Scandale: les deals du Crédit Mutuel…

On le sait en lisant régulièrement L’Alterpresse. Le Crédit Mutuel veut, par tous les moyens, liquider deux imprimeries et licencier les 130 salariés concernés : 60 à Metz, au Républicain Lorrain, 70 à Mulhouse, à L’Alsace. Malgré les propositions et les efforts continus du Comité d’entreprise de L’Alsace, MM. Théry et Carli, respectivement président du Crédit Mutuel et directeur du pole presse, ne veulent rien entendre. La logique financière veut qu’il faut tuer entreprises et emplois. Même au prix de manières pas très ragoutantes qui feront hurler les vrais mutualistes de la banque.

Nous avons déjà dévoilé à nos lecteurs les méthodes et la gestion des entreprises d’un patron imprimeur de la presse parisienne, M. Riccobono. Il y a quelques mois, le Crédit Mutuel était en pourparlers pour céder l’impression d’une partie de ses titres à cet imprimeur bien connu pour son optimisation fiscale au Luxembourg… Et qui mérite de figurer dans les Paradise Papers. Nos révélations ont-elles fait un effet ? En tout cas, MM. Théry et Carli ont dû démentir tout rapprochement avec l’imprimeur parisien qui possède une entreprise à Nancy.

Or, selon nos sources, l’hypothèse Riccobono revient sur le tapis car nous approchons des dates fatidiques où doivent être annoncées à des salariés remontés, la suppression de leurs emplois et de leur imprimerie.

Les discussions ont commencé à Metz, celles à Mulhouse sont prévues le mercredi 6 décembre. Mais la fermeture de l’entreprise de Metz poserait quelques problèmes pour imprimer la totalité des éditions du Républicain à Nancy sur les presses de son « concurrent » l’Est Républicain: difficile de digérer l’ensemble des quelques 100.000 exemplaires du journal messin.

Subrepticement, dans le dos des salariés concernés, le Crédit Mutuel a pris contact avec M. Riccobono pour lui proposer d’imprimer quelques éditions et de les faire distribuer par la toute proche agence de messagerie.

De quoi attiser la colère des salariés du Républicain Lorrain d’abord qui s’interrogent sur la nécessité réelle de fermer leur imprimerie. Mais fureur à Mulhouse, où le projet du Comité d’entreprise de maintien et de développement de l’imprimerie de L’Alsace envisageait une charge de travail pouvant venir d’autres journaux. En effet, n’est-ce pas frappé de bon sens que les éditions de Belfort, Montbéliard, Franche-Comté de l’Est Républicain pourraient s’imprimer à Mulhouse bien plus proche de ces zones de diffusion que l’établissement nancéien. Grâce à cet apport en charge de travail, l’imprimerie mulhousienne peut revenir à l’équilibre.

M. Carli fait donc clairement le choix de donner l’impression de ces journaux à une imprimerie extérieure à son groupe alors que celui-ci possède des outils en capacité de la réaliser. Comment le même M. Carli va-t-il faire accepter aux salariés de L’Alsace la casse de leur imprimerie tout en confiant la charge de travail à une entreprise extérieure connue pour pratiquer l’évasion fiscale et qui pourrait, à tout moment, relever de poursuites pénales ?

Acheter la paix sociale ?

Mais toujours selon nos recherches, il semblerait que le Crédit Mutuel fasse miroiter à une poignée de délégués syndicaux, des postes dans l’entreprise de M. Riccobono à Nancy. Une aubaine pour certains. Car l’entreprise Riccobono peut bénéficier d’un plan social négocié entre les patrons de la presse parisienne et le gouvernement, permettant de faire partir des salariés ayant plus de cinquante ans dans d’excellentes conditions. De toute évidence, les entreprises et les pouvoirs publics sont prêts à mettre un paquet d’argent pour liquider les emplois en s’achetant la paix social avec de l’argent public !

Evidemment, si des délégués syndicaux de l’Est Républicain, du Républicain Lorrain, de L’Alsace, étaient transférés dans l’entreprise de M. Riccobono, ils seraient, eux, tirés d’affaire… Dans quelques mois ils pourront jouir d’une belle pré-retraite… et aujourd’hui, ils ne seront pas les plus virulents pour s’opposer à la fermeture de leur entreprise ! C’est ce qu’on appelle « acheter un plan social » !

Mais pour les salariés concernés et les délégués honnêtes, eux, la galère commencera dès la porte de leur entreprise fermée. De quoi donner la rage et de mener la lutte pour garder un emploi qu’aucune « généreuse prime de départ » ne pourra jamais remplacer.

Si d’aventure nos informations se vérifiaient, le Crédit Mutuel aura beaucoup perdu de son image… et de son honneur de banque soi-disant mutualiste.

Michel Muller

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Le « social » vu par le Crédit Mutuel…

Dans sa farouche volonté de liquider l’imprimerie de L’Alsace à Mulhouse et ses 70 emplois (non inclus les emplois indus), le Crédit Mutuel ne lésine pas sur les moyens. Il distille les perfides informations sur la « générosité » du plan social et laisse croire à des naïfs que le montant d’un chèque pour le départ volontaire serait particulièrement incitatif.

Sauf que, quelque soit le montant d’un chèque, jamais il ne remplacera la perte d’un emploi dans un secteur où les reclassements sont difficiles, pour un salarié de moins de 60 ans.

L’exemple du Républicain Lorrain

On n’en parle peu mais le Crédit Mutuel ne veut pas uniquement fermer l’imprimerie mulhousienne, il envisage de faire la même chose avec celle du Républicain Lorrain à Metz. Toute la production du journal mosellan se ferait à Nancy sur les presses de l’Est Républicain…

Le Crédit Mutuel dévoile ses cartes pour imposer la fermeture qui bien évidemment est un traumatisme pour les salariés. Il faut savoir que les emplois d’une imprimerie sont très spécifiques : un imprimeur-rotativiste comme tout le personnel autour de la rotative, sont souvent des ouvriers très qualifiés et très spécifiques. Perdre son emploi équivaut donc à subir une vraie galère pour retrouver de l’emploi… et le « généreux » chèque du Crédit Mutuel s’évapore très rapidement.

Des luttes emblématiques pour l’emploi dans le passé ont fixé des cadres pour l’établissement d’un plan dit « social » pour virer le personnel. Entre autres mesures, il faut que la direction propose des reclassements.

C’est ce que le Crédit Mutuel vient de faire à Metz et les ouvriers sont tombés de haut.

Voilà ce qu’en pense le Comité d’entreprise du journal mosellan : «  Dans le cadre de la négociation ouverte sur le projet de « plan de sauvegarde de l’emploi » provoqué par la décision de supprimer l’imprimerie, la Direction avait transmis, la veille, une liste de postes à pourvoir dans le Pôle Presse du Crédit Mutuel… soit six postes d’assistantes commerciales (sic) ou d’assistantes de rédaction ! Deux autres listes, transmises précipitamment mardi matin, ne se sont pas révélées plus pertinentes que la première. »

Et on apprend que des propositions aussi fantaisistes que « directeur d’une agence du CIC dans le Sud-Ouest » auraient été rajoutées… En outre, les salaires sont en général divisés par deux dans les offres proposées.

Se conduire ainsi pour une banque qui s’affirme mutualiste (et qui l’est dans la tête de la plupart des sociétaires et des animateurs locaux des caisses) c’est montré son vrai visage. La haute direction du Crédit Mutuel se comporte comme tout le patronat, pire pourrait-on dire, puisqu’elle avance masqué se drapant de la respectabilité mutualiste.

Pour Mulhouse, pas d’autres choix : se battre pour maintenir l’imprimerie

Les salariés mulhousiens sont donc avertis : n’attendez pas des reclassements qui vous permettent de voguer vers la retraite ! Ils en sont conscients et mesure la difficulté de lutter contre un des leaders bancaires européens aux moyens infinis et qui ne s’embarrasse pas de moralité quant à la manière d’arriver à ses fins.

La défense de l’imprimerie c’est en fait défendre l’existence d’un quotidien pour la moyenne et haute Alsace qui risque de disparaître à brève échéance : d’où l’importance d’alerter élus et populations sur ce qui les attend et dont ils sont, pour la plupart, bien conscients. Oseront-ils affronter le Crédit Mutuel ? Un député comme Olivier Becht ne s’est pas retenu pour envoyer une lettre bien sentie à M. Théry.

La fermeture de l’imprimerie n’est pas encore acquise pour le Crédit Mutuel. La moyenne et haute Alsace a besoin d’un quotidien demain… Et si le Crédit Mutuel en a décidé autrement, il n’est pas le seul à pouvoir éditer un journal.

Pour appuyer les salariés défendant leur emploi, leur outil de travail et notre journal, signez la pétition sur

http://petitionpublique.fr/PeticaoVer.aspx?pi=P2017N49830

Michel Muller

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Parti Communiste : « Nous devons mieux faire » !

Plus d’une centaine de convives au banquet républicain du Parti Communiste français organisé dans le cadre des « rencontres d’automne du PCF 68 » à Wittenheim. Des militants, des sympathisants mais également le maire de Wittenheim, Antoine Homé et la toute nouvelle (et jeune) secrétaire régionale d’EELV, Cécile Germain étaient présents. LO68 fut également de la partie. Pour l’animation politique de la journée, c’est Guillaume Roubaud-Quashie (notre photo), membre du Comité exécutif national et rédacteur en chef de la revue « Cause commune » qui anima un débat sur le thème « Face à Macron : on subit ou on résiste ? ». Quelques questions à l’invité de la journée…

L’A : « On subit ou en résiste? » : est-ce cela la thématique du congrès extraordinaire du PCF en novembre 2018 ?

Guillaume Roubaud-Quashie : Le principal objectif de ce congrès est de repenser nos actions et nos ambitions. Actions pour donner plus d’ampleur aux luttes qui se déroulent actuellement mais avec un manque de coordination, ambitions pour réinventer le Parti communiste, en somme remettre en chantier une stratégie et des pratiques de conquêtes et de victoires durables pour la transformation sociale qui reste l’objectif de notre parti. Une première étape dans ce vaste chantier, seront les Etats généraux du progrès social prévus en février 2018 pour rassembler tous ceux qui résistent et combattent la politique d’Emmanuel Macron.

L’A : Emmanuel Macron n’est-il pas en train d’imposer sa politique et sa méthode sans que cela fasse trop de vagues ?

GRQ : M. Macron est en train d’imposer une politique libérale en étant reconnu comme le « Président des riches »… Toutes les réformes entreprises affaiblissent les plus pauvres et n’ont qu’une ambition : répondre aux exigences du MEDEF. Il veut aussi incarner l’homme au-delà des clivages gauche-droite : ce qui est sûr c’est qu’il n’est « ni de gauche, ni de gauche » !

Son action, est très impopulaire notons-le. Mais dans le pays, nous constatons également une perte de confiance dans la possibilité de changer le cours des choses. Nous payons là les échecs des grandes manifestations sociales collectives de ces dernières années : non pas échec dans la mobilisation mais dans l’objectif de changer la politique imposée par le gouvernement. Il faut donc travailler à faire renaître la confiance que les situations ne sont pas inéluctables, qu’on peut changer les orientations politiques sans attendre les rendez-vous électoraux. En somme, démontrer que l’action collective peut mener à des victoires. Et cela commence par notre investissement dans des mobilisations locales, multiples… Des victoires à ce niveau permettront de restaurer la confiance des citoyens dans leur capacité à imposer d’autres choix que ceux imposés par le pouvoir.

L’A : Mais à l’heure de la mondialisation, de la perte d’influence des Etats-nations, aux difficultés de mobilisation du mouvement social, le Parti communiste pourra-t-il s’affirmer comme porteur d’une alternative politique ?

GRQ : Regardons les choses telles qu’elles sont dans ce processus de mondialisation. Celle-ci est loin d’emporter une adhésion globale des peuples : des voix alternatives s’élèvent, regardons ce qui se passe en Espagne, en Grèce… Nous communistes, la mondialisation est un terrain que nous ne négligeons pas, nous sommes tournés vers l’internationale. Et la France, 6e puissance mondiale, peut être un levier pour lutter contre cette mondialisation.

Mais le capitalisme lui-même s’interroge et mesure bien que son fonctionnement « les actionnaires décident, les citoyens appliquent » n’est plus adaptés. Le capitalisme numérique est le plus avancé sur ce point : Google n’écoutent pas que ses actionnaires, l’entreprise fait appel à l’intelligence de ses salariés et des utilisateurs pour définir ses choix stratégiques. Bien évidemment, cela est fait avant tout pour assurer ses intérêts mais par là il reconnaît que la prise en compte de l’avis et des désirs des utilisateurs et des salariés est important pour atteindre ses objectifs.

Dès lors, nous aussi, forces de progrès, devons plus faire confiance et faire appel à cette intelligence collective pour définir un projet de société dans lequel les citoyens-« utilisateurs » formulent leur désir et définissent les moyens de les satisfaire. En clair, lutter pour une autre mondialisation, c’est commencer à construire des alternatives au plus près de la vie des gens.

L’A : Mais est-ce que la gauche est en mesure d’assumer cela ? Même Jean-Luc Mélenchon est en train de perdre de la popularité et de la confiance…

GRQ : Il est vrai que les dernières élections ont été un vrai tourbillon qui a bouleversé beaucoup de choses. La démarche « présidentielle » a été déterminante et ce sont plus des individus « hors partis » traditionnels qui ont récolté une majorité des lois. Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon ont voulu se défaire de tout lien avec le système de partis et ont constitué des mouvements… Cela a conduit Jean-Luc Mélenchon à se démarquer de nous. Il le confirme encore en proposant une liste France Insoumise pour les Européennes… sans en discuter avec les autres forces de gauche.

Cela est dommageable car nous avons besoin de rassembler pour gagner. Certes, nous avons des différences, Jean-Luc Mélenchon n’est pas pour le dépassement du capitalisme, nous si. Et puis nous refusons le repli nationaliste : l’Europe tel qu’elle est ne nous va pas mais nous devons la construire en coopérant avec d’autres au niveau européen.

Mais bien évidemment nous devrons tout faire pour construire une alternative ensemble à la politique de M. Macron.

L’A : M. Macron se présente comme « girondin », donc comme décentralisateur. Vous vous sentez jacobin ?

GRQ : M. Macron est un centralisateur de la pire espèce ! Toute sa politique vise à détruire les collectivités territoriales. Une coupe de 13 milliards dans les dotations, cela ne s’est jamais vu et va peser négativement sur la décentralisation. Tout comme la construction de méga-région, que les députés communistes ont rejeté en votant contre la loi…

L’A : Les Alsaciens rejettent à 87% la disparition de leur région, pensez-vous qu’il faille revenir en arrière sur cette loi…

GRQ : Le passé n’était pas non plus la perfection… C’est plutôt autour d’une organisation territoriale favorisant la démocratie et l’expression citoyenne qu’il faudra bâtir le futur. Pas avec les méga-régions et l’omnipotence des grandes métropoles qui font disparaître de nombreuses communes…

L’A : Le Parti communiste a connu une série de défaites électorales. Comment pensez-vous renouer avec les citoyens pour redevenir une force politique qui compte ?

GRQ : Malgré nos difficultés, le Parti communiste reste une force qui compte. Nous pensons que c’est dans la construction et la mise en œuvre collective d’alternatives que nous y arriverons. Les congressistes définiront le fond et la forme, je ne vais pas anticiper aujourd’hui sur la manière de faire.

Nous avons commencé dans la préparation de notre congrès : un an avant sa tenue, nous avons sollicité des dizaines de milliers de nos adhérents, par une consultation nationale qui vient de s’achever, pour leur demander ce qui étaient leurs préoccupations, qu’elles étaient les actions à entreprendre et comment voyaient-ils le fonctionnement de notre parti.

Car il est évident que nous avons à repenser l’action du PCF pour renforcer la démocratie interne et amplifier l’action d’un parti qui reste la première force militante du pays.

Propos recueillis par Michel Muller

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Roderen: Le ranz des vaches

Toute la presse en parle- FR3 Alsace, Radio Bleu Alsace, 20minutes.fr, portail.free.fr, et j’en passe, en débutant
par Reporterre- qui a lancé l’affaire, après deux ans d’études, mesures et autres enquêtes,
Ou, mais de quoi parlent ces sources diverses et variées, chambre d’écho de cet article foncier? D’une épidémie
de décès (techniquement, on dit épizootie quand on parle d’animaux, mais tout le monde ne connaît pasami.
e lecteur.trice, tu es gâté.e sur le site de l’Alterpresse, tu enrichis même ton lexique!)

PRÉCISION.

Une lecture cursive de l’article «Le ranz des vaches» pourrait laisser l’impression que le journal en ligne Reporterre
aurait découvert l’affaire de cet empoisonnement sur des vaches- qui n’avaient rien demandé, elles- et aurait dévoilé à
l’attention de son lectorat ébaubi, et passablement choqué, cette atteinte à l’environnement, de même que la sourde
menace qui pèse sur notre alimentation ,voire même sur notre flux vital.
Rien ne serait plus erroné, et ce pour deux raisons:

1°) c’est grâce aux connaissances scientifiques et à l’engagement
de Michael Loeckx que cette affaire a pu être initiée et mise en route (je n’omets pas le fait qu’il ait été mené à se pencher
sur cette pollution par sa connaissance, Franz Baumann, de la Confédération paysanne, mais cet intéressement
s’est fait grâce à sa seule compétence, et non par un pacte de copains)- on pourra juger de cet engagement en répétant
les dires même de M. Loeckx, interrogé au téléphone, qui me précisa: «J’ai réalisé cette enquête à mes frais»- entretien du 28
novembre, 11h 38).

2°) j’ai un peu honte à le révéler, je ne tire pas sur un confrère, mais le journaliste en question avait passé un pacte
avec M. Loeckx, aux termes duquel il devait attendre la fin de la conférence de presse du collectif au Cercle St-Thiébaut
de Thann, le 9 novembre dernier en matinée, ce qu’iln’a pas fait. Dont acte.
Il faut rendre à chacun son dû, et le souligner ne fait que rendre justice à chacun.
Attention à la suite, c’est pour bientôt!

L’origine

Mais de quoi donc parle-t-on en abondance? Du décès, pour l’instant inexpliqué, d’un cheptel de vaches, d’un agriculteur de Roderen (Haut-Rhin), à quelques kilomètres au-dessus de la vallée de Thann- ville du siège de la sous-préfecture et de deux sites chimiques.

Or donc, en 2004, Pascal Wolferperger, éleveur, fonde le Gaec des Collines avec un associé, Pascal Bianchi. À partir de 2014, les symptômes apparaissent: les vaches sont atteintes d’une sorte de grippe ou d’allergie se traduisant par un écoulement de nez très fort, un (ou des) abcès près de la tête et/ou du cou, puis par des défaillances neurologiques.

Des 140 vaches de départ, il n’en restait plus qu’une trentaine fin 2016. Dans ce cas-là, l’éleveur se pose des questions, demande autour de lui, fait venir le vétérinaire, le paie (ce qui n’est pas donné- pour une consultation d’un animal de compagnie, le vétérinaire demande 39 €; pour une vaccination de chien ou de chat, cela fera 45 de plus; pour une vache, la moindre consultation avec déplacement {sans analyse] est facturée 60 €…).

L’éleveur, lui, ne ressent aucun malaise corporel. L’enquête se met alors en marche: Mr Wolfensperger veut savoir ce qui se passe avec ses vaches, son gagne-pain, on parle là d’une production annuelle de 500 000 litres de lait, ce n’est pas rien!

En 2014, il déplore une vingtaine de décès, «sans explication plausible, causant des pertes de revenus et d’importants frais vétérinaires». Un collègue agriculteur du même village, Franz Baumann, membre de la Confédération paysanne, est alerté par un
habitant. Mr Baumann fait le relais auprès d’associations de protection de l’environnement (Alsace Nature, Acces [Actes Citoyens pour une Consommation Ecologique et Solidaire], successeur de NIHA, et alias).

Etape suivante: contacter les services de l’Etat, par le biais de la sous-préfecture; celle de Thann n’étant pas disponible (le poste est alors vacant), c’est celle d’Altkirch qui prend le relais. Est alors mandatée la Dreal (Direction Régionale de l’Environnement, del’Aménagement et du Logement- http://www.bas-rhin.gouv.fr/Servicesde-l-Etat/Presentation-des-services/Unites-Territoriales-UT/DREAL-Alsace#), qui mandate l’Aspa, une association oeuvrant sur les mesures de la qualité de l’air.

Pour cette premère campagne, aucun résultat probant n’est détecté. Il va falloir persévérer. Entretemps, un nouveau sous-préfet est nommé à Thann, et ses services reprennent le suivi de l’affaire.

Les mesures bis

Au niveau des organisations étatiques, c’est l’Ineris (https://www.ineris.fr/fr) qui prend le relais, sans plus de résultats; elle s’est attachée à mesurer (on dit ‘investiguer’, anglicisme maladroit…) l’air, l’eau, les sols, la circulation  des vents, l’alimentation des bêtes, bref, la totale- et, dans ces domaines, la présence de titane, de cadmium et de tungstène. Malgré ces multiples analyses, dont celles del’Inéris (cf.supra) et des services vétérinaires du département, rien n’a permis d’identifier les causes possibles de cette mortalité.

La dernière en date, en juin 2017 et opérée par la sous-préfecture de Thann, n’a rien révélé de déterminant non plus. Une question est soulevée: serait-ce l’emplacement? Une partie du Gaec est situé sur le site d’une ancienne décharge, comblée depuis, bien sûr, et il pourrait y avoir comme des remontées de gaz, après toutes ces années, ce qui arrangerait bien les choses. Pas besoin de chercher autre part…

L’aide extérieure

Franz Baumann décide alors de faire appel à Michael Loeckx, scientifique formé au journalisme, consultant en environnement (http://milou.org/news/), qu’il connaît depuis longtemps. «On a mis en place un programme d’analyse de recherches, de l’air, de fourrage…».

Pendant ce temps, les vaches continuent de périr. «Elles avaient toujours les mêmes symptômes- un écoulement de nez très fort, puis un abcès près de la tête et du cou, des défaillances neurologiques, avant de dépérir et de mourir».

Avec l’aide de l’université de Berne, il abat deux bêtes, dont il emmène les carcasses en laboratoire pour en prélever les organes, et ne constate aucun problème d’ordre biologique (virus, bactérie ou autre parasite). «En revanche, on a pu démontrer que les problèmes rencontrés par les animaux provenaient de l’inhalation d’un produit toxique présent dans l’atmosphère de manière chronique», révèle le scientifique.

M. Loeckx veut s’assurer que les pratiques de l’agriculteur ne sont pas en cause dans cette contamination. Ils trouvent du titane en grande quantité. Serait-ce un résidu de l’usine Cristal, voisine de quelque 4 kilomètres?

Des nanoparticules en grande quantité

Ce n’est pas une véritable explication, mais c’est une piste. «L’étape d’après, c’était donc d’analyser l’atmosphère beaucoup plus finement. On a fait des analyses d’air avec des filtres spécialisés pour le captage des nanoparticules. C’est là que l’on s’est rendu compte que les nanoparticules de dioxyde de titane étaient présentes en grande quantité», conclut M. Loeckx. Impossible de détecter ces nanoparticules de titane dans les organes des vaches- question de moyens techniques, pas encore au point, selon le journaliste scientifique.

L’intervention – mesurée – de l’Etat

Pendant ce temps- étalée sur dix-huit mois, est demandée par les services de l’Etat une campagne de mesure des rejets gazeux de l’usine. La demande, formulée en 2015, devait être complétée pour février 2017; elle a été communiquée par le site chimique en juillet de la même année, et n’ a été relayée auprès du collectif de défense
qu’en novembre, tout récemment donc…

Le site et sa production

Qu’est-ce que Cristal? Sur son site d’entreprise (en techspeak, corporate), Cristal se présente comme le second plus gros producteur ‘global’ de dioxyde de titane, le premier producteur mondial de dioxyde de titane ultrafin et de produits chimiques à base de titane, un des fers de lance des produits spécialisés à base de titane et –  enfin – un des producteurs en plein essor de sables minéraux et de poudre métallique de titane.

C’est un pigment blanc, produit depuis 1922 dans l’usine, substance chimique inerte sous sa forme normale. Il est utilisé pour ses propriétés d’opacité, de blancheur et de brillance, dans la nourriture, la peinture, les revêtements ou les plastiques: on en trouve dans une foule de produits, de l’électronique aux médicaments, en passant par la confiserie: c’est le « colorant E 171 ».

Seulement voilà, depuis une dizaine d’années, l’industrie du dioxyde de titane s’est mise à la production de titane sous forme de nanoparticules, on parle là de l’échelle d’une cellule.

Les nanoparticules

Pour être plus précis, 1 millimètre- mm, c’est un millième de mètre (1/1000° m), 1 micron- μm, est 1 millionième de mètre (1/1 000 000° m), et 1 nanomètre- nm, est 1 milliardième de mètre (1/1 000 000 000 °m). Selon la norme ISO TS/27687, une nanoparticule est un nano-objet dont les trois dimensions sont à l’échelle nanométrique,

Cette échelle est celle de l’atome, la brique élémentaire de toute matière. Ainsi Il existe la même différence proportionnelle de taille entre un atome et une balle de tennis qu’entre une balle de tennis et la planète Terre.

Mais revenons à nos vaches: Chose à remarquer: les vaches, une fois malades, ont été déplacées sur un autre site d’élevage de l’associé dudit Gaec, à Flaxlanden, et se sont remises. Il y a donc un lien avec le lieu, ce n’est pas une épizootie!

La démarche rigoureuse, à la suisse

Michael Loeckx veut s’assurer que les pratiques de l’agriculteur ne sont pas en cause dans cette contamination.

Grâce à l’examen des deux vaches abattus volontairement, « on a pu démontrer que les difficultés rencontrées par les animaux provenaient de l’inhalation d’un produit toxique présent dans l’atmosphère de manière chronique», dévoile le scientifique. « Dans toutes les analyses, du baryum et du titane ont été retrouvés, ce qui a entraîné chez les bovins des blessures dans les poumons et dans le système respiratoire. On pense que les nanoparticules ont un effet délétère pour les vaches », explique-t-il.

«L’étape d’après, c’était donc d’analyser l’atmosphère beaucoup plus finement. On a fait des analyses d’air avec des filtres spécialisés pour le captage des nanoparticules. C’est là que l’on s’est rendu compte que les nanoparticules de dioxyde de titane étaient présentes en grande quantité», conclut M. Loeckx.

Impossible de détecter ces nanoparticules de titane dans les organes des vaches… question de moyens techniques, pas encore au point, selon le journaliste scientifique.

«En revanche, on a trouvé du tungstène, et ce produit ne peut provenir que des nanoparticules incriminées». Conclusion: «La probabilité la plus grande est que cela vienne de l’usine».

L’usine Cristal

L’usine de Thann, située à quelques kilomètres de la ferme, emploie 244 salariés et est un des sept sites de production de dioxyde de titane de l’entreprise Cristal, second plus gros producteur mondial de cette substance, après avoir acquis Millenium Inorganic Chemicals en 2004 pour 1,3 milliards de dollars. Cristal est ainsi devenu un acteur de poids (on parle d’une production de plus de 4 millions de tonnes pour le monde entier, et cela ne fait que se développer).

Tasnee, sa structure mère, est une société par actions cotée détenue à 79% par le fonds national d’investissement industriel saoudien, à 20% par la Corporation d’Investissement du Golfe persique (détenue à fonds égaux par les six pays composant le Conseil de Coopération du Golfe (Arabie saoudite, Bahrein, Emirats Arabes Unis, Koweit, sultanat d’Oman et Qatar) et le 1% restant est un investisseur privé.

Depuis une dizaine d’années, l’industrie du dioxyde de titane s’est mise à produire le produit sous forme de nanoparticules- on parle de l’échelle d’une cellule.

Et – coïncidence, fortuite ou pas, que relève Michael Loeckx – les vaches ont commencé à tomber malades au moment où l’usine a intensifié sa production de nanoparticules.

Un drame social

Après avoir vendu ses dernières vaches début 2017, Pascal Wolfensperger, confronté à de graves difficultés financières, s’est reconverti dans la culture des céréales. Son associé, Pascal Bianchi, lui, s’est retiré de l’affaire.

Désabusé, l’agriculteur veut bien croire à un dénouement prochain de ce mauvais feuilleton: il n’a pour l’instant perçu aucun dédommagement en raison des pertes qu’il a subies. Si ce dernier n’a pas tenu à se prononcer sur la responsabilité de l’usine, les résultats de l’enquête ne semblent laisser aucune place au doute.

Le problème est que l’on commence seulement à appréhender les effets de ces nanoparticules, omniprésentes et totipotentes: dans l’alimentation, les peintures, les textiles, les cosmétiques…une brassée d’usages «inquiétante», selon les déclarations d’André Cicolella, toxicologue et président de l’association Réseau environnement santé, au journal l’Usine nouvelle: «Sous forme nanométrique, le dioxyde de titane passe à travers la peau et la molécule peut ainsi aller se loger un peu partout, y compris dans le cerveau».

En janvier 2017, une étude de l’Inra (Institut national de la recherche agronomique) parvenait à démontrer la nocivité de ces nanoparticules sur le rat- sans toutefois que ces résultats puissent être extrapolés à l’homme.

Les chercheurs montraient que des nanoparticules de l’E171 pénètrent la paroi de l’intestin et se retrouvent dans l’organisme des rats, provoquant des troubles du système immunitaire et générant des effets cancérogènes.

Les responsabilités diluées, forcément diluées

Les responsables de l’usine contactés par France Bleu Alsace ont affirmé être très surpris par cette enquête.

Selon eux, leur entreprise n’a jamais été mise en cause, ni par les études officielles réalisées par les services de l’État (Ineris et services vétérinaires locaux), ni par celles de la Chambre d’Agriculture (pour celle-ci, les études portaient sur le lait)*. Le mystère resterait entier.

L’industrie du dioxyde de titane entretient d’ailleurs savamment la confusion entre usage «classique» du dioxyde de titane et utilisation sous forme nanométrique. Sur le site de la Titanium Dioxide Manufacturers Association (Association professionnelle [équivalant à un syndicat, mais avec d’énormes moyens, financiers entre autres, très commodes pour le lobbying] des fabricants de dioxyde de titane), la question des nanoparticules est rarement abordée, à part dans la section «nourriture», pour une brève mention de leur «grande rareté».

Une plus grande part, même discrète, est utilisée pour – je cite – «s’étonner et se désoler de l’inscription du dioxyde de titane comme agent carcinogène par la directive Reach».

Une évaluation objective a enfin été réalisée par l’Anses (Agence nationale de sécurité environnementale et sanitaire); les industriels concernés ayant longtemps refusé d’apporter les données demandées (sous diverses raisons, la plus usuelle étant… le risque d’espionnage industriel, si, si!), avaient partiellement obtenu gain de
cause auprès de la Commission Européenne (tant décriée, et à juste titre), ce qui n’a fait que retarder cette évaluation de l’industrie du dioxyde de titane: elle a partiellement eu lieu en 2014.

Les nanoparticules de ce produit étaient donc utilisées largement avant même leur évaluation par les États.

Soutien…ou pas

Un soutien des services de l’État, c’est justement ce qu’aimeraient les associations et les agriculteurs qui se sont saisi de la situation du Gaec des Collines. «Des réunions se font avec la sous-préfecture depuis longtemps. Les services de l’État sont au courant», expliquent Franz Baumann et Régis Absolu.

L’Ineris, alerté du problème, a d’ailleurs mené des enquêtes fin 2016 sur le site du Gaec des Collines. Sa conclusion est qu’«à ce jour, aucune source n’a été identifiée et aucune matrice environnementale investiguée ne présente des concentrations anormales susceptibles de
dégrader la santé du cheptel». L’Ineris renvoie à la possibilité d’une pollution du fait de l’existence antérieure d’une décharge sur le site de la ferme… et propose comme futures pistes de se pencher sur les activités industrielles de la vallée de Thann.

Un impact sur les humains?

C’est justement autour de l’usine Cristal que devraient se porter les interrogations. «Les responsables ne se sont pas manifestés malgré deux ans qu’on tourne autour», regrette Franz Baumann. «On nous a raconté des salades», ajoute- t-il, tout en refusant d’aller plus loin dans ses explications. «On ne peut pas établir de manière exacte une relation de cause à effet, mais on joue notre rôle de lanceur d’alertes. Cela doit amener l’État à prendre le sujet au sérieux et à faire un véritable travail d’enquête complémentaire à celui que nous avons fait. Si ces nanoparticules se sont baladées dans la nature, quel est l’impact sur la population civile? Si elles sont capables de mettre une vache au tapis, que pourraient-elles faire sur les humains?» s’interroge l’agriculteur. «Tout ce que l’on sait, c’est ce que ces particules n’ont rien à faire là».

Le collectif, très actif, a communiqué les résultats de son enquête le lundi 6 novembre dernier au Cercle St-Thiébaut à Thann. Ce que souligne ce collectif, ce sont les lenteurs accumulées, les réticences mesurées à communiquer, la mauvaise volonté évidente des différentes parties engagées face à la situation malencontreusement
dramatique d’un agriculteur, privé de son outil de travail, et d’une certaine mauvaise foi, disons-le tout net: le principe de précaution s’applique dans un seul sens.

A la question légitime de l’exploitant agricole sur les dangers encourus pour lui-même, ou toute autre personne travaillant dans l’étable concernée, il lui est répondu par les services vétérinaires de «veiller à ne pas rester trop longtemps en effet dans l’espace clos; par contre, le lait récolté est commercialisable, car il se fondra dans le volume et sera ainsi neutralisé»- ce qui devrait éviter toute prise en charge par l’Etat? Gageons que la dernière page n’est pas encore tournée, et attendons la suite. Que nous ne manquerons pas de vous relater…

Georges Schaffner

[On appelle nanoparticules des particules de matière de quelques millionièmes de millimètre. Ce sont des particules ultra-fines (PUF*), dont au moins une dimension est comprise entre 1 et 100 nanomètres, nm (ou milliardième de mètre). Leurs propriétés physiques, chimiques et biologiques découlent spécifiquement de
cette taille nanométrique. Les NPs sont très présentes dans notre environnement, notamment le noir de carbone,

* Les particules ultra-fines (ou PUFs) sont des particules de taille nanométrique (moins de 0,1 μm ou 100 nanomètres de diamètre), si ténues qu’elles se comportent comme des gaz. Elles ont des origines soit naturelles (incendies de forêt, volcanisme, érosion éolienne) soit anthropiques, dérivant des activités humaines (échappement des moteurs et chaudières, raffineries, usure de pneus, peintures, freins et autres sources mécaniques, soudure et autres systèmes fonctionnant à haute température, lavages, etc.).

Les PUFs contribuent très peu à la masse globale des polluants de l’air de par leur ténuité/petitesse, mais elles sont dominantes en nombre de particules; leur rôle est majeur dans les effets des pics de pollution et de la pollution chronique, en raison de leur quantité, de leur surface spécifique et de leur capacité à pénétrer profondément
dans le poumon, entre autres organes, puuis à traverser la barrière pulmonaire. Dans le domaine de la santé environnementale, c’est une catégorie majeure de polluant dans l’exposition respiratoire à la pollution et en ce qui concerne les effets sur la santé.
Bien plus petites que les classes de particules réglementées (PM10 et PM2.5), et bien qu’elles soient suspectées d’avoir des effets graves sur la santé (car bien plus agressives à masse égale que les classes de particules plus importantes), elles ne sont pas encore réglementées.

Selon le Pr Gherardi, neuropathologiste, chef de service du Centre expert en pathologie neuromusculaire à l’hôpital Henri-Mondor (Créteil), plus la nanoparticule est petite, plus elle est toxique; elle pourra aisément franchir toute barrière- pulmonaire, entre les poumons et le sang; encéphalique, entre le cerveau et le corps…

L’empoussiérage métallique mène à la même pathologie – or, que transforme Cristal, sinon du métal sous forme de nanos?]

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PLU de Wattwiller Les habitants disent NON au sacrifice du « grand pré »

Dans nos éditions précédentes,nous avions exposé les tenants et aboutissants de cette affaire. Wattwiller est un village-clairière comme on en voit très rarement : il se distingue par l’existence en milieu urbain à l’entrée du village d’un beau pré pâturé, qui offre de surcroît une perspective unique sur le Hartmannswillerkopf avec un avant plan l’église classée monument historique. Il est ainsi considéré comme une véritable carte de visite de Wattwiller, et identifié dans le SCoT (Schéma de Cohérence Territorial) du Pays Thur Doller comme un espace devant obligatoirement – au plan légal – être protégé.

http://lalterpresse.info/wattwiller-grand-pre-interet-general-interets-de-quelques-uns/

Ce patrimoine paysager aujourd’hui est menacé de destruction par le nouveau PLU concocté par le député-maire SCHELLENBERGER, au profit de deux élus et leur famille proche, qui siègent au conseil municipal. Ces derniers faisaient partie des propriétaires fonciers ayant réussi à faire annuler pour un souci de procédure l’ancien PLU jugé pourtant « particulièrement vertueux » (sic) par les services de l’État, notamment pace qu’il protégeait cet espace vert remarquable. Mais la population est entrée en résistance…

La barre des 500 été frôlée ! 493 électeurs exactement se sont exprimés à l’occasion de la consultation d’initiative citoyenne organisée par le collectif « Cœur de village » qui s’est tenue dimanche 12 novembre 2017. Le message adressé à la municipalité est clair et net : le « non au sacrifice du grand pré» représente 97% des voix exprimées bulletins blancs compris.

Le taux de participation de 36% – c’est le chiffre clé – est particulièrement élevé pour ce type de scrutin non officiel : pour mémoire une consultation de cette nature à l’occasion du dossier explosif de la construction de l’incinérateur à Aspach-le-Haut avait suscité une participation de 27%. Cette participation est d’autant plus remarquable que le scrutin s’est déroulé dans les pires conditions météo : les votants ont littéralement bravé la tempête pour aller déposer leur bulletin dans l’urne. Il en résulte que la crédibilité de la consultation ne peut pas être contestée.

L’ampleur du score final de 97% peut surprendre, mais il ne supporte aucune contestation. D’abord parce que la question posée, « approuvez-vous que le grand pré devienne constructible ? », était claire et n’induisait pas la réponse de l’électeur. Ensuite parce que, comme tous les observateurs ont pu le constater, le scrutin s’est déroulé avec toute la rigueur requise : règlement précis et public de la procédure, tenue irréprochable du bureau de vote, isoloirs etc. Enfin parce que contrairement à ce qui se passe dans une enquête publique où le citoyen qui s’exprime s’expose publiquement, le vote à bulletin secret permet à chacune et chacun de s’exprimer en toute liberté dans l’isoloir… d’autant plus que le sujet est ultra sensible. Rappelons que deux élus et leur famille proche profitent directement de cette opération foncière… C’est ce qui explique le niveau exceptionnel de la mobilisation des habitants qui ont été deux fois plus nombreux à s’exprimer que lors de l’enquête publique.

Comme indiqué dans le document de présentation de cette consultation déposé dans toutes les boites aux lettres, le résultat du scrutin n’a pas de valeur sur le plan légal. Il n’en demeure pas moins qu’il met le député-maire Schellenberger en face de ses responsabilités : est-il prêt à ignorer l’avis quasi unanime exprimé par la population ? Ce résultat sonne comme un sévère avertissement adressé par la population à la municipalité, et plus particulièrement le député-maire qui dans cette affaire s’est une nouvelle fois distingué.

La démocratie, « une manipulation grotesque »?!!!

D’abord en faisant tout ce qui lui était possible pour torpiller l’initiative : refus de mettre à disposition une urne, refus de communiquer la liste électorale, refus de mettre à disposition une salle communale… Mais le collectif « cœur de village » a su trouver des réponses adaptées permettant aux habitants de Wattwiller de vivre une expérience de citoyenneté remarquable, qui constitue une véritable première !

Ensuite en déclarant le lendemain du scrutin lors de la séance du conseil municipal ne pas vouloir s’exprimer sur le fond mais dénoncer « une manipulation grotesque». Ces propos outrageants ont créé à juste titre des remous dans le village. En effet, ils sous-entendent implicitement que les citoyens qui ont bravé les intempéries pour aller voter sont ad minima des marionnettes qui se sont laissées manipuler, au pire des clowns qui ont accepté de participer à une mascarade… Le sérieux et la sérénité dans lesquelles s’est déroulé le scrutin, tranchent furieusement avec ce nouveau dérapage verbal du premier magistrat de Wattwiller (1).

L’un des adjoint avouait en voix off déjà avant la consultation, « avec le PLU la municipalité sommes sur le fil du rasoir »… Il reste aux habitants de transformer le magnifique essai qui vient d’être marqué, car cette consultation marque un tournant dans l’affaire du PLU de Wattwiller ! Au delà d l’intérêt général c’est le bien commun est en jeu… et ce n’est pas gagné ! La mobilisation va continuer de monter en puissance : prochainement à l’occasion du conseil municipal décisionnel qui se tiendra après le remise des conclusions du commissaire enquêteur que le 4 décembre, et le cas échéant avec l’engagement d’un recours devant le TA de Strasbourg pour faire tomber un PLU dont la fragilité juridique est avérée. La détermination du collectif est totale !

Pour le Collectif « Cœur de village »

Geneviève PETER et Jean-Claude PELKA

(1) A l’occasion de l’inauguration du nouveau mémorial du Hartmannswillerkopf par le président Macron les services de la préfecture avaient comme à l’accoutumée – problème de stationnement et écologie obligent – affrété des bus pour permettre aux élus, invités et journalistes de rejoindre le site. Le député-maire SCHELLENBERGER avait refusé de monter dans une « bétaillère »… Vous avez dit mépris des gens ?

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Stocamine : le 2 décembre, tout le monde manifeste !

Stocamine : nouveau scandale !

Pour un moratoire sur les coulées de béton !

 Un nouvel épisode vient confirmer l’incroyable cynisme des pouvoirs publics qui imposent actuellement un déroulement frénétique des opérations de confinement.

Pour les autorités de l’Etat, il s’agit d’abord de cacher le plus vite possible, derrière des tonnes de béton, et donc irrémédiablement, la nature et la dangerosité des produits stockés par Stocamine à Wittelsheim.

Le collectif Déstocamine vient en effet d’apprendre que 200 fûts de déchets toxiques remontés au jour, ont été refusés par la mine de Sondershausen, car non conformes au cahier des charges. Les normes d’admissibilité de déchets au fond de la mine sont analogues dans la potasse en France ou en Allemagne à Sondershausen ou à Herfaneurode.

Ce scandale prouve une fois de plus que le stockage au fond à Stocamine c’est du grand n’importe quoi !

Cela confirme les dires d’experts qui doutent de la quantité et de la nature des déchets entreposés au fond de la mine Joseph Else à Wittelsheim.

Qu’en va-t-on en faire ? Si ce n’est déjà fait, ces 200 fûts seront probablement redescendus dans la mine de Wittelsheim pour être enfouis derrière les barrières de béton qu’on s’apprête à couler !

Monsieur Rollet liquidateur amiable des MDPA/STOCAMINE affirme dans la presse locale « Ce serait mentir que de faire croire que le stockage a été réalisé en imaginant que ces déchets remonteraient un jour. »

Voila l’état d’esprit dans lequel a été mené le dossier de demande d’autorisation de stockage illimité (enfouissement). La mise en place de barrages en béton est une gabegie financière. Elle n’empêchera pas une pollution de la nappe phréatique, vu les nombreux déchets présents au fond et qui n’ont rien à y voir.

Cela fait près de 20 ans que la population et les élus de la région se font berner par des décideurs publics qui, aujourd’hui, ne respectent plus rien. Sous la pression de puissants lobbies, une certaine panique les gagne. L’arme ultime qu’ils brandissent dorénavant pour empêcher l’émergence de la vérité, c’est le béton ! C’est avec du béton qu’ils cherchent à étouffer immédiatement les procédures juridiques et parlementaires en cours.

Le collectif Déstocamine lance un appel. Il faut absolument que la population reste mobilisée pour que cessent immédiatement les opérations d’enfouissement. L’obtention d’un moratoire sur les coulées de béton – ce que les pouvoirs publics refusent obstinément pour l’instant – est indispensable pour que les recours contentieux lancés et pour que l’enquête parlementaire demandée permettent l’émergence de la vérité et l’élaboration de solutions de nature à protéger la plus grande nappe phréatique d’Europe.

Le collectif Déstocamine

Rendez-vous le samedi 2 décembre

10 heures​ 30 devant la préfecture à Colmar.

futs

LETTRE OUVERTE A M. EMMANUEL MACRON

 

 Monsieur le Président de la République,

Par courrier du 6 novembre adressé à la préfecture du Haut-Rhin, nous vous avions sollicité aux fins de nous accorder une entrevue. Nous voulions vous rendre attentif à la situation de Stocamine dans le Haut-Rhin et aux 41 500 tonnes de déchets industriels dangereux hautement toxiques stockés au fond de l’ancienne mine de potasse Joseph Else à Wittelsheim.

Le soir du 9 novembre la préfecture nous a fait part, qu’aucun autre sujet que la réconciliation franco-allemande ne serait abordé le 10 novembre 2017 au Vieil Armand.

Nous voulions vous faire part, que dans ce dossier, l’entreprise MDPA/STOCAMINE et les services de l’Etat, n’ont jamais écouté ni pris en compte l’avis et les remarques des collectivités, des élus, des citoyens, des représentants du personnel, des riverains, des associations et des syndicats, exprimés lors de la concertation publique de 2013 et de l’enquête publique de 2016. 2

L’arrêté préfectoral du 23 mars 2017 autorise le stockage en mine de ces déchets pour une durée illimitée, après retrait de 2200 tonnes de déchets mercuriels, ainsi que la mise en place de barrières de confinement en béton qui ne feront que retarder la pollution (avis unanime des experts).

Cela s’explique, par le fait que dans cette affaire l’Etat est à la fois juge et partie. En effet l’Etat est actionnaire à 100% de MDPA/STOCAMINE, les services de la DREAL et l’administration préfectorale dépendent de l’Etat. Tous n’entendent que la seule voix de M.ROLLET le liquidateur amiable de Stocamine.

Cet arrêté préfectoral est attaqué devant le Tribunal Administratif de Strasbourg par le Conseil Régional Grand Est, le Conseil Départemental du Haut Rhin, par la ville de Wittenheim, Alsace Nature et la CLCV pour le collectif Déstocamine.

Dans sa réponse au député Straumann et président du conseil départemental 68, Monsieur Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, tout en reprenant les mêmes arguments avancés par l’Administration depuis de nombreuses années, lui a assuré que ce dossier Stocamine allait être traité dans la transparence.

Cependant c’est par voie de presse, dans l’article paru dans le quotidien « L’ALSACE » samedi le 4 novembre 2017, que nous apprenons, que le déstockage partiel se terminait au plus tard mardi 7 novembre 2017. Les journalistes ont pu visiter le chantier du fond et Monsieur Alain Rollet, liquidateur amiable des MDPA/STOCAMINE leur a fourni ses explications !

Malheureusement nous devons vous informer que la CCS (Commission de Suivi de Site) Stocamine et le Comité de suivi des travaux de déstockage ont été réunis la dernière fois le 7 décembre 2016 ! Le règlement des CSS prévoit deux réunions annuelles. En matière de transparence dans ce dossier, les services de l’Etat mettent plutôt une chape de plomb !

A ce jour le chantier de déstockage partiel ayant pris fin, l’entreprise SaarMontan devra quitter les lieux avec son savoir faire. Il resterait au fond de la mine : 41500 tonnes de produits hautement toxiques dont 6872 tonnes de déchets arséniés, 5263 tonnes de terres polluées, 20714 tonnes de REFIOM non stabilisés, 3400 tonnes de sels de trempe cyanurés, 6 tonnes de plomb, des déchets mercuriels, de l’antimoine, des métaux lourds et des produits phytosanitaires…qui pollueront le sol l’air et la nappe phréatique la plus grande d’Europe.

L’entreprise MDPA/STOCAMINE a engagé des consultations avec des entreprises spécialisées, aux fins de démonter au plus vite le système de ventilation et d’aération du chantier de déstockage. L’installation de ce ventilateur, les accessoires, les capteurs d’émanation de gaz, ont coûté près de 500 000€ ! Cette installation est pourtant vitale pour la poursuite du déstockage. 3

Le but de cette manoeuvre est de rendre irréversible le confinement et d’anticiper une décision juridique qui pourrait annuler l’arrêté préfectoral du 23 mars 2017.

Pour éviter que la justice ne rende une décision inapplicable, car la plupart des galeries d’accès au stockage seraient bouchées par du sel ou du béton, il faut instaurer un moratoire dans ce dossier de confinement.

De plus Il faut empêcher le démontage des installations de ventilation, aération du chantier de déstockage, qui doit intervenir dans les prochains jours !

Nous rappelons également qu’une demande d’enquête parlementaire a été déposée par le député Raphaël Schellenberger, pour faire la lumière sur ce dossier opaque. Le député Bruno Fuchs et la députée Mathilde PANOT ont posé une question écrite au gouvernement au sujet de Stocamine. Une pétition recueillant près de 30 000 signatures circule en ce moment.

Nous avons encore en mémoire, votre propos de campagne qui disait : vos ministres s’imposeraient face aux directeurs de l’Administration. Dans ce dossier c’est bien l’Etat et l’Administration qui tentent par tous les moyens mêmes irréguliers, d’imposer leur solution.

Nous vous demandons, Monsieur le Président de la République, d’intervenir auprès de Monsieur Nicolas Hulot Ministre de la Transition écologique et solidaire, afin qu’il instaure un moratoire dans le dossier Stocamine et qu’il gèle le démontage du ventilateur d’aérage, afin que la justice administrative puisse rendre sa décision, sans que la situation au fond de la mine soit irréversible.

Nous souhaitons enfin être reçus personnellement par le Ministre Hulot, pour une mise à plat de ce dossier.

Dans l’attente de réponses favorables et en vous remerciant, veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre très haute considération.

Pour le Collectif Déstocamine :

Etienne CHAMIK, porte-parole, Josiane KIEFFER, CLCV, Jean Marie DUBEL, syndicat CFTC et président Association Cité Langenzug

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Inclusif… en exclusivité!

Par ces lignes, je veux défier cette docte assemblée qu’est l’Académie Française, farouche gardienne de la langue française. Car elle vient, à l’unanimité s’il vous plaît, de rejeter l’usage de l’écriture inclusive.

Petite explication pour celles et ceux qui ignore ce que c’est : il s’agit d’une « graphie », une représentation écrite d’un mot, qui accorde les fonctions, métiers, grades et titres en fonction du genre : on parlera ainsi de chroniqueuse, chercheuse… Ensuite, l’utilisation à la fois du féminin ET du masculin quand on parle d’un groupe de personnes, soit par l’utilisation de ce qu’on appelle la double-flexion – « les auditrices et auditeurs ». On peut aussi rajouter un « e » entre parenthèses à la fin d’un mot masculin pour le féminiser : ainsi écrire « candidat(e) ».

Les Académiciens et Académiciennes estiment qu’il s’agit là d’un «péril » mortel et ils lancent un « appel solennel » pour que cesse cette « aberration » sic…Cette volonté de féminiser les mots n’est pas nouvelle, les cercles féministes ont toujours combattu cette règle grammaticale qui veut que le masculin l’emporte systématiquement sur le féminin. Ils y voient une discrimination à l’égard des femmes d’autant plus que cette règle grammaticale date de 1647, l’Académie a alors tout juste 13 ans, quand un de ses membres, Claude Favre de Vaugelas, préconise que le masculin doit l’emporter sur le féminin car « le masculin est plus noble que le féminin ».

Rappelons également qu’à cette époque, les femmes sont interdites d’université et elles le seront jusqu’en 1880. Le caractère sexiste de cette mesure est totalement avéré. D’ailleurs avant cette sentence de Vaugelas, la féminisation des mots était la règle dans notre langue : jusqu’au 17e siècle, une femme écrivaine était appelée une « autrice » au moment où les femmes investissaient la sphère intellectuelle et prenaient donc de plus en plus d’importance dans la société. Pour la petite histoire, sa forme modernisée, « auteure », date des années 90 et vient de nos amis québécois.

Est-ce que cette écriture inclusive met la langue française en danger comme le prétend l’Académie Française, rejointe sur ce point par le Ministre de l’Education Jean-Marie Blanquer ou le philosophe Raphael Enthoven, tous les deux ne sont pas, il est vrai, à classer dans la catégorie « progressiste »…

On peut penser que le risque que court la langue française est bien ailleurs que dans l’écrite inclusive. L’écriture phonétique utilisée par le rappeur Jul dans ses tweets est sûrement tout aussi mortifère pour la langue. Et que pensez de l’utilisation de plus en plus fréquente de l’anglais dans des expressions françaises. Et bientôt de mots arabes…

Car il en va ainsi : n’en déplaise aux (trop) sages Académiciens, une langue évolue. Sinon, elle est morte comme l’est le latin ou le grec. Il n’est pas scandaleux que le dictionnaire rédigé sous le contrôle de l’Académie française intègre chaque année des mots d’une autre langue dans l’usage du français. Tiens, au hasard, piqué aux Allemands : bretzel, diktat, ersatz, kitsch, knödel, land, mark, nickel ; aux Anglais, job, jogging, ketchup, knock-out, laser, lift, lob/lober, match ; aux Arabes : méchoui, mechta, medersa, médina, merguez, moka et même aux Cingalais le terme de nélombo.

Alors, pourquoi la féminisation des mots seraient-elles « une aberration ». L’écriture inclusive ne conduirait-elle pas efficacement à aider à gommer ces discriminations qui veulent qu’une fille joue à la poupée et un garçon se projette en mécano ?

Ce message même pas subliminal donné aux petites filles dans les écoles « le masculin l’emporte sur le féminin » n’est-ce pas déjà légitimer le fait qu’un jour la jeune femme au travail gagnera 20% de moins que son collègue homme, qu’on lui confiera moins de responsabilité, sans qu’elle n’y trouve à redire, tout cela illustré par une règle grammaticale reflétant la volonté dominatrice des hommes sur les femmes.

Mais la roue de l’Histoire tourne, tourne, inlassablement. Les femmes, on le voit encore récemment, veulent conquérir une égalité réelle dans tous les domaines de la vie. Il serait étonnant que la grammaire n’y passe pas un jour ou l’autre.Et en attendant, vous pourrez toujours retrouver sur L’Alterpresse68, des chroniqueuses et des chroniqueurs qui ne manqueront pas d’osez l’écriture inclusive. Mais nous ne demandons aucune exclusivité…

Michel Muller

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CETA : que les citoyens s’expriment!

Ils étaient là, en ce samedi 18 novembre, rue du Sauvage à Mulhouse, pour alerter les citoyens sur les dangers de l’accord de commerce entre le Canada et l’Union européenne. Le « Collectif de vigilance et de combat contre les traités commerciaux inégaux » a ouvert la discussion avec les passantes et passants pour dénoncer sur le fond et la forme, ce traité qui est entré en application d’une manière totalement illégale.

CETA DISCUSSION

Sur le pont en toute occasion: on est militant(e) ou on ne l’est pas!

Négocié entre 2009 et 2014, dans une totale opacité, le CETA (Comprehensive Economic and Trade Agreement)  comporte des risques importants pour de nombreux aspects de notre vie : le climat, l’emploi, les services publics, l’agriculture, l’environnement, la santé, l’alimentation, la culture. Et implique de graves entorses à la démocratie.

Le texte prévoit la suppression des derniers droits de douane entre le Canada et l’Europe, notamment dans l’agriculture. Il offre ainsi aux multinationales d’imposer leurs produits quasiment sans contrôle. Ainsi, le traité ne prévoit pas de vérifier les conditions sociales faites aux salarié(e)s dans la production, ouvrant la voie à un dumping social sans frein qui pourra avoir de lourdes conséquences sur l’emploi. Il en va de même pour les normes sanitaires qui sont profondément différentes entre le Canada et la plupart des pays européens. Ainsi l’utilisation des OGM est autorisée au Canada et grâce à ce traité, des produits OGM pourront se retrouver dans nos assiettes.

On parle souvent du « saumon Frankenstein », élevé dans des conditions lui permettant d’atteindre un poids de commercialisation en un an (alors qu’il en faut deux pour un saumon « normal »), mais cela peut se décliner avec beaucoup d’autres produits.

Mais, pensez-vous, il sera possible d’attaquer ces multinationales si leurs agissements sociaux ou environnementaux ne correspondent pas à notre législation ? Que nenni, car il est prévu, à terme, de mettre en place des Commissions de litiges d’interprétation de l’accord. Ces Commissions pourront condamner un Etat car sa loi pourrait être contraire aux dispositions de l’accord CETA. Est-ce donc cela la démocratie du « marché » ?

CETA CECILE 2

Cécile Germain: convaincre les passants!

Application immédiate… sans décision du Parlement !

Sur proposition de la Commission, le traité fut adopté par le parlement européen le 15 février 2017 par 408 voix pour, 254 contre et 33 abstentions. Notons que seuls 26 des 74 députés européens français ont approuvé le texte.

Ce vote a permis l’entrée en vigueur provisoire du traité dès avril, alors que chacun des Parlements nationaux devaient encore s’exprimer. Même le président Emmanuel Macron notait que ce traité « a été conçu à l’écart du processus démocratique, dans une forme de décision qu’il nous faudra changer en Europe pour l’avenir ». Mais, ça c’était avant…

Car le CETA est entré en vigueur en France le 21 septembre dernier… décision du même M. Macron. Pour en décider ainsi, il s’est appuyé sur un rapport rendu par une commission indépendante le 8 septembre émettant un avis favorable… mais relevant qu’en matière de viandes par exemple, « rien n’est prévu en ce qui concerne l’alimentation des animaux (utilisation de farines animales et de maïs de soja OGM, résidus de pesticides…) ; l’utilisation des médicaments vétérinaires (notamment des antibiotiques) en élevage ; le bien-être des animaux (élevage, transport et abattage) ». Apparemment, notre président n’a pas jugé cela suffisamment grave pour s’opposer à l’application du CETA en France.

C’est, entre autres, des appréciations de ce type qui  génèrent une vive opposition à l’application de ce traité. La contestation est forte dans de nombreux pays, gênant certains gouvernements qui auraient voulu ratifier au plus vite. En France, l’opinion publique est majoritairement contre ces traités. En Allemagne, ce sont plus de 300.000 personnes qui ont manifesté contre ce traité. En Wallonie, le Parlement régional (qui a un véritable pouvoir de bloquer la ratification par la Belgique toute entière) exige des contreparties pour l’approuver.

Rien n’est donc jouer. Ce traité peut encore être rejeté et renégocié : même dans une Europe centralisatrice, les parlements nationaux gardent encore la possibilité de rejeter un accord qui devrait s’imposer dans leur pays.

C’est pourquoi de nombreuses organisations, dont le « Collectif de vigilance et de combat contre les traités commerciaux inégaux » appellent à l’organisation d’un référendum sur le sujet. Ce qui aura deux avantages certains : rétablir un processus démocratique digne de ce nom et ouvrir le débat sur le contenu du CETA et donner aux citoyens le moyen de savoir ce qui va se passer avec l’application définitive de ce traité.

Michel Muller

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Winterreesla… au Secours populaire

L’Alterpresse invite celles et ceux de la région ou de passage à aller  au concert de Géranium, Wìnterreesla Chants de Noël, de Nouvel an et d’Epiphanie d’Alsace, d’Europe  et du monde.

Faut-il encore présenter le groupe Géranium? Oui, car nous n’avons pas trop de formations musicales aussi multiculturelles que celui-ci. Grands spécialistes de la culture de cet espace rhénan, Daniel Muringer et ses amis n’hésite pourtant pas à s’ouvrir à toutes les musiques du monde.

Ce concert de chansons liées à Noël est une bonne occasion de faire un voyage à travers le monde et cela sur plusieurs siècles. Vous les retrouverez:

– samedi 25 novembre à 20 h 30, Husseren-Wesserling, (chapiteau de la compagnie EQUINOTE, derrière chaufferie du Parc), entrée libre, chapeau.

– dimanche 26 novembre à 17 h, Mulhouse (Centre de réadaptation, 57, rue Albert Camus), au profit du Secours populaire français qui s’investit pour soulager la misère de milliers de personnes dans notre ville et département.

Un programme éclectique

Chansons d’Alsace à part égale avec des chansons du 13è siècle florentin, d’Espagne, d’Allemagne, d’Italie, d’Angleterre, du pays basque, de Provence, de la communauté allemande de la Volga, d’Italie, de Tchéquie,

de Russie, d’Argentine, de Bolivie, des USA,  chansons de création de Victor Schmidt, Emile Storck,  Allain Leprest.

Noëls alsaciens extraits des collectages de Jean-Baptiste Weckerlin, François Wilhelm, Louis. Pinck, Richard Schneider, Scheubel/Ehret et de Géranium.

Le groupe Géranium

Marc DIETERICH : chant, guitare

Gaëlle HORNECKER : chant, hautbois

Daniel MURINGER : violon, duet concertina, mandole, mandoline, dulcimer, chant

Catherine NACHBAUER : chant

Patrick OSOWIECKI : contrebasse, mandoline, mandole, mandoloncelle, chant

Andrzej RYTWINSKI : accordéon, chant

Marie SOBCZYK : chant

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Retour sur l’interview de Nicolas Hulot par Reporterre

Dominique Jacques Roth, membre du collectif GCO Non Merci, nous livre trois remarques relatives à la prise de parole de Nicolas Hulot dans sa dernière interview publiée par Reporterre :

N. Hulot : « Sur le grand contournement ouest de Strasbourg, les procédures ont eu lieu et je ne peux pas revenir dessus. C’est comme pour les déchets radioactifs : ils sont là, je ne peux pas les faire disparaître ».

Cette phrase prononcée par N. Hulot dans l’interview « Reporterre » est incompréhensible au regard des faits, car si les déchets nucléaires sont bien là, le GCO à ce jour en revanche, n’existe pas !

NH : « Je ne peux pas prendre des mesures rétroactives qui nous conduiraient à des indemnités ou à des contentieux très lourds ».

Cette allusion exacte au regard du réel des PPP (Partenariats Privé Public) ne comporte en revanche aucune critique à l’égard de pratiques faisant sombrer nombre de collectivités publiques (communes, hôpitaux, Palais de justice etc…) dans un endettement structurel. En parler ainsi la bouche en coeur, avalise (tacitement) ces pratiques.

Ces programmes électoralement payants développés par J. Chirac, N. Sarkozy et F. Hollande se trouvent en faillite à court moyen terme en raison des intérêts rédhibitoires dus au bout de deux ou de trois années d’échéances à des taux normaux empêchant de financer les prochains programmes prioritaires au profit de quelques grandes entreprises et des banques avec la complicité du législateur.
Ces contrats transforment le service public en produits financiers dérivés dont le risque sera supporté par les contribuables. La rupture de ces contrats qui coûtent des indemnités à hauteur de dizaines, voire de centaines de milliers d’Euros à l’Etat (donc au contribuable) et constituent de véritables bombes à retardement financières dans tous les pays du monde ou la pratique des PPP a cours.
NH : « On a suspendu avec Elisabeth Borne tous les projets qui n’étaient pas pertinents et crantés juridiquement et financièrement ».
Ce dernier passage méconnaît que le projet GCO est aussi « cranté » juridiquement car au-delà de l’avis du CNPN que la ministre semble appeler de ses voeux manifestant ainsi sa volonté d’aller au bout du projet, la DUP n’est pas pas encore renouvelée. « Cranté » financièrement aussi, car il n’est pas avéré à ce jour que Vinci bénéficiera des subventions nécessaires pour mener ce projet à terme. En conséquence de quoi, il pourrait faire l’objet d’un moratoire a minima.

Retrouvez l’article de Reporterre : Nicolas Hulot : « Un ministre n’est pas un électron libre » : https://goo.gl/mQpctb

Julien WURTZ

La vacance de M. Hulot

hulot

On se souviendra de cette photo dans Paris-Match : le ministre Nicolas Hulot, tête basse, parle à la presse flanqué sur sa gauche de Sébastien Lecornu,  secrétaire d’Etat qui le chaperonne pour le compte de Bruno Lemaire, et sur sa droite de Brune Poirson, ancienne de Véolia, elle aussi secrétaire d’Etat et l’œil de Macron pour surveiller Hulot. Car il en est ainsi dans ce gouvernement : chaque ministre a auprès de lui un ou une « envoyé spécial » du Président de la République chargé de veiller au grain.

 Et derrière le trio, le porte-parole du gouvernement Castaner, tendu comme un arc, surveillant chaque syllabe que le Ministre Hulot exprime.

 Et que dit-il le Ministre écologiste : que la France ne pourra pas appliquer la loi sur la réduction de la part du nucléaire dans la production énergétique française à 50% en 2015.

 Et on comprend la crainte du trio qui surveille Nicolas Hulot : faire dire à quelqu’un le contraire de ce qu’il a professé pendant des années de militant pur et dur de l’écologie, comporte quelque risque. Il est vrai que ce risque dépend fortement de la force des convictions du militant et plus encore des gages qu’il a dû donner pour devenir Ministre d’Etat. A 62 ans, c’était peut être la dernière occasion de connaître les ors de la République.

 Mais à quel prix ! « La première ligne rouge, c’est l’instant où je me renierai », a déclaré récemment Hulot au Monde. Pour l’heure, il affirme ne pas trahir ses convictions.

Que lui faut-il donc ? S’il y a un ministre qui n’arrête pas d’avaler son chapeau, c’est bien lui ! A part des promesses qui verront le jour aux calendes grecques, il n’a fait que reculer sur ses engagements passés. Le glyphosates ? Lui qui prétendait l’interdire, il accepte que cela se fera (sans garantie) dans trois ans seulement.

Lui qui était un farouche combattant de l’accord euro-canadien CETA, accepte que son gouvernement l’applique avant même que l’assemblée nationale ne donne son avis… Apparemment, la crainte de voir des OGM déferler sur l’Europe par des produits venant du Canada qui n’interdit pas ses saloperies, ne l’habite plus.

Et à présent, le nucléaire. C’était pourtant prévisible : avec un premier ministre qui fut le directeur des Affaires Publiques d’Areva, entreprise phare du nucléaire, de 2007 à 2010, pouvait-on s’imaginer qu’un gouvernement allait à l’encontre du lobby du nucléaire ? Il est présent au sein même des structures de l’Etat. Nicolas Hulot pouvait-il ne pas le savoir ?

Et c’est sur la foi d’un rapport de Réseau de Transport de l’Electricité (RTE), filiale à 100% d’Edf, que le Ministre Hulot décrète qu’on ne peut arriver aux objectifs fixés par la loi et qu’il faut reculer le délai de 10 à 15 ans. Et à lire le fameux rapport, ce serait plutôt 2035 que 2030.

L’électricité produite en France provient pour 77,0 % du nucléaire, plaçant ainsi notre pays au 2e rang des producteurs d’énergie nucléaire au monde après les États-Unis, et au 1er rang pour la part du nucléaire dans la production d’électricité.

 Le reste de la production d’électricité est assuré à partir de sources d’énergie renouvelables : 15,7 % et de centrales thermiques : 7,3 %.[]

Nous sommes loin de l’objectif fixé par l’Union Européenne, soit 20% d’ici à 2020. C’est en Suède que la part des énergies renouvelables est la plus élevée, puisqu’elles contribuent à plus de la moitié (52,6%) de la consommation finale, devant la Lettonie et la Finlande (38,7% chacune), l’Autriche (33,1%) et le Danemark (29,2%).

La plupart des experts rappelle que ce retard de la France est essentiellement dû au fait que la France a tout misé sur le nucléaire et a utilisé son entreprise EDF pour en être le maître d’œuvre. Et bien évidemment, celle-ci n’a pas investi dans les énergies renouvelables pour préserver les parts de marché du nucléaire qui devait permettre à notre pays d’exporter son savoir-faire en la matière.

En 2030, sur les 58 réacteurs nucléaires, il y en aura 48 qui auront plus de 40 ans. A l’échéance à 2030, la quasi totalité de notre parc nucléaire sera au-delà de sa date de péremption et les risques d’accident se multiplient au fur et à mesure des années qui passent.

Force est de constater que le fait d’avoir un Ministre de l’environnement et de la transition écologique venant des rangs du mouvement écologiste n’est pas de nature à changer l’orientation de l’Etat sur le nucléaire… ni sur d’autres problématiques environnementales comme Notre-Dame des Landes, le Grand contournement ouest de Strasbourg, Stocamine, Bure…

De tels reniements valent-ils un poste de Ministre d’Etat ? Et de fouler aux pieds trente ans d’engagement et de respectabilité…

Michel Muller

 

 

 

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