machines pour optimiser l’impression des titres de son groupe en mutualisant l’impression. Ainsi, Mulhouse serait bien en mesure d’imprimer des exemplaires de l’Est Républicain (faisant partie du même groupe) qui sont diffusés à Belfort et dans le Pays de Montbéliard et qui doivent actuellement être acheminés de Nancy.

Bref, l’argument d’économies à faire pour résorber un déficit ne tient pas. Il serait d’ailleurs intéressant de voir comment le Crédit Mutuel compte assainir les pertes du groupe dans la région Rhône-Alpes qui semblent supérieures à celles dans l’Est.

banderole mulhouse

La fermeture éventuelle (contre laquelle les syndicats s’élèvent, voir un communiqué ci-après) du centre d’impression de L’Alsace à Mulhouse cache en réalité une volonté du Crédit Mutuel de faire disparaître à terme un des 66 quotidiens que la France connaît encore… contre près de 400 en Allemagne.

MM

* Le groupe Ebra est détenu par la Banque Fédérative du Crédit Mutuel est composé de neuf titres : L’Alsace, Le Bien Public, Le Dauphiné Libéré, les Dernières Nouvelles d’Alsace, L’Est Républicain, le Journal de Saône et Loire, Le Progrès, le Républicain Lorrain, Vosges Matin. Ainsi que tous les suppléments.

Il couvre 23 départements et quatre grandes régions (Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne Franche-Comté, Grand Est et Provence Alpes Côte d’Azur). Dans ce bassin de 14 millions d’habitants, il diffuse chaque jour 1 million d’exemplaires touchant 4 millions de lecteurs dans sa version papier et 2 millions dans sa version numérique.

Près de 4.000 salariés oeuvrent quotidiennement. Ils étaient encore 7.000 il y a cinq ans : l’hémorragie des effectifs n’a pas permis de redresser la situation économique, bien au contraire, elle s’est aggravée.

Le groupe Ebra dispose également d’un réseau de distribution maillant tout le territoire : rien qu’en Alsace, il dispose par le biais de deux filiales des journaux régionaux, près de 3.000 porteuses et porteurs dont la revalorisation du travail pourrait être source de produits pour les entreprises.

http://lalterpresse.info/presse-alsacienne-developper-plutot-sacrifier/

COMMUNIQUE

filpac

 COMITÉ DE COORDINATION DES SYNDICATS FILPAC CGT

NON à la FERMETUREdu centre d’impression de Mulhouse

 

Les délégués FILPAC-CGT des DNA et du journal L’Alsace se sont réunis à Mulhouse après l’annonce de M. Carli, chargé pour le Crédit Mutuel de la res­tructuration de la presse alsacienne, du projet de fermeture du centre d’impression de L’Alsace à Mul­house. Unanimement, ils s’opposent fermement à la destruction de leur outil de travail. Ce projet de l’actionnaire est un non-sens économique, tota­lement négatif pour l’avenir des deux quotidiens et bien sûr désastreux socialement.

Si l’objectif du Crédit Mutuel allait à son terme, il ne ferait qu’aggraver la situation économique des entreprises comme le prouve la succession des sup­pressions d’emplois intervenues durant cinq ans dans le groupe de presse (près de 3000 !) qui ont contribué à dégrader encore plus les comptes des quotidiens…

La FILPAC-CGT se positionne, au contraire, sur le terrain du développement des deux journaux, de leur modernisation rédactionnelle et technique, pour mieux répondre aux attentes du lectorat tout en pérénnisant les emplois. Cela passe, entre autre, par la pleine utilisation de tous les outils de production pour dégager des ressources nouvelles.

Les délégués réunis en ce 1er septembre propose­ront aux salariés leur propre projet de développe­ment qui servira de base de mobilisation de l’en­semble des personnels des deux entreprises. Ils ont mis en place des commissions de travail communes aux deux syndicats pour analyser les conséquences dramatiques des objectifs patronaux et élaborer les contrepropositions concrètes que fera l’organisa­tion syndicale.

Ils envisagent également d’informer largement l’opinion publique sur le risque de voir disparaître un des deux derniers quotidiens régionaux ; l’unifor­misation des contenus que le Crédit Mutuel impose depuis des mois aux deux journaux est déjà vécue négativement par le lectorat et a des impacts néga­tifs sur la diffusion.

La FILPAC-CGT appelle à l’unité de tous les syndi­cats pour contraindre le Crédit Mutuel à renoncer à son funeste projet de fermeture d’une imprimerie, première étape d’une restructuration qui conduira à liquider le pluralisme de la presse dans notre région.

Les manifestations du 12 septembre prochain, contre les ordonnances Macron, seront une occasion pour informer l’opinion publique des projets antisociaux que le Crédit Mutuel veut imposer aux salariés de ses entreprises de presse. La FILPAC-CGT appelle les salariés des deux quotidiens à participer mas­sivement aux manifestations pour exprimer leur mécontentement et faire la démonstration de leur volonté d’imposer d’autres solutions.

Mulhouse, le 1er septembre 2017

ATTAC : Débattons, résistons, agissons. C’est le moment !

La semaine dernière, celle du 23 au 27 août, j’étais à l’Université d’été d’Attac à Toulouse, un événement important même si les grands médias en ont peu parlé.
Une université européenne des mouvements sociaux, organisée par Attac France. Le mouvement altermondialiste d’éducation populaire et pour l’action citoyenne aura 20 ans l’année prochaine.

Continuer la lecture de ATTAC : Débattons, résistons, agissons. C’est le moment !

Comment refuser le compteur Linky ?

Nous avons parlé des fameux compteurs Linky dans nos colonnes en prenant en compte la situation à Hochstatt. http://lalterpresse.info/compteurs-linky-mots-facheux-maire-de-hochstatt/

Il apparaît que EDF exerce dans de nombreuses villes et villages des sérieuses pressions pour contraindre les habitants à souscrire à ce compteur fliqueur. Or, il faut passer par certaines démarches pour refuser l’installation surtout si les élus municipaux refusent de prendre leur responsabilité en refusant à EDF de modifier des compteurs qui appartiennent en réalité aux collectivités locales. Sur

https://blogs.mediapart.fr/pierre-lassalle/blog/110316/kit-de-refus-compteur-linky

vous trouverez des arguments et un modus vivendi pour agir et ne pas vous laissez intimider par les pressions d’EDF. Comme l’a fait ce citoyen de Hochstatt dont nous publions les photos illustrant son action:

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Nous suivons cet important dossier et vous fournirons d’autres informations pour dire clairement « Stop Linky »…

Un site très précieux pour toute information à propos de Linky:

http://stoplinkymulhouse68.monsite-orange.fr/page-5964eff1b73ea.html

 

 

 

 

 

ATTENTAT DE BARCELONE: UNE TRIBUNE LIBRE

José Perez se définit comme une « combattant de la paix ». Il a publié une tribune libre sur le blog de l’AFPS 66 (Association France Palestine Solidarité des Pyrénées Orientales) en réaction aux attentats de Barcelone. Il y développe des analyses et arguments auxquels nous souscrivons en allant plus loin que le traitement médiatique que nous connaissons. Nous la publions bien volontiers car comment comprendre le terrorisme actuel en en restant à la seule dimension religieuse et en occultant le contexte géopolitique actuel toujours et encore façonné par des puissances occidentales déclinantes cherchant à maintenir leur domination à tout prix…

L’Espoir

« … Et cent mille danseurs sur la place publique 
Pour que Christophe Colomb découvre la Musique
Dans le ventre d´une Espagnole
Il y a l´espoir qui se gonfle et qui gonfle
Et qui attend… Et qui attend…
Manuel de Falla »

Léo Ferré

Après cette journée de sang et de haine hier à Cambrils et sur la  Rambla de  Barcelone, je suis trop triste pour écrire autre chose que ce texte, petite bougie d’espoir…

Daech a frappé  à Cambrils et Barcelone

Contre les fous de tous bords qui veulent nous replonger dans la barbarie, oui l’Espoir ! Contre les fascistes de l’Etat Islamique et aussi contre nos gouvernants et cet autre fou des USA qui est pourtant le grand gendarme du monde, l’Espoir !  Guerre de civilisation ?  Haine contre islamophobie, Orient contre Occident ? Non, nous ne les laisserons pas nous imposer cette guerre-là. Non! No pasaran ! Je voudrais préciser que l’Espagne que nous pleurons aujourd’hui, ce n’est pas un pays, encore moins un état. C’est l’Espoir chanté par Léo Ferré, l’espoir de justice sociale, de beauté et de liberté.  Les sombres nihilistes de l’Etat Islamique ne veulent surtout pas que cet espoir se renforce et que des ponts d’humanité et de solidarité se construisent entre les deux berges de la Méditerranée.

Mon père avait combattu les armes à la main en Espagne. Nous sommes ici nombreux à être des enfants d’exilés. En 1937, alors qu’il avait vingt ans, il avait écrit ces phrases fortes et claires dans le journal «  Fraga Social » : « (…) Ne voyez-vous pas que la guerre qui s’est engagée en Espagne est une guerre entre le fascisme et ceux qui ont toujours vécu dans l’opulence à nos dépens, contre le prolétariat qui produit toute la richesse et vit pourtant dans l’indigence ? (…) Soyons lucides une fois pour toutes ! Détournons nous de toutes les rancœurs qui pourraient nous désunir et recherchons ensemble le moyen le plus adéquat et le plus sensé pour que, rassemblés dans un seul bloc,  nous exterminions l’ennemi commun de tous les prolétaires, qui n’est autre que le fascisme international représenté par Hitler et son complice Mussolini, secondés par le criminel et imposteur Franco et son armée de traîtres et d’assassins (…) »   Eugenio Perez Castano.   Délégué de la compagnie de mitrailleuses du premier bataillon de la 46ème Brigade Mixte, et ouvrier maçon.

Pourquoi ce détour par ce passé lointain ? Parce que nous sommes au temps du règne des médias, du zapping, et des Smartphones. La vie n’est plus qu’une succession de moments se chassant les uns les autres. Il n’y a plus de mémoire collective. Or il nous faut revenir à cette mémoire historique. Car l’émotion ne doit pas être détournée par les professionnels de la manipulation. On va sans doute assister à une avalanche de condoléances hypocrites venant de tous les chefs de gouvernements, Rajoy, Macron, Trump, Netanyahu… Eux aussi veulent alimenter le feu des haines et de la guerre. Pour ne pas se laisser aveugler, il faut tenter de comprendre les liens entre le présent et le passé. L’histoire est un processus. Sans conscience du chemin qui nous relie au passé, les drames et les erreurs ont toutes les chances de se reproduire. On dit que « l’histoire bégaie ».

 Nous sommes des militants de la paix

Mais nous ne sommes pas des rêveurs, plutôt des « combattants de la paix »  car il nous faut lutter contre les forces qui nourrissent  la haine, les violences et l’injustice du monde.  La question religieuse n’est pas la contradiction principale. Le temps des croisades est révolu. Il faut bien sûr combattre les préjugés mais la contradiction fondamentale est ailleurs. C’est celle qui oppose la grande masse des couches populaires aux puissances de l’argent.  Capital recherchant le profit maximum contre aspiration au bien-être des peuples.  C’est une lutte de classes, l’exploitation de l’homme par l’homme, le talon de fer du néo colonialisme mondialisé. En dernier ressort, la cause de tous les maux, c’est la violence institutionnalisée de ceux qui sont les maîtres et les gendarmes du monde. Dans cette lutte des classes, nous sommes le camp de la paix et de la justice sociale. Nous devrons nous unir avec l’immense majorité des populations, par-delà les tracés des frontières, les religions ou nos couleurs de peau.

En Espagne, depuis les « printemps arabes » et la crise financière, l’unité du peuple se redessine sous des formes nouvelles, mais autour de cette même ligne de classe. Avec le mouvement des Indignés, une vague d’Espoir avait envahi rues et places occupées des villes espagnoles. La vérité sur le passé du fascisme  a commencé à se faire, enfin.  A Barcelone,  l’Estaca, le chant de liberté des Catalans, est aussi chanté en arabe.  Après des années de compromis et de corruption de la fausse gauche, le mouvement des Indignés a ouvert la voie à de grandes marches syndicalistes, celle des mineurs, celle des paysans sans terre d’Andalousie, aux marées sociales des travailleurs et usagers de la santé, à un syndicalisme de lutte des classes et à de multiples luttes et occupations autogérées.

Le massacre d’hier sur la Rambla ne fera pas oublier aux Barcelonais leur formidable élan de solidarité envers les refugiés d’Afrique et du Moyen Orient : cette année, plus de 200 000 personnes se sont rassemblées dans les rues de Barcelone pour exiger l’ouverture des frontières aux sans papiers : « Bienvenue aux réfugiés, criaient les manifestants, chez nous, c’est chez vous. » Les assassins fanatisés de Daesh ne nous feront pas oublier non plus tous ces collectifs de base où les victimes de la crise financière, « los afectados », les « sans travail », « sans logis » et « sans droits », ont fraternisé par delà leurs différences de couleur de peau ou de religion.

Aujourd’hui en Espagne, face à la « crise », hommes et femmes, avec ou sans religion, chrétiens ou musulmans, tous apprennent à lutter ensemble.

Ainsi, la CGT espagnole, qui s’affirme communiste et libertaire, manifeste à présent sa solidarité avec le peuple révolté des régions marocaines du Rif.

 La Palestine et l’Espagne

Je publie ce texte en tribune libre sur le blog de l’AFPS66.  Nous avons déjà parlé du  puissant mouvement de solidarité des Espagnols en soutien au peuple palestinien. Il s’est traduit par l’adhésion de dizaines et dizaines de villes de l’Etat espagnol à la campagne internationale BDS : Boycott, Désinvestissement et Sanctions contre le colonialisme et l’apartheid israélien. Ces villes se sont déclarées « espaces libérés du colonialisme et de l’apartheid israélien ». Le collectif européen des syndicats pour la Palestine va tenir dans les mois qui viennent une rencontre à Barcelone.

Ici, dans le département 66 des Pyrénées Orientales notre empathie envers le peuple palestinien est liée pour certains d’entre nous avec notre propre histoire d’enfants d’exilés de la guerre d’Espagne. Il y avait d’ailleurs eu des liens, encore peu connus, entre l’Espagne de 1936 et les Palestiniens. Un dirigeant communiste palestinien venu combattre en Espagne dans les brigades internationales avait créé avec des communistes et des libertaires espagnols des comités unitaires de solidarité avec le premier mouvement de libération anticolonialiste du Maghreb, celui des insurgés du Rif (voir pour plus d’infos la brochure de l’AFPS66 sur le syndicalisme en Palestine).

Aujourd’hui comme hier, la paix dans le monde passe par un combat internationaliste pour la justice sociale. Pour rendre hommage à tous ceux qui luttent en Espagne et qui sont aujourd’hui dans la douleur, je vous invite à écouter ou réécouter cette  très ancienne chanson de Léo Ferré, «  Le Bateau espagnol » qu’il interprète ici avec deux autres anti fascistes, Juan Cedron, l’argentin et Paco Ibanez, qui est à la fois catalan, basque et castillan. L’internationalisme, encore et toujours…

Cliquer sur :

https://www.youtube.com/watch?v=n4TsUNo6nIw

 José Perez

COMPTEURS LINKY : LES MOTS FÂCHEUX DU MAIRE DE HOCHSTATT

Dans le dernier bulletin municipal (« les feuillets », juillet 2017, n° 65), Michel Willemann, maire de Hochstatt, évoque la polémique portant sur les dangers des compteurs Linky,

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Le commentaire liminaire donne le ton en établissant un parallèle avec un tout autre sujet, méthode peu élégante pour tenter d’assimiler les opposants à des contestateurs grincheux et de toute éternité, rebelles invétérés et systématiques à toute forme de progrès..

Puis, dans la foulée,  après cette ouverture bonhomme en apparence mais néanmoins suintante de mépris, notre échevin revendique, mais un peu tard, la neutralité dans l’affaire, autant que l’impuissance, en s’abritant derrière les autorités de tutelle et en s’y soumettant de fait (que fera-t-il donc le jour où la loi rétablira l’esclavage ?) sans s’appesantir sur l’étonnant paradoxe consistant pour les communes à être propriétaires des compteurs (il ignorait ce fait jusqu’à la confrontation avec les opposants pas si farfelus que ça) sans pouvoir intervenir en aucune manière sur le choix de ceux-ci.

L’utilisation de l’expression « certains » pour désigner les nombreuses personnes qui s’interrogent à juste titre et pour des raisons multiples sur le bien-fondé des compteurs « communicants » relève encore d’un procédé douteux, cherchant à les marginaliser et à les discréditer.

Le premier de nos édiles conclut en faisant une confusion magistrale entre libertés individuelles et santé publique : nous lui rappelons au passage que les communes sont effectivement en capacité d’intervenir en matière de règlementation de circulation de certains types de véhicules, quand ils constituent une source de pollution ou une nuisance sonore (cf. les récentes restrictions de circulation dans les grandes villes).

Mentionnons encore la feuille volante supplémentaire, qui revendique elle aussi l’impartialité, tout en affirmant péremptoirement qu’ « aucune étude « sérieuse » ne prête à ce compteur tous les maux dont on l’accuse ». Aucun argument « contre » n’est cité, mais les voilà tous retoqués en bloc sans le moindre égard pour l’absence de parti-pris affiché.

Existe-t-il une étude « sérieuse » – hormis la communication intéressée et succincte d’Enedis, qui ne mérite pas l’appellation d’  « étude » – qui réfute de façon argumentée les objections émises à l’encontre des compteurs Linky, autrement que par de simples dénégations ?

Qu’appelle-t-on d’ailleurs ici « étude sérieuse » ? Celle menée par les industriels eux-mêmes et les prestataires qui escomptent des retours de bénéfices en termes d’économie de gestion ? A l’instar des garanties d’innocuité de leurs produits reprises telles quelles par les pouvoirs publics sur la simple foi de conclusions établies par les fabricants de pesticides et d’OGM ? N’a-t-il pas fallu batailler longuement avant de pouvoir établir que les glyphosates Monsanto sont effectivement cancérigènes, sans d’ailleurs avoir pour autant mis en échec définitivement les lobbies concernés ?

Une telle étude, pour être « sérieuse », ne peut être menée qu’en toute indépendance

En un mot, la présentation du dossier Linky dans le bulletin en question est proprement caricaturale et orientée.

L’impartialité proclamée est de pure façade, pour ne laisser aucun doute sur le choix vers lequel doit pencher « l’intelligence » !

On serait en droit d’attendre d’une telle publication qu’elle fasse place à la pluralité des argumentaires, voire au débat contradictoire, seul marqueur de démocratie réelle, concept auquel notre maire semble décidément étranger : l’expression de la citoyenneté ne saurait être confinée au seul ramassage de papiers gras un jour par an sur le ban communal…

Daniel MURINGER

NDLR:

Dans toute la France, des collectifs anti-linky se créent pour lutter contre la désinformation autour de l’installation de ces soit-disants compteurs intelligents. Nous publions ci-dessous le travail fait par le collectif Stop-Linky du Sud Morbihan… A quand un collectif Sud-Alsace?

https://stoplinkynonmerci.org/?-Ce-qu-il-faut-savoir-sur-le-compteur-Linky-

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Pour la ratification du traité d’interdiction des armes nucléaires

Notre amie Nicole Roelens nous a fait parvenir une lettre ouverte à Monsieur le Président de la République pour demander que la France ratifie le traité d’interdiction des armes nucléaires. Aussi étonnant que cela puisse paraître (encore que…), notre pays ne songe pas ratifier ce traité tout en donnant des leçons à d’autres pays qui sont tentés par l’élaboration des bombes atomiques. L’Alterpresse a placé, dans sa ligne éditoriale, la question du rejet du nucléaire au même niveau que la lutte pour la paix et la sauvegarde de notre planète… Il est donc essentiel de publier cette lettre ouverte envoyée par la section française de la ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté à M. Emmanuel Macron. La photo illustrant cet article représente Nagasaki après l’inutile bombardement US le 9 août 1945… Plus jamais ça?

 

Monsieur le Président,

Le 7 Juillet 2017,122 Etats membres de l’ONU sur 192 ont adopté un traité d’interdiction des armes nucléaires. C’est un évènement politique et humain considérable car pour la première fois, les  pays non dotés de l’arme nucléaire qui subissent le pouvoir exorbitant des  pays qui en sont dotés ontosé  affirmer collectivement la nécessité de sortir de la logique de la terreur nucléaire. Ils ont osé affirmer que le monde serait beaucoup plus sûr si plus aucun pays dans le monde ne pouvait se réserver  le privilège de tuer des millions d’humains et de rendre la planète inhabitable. Ils ont affirmé que la construction de la paix et de la sécurité planétaire serait bien plus facile, si la puissance des états ne reposait pas sur leur capacité de meurtre à grande échelle.

Ce traité  du 7 juillet 2017 est soutenu par la société civile dans de nombreux pays. Les mouvements pacifistes dans le monde entier ont mené un long combat pour obtenir cette interdiction. Il est soutenu par les mouvements féministes qui s’opposent à la violence nucléaire exercée contre les populations et qui savent que le surarmement renforce l’hégémonie des phallocrates. La Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté a vocation à lutter contre la folie de la toute-puissance qui engendre tant de malheurs. Nous ne pouvons accepter  que ce soit le pouvoir de mort qui fonde la suprématie des Etats et qui leur permette de siéger au conseil de sécurité.

A notre grand regret le gouvernement français ne semble pas disposé à ratifier ce traité. Il  veut garder son arsenal nucléaire dit de dissuasion, soi-disant pour nous  protéger et en réalité pour rester une puissance internationale. C’est le cas aussi des Etats Unis et de la Russie qui détiennent à eux deux 90 % du stock  mondial, de l’Angleterre, de la Chine, du Pakistan, de l’Inde, d’Israël et de la Corée du Nord. Il est évident que le traité de non-prolifération ne peut pas être respecté puisque les relations internationales sont prises dans une logique de surenchère de dangerosité pour impressionner les ennemis supposés. Cette spirale nous rapproche de plus en plus de l’apocalypse nucléaire dont le risque est évalué par les spécialistes, en fonction des tensions géopolitiques actuelles, comme très élevé et même  plus élevé que durant la guerre froide.

Comment peux-ton affirmer que la course à l’armement assure la paix ? Ne serait-ce que sur le plan intérieur, le stockage des armes nucléaires nous rend vulnérables aux attaques terroristes et aux détournements de matières radioactives.

Monsieur le Président, vous vous êtes engagé fortement en faveur de l’accord de Paris sur le climat en disant que l’avenir de la planète doit primer sur les intérêts particuliers des Etats. Cette priorité à l’avenir de la planète s’applique, ô combien, en matière de désarmement nucléaire !Nous vous conjurons de ratifier l’interdiction des armes nucléaires pour stopper la surproduction absurde des machines de mort, pour stopper la logique qui nous mène à un désastre humanitaire et écologique immense. Nous savons qu’il faut beaucoup de courage à un chef d’Etat pour renoncer à son arsenal nucléaire mais c’est un acte fondateur pour construire un monde véritablement en paix et en sécurité. Ce serait l’occasion pour la France, pays des droits de l’homme, de donner un nouvel élanà la Charte des Nations Unies qui invite les membres de l’ONU à régler leurs différends internationaux par les moyens pacifiques afin  que la paix et la sécurité internationales ne soient pas mises en danger.

Dans l’espoir que vous entendrez la voix des peuples qui est aussi celle de la sagesse, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, nos salutations citoyennes et respectueuses.

La section française de la ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté

https://www.change.org/p/monsieur-emmanuel-macron-pr%C3%A9sident-de-la-r%C3%A9publique-pour-la-ratification-du-trait%C3%A9-d-interdiction-des-armes-nucl%C3%A9aires?recruiter=67822790&utm_source=p%C3%A9titions_show_components_action_panel_wrapper&utm_medium=copylink

 

 

M2A : transparence voilée et choix austéritaires perdurent

F. Jordan, président de M2A et son vice-président chargé des finances, A Homé, ont répondu fin juin au collectif haut-rhinois CP68 qui les avait interpellés deux mois plus tôt (voir l’article : Budget M2A sinistré : des aveux et un désaveu). En rédigeant fin juillet une nouvelle lettre ouverte adressée aux deux édiles pour leur (re)demander une gestion transparente, le CP68 a évoqué un problème qui a fait la une de l’actualité en ce début août : celui de la dotation étatique accordée aux collectivités qui va encore baisser de 300 millions d’euros d’ici la fin 2017, suite à une décision brutale du gouvernement qui donne priorité à la finance. Continuer la lecture de M2A : transparence voilée et choix austéritaires perdurent

Pourquoi le Crédit Mutuel a besoin de la presse régionale…

Le secteur bancaire n’échappe pas à la révolution numérique et comme l’ensemble de l’économie des services (taxis, hôtellerie, musique, presse…), les métiers de la banque et de la finance sont confrontés à l’ « ubérisation » de leurs activités. L’arrivée de nouveaux acteurs venant du monde digital dans le monde de la finance, est en train de bouleverser le modèle économique et les banques ne s’en sortiront qu’en diversifiant leur activités, leurs offres. Le CIC-Crédit Mutuel présidé par M. Théry (notre photo) n’échappe pas à cette révolution… Et il s’avère que le fait de posséder un groupe de presse est un des moyens de diversifier l’offre aux clients de la banque… Et pour un groupe bancaire constitué d’un réseau très dense d’établissements régionaux, la presse régionale peut être un atout stratégique très précieux dans la féroce concurrence qui est en train de se mener entre les banques elles-mêmes mais également avec les « nouveaux entrants » dans le secteur financier.

 

Un passionnant article dans la revue Economie et Politique N° 75 (juillet 2017), signé Matthieu Llorca (maître de conférences en économie à l’université de Bourgogne), « Les banques aux prises avec les fintech », décrit clairement les processus en cours et ces « nouveaux entrants ».

Des acteurs « non-bancaires » dans les activités de la banque !

Depuis quelques années, plusieurs types d’acteurs non bancaires apparaissent sur le marché jusqu’ici réservé aux banques. D’une part des start-up innovantes combinant finances et nouvelles technologies remettant en cause les pratiques traditionnelles de la finance en proposant des nouveaux modes de financement à travers des plates-formes digitales, des crédits plus transparents et moins chers.

D’autre part, les grands conglomérats américains de l’internet, les fameux Gafa (Google, Amazon, Facebook et Appel) tout comme leurs concurrents chinois, convoitent aussi le marché de l’assurance et de la banque. Et, pour en rajouter une louche, les opérateurs télécoms font leur apparition dans cette industrie (Orange va lancer prochainement France Orange Bank). Mais cela ne s’arrête pas là : les géants de la grande distribution se lance également dans la e-banque comme le fait Carrefour avec C-zam.

La bataille autour du contrôle du secteur financier digital aura ses gagnants et ses perdants. Certes, le monde bancaire traditionnel n’est pas battu d’avance, mais pour la première fois, il a affaire à une concurrence qui mette son activité, ses manières de faire, ses monopoles, en cause. Il s’avère que la majorité des banques sont moins bien armées que les jeunes start-up innovantes, les géants de la high-tech ou les opérateurs télécoms pour faire face à cette évolution.

Dans la revue Agefiactifs  du 2 novembre 2015, un article consacré à un rapport sur les « Fintech », disait déjà qu’ « à quelques (rares) exceptions près, les banques françaises ont tardé dans l’adoption des nouveaux moyens de communication, en arguant de raison de sécurité, du besoin de rencontrer les clients avant de signer un emprunt, etc ».

Le directeur général du Crédit Mutuel Arkéa (couvrant l’ouest de la France), Ronan Le Moal déclare sans ambages : « Les banques qui ne se réinventeront pas disparaîtront ».

Dans quel camp se retrouvera le Crédit Mutuel ?

Par la constitution de multiples filiales, le CIC-Crédit Mutuel a développé les offres de services hors activités bancaires.

Une de ses filiales les plus importantes est Euro-Information qui était, à l’origine le centre informatique du Crédit Mutuel à Strasbourg. M. Michel Lucas en a fait une arme redoutable pour fournir de multiples services au sein du CIC-Crédit Mutuel mais également à l’extérieur. Actifs dans des domaines aussi variés que la gestion et la maintenance informatique, le développement de logiciels, des opérations marketing, la télésurveillance… Parmi elles, notons Euro-information Telecom, opérateur de réseau mobile virtuel contrôlé à 95% par le Groupe Crédit Mutuel-CIC et 5% par NRJ Group. Avec 1,6 million de clients, Euro-Information Telecom est le premier FULL MVNO (opérateur de réseau mobile virtuel qui n’a pas de fréquences mais amène des clients aux opérateurs disposant du réseau) en France, tant en nombre de clients qu’en chiffre d’affaires. Euro-Information Telecom propose des offres 4G sur le réseau mobile Orange, sur le réseau mobile Bouygues Telecom et sur le réseau mobile SFR.

En outre, Euro-Information est  la structure informatique la mieux protégée, puisqu’elle a pu résister aux dernières cyber-attaques qui ont mis en difficultés moultes grandes entreprises dont Renault.

Rajoutons que, selon nos informations, les activités de services ont réalisé un chiffre d’affaires plus importants que les activités bancaires au sein du CIC-Crédit Mutuel ! On pourrait donc penser que le Crédit Mutuel est armé pour entrer dans le monde bancaire ubérisé…

Proposer des services, de plus en plus de services…

Le modèle est à présent connu : les grands groupes de communication sont prêts à vous offrir un téléphone mobil fort cher à l’achat, à condition que vous souscriviez à des « applications » qui couvrent à présent l’ensemble des activités humaines.

Les « offres » sont nombreuses et elles doivent se renouveler sans cesse, de nouvelles propositions doivent être imaginées. Outre la musique et les jeux, une des offres les plus rentables est l’information. Google a fait sa fortune en pillant les informations traitées par les journaux, en les mettant à disposition gratuitement aux internautes. Bien évidemment, sans rémunérer les journalistes ni même les éditeurs dans un premier temps… Cela a changé avec la création, en France et à la demande des éditeurs de presse adoubé par le président Hollande, du « Fonds pour l’innovation numérique de la presse » doté de 20 millions d’euros par an versé par Google ! Ridicule et presque insultant, quand on connaît le chiffre d’affaire de Google venant entre autres de la publicité qui se déporte de la presse pour aller sur le net.

La symbolique est pourtant là : Google a bien compris que s’il voulait continuer à piller la presse, il fallait que celle-ci puisse continuer à faire son travail d’enquête, de rédaction, de diffusion. Il ne faut pas tuer la poule aux œufs d’or !

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La presse régionale : un atout pour le Crédit Mutuel

Il faut reconnaître que la stratégie du Crédit Mutuel en matière de presse était assez visionnaire. Posséder des journaux très ancrés dans la population dans laquelle le Crédit Mutuel est bien souvent une « institution », donnait une image positive à la banque.

A présent, où dans chaque caisse du Crédit Mutuel on fait des offres de services tels que la téléphonie, il faut aussi vendre des contenus. Le travail des milliers de journalistes du groupe Ebra est un trésor sur ce point : les journaux possèdent des informations stockées, toujours renouvelées, disponibles, prêtes à être commercialisées par un opérateur de téléphonie mobile. Et parmi elles, les informations locales que seule la presse régionale et ses nombreuses agences peut traiter.

L’intérêt pour le Crédit Mutuel est donc bien de continuer à entretenir cette poule aux œufs d’or que représente la presse régionale. Si elle met en avant les pertes du groupe de 50 millions d’euros par an, il faut relativiser ce montant par le bénéfice que peut en tirer directement le Crédit Mutuel pour son propre chiffre d’affaires.

Les syndicats du groupe Ebra seraient bien inspirés d’examiner de plus près le contour de ces pertes : on sait que la Banque Fédérative du Crédit Mutuel n’a pas racheter en direct les journaux de la région Rhônes-Alpes. C’est le journal de Lyon, Le Progrès, qui a été chargé d’acheter tous les journaux grâce à un prêt du… Crédit Mutuel. Bien évidemment, les comptes du Progrès sont plombés par les millions d’euros qu’il a dû emprunter pour ces acquisitions… et par les intérêts qu’il doit verser à la banque qui lui a avancé l’argent !

Mais un atout à préserver et à développer

Il n’est pas sûr que l’énarchie à présent à la tête du CIC-Crédit Mutuel est prête à développer ce secteur. Bien au contraire puisqu’elle a fait appel à un « kost-killer » qui a déjà été à l’œuvre au groupe Le Parisien et dont l’action consistait plutôt à ses débarrasser de la presse et de ses imprimeries.

Les premières annonces faites par le « kost-killer » soutenu par M. Alain Théry, le président du CIC-Crédit Mutuel est de supprimer des journaux (dont L’Alsace à Mulhouse et peut être le Républicain Lorrain à Metz) et il semblerait bien que le rêve de l’énarchie au pouvoir serait le journal unique pour le Grand Est… Ce qui serait plus qu’un non-sens, ce serait une aberration.

Car si la presse peut être utile à l’activité de « services » du Crédit Mutuel, il faut quelle puisse continuer à faire son travail avec les moyens nécessaires et, surtout, qu’elle ait des lecteurs et de la publicité. Or, il s’avère qu’à chaque disparition d’un journal, une grande partie de son lectorat ne se reporte pas sur celui qui l’a absorbé.

Un autre moyen de perdre assurément des lecteurs, c’est de maltraiter les abonnés qui représentent encore plus de 80% des lecteurs des deux quotidiens alsaciens. La raison d’être abonné, c’est de recevoir dès potron-minet son journal dans sa boîte aux lettres. Impérativement avant 7 h du matin, sinon l’abonnement n’a plus de sens. M. Théry veut fermer des centres d’impression, d’aucuns disent même qu’un seul centre dans tout l’Est de la France suffirait à tous les titres ! L’éloignement des imprimeries du réseau des porteurs, c’est le risque assuré de retards fréquents dans la distribution.

Le plan actuel que le Crédit Mutuel veut imposer aux salariés de son groupe de presse va donc être non seulement préjudiciable aux journaux mais également à toutes les activités services offerts par le Crédit Mutuel et que la presse peut lui fournir.

Une nouvelle gouvernance du Crédit Mutuel

 Un des atouts du Crédit Mutuel pour affronter le nouveau monde bancaire digitalisé, c’est son réseau d’agences de proximité et ses milliers de sociétaires. Même si leurs voix sont peu entendues, ils représentent une force avec laquelle la direction opérationnelle du Crédit Mutuel doit compter. Or, il n’y a rien de plus intolérable à un énarque que de devoir écouter ou seulement entendre la voix de citoyens par définition incultes à la science du pouvoir que seuls les diplômés de l’ENA croient posséder.

Là, également, une tendance se dessine allant vers la fermeture d’agences du Crédit Mutuel au risque de sacrifier ce réseau très imbriqué dans la population et qui ne peut pas être seulement un argument publicitaire.

La purge que le Crédit Mutuel veut administrer à sa presse semble devoir aussi s’appliquer peu à peu à lui-même.

Et on peut s’interroger sur la stratégie de M. Théry : se délester et affaiblir des atouts aussi importants que la presse et le réseau d’agences décentralisée dans la féroce bataille autour de la banque digitale n’augure rien de bon pour l’avenir de la 5e banque française dont le  résultat net du groupe s’élève à 2,410 milliards d’euros en 2016. Que pèse les petits 50 millions d’euros de perte d’Ebra dans ces conditions…

Michel Muller

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